www.archive-org-2013.com » ORG » Q » QUARANTE-DEUX

Choose link from "Titles, links and description words view":

Or switch to "Titles and links view".

    Archived pages: 1235 . Archive date: 2013-12.

  • Title: Pierre Versins | Quarante-Deux/Entretiens avec Philippe Curval
    Descriptive info: Aller au contenu.. |.. Aller à la navigation générale.. Aller au menu.. Aller à la recherche.. Philippe Curval : chroniques, entretiens et articles.. fr/h8.. → entretien avec Pierre Versins.. Jusqu'au bout et au-delà avec Pierre Versins.. entretien, Yverdon, 1978.. Philippe Curval :.. en quelle année as-tu ouvert cet extraordinaire musée et cette non moins fameuse bibliothèque ?.. Pierre Versins :.. en 1976, mais je considère qu'elle commence seulement à correspondre à ce que je souhaite.. Quels sont tes rapports avec la municipalité ?.. Très simples : j'ai fait don à la ville d'Yverdon de la totalité de mes collections, de corps, mais non d'esprit.. Ainsi, cet ensemble n'est pas fossile, il est en perpétuelle évolution et augmentation.. J'achète de nouvelles œuvres, de nouveaux objets.. De plus, le fonds sert à accomplir des multitudes de travaux sur le sujet, de ma part ou de celle de visiteurs.. En revanche, nous avons établi une convention : j'accepte de travailler sans être payé autrement que par les ressources propres de la Maison d'Ailleurs, entrées, abonnements à la bibliothèque, qui me servent surtout à accroître les collections.. Y a-t-il eu de gros travaux ?.. Tout don offert à une ville, en Suisse, doit être justifié auprès de la population.. C'est d'ailleurs assez amusant ce qui s'est produit pour le fonds de la Maison d'Ailleurs.. La municipalité a voulu faire venir des experts pour l'estimer.. Je leur ai dit : « Attention, si vous voulez faire une estimation complète, cela vous coûtera dix pour cent du résultat.. J'estime qu'il y en a pour près d'un million de francs suisses ; faites d'abord une expertise jusqu'à 200 000 francs.. ».. Ils ont souri.. Quand les experts sont venus, parmi lesquels des libraires qui m'avaient vendu jadis pas mal de choses, ils ont fait un petit tour et, avant d'avoir accompli le quart du chemin, ils ont dit : « D'accord, ça fait déjà 200 000 francs.. C'est sans doute pourquoi la municipalité d'Yverdon a rénové cette maison qui lui appartient.. Aujourd'hui, les frais excèdent les 200 000 francs.. Et comment voient-ils la chose aujourd'hui ?.. Le syndic est un amateur de science fiction et d'utopie ; comme il a la majorité au conseil et qu'il a donné un avis favorable, les autres ont suivi.. Ce n'est cependant que petit à petit qu'ils ont vu la chose d'un œil favorable.. Ce qui les a sans doute le plus convaincus, c'est que, durant la première année, il ne s'écoulait pas de semaine sans que la radio ou la télévision viennent me visiter.. Cela n'était jamais arrivé à Yverdon.. Maintenant, on parle de la ville jusqu'aux Tuamotu.. Ils sont très contents.. Cela te fait-il un effet bizarre d'être dépossédé de ta collection ?.. Mais je n'ai jamais été un collectionneur ! C'est pour des raisons très simples que j'ai accumulé ce matériel.. Comme j'habitais loin de toute grande bibliothèque, j'ai été amené à acquérir moi-même les éléments dont j'avais besoin.. Au début, je n'avais aucune idée de la tâche qu'il y avait à accomplir.. Je voulais toucher le bout de la littérature de sf.. Je me suis vite aperçu que c'était une entreprise phénoménale, mais je ne me suis pas découragé.. J'ai ramassé, ramassé, puis je me suis livré systématiquement à cette occupation.. C'était parce que j'étais décentralisé dans les environs de Lausanne que j'ai voulu centraliser l'information.. Avec le recul, as-tu une conception tout à fait différente de la SF ou l'envisages-tu de la même manière qu'au moment où tu as commencé ?.. Je n'ai jamais cru que le genre était une chose figée.. On m'a fait des reproches à propos d'une définition que j'ai donnée.. Je ne me suis jamais assez expliqué à ce sujet.. Quand je parle de conjecture romanesque rationnelle à propos de la science fiction, ce n'est pas une définition que je donne ; il s'agit du plus petit commun dénominateur.. Pour moi, dans toute œuvre, quelle qu'elle soit, où il y a conjecture rationnelle romanesque, il y a sf.. Ce qui peut se réduire à une ligne : dans.. Mange et tais-toi.. de San Antonio, Berrurier ouvre un tiroir où il y a un foutoir énorme, il fouille et découvre un timbre représentant le général de Gaulle acclamé par les martiens.. Eh bien ! c'est un livre que j'ai ici, à la Maison d'Ailleurs, car ce passage-là tombe évidemment dans le domaine.. Mais tu n'extrapoles pas pour déclarer que.. est de la SF ?.. Pas du tout ! La fameuse phrase de Kornbluth, parlant de ces petits Hitler de la sf qui, à la vue de la moindre satire du seizième siècle, pratiquent l'.. Anschluß.. et l'annexent au genre ne s'applique pas à moi.. Prenons le texte célèbre d'Antonio de Guevara, traduit en France sous le titre.. l'Horloge des princes.. ; dans ce texte, il y a une page d'utopie sur mille, mais celle-ci est célèbre et reproduite partout : c'est le passage où Alexandre le Grand se rend chez les Garamantes et rencontre une utopie dix fois plus dure que celle des.. 120 journées de Sodome.. de Sade.. Pour moi,.. n'est pas de la sf ; la page d'utopie, si.. En somme, tu accapares la ligne, la phrase, la page, l'épisode, mais pas l'œuvre.. C'est ainsi que je l'entends.. Par exemple, on me reproche de prétendre que l'.. Épopée de Gilgamesh.. est de la science fiction ; bien sûr que ce n'en est pas ! Mais il y a là un voyage extraordinaire à travers le tunnel, une utopie et un élément de sf très important, puisqu'il s'agit de l'immortalité ; immortalité parfaitement rationalisée puisqu'elle est conférée par une herbe.. Cela ne représente qu'un quarantième du livre, mais on ne peut nier que l'esprit conjectural existait déjà à cette époque et dans cette œuvre.. Je cherche à mettre en lumière un état d'esprit.. As-tu retrouvé cet état d'esprit chez des gens auxquels tu n'aurais jamais pensé ?.. Claudel, par exemple — je déteste Claudel.. Je me suis dit, au moins celui-là n'en a pas fait.. Van Herp m'a répondu : « Et.. la Ville.. ? ».. En fait oui,.. , c'est une révolution future ; j'ai été obligé d'en convenir.. Je suis plutôt un érudit qu'un chercheur véritable, un exégète ou un synthéticien.. Je ne cherche pas à établir une théorie générale de la sf où tout rentrerait dans des cases préparées à l'avance ; j'analyse les œuvres en laissant le soin aux autres d'en tirer des conclusions.. Maintenant que tu as accompli une partie de ton “grand œuvre”, avec l'.. Encyclopédie.. , qui parle du domaine français en priorité, comptes-tu t'attaquer au domaine anglo-saxon ?.. Là aussi, il s'agit d'une erreur de perspective.. J'ai couvert le genre pour tous les pays dans mon.. Par dérision, Jacques Sadoul, en me dédicaçant son.. Histoire de la Science-Fiction.. , a écrit : « cette histoire de la SF qui parle de toute la SF ».. J'ai été choqué, parce que c'est profondément injuste.. Aussi ai-je mis Pascal Ducommun, qui est un véritable petit ordinateur vivant, sur mon livre ; il a compté les signes concernant le domaine anglo-saxon : il y en a 750 000, pour la période qui va de 1911 à 1971, recoupant le livre de Sadoul.. Exactement le même nombre que dans son histoire de la sf.. C'est naturel, depuis le début, j'effectue une recherche globale.. Pourquoi citais-je un ouvrage groenlandais alors que je ne lis pas cette langue ? Parce que je l'ai trouvé par références, en lisant d'autres ouvrages sur la question.. Je tiens à démontrer que l'état d'esprit sf se rencontre partout, pas en grande quantité, certes, mais qu'il a toujours accompagné la réflexion humaine.. Je ne pense absolument pas, comme certains Américains l'ont dit, que les amateurs de sf représentaient l'humanité future, ou d'autres aberrations de ce genre, mais je prétends que l'amateur de sf est né avec l'.. homo sapiens.. En somme, si j'ai fait ces travaux, c'est parce que je n'ai pas voulu être le seul de mon genre, un phénomène unique apparu brusquement dans la société comme un monolithe dans un film de Kubrick.. Quand j'ai entamé ma recherche, d'abord, timidement, j'ai remonté le temps : le dix-neuvième, puis le dix-huitième siècle.. Quand j'ai vu que la chaîne était ininterrompue, je suis allé directement aux origines de la littérature et je me suis laissé glisser dans le courant de l'Histoire.. Avant Jésus-Christ, j'ai ainsi découvert cinquante textes où il y a conjecture rationnelle romanesque.. En somme, tu t'intéresses plus à ce qui a précédé l'ère industrielle qu'à la SF moderne.. Faux, j'admets tout.. Tout ce qui paraît à notre époque et tout ce qui viendra aussi.. Je ne peux pas me laisser aller à mes préférences : je fais une œuvre d'historien pour construire une pierre d'angle sur laquelle mes successeurs pourront bâtir.. Maintenant si elle est faite, elle n'est pas parfaite.. Les gens qui aiment l'.. l'ont compris.. Ils ont apprécié ma démarche de défricheur.. Avant moi, il n'existait rien de véritablement sérieux ou  ...   finit par nuire à la qualité de l'œuvre.. Et si on revenait à toi, maintenant.. Crois-tu que toute ton œuvre va se limiter désormais à des retouches sur l'.. ?.. Pas du tout, je tiens à le dire.. Pour moi, après cette version italienne et le supplément qui paraîtra en français, l'érudition, c'est fini ! D'autres peuvent prendre la relève ; j'ai envie de me remettre à écrire.. Actuellement, il y a surtout des marginaux qui viennent me voir, pas encore de personnalité qui veuille se livrer sérieusement au travail de synthèse qu'il faudrait entamer, mais je suis sûr que ça viendra ; il y a plein de jeunes à la hauteur.. Ton dernier ouvrage publié date de quand ?.. En 1966, j'avais une nouvelle bloquée à.. , "les Derniers robots".. Alain Dorémieux me certifie que ce que j'écris devient de plus en plus incompréhensible.. Depuis ce jour-là, je n'ai plus rien donné à la revue, alors que j'y collaborais régulièrement pour des critiques.. Ce texte était en effet plutôt nouvelle vague.. J'ai toujours pensé que j'écrivais pour les générations futures.. En 1971, j'ai écrit à Dorémieux : « Maintenant que tu as publié Harlan Ellison, tu publieras ma nouvelle et tu m'enverras une lettre d'excuses.. Il a publié ma nouvelle et m'a envoyé une lettre d'excuses.. Et après, plus rien ?.. Si, un autre texte dont j'ai fait un court roman,.. les Transhumains.. Une histoire qui m'a fasciné : des extraterrestres viennent un jour visiter un père et sa fille dans une maison isolée.. Ils leur apparaissent comme des gens du voyage et s'en vont.. Par la suite, comme l'affaire s'ébruite, la fille est la proie de toutes les sollicitations et des manœuvres des gouvernements, des églises, des groupes politiques car elle détient la clé des étoiles.. Tu estimes que ta pensée et ton style ont évolué depuis les romans que tu publiais chez Métal.. Il y a des gens qui aiment ça ; moi je préfère ne pas en parler.. Tout ce que j'écris actuellement est à l'opposé de ce travail.. Comment donc est la SF de Versins aujourd'hui ? Est-ce une Science-Fiction qui repose sur des hypothèses scientifiques ou est-ce plutôt de la spéculation pure ou de la SF politique ?.. Ni l'un ni l'autre.. D'abord, je ne me sens pas assez socialement engagé pour faire de la politique fiction ; je me sens plutôt d'inspiration intimiste.. Je ne vais pas chercher à faire des choses fracassantes.. Ce qui m'intéresse, c'est de décrire la réaction d'un individu ou de plusieurs devant des événements extraordinaires, qui sont néanmoins plausibles scientifiquement ; rien de mystique ou de mystagogue.. Mais, puisque tu te déclares anarchiste, comptes-tu faire des livres de SF où tu proposeras des solutions sociologiques de ce type ?.. Je suis en train d'écrire en anglais — ce qui est stupide car je vais être obligé de le traduire — un roman dans lequel j'étudie trois types de société.. Le thème est issu d'une nouvelle à paraître dans.. Alerte.. 3.. Il y a d'abord une société totalement anarchiste.. Une deuxième de “Vieux de la vieille” — l'expression est librement traduite d'après Brian W.. Aldiss — : il s'agit de gens qui vivent dans une petite cité retranchée ; ce sont des rôdeurs de la plaine qui ne se défendent pas.. Ceux-là sont surveillés par une troisième société de type technologique, constituée de mutants doués de pouvoirs parapsychologiques.. Je vais faire évoluer les choses de façon à voir, dans le cours du roman, quelle est la société qui se débrouillera le mieux.. Ils se mélangent, s'interpénètrent, leurs adeptes luttent plus ou moins contre les autres et leurs réactions sont étudiées sur ordinateur par les technologistes.. Ceux-ci, contrairement à ce qu'ils croient, ne dominent pas la situation, car leurs réactions et leurs motivations font partie prenante de l'analyse.. Ainsi, bien que tu t'en défendes, la réflexion politique demeure constante dans ton œuvre.. Mais qu'as-tu fait de l'humour très spécial que tu pratiques et que je qualifierais d'humour versinesque ?.. Il fait partie intégrante de ce que j'écris ; il est probable que je ne m'en débarrasserai jamais.. D'ailleurs, je n'y tiens pas.. Mais disons que s'il prenait l'allure d'une énorme farce dans.. En avant Mars.. , il deviendra plus subtil, s'insérera en filigrane, comme une sorte de dynamitage secret de l'œuvre ; j'aime bien détruire un chapitre entier d'une seule phrase.. Et ces œuvres, ont-elles la chance de voir le jour prochainement ?.. Jusqu'à présent, il semble que tu aies raison en disant que je suis le dernier auteur maudit en France.. Elles m'ont été refusées par les directeurs littéraires de collections spécialisées.. Aussi suis-je en train d'essayer de les faire publier ailleurs, sous le couvert de la littérature générale.. Tu crois qu'il y a moyen d'infiltrer la littérature générale avec la SF ? Parmi les œuvres de Science-Fiction récentes, en vois-tu qui le pourraient aisément, des romans de fiction spéculative, par exemple ?.. Pour moi, ce genre n'est qu'une métamorphose de la contre-utopie dont je parle abondamment dans l'.. Le seul écrivain qui ait produit quelque chose de réellement différent est J.. G.. Ballard, avec.. Crash!.. Mais je ne crois pas que ce soit de la sf.. Le seul élément en sa faveur est cet échangeur monstrueux et normal, mais il est possible qu'il existe réellement, que ce ne soit pas de la fiction ; dans ce cas, nous nous trouvons devant un simple roman psychologique, à la Paul Bourget.. Tu ne crois pas que cet effet de distorsion qui est introduit dans.. fasse passer le roman dans une autre dimension ?.. Non, Ballard a simplement pris en charge la psychanalyse.. Mais l'introduction de la psychanalyse en tant que facteur d'imprégnation, en tant qu'amplificateur n'en fait-il un roman de SF ?.. Au besoin, on pourrait dire que ce roman tend vers l'absurde, mais pas spécifiquement vers la sf.. William Burroughs, dans le même ordre d'idée, est à la fois plus accroché à la sf, plus fort.. En même temps, il fait éclater les structures.. Et puis, Ballard n'est pas un bon écrivain.. J'ai été amené à reprendre la traduction de.. Cauchemar à quatre dimensions.. Ce travail a été un véritable pensum : le langage de Ballard est d'une imprécision exemplaire ; il exprime parfois le contraire de ce qu'il veut dire, son vocabulaire est d'une pauvreté phénoménale.. Justement, toi qui as traduit pas mal d'Anglo-Saxons, quels en sont les grands stylistes ?.. Ray Bradbury, Theodore Sturgeon, R.. Le Guin, Norman Spinrad dans ses bons jours, Keith Roberts.. L'écriture, en Science-Fiction, a-t-elle accompli des progrès depuis les années 50 ?.. Non, je pense simplement qu'il y a beaucoup d'auteurs qui auraient sans doute écrit de la littérature générale et qui sont passés à la sf.. Quant au phénomène de type “.. workshop.. ”, je n'y crois pas du tout ; apprendre à écrire de la science fiction est une illusion qui n'amène à produire que des stéréotypes.. L'esprit science fiction, on l'a à la naissance ; on ne l'acquiert pas.. N'as-tu pas remarqué, en revanche, qu'un grand nombre d'ouvrages paraissant dans des collections de littérature générale se réclament de la SF et n'en sont absolument pas ?.. C'est en effet un phénomène nouveau.. Depuis toujours des romans de sf sont publiés un peu partout.. Dans le temps, on disait : ceci est un conte philosophique, pas de la sf, ne vous y trompez pas ; maintenant, on essaye de faire croire le contraire.. Sauf des gens comme Dino Buzzatti ou Mohamed Dib qui s'en sont toujours réclamés.. C'est depuis 68 que le terme est accepté par les éditeurs ; naturellement, ils se trompent à coup sûr car ils n'ont pas encore compris ce que c'était.. Un peu comme les universitaires du monde entier dont je reçois les lettres.. Ils sont déjà passés à un degré supérieur de l'analyse du phénomène, comme s'il y avait déjà eu un travail de synthèse réalisé sur la science fiction.. Or, il n'existe pas ; ces gens ont sauté une marche, ils travaillent à côté du sujet par pur manque d'information.. Une grande partie de ce que je lis dans.. , par exemple, serait parfaite si c'était appliqué à Stendhal ; sur Lafferty, ça ne peut pas fonctionner.. On te sent tout frémissant de l'envie d'écrire.. Comment expliques-tu ce long silence consacré à l'.. J'ai toujours admiré Pierre Larousse.. Quand j'ai vu cet Himalaya que constituait la conjoncture rationnelle romanesque, j'ai eu envie de la conquérir, comme Larousse l'a fait pour le vocabulaire.. J'étais un pionnier absolu puisqu'il n'y avait rien sur le sujet.. En fait, je considère cette.. comme une œuvre littéraire.. Certains ont dit que c'était le roman de ma vie.. C'est une partie du roman de ma vie ; maintenant, je commence un autre chapitre.. Philippe Curval Pierre Versins,.. Futurs.. , [1.. re.. série], nº 2, juillet-août 1978.. section Philippe Curval.. tout Quarante-Deux.. Navigation.. l'auteur.. présentation.. Sections.. divers.. © Quarante-Deux 1994–2054.. Dernière modification :.. 18 janvier 2013.. (création : 3 mai 2001).. org/archives/curval/entretiens/Pierre_Versins..

    Original link path: /archives/curval/entretiens/Pierre_Versins/
    Open archive

  • Title: Archives stellaires/Auteurs divers/S.-F. et philosophie | Quarante-Deux
    Descriptive info: Sauter la navigation.. accueil.. exliibris.. pgeff.. kws.. récits.. prix.. galerie.. carnets.. photos.. Vous êtes ici :.. →.. Archives stellaires.. Auteurs divers : S.. -F.. et philosophie.. Bozzetto.. Curval.. Klein.. Divers.. Auteurs divers.. Science-Fiction et philosophie.. Débat organisé à l'occasion de l'exposition Aller simple pour l'infini le 5 mars 1997 à la bibliothèque du Centre Georges-Pompidou à Paris.. Modérateur :.. Daniel Riche.. Participants :.. Roger Bozzetto, Gérard Klein, Guy Lardreau, Denise Terrel.. Retranscription :.. Christo Datso.. Sommaire :.. Traits philosophiques de la Science-Fiction.. Science et Philosophie, Science et Science-Fiction.. Lectures de la Science-Fiction.. De l'Identité, Réel Réalité.. Science-Fiction Fantastique.. Légitimité de la Science-Fiction.. Le Fantastique (suite).. La Science-Fiction dans la philosophie moderne.. Expériences mentales.. Conclusion.. Daniel Riche —.. Pour démarrer le débat, je voulais partir d'une phrase d'un américain qui a écrit un article sur les rapports entre Science-Fiction et Philosophie, publié par la revue de l'Université de Bruxelles.. Il a démarré son article par cette phrase sur laquelle je vais vous demander de réagir dans un premier temps, à savoir qu'une grande partie de la littérature de Science-Fiction et de Fantastique est construite à partir de cas ou d'exemples qui présentent des traits de caractères philosophiques.. Évidemment, c'est une phrase qui appelle des tas de commentaires, ne serait-ce que pour savoir ce qu'entend Winston par.. caractère philosophique.. Fait-il référence à la philosophie classique, à la philosophie moderne ? Mais je pense que cette phrase pose bien la problématique du débat.. Denise Terrel —.. Tout en n'étant pas philosophe, j'ai eu l'occasion de m'apercevoir, au cours de mes recherches dans la Science-Fiction, que la bonne Science-Fiction, mais également la mauvaise, qui a l'avantage de schématiser de manière significative, pose des problèmes fondamentaux de philosophie concernant l'espèce humaine en particulier.. Du reste, on peut constater que, dans la Science-Fiction, le régime narratif est essentiellement concentré sur le nous collectif, par opposition au je individualisé ; c'est donc l'espèce humaine qui est concernée.. Dans des problèmes qui me paraissent a priori relever de cas philosophiques, la définition de l'Homme en tant que tel, la manière dont il peut se repérer en tant qu'Homme, la Science-Fiction lui oppose des figures qui sont autant de doubles, des figures d'extra-terrestres, de robots, d'androïdes, et qui lui permettent de se situer dans l'Humanité, dans l'univers.. Autre grand problème que la Science-Fiction aborde : la place de l'Homme dans le continuum espace-temps, qui est finalement la représentation métaphorique par excellence du cadre existentiel de l'Homme et donc de l'Homme en tant qu'entité.. Je ne vais pas m'étendre trop longtemps sur ces problèmes, sinon pour ajouter que le problème du devenir, qui est intimement lié à la notion de temps — et Dieu sait si la notion de temps a préoccupé les philosophes — est essentiel à la Science-Fiction.. J'ajouterai que les problèmes sur la vie, sur la mort, sur la confrontation de l'Homme avec le grand problème de la mort, sont essentiels en philosophie et sont abordés à leur manière par la Science-Fiction.. Gérard Klein —.. Winston indique, dans le paragraphe que Daniel Riche n'a pas intégralement cité, que les philosophes n'auraient eu recours au récit que récemment pour pousser plus loin leur raisonnement.. Je ne suis pas sûr que ce soit exact, car toute une partie de la Science-Fiction dérive très directement du conte philosophique.. Je pense évidemment en particulier, à titre d'exemple, au Micromégas de Voltaire, dont on a trop privilégié dans l'enseignement le caractère littéraire et philosophique au détriment de la dimension scientifique.. À l'époque où Voltaire écrit Micromégas , il s'inspire directement des idées de Newton, des représentations très récentes du système solaire et de l'idée de la pluralité des mondes habités, introduite relativement peu d'années auparavant par bien des gens, en particulier par Fontenelle.. Micromégas et bien d'autres contes philosophiques s'inscrivent dans la généalogie de la Science-Fiction.. Quel est le statut du conte philosophique, classique ou récent, par rapport à la philosophie ? S'agit-il seulement d'une illustration d'une idée philosophique, de sucre pour faire passer une pilule conceptuelle plus amère, ou s'agit-il de la poursuite du travail philosophique, de la quête philosophique ?.. J'aimerais faire valoir également que la Science-Fiction répond à une demande d'un public, à une demande de plaisir sur le mode de réponses à des questions que la science ne traite pas tout à fait, et que la philosophie a renoncé à traiter.. Et il y a un point qui me paraît très important, c'est la part de fiction dans la Science-Fiction, c'est-à-dire que ces questions portent sur la vérité ou ce qui constituerait la vérité ; mais les auteurs de Science-Fiction savent qu'ils ne la traitent qu'en termes de fiction, et ça me paraît déjà poser une question philosophique.. Je crois que pour l'instant j'ai soulevé assez de questions….. Roger Bozzetto —.. Je voudrais faire remarquer, d'une part, que lorsqu'on parle de la Science-Fiction et de la philosophie, on simplifie pas mal les choses, car il y a des auteurs de Science-Fiction, et tous les auteurs de Science-Fiction n'ont pas la même philosophie de la science, ni la même pratique de la fiction.. On se trouve devant des textes, alors que le problème posé est de savoir ce qu'il y a de philosophique dans la Science-Fiction, ce qui renvoie plutôt à l'idée qu'on se trouve devant un discours.. Or il me semble que nous avons affaire, avec les textes et les auteurs de Science-Fiction, à une série d'approches des problèmes, qui sont peut-être posés par la philosophie, mais laquelle ? Car quand on dit philosophie, il n'y en a pas qu'une.. Qu'y a-t-il de commun entre Platon, Kant, Hegel ? Nous n'avons pas qu'une seule philosophie ni une seule Science-Fiction.. Il va falloir regarder les choses de plus près.. Comme l'a dit Gérard Klein, quand on met la fiction du côté de la Science-Fiction, on oublie que les philosophes font appel aussi à la fiction.. Que dit Socrate, quand il est en train de discuter avec ses petits camarades de jeux : « Que fait-on maintenant ? Je continue avec la démonstration ou je vous raconte une histoire ? ».. Il passe du logos au mythos, du discours à une invention littéraire.. Ces discours fictionnels qui sont à l'intérieur de la philosophie chez Platon sont-ils là pour illustrer une idée ou pour créer autre chose, comme une réponse figurale et non discursive ? Dans le cadre du discours, on retombe dans la fonction de la fiction dans la Science-Fiction.. Guy Lardreau, vous êtes particulièrement préoccupé par les rapports, les homologies entre la philosophie classique et la littérature de Science-Fiction.. Pouvez-vous vous expliquer là-dessus, en réagissant aussi à la phrase de Winston ?.. Guy Lardreau —.. Je vais essayer à la fois d'apporter une réponse personnelle et, en même temps, puisque j'ai la chance de parler le dernier, de réagir un peu aux choses que mes collègues ont dites.. Il y a dans le texte que vous nous soumettez et que, comme Klein disait, vous n'avez pas cité en entier, une première chose qui me choque, c'est Science-Fiction et Fantastique.. Je veux bien lire l'intégralité de la citation :.. « Une grande partie de la littérature de Science-Fiction et de Fantastique est construite à partir de cas ou d'exemples qui présentent des traits de caractère philosophiques.. Les types d'exemple en question sont connus par tous ; ce sont des cas dans lesquels des copies apparaissent, ou doppelgänger de la Terre, ou de Terriens, comme dans l'histoire Mars is Heaven des.. Chroniques martiennes.. ; ou des cas dans lesquels des robots ou des androïdes font preuve d'un comportement qu'on ne peut distinguer des humains normaux, comme dans certains récits du.. Livre des robots.. ; ou dans les cas où l'esprit de quelqu'un est séparé ou temporairement dissocié de son corps, comme cela se produit dans Mindswap de Robert Sheckley, par exemple.. Alors que les auteurs de Science-Fiction exploitent depuis un certain temps ces sortes de situations, ce n'est que récemment que les philosophes ont commencé à utiliser ce genre d'exemples dans leur argumentation, c'est-à-dire pour prouver ou soutenir des thèses philosophiques.. Je suis convaincu que ces deux genres dits mineurs ont affaire à la philosophie, mais non pas à une philosophie quelconque.. Chacun de ces genres requiert en fait une philosophie spécifique.. Là, ça recoupe ce que disait Bozzetto ; il ne s'agit pas de La Philosophie en général.. En revanche, par rapport à la philosophie, on peut parler d'une Science-Fiction en général, dans la mesure où elle suppose une orientation déterminée de la philosophie.. Celle-ci tiendrait en cette proposition non triviale, quoi qu'il y paraisse : il y a plus de possible que de réalité.. Et, si vous voulez, je me permets ce raccourci, dans le Fantastique, c'est l'inverse : il y a plus de réalité que de possible.. Et j'ajouterai qu'il y a une troisième orientation possible : la réalité et le possible sont réciproques.. Cela détermine, a priori, dans la philosophie, des orientations.. Dans le passage que vous avez lu, si on prend la proposition à l'état brut, c'est-à-dire sans la mention chronologique, on ne peut pas ne pas être d'accord.. Effectivement, la Science-Fiction agite des thèmes qui sont d'ordre philosophique et c'est pour ça qu'un philosophe peut s'y intéresser.. Si, en revanche, on la prend dans sa lettre, avec le récemment , elle est intenable.. Non seulement, comme Klein vient de le dire, il y a un rapport avec le conte philosophique, mais aussi, comme Bozzetto le soulignait, ça ne date pas d'hier, ça date de l'origine même de la philosophie, c'est-à-dire que la philosophie a toujours fonctionné par conjecture ou fiction.. Notamment, l'idée même d'un monde double, pas d'un double monde, pas d'un arrière-monde, ça, c'est un choix philosophique, mais l'idée qu'il puisse y avoir un monde différent de celui-ci, et sur quoi il faut éprouver, faire varier les traits de celui-ci, pour voir lesquels sont essentiels, lesquels sont accidentels, ça, c'est une pratique absolument connue.. L'idée de pluralité des mondes — Klein a cité Voltaire, Fontenelle ; on peut aussi citer comme auteur pensant, mais littéraire, Cyrano de Bergerac, mais citons aussi ce grand classique, Leibniz.. Il y a toujours chez lui cette fiction de l'Arlequin qui rentre de la Lune et qui dit : c'est tout comme ici, etc.. On peut faire varier ; en réalité, l'essence est toujours la même.. J'ajouterai que c'est finalement assez compréhensible, que la philosophie fonctionne pour une grande part par conjecture ou par fiction, si on accepte cette thèse de Kant que finalement aucune proposition positive de connaissance ne peut être formulée, que touchant ce qui tombe sous l'expérience.. Donc, s'il est vrai que la philosophie s'intéresse aussi à ce qui ne tombe pas sous l'expérience, elle ne peut pas l'articuler sous forme de proposition affirmative mais exclusivement sous forme de conjecture.. Pour terminer, je reprendrai deux points dans l'exposé de Denise Terrel :.. Je ne pense pas du tout que le rapport entre philosophie et Science-Fiction s'établisse autour de l'Homme car la philosophie s'est toujours foutue de l'Homme ; c'est ce que je crois et ce que pensent pas mal de philosophes de mon époque.. Jamais elle ne s'est demandée : qu'est-ce que l'Homme ? Si nous avons quelque chose en commun avec la Science-Fiction, c'est au contraire, de ne pas se soucier de l'Homme.. J'ai relevé le terme la mauvaise Science-Fiction.. Je ne sais pas ce que c'est : c'est indiscernable de la bonne, du moment que ça fonctionne comme de la Science-Fiction, ça a le même rapport à la philosophie.. C'est pour ça que dans mon livre, j'ai pris très volontiers des exemples de ce qu'on appelle de la mauvaise Science-Fiction.. Pour le philosophe, ça ne me paraît pas important.. Précisément, pour avancer dans ce débat, dans votre livre, vous parlez d'une sorte de prise de relais de la Science-Fiction par rapport à la philosophie, notamment en ce qui concerne la science, puisque vous partez d'une sorte de divorce entre la science et la philosophie.. J'aimerais commencer par cette phrase, citée de mémoire du livre de Guy Lardreau :.. Le lien entre science et philosophie ayant été rompu suite à l'abdication par la philosophie de son rôle de médiation entre la science et l'opinion, après qu'elle ait cessé de faire avec la science, vision du monde, c'est à la Science-Fiction qu'il incombe de prendre la relève et de philosopher parmi les écrivains qui la produisent.. On peut partir d'un constat.. Le dernier à avoir essayé de relever l'intérêt spécifique que la raison investit dans la science, c'est Bergson ; c'est le dernier à avoir essayé de dialoguer, avec Einstein en l'occurrence.. Et puis il a constaté son échec et comme c'était un philosophe honnête, il l'a dit, et il a même refusé que Durée et Simultanéité soit réédité de son vivant, disant.. je ne fais pas le poids.. , etc.. Autre constat.. Jusque-là, la philosophie avait toujours été nouée à la science.. Je vais reprendre une très belle formule de Maine de Biran dans un mémoire qui lui avait été demandé au début du XIX.. e.. siècle sur le statut des mathématiques.. Maine de Biran disait : « Les sciences ne nous attendent pas pour avancer car, après tout, qu'est ce que la philosophie vient faire ? ».. Et il propose ce concept très beau qui donne une idée d'une certaine forme d'épistémologie : le philosophe est un cartographe.. Ca fait très Deleuze, en fait, comme expression.. De fait, la science avance ; elle se fout entièrement des propositions générales que nous pouvons essayer de tenir sur elle, mais elle ne sait pas où elle va.. Et, d'autre part, son état de morcellement réel fait que, d'une science à l'autre, on ne sait pas ce que fait l'autre.. Donc, le rôle du philosophe serait de dessiner une cartographie puis de fixer un idéal à chacune de ces sciences, et à ce qu'on appelle La Science, précisément, un idéal qui l'autoriserait à surpasser son morcellement.. C'était le rôle que la philosophie avait depuis le début.. Il est clair que quelque chose s'est passé, et on pourrait tout simplement rappeler ce que Marx annonçait : le fait que la division du travail allait se répéter à l'infini, dans chacune de ses branches, et notamment dans le domaine du travail intellectuel, et que donc viendrait un temps où plus personne ne serait en mesure de maîtriser un champ quelconque.. Vous connaissez bien cet exemple scolaire, trivial, que Berthelot est le dernier à avoir tenu le simple champ de la chimie.. A fortiori, tenir plusieurs sciences à la fois, plus personne ne le peut depuis la moitié du XIX.. siècle.. Il n'y a pas de doute sur ce point-là, la philosophie a abdiqué.. Je vais prendre la question par un autre bout, non pas celui du rapport entre science et philosophie, où je ne suis pas sûr d'être compétent, mais celui des relations entre la Science-Fiction et la science.. J'aimerais tout de même réagir en disant que le divorce entre science et philosophie est beaucoup plus ancien que Bergson.. Il commence à se creuser à l'âge classique au XVIII.. siècle, est plus profond au XIX.. Or, il se trouve que la littérature de Science-Fiction apparaît sous des formats plus ou moins modernes à la fin du XVII.. siècle, elle se développe au XVIII.. , explose au XIX.. et c'est la grande littérature du XX.. C'est un phénomène de biseau et de substitution qui va tout à fait dans le même sens.. J'ai longtemps eu, sur la question des relations entre Science-Fiction et science, une position assez naïve, tendant à penser que la Science-Fiction est une extrapolation des données scientifiques.. Je suis tout à fait d'accord avec Bozzetto : tout ça doit se décliner au pluriel, mais parler de La science, c'est un raccourci, c'est tolérable à partir du moment où cela n'implique aucune unité imposée, au moins dans la pratique.. Puis, cette position ne m'a pas satisfait et je suis arrivé à une idée assez différente, grâce à des travaux d'un grand nombre de chercheurs et d'érudits (en particulier de mon ami Michel Meurger), une idée selon laquelle les sciences produisent des résultats, des théories, des observations, mais, le plus important, des images, des représentations du monde qui sont parfois très concrètes.. Imaginez la surprise des gens qui ont vu pour la première fois dans un télescope des disques planétaires ; imaginez la surprise des gens qui ont vu dans un microscope un spermatozoïde gigotant ou bien des microbes ou quelques cellules du sang.. Cela, ce sont des images concrètes.. La science produit aussi des représentations du monde qui sont nettement plus abstraites.. Imaginez l'innovation conceptuelle que représente la notion de molécules, de toute une population de molécules.. Imaginez ce que c'est qu'un atome, un électron.. Ce sont là des représentations qui sont proposées par la science, qui ne sont plus tout à fait de la science, mais qui ont un très grand effet sur les imaginaires.. Et je crois que la littérature de Science-Fiction n'est pas construite directement sur la science, mais sur les images et les représentations que la science produit sans cesse.. Il y a là une distance, un point sur lequel on aura l'occasion de revenir ; c'est important quant à la portée philosophique même de la Science-Fiction.. Denise Terrel, vous avez organisé un colloque sur science et Science-Fiction.. Je formulerai la question de manière brutale et caricaturale : est-ce que, au cours de ce colloque, ont été abordés les problèmes de l'épistémologie et les rapports entre l'épistémologie et la Science-Fiction, ou bien, avez-vous eu des scientifiques qui venaient confronter leur thèse avec ce qu'ils pouvaient trouver dans les livres de Science-Fiction ?.. C'est plutôt la deuxième proposition.. Il y a eu des communications, en particulier celle de M.. Paul Caro, qui a traité le problème avec une certaine envergure au niveau de la philosophie et de l'épistémologie.. Mais dans l'ensemble des cas, les scientifiques étaient beaucoup plus enthousiastes que les littéraires.. Je voulais rebondir sur ce qu'a dit Gérard Klein, sur les rapports entre science et Science-Fiction.. Je suis d'accord avec sa conception de la place de la science dans la Science-Fiction.. Je pense que c'est une erreur fondamentale des premiers temps de la Science-Fiction, en particulier de la Science-Fiction américaine, période d'.. Astounding.. et de Campbell où, justement, il fallait faire de la Science-Fiction rationnelle.. La Science-Fiction devait avoir des vertus didactiques, faite pour enseigner, aux adolescents en particulier, ce qu'était la science, ce qui était totalement faux.. Mais, même dans cette mauvaise Science-Fiction, on pouvait s'apercevoir qu'il y avait une certaine forme de délire verbal, une forme de poésie dans certains cas, poésie scientifique, qui n'avait rien à voir avec la science et la réalité scientifique.. Tout à l'heure, vous parliez de l'astronome qui a vu les étoiles dans sa lorgnette et de tous les scientifiques qui ont des chocs quand ils travaillent sur leur sujet de recherche….. Ce qui m'a frappé, lors de ce colloque, en particulier, et des personnes que j'ai rencontrées, c'est ce fameux.. sense of wonder.. , c'est cet émerveillement que les lecteurs de Science-Fiction éprouvent devant cette littérature, qui est avant tout une littérature d'évasion, émerveillement identique à celui que les scientifiques éprouvent également lorsqu'ils regardent dans un microscope, ou de l'astronome quand il regarde les étoiles.. C'est cet émerveillement qui est commun aux deux et que la fiction, parce que création de l'imaginaire, peut recréer.. Là où, à mon avis, les scientifiques et les littéraires ne se sont pas toujours rencontrés, c'est qu'ils n'ont pas la même façon de lire la Science-Fiction.. Les scientifiques retrouvent cet émerveillement dans la Science-Fiction, retrouvent leurs recherches premières, leurs réflexions sur des problèmes moraux, fondamentaux, quelque peu sublimés, transcendés par les représentations littéraires, mais ont, la plupart, pas tous, l'instinct de coller à la réalité.. Ils sont très heureux de retrouver à l'intérieur d'une fiction tous ces jalons qui forment leur propre vie.. Une question qui était venue dans un débat concernait.. la Machine à explorer le temps.. de Wells, qui n'a rien de scientifique, car c'est avant tout un objet littéraire, une création magnifique.. Je voyais tout à l'heure la maquette tirée du film de Georges Pal.. C'est une forme de représentation de ce que Wells a décrit, et  ...   Ceci nous amène à la question d'une définition du Fantastique classique qui se développe à la fin du XVIII.. siècle, plutôt au début du XIX.. (avant, il y a le roman gothique qui est quelque chose d'un peu différent), et qui se poursuit jusqu'au début du XX.. siècle ou à l'entre deux guerres.. Après, on se situe à nouveau en présence de quelque chose de différent.. Pour moi, le critère déterminant c'est celui de la présence sous une forme ou une autre de la surnature, de la manifestation, dans certaines conditions, de la surnature liée à une culpabilité et à une transgression.. Ce n'est pas l'effroi, ce n'est pas la terreur, ce n'est pas le fait d'être en présence d'un monde étrange ou inconnu qui est constitutif du Fantastique, c'est vraiment l'intervention de la surnature dans un cadre de culpabilité et ça, j'en ai fait la démonstration sur un grand nombre de textes.. Je me suis d'ailleurs à cette occasion inscrit en faux, par rapport à un certain nombre de textes théoriques, je pense en particulier au bouquin de Todorov qui ne tient pas la route.. D'ailleurs, en privé, il reconnaît qu'il est fondé sur sept livres — et pourquoi sept livres seulement ? Parce que ce sont les seuls qu'il ait lus dans ce domaine.. J'aimerais revenir sur la question de la légitimité et en parler comme l'a fait Lardreau, mais du côté de la Science-Fiction.. Je pense en effet que la surface de légitimité qui est accordée aux États-Unis et pas ici, ou ici-même et pas ailleurs, à la Science-Fiction, cette surface n'a aucune espèce d'intérêt.. Je pense que si la Science-Fiction a toujours été traitée avec beaucoup de méfiance, c'est parce qu'elle contient de l'illégitimité très fondamentale, très résistante.. D'abord, parce que c'est une fiction qui prétend parler de choses sérieuses sous forme fictionnelle et souvent pas sérieuse du tout.. Déjà ça, c'est inquiétant.. Je prends un autre exemple, c'est vous dire à quel point ça peut être illégitime.. On nous rabat les oreilles depuis deux ou trois jours à propos d'une malheureuse brebis, de tous les problèmes du clonage, tous les soi-disant problèmes éthiques, moraux, sociaux du clonage.. Or, le clonage est possible, ça a déjà été fait ; les auteurs de Science-Fiction en ont parlé énormément depuis des dizaines d'années, ils n'ont pas attendu les laboratoires écossais.. Le discours que tout le monde nous tient, du Président des États-Unis au Président de la France en passant par un certain nombre d'autres instances légitimantes, est un discours de la condamnation moralisante.. Il ne faut pas le faire.. Justement, ce qui va intéresser et peut-être amuser un auteur de Science-Fiction, c'est de tenir non pas le discours opposé, qui serait le même, mais un autre discours.. Que se passe-t-il là d'intéressant ? Que va-t-on pouvoir faire ? Pourquoi cette idée doit-elle être défendue ? La Science-Fiction est pour toutes sortes de gens très choquante car, si on la prend au sérieux ce que dans ces questions on doit faire, elle a toujours l'art de suggérer une réponse condamnable et moi, je trouve ça très bien et je suis pour le maintien de l'illégitimité de la Science-Fiction.. Justement, si elle était absorbée par l'université, trop absorbée, je craindrais qu'elle ne soit progressivement phagocytée, entourée d'une espèce de cocon et pour ainsi dire minéralisée.. J'espère que même si je vis très longtemps, je ne verrai pas ça.. On a jusqu'ici beaucoup évoqué le rôle de la philosophie dans la Science-Fiction, et de la manière dont il arrivait à la Science-Fiction de philosopher, pour résumer.. Je voudrais, dans cette dernière partie du débat, qu'on évoque le rôle de la Science-Fiction dans la philosophie, et notamment dans la philosophie moderne, contemporaine.. Évidemment, les philosophes classiques ne risquaient pas de convoquer la Science-Fiction puisque le terme et le concept n'existaient pas, mais il semble aujourd'hui qu'il y ait tout un courant philosophique, notamment en provenance des pays anglo-saxons, qui fasse appel à la Science-Fiction de manière ouverte, non dissimulée.. Je pense à Douglas Hofstadter et à Marvin Minsky aux États-Unis, et même un peu plus loin, je pense à Bertrand Russell.. J'ai appris récemment qu'il a été l'auteur, sous pseudonyme, d'un recueil de nouvelles de Science-Fiction.. Alors, quelle est la place que les philosophes accordent à la Science-Fiction dans leur propre discipline ?.. Il y a tout un champ où c'est très manifeste.. Hofstadter n'est pas loin, mais c'est toutes les réflexions qui portent sur l'intelligence artificielle.. Les ouvrages techniques des philosophes sur l'I.. sont pleins de petits contes de Science-Fiction.. C'est l'histoire du chinois, du personnage qui est dans une pièce et qui manipule des symboles — ce n'est pas récent : ça a une vingtaine d'années — et l'auteur de cette histoire m'échappe.. Peu importe.. Là, il y a un conte qui est destiné à montrer que s'il y avait une formalisation du langage possible et suffisamment poussée, alors on pourrait, sans rien connaître au chinois, répondre à des questions à condition de disposer de règles en quantité suffisante.. C'est typique des contes philosophiques qu'on trouve à l'intérieur d'ouvrages relativement techniques.. J'ai quand même tendance à penser, parce que je suis un philosophe classique et assumant pleinement ce rôle archaïque, sans honte en plus, que ce sont des montages et des illustrations, parce que ton exemple de Chinois , là encore je reviens à Leibniz, tout simplement il t'aurait dit que sa combinatoire prévoyait ce genre de choses….. Donc, en réalité, c'est plutôt un appel à l'opinion, pour faire passer des interrogations philosophiques extrêmement anciennes et classiques, mais auxquelles on donnera un peu de piment.. J'ajouterai — là encore, j'assume pleinement mon rôle dinosaurien de philosophe classique — que je ne considère pas Hofstadter comme un philosophe.. Tout le monde n'est pas philosophe, sinon on fait n'importe quoi.. Bertrand Russel était un philosophe ?.. C'est tangent….. C'est ce que prétendent les mathématiciens….. Il y a quelqu'un qui avait essayé de réfléchir là-dessus, mais qui au total n'a pas sorti grand-chose.. C'est Deleuze.. De même qu'il avait essayé de réfléchir sur le roman policier.. Je voudrais revenir sur quelque chose que Lardreau a dit tout à l'heure, à propos de la différence entre le réel et les réalités.. Ce qui est intéressant, par rapport à ce qu'on pourrait appeler la quantité de vérités que peut contenir une fiction — je sais bien que c'est idiot de le dire comme ça, mais on comprend mieux —, c'est dans quelle mesure la réalité a besoin des fictions pour se construire, pour apparaître en tant que telle.. Tout à l'heure on a parlé de conjectures.. Moi, j'ai une autre formulation plus ancienne : elle remonte à Roger Bacon.. C'est la notion d'expérience mentale ; ça revient au même ; c'est en lisant les épistémologues.. Je pensais à Feyerabend, par exemple ; il montrait à quel point les expériences d'Einstein avaient d'abord été des expériences mentales, avant de pouvoir se concrétiser, parce que les appareillages les rendaient possibles.. La notion d'expérience mentale, dans la construction de la réalité, est tout aussi bien scientifique que philosophique.. J'ai donné tout à l'heure l'exemple de Platon.. En religion, il y a les paraboles.. En économie, il y a les utopies.. Disons que la notion d'expérience mentale n'est pas propre à la Science-Fiction, mais la Science-Fiction lui donne une coloration différente, parce qu'elle s'appuie sur ce que Gérard Klein appelait des images.. Moi, j'appellerais cela une mythologie de la science.. Autour de la science, il y a toute une efflorescence d'images qui constituent plus ou moins une mythologie.. C'est ce que la Science-Fiction constitue en quelque sorte, de la même manière qu'il y a une religion et puis un tas de superstitions à côté, les religions des uns étant les superstitions des autres.. C'est une mosaïque totalement hétérogène qui renvoie à la science, à la religion, à la philosophie.. Et tout ceci, parce que ça rentre dans le cadre du fictionnel.. S'il y a ce développement de la Science-Fiction dans les sociétés depuis la fin du XIX.. siècle surtout, c'est par la difficulté où l'on est, vu les progrès de la science et disons la démission de la philosophie, de rendre compte pour un public assez large de ce qui se passe, bien que ce public sache que ce qui se passe et qui est décrit ne soit pas exactement la réalité, mais en quelque sorte, y fasse allusion.. Je voudrais réagir à deux choses.. D'abord, je suis entièrement d'accord avec Bozzetto sur la question de l'experimentum pensis, comme on disait au XVII.. siècle, et disons qu'avant Feyerabend, celui qui a exhibé le concept c'est Alexandre Koyré qui, de fait, a constitué contre Bachelard, toute son épistémologie sur cette question de l'impertinence de l'expérience sensible par rapport à la science.. Effectivement, Einstein disait : « Si l'expérience ne marche pas, on s'en fout, elle survivra.. L'autre point de votre intervention sur lequel je veux revenir, pour qu'on m'entende bien quand je parle de démission de la philosophie, c'est que le rôle d'orientation que nous avons pu avoir par rapport à la science est fini.. La philosophie va devoir faire avec cette impuissance.. Mais pourquoi est ce que je tiens à le marquer, car il est rare qu'un discours tienne à marquer sa déficience ?.. Je tiens à le marquer car la pointe de mon constat est pratique ; je rejoins un truc que Klein disait tout à l'heure : si la philosophie persévère à prétendre pouvoir intervenir auprès de la science, elle ne le fera qu'au nom de la morale, au nom d'un discours absolument répugnant, qu'on appelle l'éthique de la science.. Les comités d'éthique, qu'on les laisse aux gens qui n'ont que ça à faire et qui, d'autre part, voient le fin du fin de la pensée dans l'exhibition de deux ou trois misérables impératifs.. La philosophie n'en a rien à foutre.. Là je suis très content de ce que tu as dit touchant le moralisme : c'est qu'effectivement, considérant la question du clonage, que voulez-vous qu'un philosophe raconte là-dessus ? C'est des foutaises.. Et j'ajouterai, m'appuyant sur Maine de Biran, que quoique fasse la philosophie, la science avance.. Je m'appuierai aussi sur Hegel qui dit : « Qu'on le veuille ou pas, c'est ainsi, la science est au travail, et avant de commencer à penser quoi que ce soit à son propos, elle est au travail, elle agit, elle produit.. C'est ainsi.. Si les expériences de clonage sont le point où en est la marche de la science, c'est ainsi et puis c'est tout, puisque vous tenez à proposer nos misérables éthiques nombrilistes.. C'est à la Science-Fiction maintenant à penser la science ?.. Je ne dis pas ça, je dis qu'elle opère dans ce sens, qu'elle fait nœud avec la science, comme nous ne sommes plus capables de faire.. Mais en dehors des philosophes et des auteurs de Science-Fiction, qui pense la Science ?.. Peut-être qu'il n'y a pas à penser la science.. Peut-être que la science se pense elle-même.. C'est aussi une possibilité.. Faut-il une méta-science ?.. Sûrement pas, mais c'est difficile d'y renoncer.. Le rapport entre la science et la pratique qu'elle rend possible, c'est une question politique.. Ce type de question politique entre bien dans le champ de la Science-Fiction, pas qu'elle ait une vérité quelconque à délivrer là-dessus, mais elle entre bien dans ce champ.. On peut dire des choses qui sont scandaleuses, et j'espère bien qu'elles sont scandaleuses dans le cadre de la Science-Fiction, mais qui ne sont probablement pas de l'ordre du philosophique, alors que les comités d'éthique sont constamment en train de prétendre qu'ils font de la philosophie, ou qu'ils représentent un point de vue philosophique, alors qu'en réalité ils représentent un point de vue politique assez niais.. J'ai participé à pas mal de débats sur ce genre de questions, et ce qui m'a toujours inquiété fortement, c'est la grande niaiserie des gens, par ailleurs des gens extrêmement cultivés et intelligents ; mais les questions qui leur sont posées sont telles qu'ils n'ont pas grand-chose à dire.. Vous avez parlé de Science-Fiction en rébellion, qu'il ne fallait surtout pas du reste étouffer à l'Université, j'ai noté au passage.. Cette idée de Science-Fiction et de comité d'éthique, c'est ce qui me fait réagir.. Moi, je trouve que la Science-Fiction n'est pas très subversive.. Elle ressemble plus, pour une grande majorité, comme étant un appareil assez ordonné.. Il me semble qu'elle est très moralisante, qu'elle ressemble plus à un comité d'éthique qu'à un art révolutionnaire, ne serait-ce que par ses formes et, encore une fois par sa fonction moralisatrice, avec tous les interdits : « attention, si vous faites ça, voyez ce qui va arriver ».. Je suis d'accord avec vous que la plupart, pour ne pas dire la quasi-totalité des auteurs de Science-Fiction, ne sont pas subversifs du tout.. Ils sont d'une grande platitude, comme d'ailleurs la plupart des auteurs en général, mais même quand ils ont des points de vue très moralisateurs, que vous dénoncez à juste titre, ça veut dire qu'ils adoptent des points de vue très petits bourgeois sur des questions qui, elles, sont dérangeantes.. Cela étant, vous parliez de.. tout à l'heure.. C'était bien, en son temps et peut-être encore aujourd'hui, une œuvre dérangeante dans son thème de l'homme artificiel.. Totalement, au niveau de la construction du monstre, mais d'un d'autre côté, le roman a été écrit à l'époque de la révolution, où justement le romantisme était émerveillé par la révolution française, à commencer par Percy Shelley lui-même.. Mary Shelley a dit que le monstre de Frankenstein évoquait aussi la révolution française, comme une œuvre en contre-pied, une œuvre en réaction contre tous les mouvements révolutionnaires.. Mais il y a toute cette ambiguïté : Frankenstein est un grand rebelle, à la fois admiré, à la fois condamné.. Je m'interroge depuis peu sur une question que j'aurais dû rencontrer il y a fort longtemps : quel est le plaisir qu'on a à lire et à écrire de la Science-Fiction ? Et je n'ai pas de réponse complètement formée, mais je voudrais me tourner vers Guy Lardreau et lui demander.. Peut-on dire quelque chose sur le plaisir, s'il y en a un, qu'on éprouve à philosopher ? Y a-t-il quelque chose de commun entre les deux ?.. Je ne suis pas convaincu qu'il y ait un plaisir à philosopher.. Dans mon cas, disons qu'il y a une contrainte qui s'appelle la raison, et je pense, comme Kant, que la raison n'existe que comme devoir.. Donc, un philosophe, c'est quelqu'un qui, aussi modeste qu'il s'estime, et aussi inutile qu'il juge ses travaux, se juge convoqué par la raison à produire de la clarté.. Absolument : ce n'est pas éthique, mais c'est moral.. C'est une exigence morale.. On ne peut pas faire autrement.. Si vous voulez, c'est la réponse de Luther, qui n'est pas un philosophe, mais il répond : je ne puis autrement.. Pour la philosophie, je ne sais pas, car je ne philosophe que rarement, mais pour la Science-Fiction, un des plaisirs, au moins pour la lecture de la Science-Fiction, c'est se trouver à la fois devant la possibilité de jouer à si j'étais , ou si c'était , que se passerait-il si , qui renvoie à des jeux enfantins et, d'un autre côté, qui s'appuie sur un vocabulaire qui a une coloration scientifique, ce qui fait beaucoup plus sérieux.. Ce qui fait qu'on a à la fois le plaisir de l'enfance, puis celui de la réflexion pseudo-philosophique.. Quand les textes sont bien faits, et ça arrive malgré tout, on est entraîné dans une sorte de plaisir double, à la fois celui du plaisir enfantin des histoires et en même temps l'impression que c'est presque pour de vrai, et à ce moment-là, on se laisse avoir.. On a commencé par une citation, on va conclure par une autre citation sur laquelle je vous demanderai de réagir brièvement.. On a parlé de Gilles Deleuze à plusieurs reprises et dans son avant-propos à.. Différence et répétition.. , il écrit qu'un livre de philosophie doit être, pour une part, une espèce très particulière de roman policier, pour une autre part, une sorte de Science-Fiction.. Plus loin, il précise sa pensée en disant : « Comment faire pour écrire autrement que sur ce qu'on ne sait pas, ou sur ce qu'on sait mal ; c'est là-dessus nécessairement qu'on imagine avoir quelque chose à dire.. On écrit à la pointe de son savoir, à cette pointe extrême qui sépare notre savoir de notre ignorance et qui fait passer l'un dans l'autre.. En fait, Deleuze disait le contraire, ce qui signifiait exactement la même chose.. Parler du fond de sa propre ignorance, c'est-à-dire qu'effectivement, la philosophie a ceci de commun avec la Science-Fiction qu'elle est comme un laboratoire de conjectures et, qu'on ne cesse de s'y affronter à sa propre ignorance.. Sur la question du plaisir, celui que je trouve à lire de la Science-Fiction, je ne dis pas que ça sera profond : je prendrai la fameuse phrase de la fameuse conférence de Dick : « Si ce monde ne vous plaît pas, allez voir ailleurs.. Ce monde ne me plaît pas.. Je suis tenté de répondre oui à la question de Deleuze, mais il y a quelque chose qui me gêne et je ne sais pas quoi….. Je voudrais invoquer ma courte expérience d'auteur de Science-Fiction.. Il arrive qu'on écrive une histoire de Science-Fiction sur un point de départ ou sur une image, ou parfois sur un point d'arrivée, mais sans du tout savoir où on va, et c'est une expérience psychologique très curieuse que de voir cette ignorance, puisqu'on ne sait pas où on va, se structurer d'une façon apparemment spontanée.. Ma question est : d'où ça vient ?.. Je vais vous donner un exemple qui est peut-être plus psychologique que philosophique, mais il y a une de mes histoires que j'aime bien, qui s'appelle Jonas.. J'ai commencé cette histoire autour d'un mot qui n'existe pas dans le vocabulaire, d'un mot sans signification, qui m'était apparu comme ça, qui est venu dans les premières lignes, sous ma plume, ubionaste, devenu ensuite simplement la contraction d'Unité Biologique de Navigation Stellaire, c'est-à-dire de grands astronefs, mais biologiques, qui naviguent entre les étoiles, d'où Jonas, l'histoire de Jonas, l'histoire d'un type qui est obligé, de temps en temps, d'aller dompter, récupérer ces grosses bestioles qui sont devenues un peu folles et qui ont digéré leur cargaison humaine.. Quand on est confronté — ce n'est pas la seule fois où ça m'est arrivé mais c'est la fois la plus pure — à un phénomène comme ça, on se pose des questions ; je ne sais d'ailleurs pas quelles questions on se pose, mais c'est très étonnant.. Ce jour-là, j'écrivais à partir d'une ignorance, mais… ça s'est trouvé.. Sur ce qu'a dit Gérard Klein et son expérience d'écriture, le fait qu'un écrivain de Science-Fiction puisse partir, en toute ignorance, je me demande si ce n'est pas le cas de tout écrivain et, après tout, de tout acte créateur, d'une manière générale.. Pour jouer avec les paradoxes : qu'un écrivain de Science-Fiction, comme tout écrivain, parte dans l'ignorance, c'est vrai, c'est tout le problème du postulat et où mène-t-il ? Mais je dirais aussi qu'il part avec beaucoup de connaissances.. Il y a quelque chose qui est très ancré au réel dans la Science-Fiction, qui fait qu'il y a un imaginaire qui vagabonde, qui ne sait pas où il va, mais qui, quelque part, est assez solidement fixé.. Alors là, je dis réel… ne faites pas le lien ignorance-réalité, je n'en suis pas là… c'est quelque chose qui me paraît lié à ce qui est cognitif au niveau de l'individu, au niveau de la société, en particulier les connaissances scientifiques.. Je n'ai plus du tout en tête la phrase de Deleuze.. Mais ce que je pense, ce qui est merveilleux dans un ouvrage de Science-Fiction, c'est non pas qu'on parte d'une ignorance, mais qu'on y aboutisse.. Et c'est là que le texte est vraiment réussi.. © Quarante-Deux.. — Reproduction interdite sans autorisation.. Voir les.. conditions d'utilisation.. Création :.. dimanche 2 août 1998 —.. Modification :.. dimanche 29 novembre 1998.. Adresse du site :.. haut de page.. écrire à Quarante-Deux..

    Original link path: /archives/divers/philo.html
    Open archive

  • Title: A – B : index par auteurs des chroniques de ´KWS´ | Quarante-Deux
    Descriptive info: : comptes rendus de lecture.. fr/kab.. → Index par auteurs : A – B.. Index par auteurs :.. A – B.. C – E.. F – K.. L – Q.. R – S.. T – Z.. Index par auteurs des chroniques de.. : A à B.. #.. [Anonyme] :.. l'Épopée de Gilgamesh.. [Collectif] :.. le Dico des héros.. Catalogue de l'exposition.. Science [et] Fiction, aventures croisées.. A.. Robert Abernathy :.. l'Intégrale.. Hélène Abert :.. le Saut-du-Diable.. Nicolas Abry :.. Êtres fantastiques.. Alexandre Adler :.. le Nouveau rapport de la CIA.. le Rapport de la CIA.. Juan Miguel Aguilera :.. la Folie de Dieu.. [.. 1.. ] [.. 2.. ].. Riḥla.. Jean-Claude Albert-Weil :.. Europia.. Sont les oiseaux….. Kim Aldany :.. les Mange-forêts.. Brian W.. Aldiss :.. le Monde vert.. a Tupolev too far.. Paul K.. Alkon :.. Science fiction before 1900.. Fabrice d'Almeida :.. Et si on refaisait l'histoire ?.. Joseph Altairac :.. Alfred E.. : parcours d'une œuvre.. H.. Wells.. David Ambrose :.. Superstition.. Kevin J.. Anderson :.. Avant Dune.. la Maison des Atréides.. M.. T.. Interface.. Poul Anderson :.. la Saga de Hrolf Kraki.. Jean-Pierre Andrevon :.. Buveurs de vie.. Cap sur Gandahar.. le Dernier dimanche de monsieur le chancelier Hitler.. un Horizon de cendres.. Je me souviens de Grenoble.. le Jour des morts.. le Jour du grand saut.. Kofi et les buveurs de vie.. le Monde enfin.. une Mort bien ordinaire.. Où sont passés les éléphants.. le Parking mystérieux.. les Rebelles de Gandahar.. Requiem pour dix cerveaux en fugue.. Tous ces pas vers l'Enfer.. la Trace des rêves.. le Travail du furet.. Zombies.. Ange :.. l'Œil des dieux.. Patricia Anthony :.. Frère Termite.. Jean-Pierre April :.. N'ajustez pas vos hallucinettes.. les Voyages thanatologiques de Yan Malter.. Jean-Michel Archaimbault :.. Perry Rhodan.. : lecture de textes.. Scotch Arleston :.. les Feux d'Askell.. l'Onguent admirable.. Yves Armand :.. Histoires étranges.. Eleanor Arnason :.. Ring of swords.. G.. -J.. Arnaud :.. l'Avenir des dupes.. la Ceinture de feu.. la Charogne céleste.. le Chenal noir.. la Compagnie des glaces.. , première époque 61, 61,5 62.. , chroniques glaciaires 1.. , nouvelle époque 1 2.. 4.. les Croisés de Mara.. les Gathéniens.. la Grande séparation.. les Hommes du cauchemar.. Il était une fois la Compagnie des glaces.. les Illuminés.. Lazaret 3.. les Monarques de Bi.. les Rails d'incertitude.. Isaac Asimov :.. I, robot.. Mais le Docteur est d'or.. Moi, Asimov.. les Robots.. Kate Atkinson :.. Dans les replis du temps.. Jacques Attali :.. Il viendra.. une Brève histoire de l'avenir.. Margaret Atwood :.. le Dernier homme.. Alexis Aubenque :.. l'Empire des étoiles.. 1.. l'Empire perdu.. Sylvie Aubriot :.. Nouvelles de leur involontaire séjour sur la Terre.. Olivier Aubry :.. D.. R.. M.. S.. Ayerdhal :.. Balade choreïale.. la Bohême et l'ivraie.. Chroniques d'un rêve enclavé.. le Chant du drille.. Ely, l'esprit-miroir.. Étoiles mourantes.. Genèses.. l'Histrion.. Made, concerto pour Salmen et Bohême.. la Naïa, hors-limites.. l'Œil du Spad.. Parleur.. Résurgences.. le Syndrome des baleines.. Claude Aziza :.. Guide  ...   Mars heretica.. Gregory Benford :.. Fondation en péril.. l'Ogre de l'espace.. la Sphère.. Worlds vast and various.. Stéphanie Benson :.. Palazzo maudit.. le Passage.. Bernard Bergé :.. l'Estilò negre.. Anissa Berkani-Rohmer :.. Catacombes.. Karim Berrouka :.. la Porte.. Francis Berthelot :.. Bibliothèque de l'entre-mondes.. la Boîte à chimères.. Forêts secrètes.. le Jeu du cormoran.. la Métamorphose généralisée.. Mélusath.. Nuit de colère.. l'Ombre d'un soldat.. le Rêve du démiurge.. , 3 [.. ],.. 5.. le Serpent à collerette.. Renée Billot :.. les 777 pouvoirs.. Alain Billy :.. Parasol 27.. le Peintre des orages.. Michael Bishop :.. Visages volés.. Terry Bisson :.. Bears discover fire.. Meucs.. Pirates of the universe.. Voyage vers la planète rouge.. Jean-Luc Bizien :.. WonderlandZ.. Estelle Blanquet :.. Science et fictions à l'école.. James P.. Blaylock :.. the Paper grail.. le Temps fugitif.. Olivier Bleys :.. Canisse.. James Blish :.. Semailles humaines.. Robert Bloch :.. un Brin de belladone.. Frère de la chauve-souris.. Alain Boillat :.. les Cases à l'écran.. Jonathan E.. Bond :.. Pulphouse.. 16.. Jean Bonnefoy :.. la Forteresse de métal.. Laurent Bonzon :.. Club Van Helsing.. Mickey monster.. Pierre Bordage :.. les Aigles d'orient.. l'Enfant à la main d'homme.. les Fables de l'Humpur.. Graine d'immortels.. les Guerriers du silence.. les Portes d'occident.. Terra Mater.. Wang.. Anna Borrel :.. Expiration.. Paul Borrelli :.. Trajectoires terminales.. Pierre Bottero :.. A comme Association.. les Limites obscures de la magie.. Nicolas Bouchard :.. Astronef aux enchères.. Terminus Fomalhaut.. Laurent Bourdier :.. Stephen King.. Ténèbres.. 11-12.. Fabrice Bourland :.. le Fantôme de Baker Street.. les Portes du sommeil.. Ben Bova :.. Moonrise.. Moonwar.. Triumph.. John Boyd :.. Dernier vaisseau pour l'enfer.. Randall Boyll :.. Monssstre.. Territoires du crépuscule.. Ray Bradbury :.. Léviathan 99.. Édouard Brasey :.. Du bestaire fantastique.. l'Encyclopédie du Merveilleux.. la Petite encyclopédie du Merveilleux.. Marcel Brasseur :.. les Celtes : les héros oubliés.. Gary A.. Braunbeck :.. les Allées de Cocagne.. Jean-Daniel Brèque :.. Malenfances.. Denis Bretin :.. Gérard Briais :.. David Brin :.. le Monde de l'exil.. le Monde de l'oubli.. Rédemption.. Terre.. Évelyne Brisou-Pellen :.. Hugues Capet et les chevaliers noirs.. les Messagers du temps.. Poppy Z.. Brite :.. Âmes perdues.. Contes de la fée verte.. Éros vampire.. 2.. Petite cuisine du Diable.. Self-made man.. Max Brooks :.. Guide de survie en territoire zombie.. World war Z.. John Brunner :.. les Productions du temps.. Serge Brussolo :.. les Brigades du chaos.. le Clan du Grand Crâne.. Enfer vertical en approche rapide.. Hurlemort.. le Jour du chien bleu.. Mange-Monde.. Portrait du Diable en chapeau melon.. Profession : cadavre.. Promenade du bistouri.. le Syndrome du scaphandrier.. le Visiteur sans visage.. Jean-Luc Buard :.. le Rocambole.. 32.. Christopher Buckley :.. les Petits hommes verts.. Edgar Rice Burroughs :.. le Retour de Tarzan.. Tarzan, seigneur de la jungle.. Alain le Bussy :.. Djamol de Kiv.. Équilibre.. Hou des machines.. Jana des couloirs.. Jorvan de la mer.. Jouvence.. Nexus de feu.. Quête impériale.. Soleil fou.. dans KWS.. liste des chroniqueurs.. (création : 17 février 1996).. org/kws/index/a-b..

    Original link path: /kws/index/a-b/
    Open archive
  •  

  • Title: ´KWS´, liste des chroniqueurs | Quarante-Deux
    Descriptive info: fr/kchr.. → Liste des chroniqueurs.. Liste des chroniqueurs de.. 36 signatures, 1232 chroniques.. René Beaulieu.. (1 chronique).. Olivier Bidchiren.. (4).. Éric J.. Blum.. (2).. Georges Bormand.. (3).. Jérôme Charlet.. (14).. Sébastien Cixous.. (34).. (13).. Sylvie Denis.. Jean-Claude Dunyach.. Jérôme “Al” Durou.. (1).. Valerio Evangelisti.. Jacques Fuentealba.. Noé Gaillard..  ...   Olivier de Marc.. Patrick Marcel.. (5).. Dominique Martel.. Micky Papoz.. (53).. Philippe Pastor.. Philippe Paygnard.. (130).. PiWay.. François Rahier.. Jean-Jacques Régnier.. Vivian Robert.. André-François Ruaud.. Pascal J.. (387).. Michel Tondellier.. Jean-Luc Triolo.. Jean-Louis Trudel.. (72).. Francis Valéry.. Éric Vial.. (189).. Dominique Warfa.. (création : 9 février 1997).. org/kws/index/chroniqueurs..

    Original link path: /kws/index/chroniqueurs/
    Open archive

  • Title: ´KWS´ 68, sommaire | Quarante-Deux
    Descriptive info: fr/k68.. → Sommaire du nº 68.. Sommaire de.. 68, mars 2011.. par ailleurs :.. biblio.. Éditorial.. Au chœur du genre.. (Pascal J.. Thomas).. (Noé Gaillard).. (Éric Vial).. Frédéric Delmeulle :.. la Parallèle Vertov.. les Manuscrits de Kinnereth.. (Philippe Paygnard).. Warren Ellis :.. Artères souterraines.. Valéry Giscard d'Estaing :.. la Victoire de la Grande Armée.. P.. J.. Hérault :.. le Terrible hiver 1947.. Millecrabe.. – 2) (Philippe Paygnard).. Jean-Claude Mourlevat  ...   Robinson :.. 60 jours et après.. André-François Ruaud :.. Fiction 11.. Fantastique.. Érik L'Homme :.. la Pâle lumière des ténèbres.. Fantasy.. Anatole France :.. la Révolte des anges.. L.. L.. Kloetzer :.. CLEER.. Ursula K.. Le Guin :.. Dons.. Voix.. Chroniques des rivages de l'Ouest.. – 1 2) (Noé Gaillard).. Policier.. Littérature.. Jeunesse.. Rédactionnel.. Stéphane François :.. le Nazisme revisité.. sommaire du nº 68.. (création : 13 août 2011).. org/kws/68/sommaire..

    Original link path: /kws/68/sommaire/
    Open archive

  • Title: ´KWS´ 67, sommaire | Quarante-Deux
    Descriptive info: fr/k67.. → Sommaire du nº 67.. 67, décembre 2010.. les Pieds au ciel.. Eoin Colfer :.. Encore une chose….. le Guide du voyageur galactique.. – 6) (Éric Vial).. Jérôme Dumoulin :.. Divagations sur la fin des temps.. (Jean-Jacques Régnier).. Andreas Eschbach :.. Copie parfaite.. Vincent Gessler Anthony Vallat :.. Dimension Suisse.. Olivier Girard :.. , spécial J.. Ballard.. Michel Jeury :.. May le monde.. Blandine Le Callet :.. la Ballade de Lila K.. James Lovegrove :.. Royaume-Désuni.. Lorris  ...   Gaillard).. Arkadi Boris Strougatski :.. l'Île habitée.. Sheila Williams :.. Asimov's science fiction.. , July 2010.. Tad Williams :.. le Chant des spectres.. Autremonde.. – 7) (Philippe Paygnard).. Stephen King :.. Juste avant le crépuscule.. Christian Léourier :.. le Puits des âmes.. Xavier Mauméjean :.. Rosée de feu.. Scott Westerfeld :.. Léviathan.. Sylvia Nasar :.. un Cerveau d'exception.. Jeff Prucher :.. Brave new words.. Anthony Rowley Fabrice d'Almeida :.. sommaire du nº 67.. (création : 8 août 2011).. org/kws/67/sommaire..

    Original link path: /kws/67/sommaire/
    Open archive

  • Title: ´KWS´ 65-66, sommaire | Quarante-Deux
    Descriptive info: fr/k65.. → Sommaire du nº 65-66.. 65-66, juillet 2010.. Retour sur la SF.. Jeanne-A Debats :.. la Vieille Anglaise et le continent.. Sylvie Denis :.. Pèlerinage.. Greg Egan :.. Oceanic.. Océanique.. Schild's ladder.. Robert A.. Heinlein :.. Solution non satisfaisante.. Johan Heliot :.. Ordre noir.. Serge Lehman :.. Retour sur l'horizon.. Cormac McCarthy :.. la Route.. Ken McLeod :.. the Night sessions.. Arto Paasilinna :.. le Cantique de l'apocalypse joyeuse.. Alastair Reynolds :.. la Pluie du siècle.. Richard Paul Russo :.. le Cimetière des Saints.. Éveil.. – 1) (Noé Gaillard).. Lucius Shepard :.. Sous des cieux étrangers.. Kurt Steiner :.. Big crunch.. Jean-François Thomas :.. Défricheurs d'imaginaire.. Jérôme Vincent  ...   peu de ton sang.. suivi de.. Je répare tout.. China Miéville :.. Lombres.. Jérôme Noirez :.. Fleurs de dragon.. Robert V.. Redick :.. la Conspiration du Loup rouge.. le Voyage du ‘Chathrand’.. Robert Silverberg :.. Chroniques de Majipoor.. Tolkien :.. Monsieur Merveille.. (Jérôme Charlet).. Horreur.. Guillermo del Toro Chuck Hogan :.. la Lignée.. Sean McFarrel :.. l'Antre des écorcheurs.. les Sanguinaires.. – 6) (Philippe Paygnard).. Céline du Chéné Jean Marigny :.. Dracula, prince des ténèbres.. Claude Lecouteux :.. Fantômes et revenants au Moyen Âge.. Norman Mailer :.. Bivouac sur la Lune.. Éric Picholle :.. : Heinlein et l'arme atomique.. sommaire du nº 65-66.. (création : 15 juin 2011).. org/kws/65-66/sommaire..

    Original link path: /kws/65-66/sommaire/
    Open archive

  • Title: ´KWS´ 64, sommaire | Quarante-Deux
    Descriptive info: fr/k64.. → Sommaire du nº 64.. 64, novembre 2009.. Échos.. Jean-Michel Calvez :.. la Boucle d'octobre.. Nancy Kress :.. Feux croisés.. Jean-Pierre Laigle :.. Ăvē Cæsăr Impĕrātŏr !.. Sylvie Lainé :.. Marouflages.. (Georges Bormand).. Patrice Lajoye :.. Dimension URSS.. Paul J.. McAuley :.. Cowboy angels.. Pere Morey :.. Pirènia, el  ...   Charles Stross :.. Jennifer Morgue.. Peter Watts :.. Vision aveugle.. – 1) (Éric Vial).. Thomas Day :.. la Maison aux fenêtres de papier.. Duma Key.. Tom Piccirilli :.. la Rédemption du marchand de sable.. Gianni Cantù :.. les Mystères des pyramides.. sommaire du nº 64.. (création : 11 décembre 2009).. org/kws/64/sommaire..

    Original link path: /kws/64/sommaire/
    Open archive

  • Title: KWS/Sommaire du nº 62-63 | Quarante-Deux
    Descriptive info: Sauter la navigation.. archives.. Sommaire du nº 62-63.. auteurs.. chroniqueurs.. nº 62-63, juillet 2009.. Sommaire des chroniques.. Éditorial : on n'échappe jamais.. ~ par Pascal J.. Jean-Pierre Andrevon.. :.. ~ chronique par Noé Gaillard.. Banks.. ~ chronique par Pascal J.. Ugo Bellagamba.. : une uchronie ~ chronique par Pascal J.. Christopher Buckley.. ~ chronique par Éric Vial.. Jean-Michel Calvez.. l'Arène des géants.. ~ chronique par Philippe Paygnard.. Michael Chabon.. le Club des policiers yiddish.. Lucie Chenu.. Identités.. Catherine Dufour.. Outrage et rébellion.. Claude Ecken.. la Saison de la colère.. ;.. Antonio Moresco.. Controinsurrezioni.. Michael Grant.. Gone.. Sylvie Lainé.. Espaces insécables.. Catherine Langloÿs.. les Enfants de la sphère.. Serge Lehman..  ...   Éric Vial.. Domingo Santos.. el Día del dragón.. ~ chronique par Jacques Fuentealba.. Charles Stross.. Toast.. Roland C.. Cette crédille qui nous ronge.. Richard Bachman.. François Darnaudet.. Custer et moi !.. ~ chronique par Jérôme Charlet.. Sandra Dual.. Érick Surcouf.. le Secret du deuxième Sphinx.. Armand Cabasson.. la Dame des MacEnnen.. Hors genre.. Éric Chevillard.. Sans l'orang-outan.. [Collectif].. Claude Aziza.. : roman, cinéma, bande dessinée ~ chronique par Éric Vial.. Michel Chion.. les Films de Science-Fiction.. Jean Delumeau.. le Mystère Campanella.. Éric B.. Henriet.. l'Uchronie.. George Orwell.. À ma guise.. : chroniques 1943-1947 ~ chronique par Éric Vial.. © Quarante-Deux.. vendredi 31 juillet 2009 —.. vendredi 31 juillet 2009..

    Original link path: /kws/62-63/sommaire.html
    Open archive

  • Title: KWS/Sommaire du nº 61 | Quarante-Deux
    Descriptive info: Sommaire du nº 61.. nº 61, décembre 2008.. Éditorial : fragmentation.. STYx.. la Luce di Orione.. Michael Flynn.. Eifelheim.. Henry Gee.. Futures from Nature.. Thomas Geha.. Alone contre Alone.. Laurent Genefort.. l'Affaire du rochile.. Pierre Gévart.. Galaxies.. : 1.. bis.. , été 2008 ~ chronique par Pascal J.. Olivier Girard.. Bifrost.. : 51, juillet 2008 ~ chronique par Pascal J..  ...   Modesitt, Jr.. Elyseum.. Glasshouse.. Jack Vance.. les Langages de Pao.. Gene Wolfe.. Innocents aboard.. Jack Ketchum.. Morte saison.. Karim Berrouka.. Fabrice Bourland.. Aventures.. Pierre Pelot.. l'Île au trésor.. Policier Espionnage.. Frédéric Cathala.. l'Aigle et le phénix.. Millenium people.. Jean-Yves Le Naour.. Nostradamus s'en va-t-en guerre.. : 1914-1918 ~ chronique par Éric Vial.. mercredi 24 décembre 2008 —.. mercredi 24 décembre 2008..

    Original link path: /kws/61/sommaire.html
    Open archive

  • Title: KWS/Sommaire du nº 60 | Quarante-Deux
    Descriptive info: Sommaire du nº 60.. nº 60, juillet 2008.. Éditorial : retours.. Alain le Bussy.. ~ par Philippe Paygnard.. Lothar blues.. ~ par Noé Gaillard.. Thierry Di Rollo.. Cendres.. ~ par Jérôme Charlet.. Cory Doctorow.. Dans la dèche au royaume enchanté.. ~ par Éric Vial.. Someone comes to town, someone leaves town.. Séparations.. Nouvelles.. – 6) ~ par Pascal J.. Philip José Farmer.. les Amants étrangers.. Heinlein.. En route pour la gloire.. Sixième colonne.. le Miroir aux éperluettes.. C.. Lewis.. Au-delà de la planète silencieuse.. McAuley.. Glyphes.. Danielle Martinigol.. Irgane..  ...   Dimension des miracles revisitée.. Stanley G.. Weinbaum.. la Flamme noire.. ~ par Georges Bormand.. une Odyssée martienne.. Robert Charles Wilson.. Ange mémoire.. Laurent Bonzon.. Denis Bretin.. – 6) ~ par Philippe Paygnard.. Braunbeck.. Délires d'Orphée.. – 5) ~ par Philippe Paygnard.. Philip Le Roy.. Léviatown.. – 7) ~ par Philippe Paygnard.. Xavier Mauméjean.. Freakshow!.. – 8) ~ par Philippe Paygnard.. Tom Piccirilli.. un Chœur d'enfants maudits.. Joëlle Wintrebert.. la Chambre de sable.. Roland Lehoucq.. SF : la science mène l'enquête.. dimanche 7 septembre 2008 —.. dimanche 27 septembre 2008..

    Original link path: /kws/60/sommaire.html
    Open archive



  •  


    Archived pages: 1235