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    Archived pages: 1235 . Archive date: 2013-12.

  • Title: Archives stellaires/Klein/Préfaces et postfaces/Éon | Quarante-Deux
    Descriptive info: section Gérard Klein.. tout Quarante-Deux.. Sauter la navigation.. accueil.. exliibris.. pgeff.. kws.. récits.. prix.. galerie.. carnets.. photos.. Vous êtes ici :.. →.. Archives stellaires.. préfaces et postfaces.. Éon.. Sections.. Bozzetto.. Curval.. Klein.. Divers.. Navigation.. l'auteur.. présentation.. liste des préfaces.. Gérard Klein : préfaces et postfaces.. Greg Bear :.. Livre de poche nº 7162, février 1994.. É.. on.. et sa suite.. Éternité.. réunissent déjà spontanément la plupart des thèmes de la Science-Fiction, des plus directement inspirés de la science aux plus fantaisistes, au point que Greg Bear.. rejoint ici l'esprit des grands.. space opera.. mythiques des années trente et quarante, façon Doc Smith pour les connaisseurs.. Une technologie débridée sert la description de sociétés différentes qui ne sont pas sans rendre à l'occasion un accent.. cyberpunk.. Mais à tous ces thèmes vient s'ajouter une autre dimension, plus inattendue, celle de l'uchronie, qui s'est introduite subrepticement, avec le temps.. En effet, dans.. , publié initialement en 1985 aux États-Unis, Greg Bear prévoit un échange nucléaire entre l'Union Soviétique et les États-Unis en 1993.. Il fait quatre millions de victimes, pour la plupart en Europe Occidentale et en Angleterre.. C'est ce que ses personnages appellent la Petite Mort de 1993.. Nous avons dépassé cette échéance sans subir ce mal du moins, et l'Union Soviétique a même disparu.. Cet échange limité, si l'on ose dire, prélude dans le livre à la Mort, qui fait — ou fera — en 2005 plus de quatre milliards de victimes, mais qui ne saurait plus se réaliser dans ce cadre.. Par ailleurs, l'analyse politique de la situation de l'URSS que fait Greg Bear, probablement en 1983 compte tenu des délais de parution propres aux éditeurs américains, est sommaire mais globalement correcte.. Le recul notamment technologique de l'Union Soviétique la conduit, toujours dans le roman, à hésiter entre se démettre et attaquer.. On sait que fort heureusement, elle a renoncé au second terme de l'alternative.. Cette anticipation démentie de notre auteur conduit à s'interroger sur la dimension prospective de la Science-Fiction, et sur la persistance de son intérêt même lorsque la vision est démentie par le déroulement de l'histoire.. C'est une vieille question posée dès les premiers romans de Wells et ses essais prospectifs.. Elle a été profondément renouvelée par les romans “réalistes” de John Brunner,.. l'Orbite déchiquetée.. Tous à Zanzibar.. Sur l'onde de choc.. et.. le Troupeau aveugle.. En plus d'un sens, le public y a répondu en continuant à lire avec enthousiasme des œuvres qui avaient, apparemment, perdu leur actualité.. Le.. de Jules Verne a toujours des lecteurs, tout comme.. les Premiers hommes dans la Lune.. de Wells.. Sous certaines conditions de présentation, une intrigue spéculative demeure passionnante comme si son lecteur pouvait se remettre dans les conditions d'ignorance qui rendaient possible l'énigme originelle.. Peut-être s'agit-il même là d'un des traits importants de la Science-Fiction.. Elle ne serait pas spéculation à partir d'un savoir, un au-delà du savoir positif en somme, comme affectent de s'en indigner certains scientifiques à propos de ses facilités, ou une ébauche de métaphysique comme s'en félicitent quelques philosophes.. Mais elle serait un problème soulevé dans un cadre à peu près consistant et à laquelle l'auteur donne une ou plusieurs réponses à peu près logiques dans ce cadre.. Sa vraisemblance est plus interne que contextuelle.. Si le lecteur admet le problème, il va s'intéresser à la démarche de l'auteur  ...   de la véracité scientifique ou de la pertinence prospective de l'œuvre, même si dans un mouvement second, réflexif, celles-ci l'installent dans une certaine pérennité.. Par style, on entend évidemment ici non seulement l'écriture, mais aussi l'agencement général de la fiction.. Mais on voit bien en même temps que ce style, qu'il concerne l'écart par rapport à l'historique comme dans le cas qui nous a servi de prétexte ou celui par rapport à la vraisemblance factuelle (très localement scientifique) est d'un ordre tout autre que ce qu'on désigne par là non seulement dans le roman de littérature générale mais aussi dans les genres spécialisés, policier, western, fantastique, fantasy.. On ne cherchera évidemment pas ici à définir ce qui constitue un tel style, se bornant à souligner qu'il y a là un vaste champ de recherche, fort peu défriché jusqu'ici.. Je me contenterai de suggérer que dans la littérature générale et toutes les littératures spécialisées auxquelles je peux penser sauf la Science-Fiction, le style s'exerce généralement.. à l'intérieur.. d'un espace de contraintes défini pour le genre à travers une œuvre fondatrice et ses épigones.. Le lecteur admettrait difficilement qu'Albertine soit tombée de la planète Mars et meure de la densité de notre atmosphère, ou que l'assassin de la chambre close ait effectivement le pouvoir de passer à travers les murs.. Cela relèverait dans les conventions des genres concernés de ce que les physiciens appellent contre-factualité et qui serait dans ces cas une forme tout à fait outrée de l'invraisemblance.. La Science-Fiction au contraire va constamment user d'une contre-factualité provisoire et l'intégrer à une factualité admissible par un jeu de langage et de raisonnement.. C'est toujours.. à l'extérieur.. de ses conventions qu'il se passe en ses œuvres quelque chose d'intéressant, et ses conventions sont du coup perpétuellement mobiles.. C'est peut-être la raison pour laquelle cette espèce littéraire, comme la poésie, ne supporte pas la définition.. Un aspect peut-être intéressant de cette approche tient à ce qu'elle permet de mieux relier des œuvres dont le socle scientifique est apparent, comme certains romans et nouvelles d'Arthur C.. Clarke, et d'autres où il est à peu près inexistant, comme la plupart des romans d'A.. E.. van Vogt ou de Philip K.. Elles ont en commun un style qui se ramène peut-être lui même à un jeu sur des règles d'existence.. Ce jeu relève de la spéculation intellectuelle qui est elle-même une des origines de la pensée scientifique, et il me semble s'établir à l'opposé de la spéculation mythologique ou théologique.. me semble en tout cas un exemple particulièrement fascinant de ce jeu.. Le style particulier de Greg Bear conduit le lecteur à admettre comme justifié, comme vraisemblable, chaque détour, chaque page, pourvu qu'il accepte les conventions de la Science-Fiction.. Et pourtant, si on tentait d'en résumer l'action, elle apparaîtrait comme un invraisemblable tissu d'assertions inadmissibles entre lesquelles l'hypothèse d'une guerre thermonucléaire entre soviétiques et américains, bien que factuellement démentie par l'histoire, semble encore la plus réaliste.. Certains en tireront argument pour rejeter le livre.. D'autres, dont je suis, penseront qu'il faut bien du talent à un auteur pour transporter son lecteur jusqu'au bout du monde.. Et bien au-delà.. © Quarante-Deux.. — Reproduction interdite sans autorisation.. Voir les.. conditions d'utilisation.. Création :.. jeudi 14 janvier 1999 —.. Modification :.. jeudi 14 janvier 1999.. Adresse du site :.. haut de page.. écrire à Quarante-Deux..

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  • Title: Archives stellaires/Klein/Préfaces et postfaces/Éternité | Quarante-Deux
    Descriptive info: Livre de poche nº 7164, mai 1994.. L'.. une des plus surprenantes idées de la Science-Fiction est sans doute celle des univers parallèles.. Elle avait au départ aussi peu de fondements scientifiques que celle du voyage dans le.. temps dont elle se déduisait en somme comme une conséquence de la possibilité de modifier l'histoire.. Chaque explorateur du temps, en modifiant son passé donne naissance à une autre succession d'événements que celle qui a conduit à son voyage.. La nouvelle histoire n'annule et ne remplace pas l'ancienne mais elle en constitue un embranchement.. Mais cette idée prenait aussi source dans l'uchronie, c'est-à-dire l'évocation des possibles de l'histoire qui ne se sont pas réalisés à notre point de vue, conception qui entraîne elle-même la conjecture de la coexistence de toutes ces variations en une arborescence infinie.. Il est bien difficile de dire qui eut l'idée première de ces uchronies car il n'existe pas d'histoire sérieuse sur le sujet, mais le thème est sans doute fort ancien.. Pascal l'évoque en une allusion aux effets d'une modification de la longueur du nez de Cléopâtre.. Un double exemple fort remarquable en est donné par le.. Napoléon apocryphe.. (1836) de Louis Geoffroy et par le bref et justement fameux texte de J.. -B.. Pérès,.. Comme quoi Napoléon n'a jamais existé.. (1827).. (1).. Le thème des univers parallèles a été fort bien illustré par un roman de Fredric Brown,.. l'Univers en folie.. , et par un autre de Clifford D.. Simak,.. Chaîne autour du soleil.. et beaucoup plus récemment par Robert Reed dans.. la Voie terrestre.. Celui des histoires alternatives a été exploité  ...   satisfaire des besoins de cohérence et de symétrie a fini par obtenir une sorte de validation scientifique.. En 1957, le physicien Hugh Everett III proposa une interprétation de l'effondrement d'onde de probabilité dans la physique quantique, qui recouvrait exactement l'idée d'univers parallèles.. Il indiquait que chaque fois que l'on procède à une mesure dans un système caractérisé par l'indétermination quantique, on obtient un résultat dans notre univers mais que chacun des autres résultats possibles donne naissance à un univers différent.. Comme on peut considérer que chaque décision correspond à une mesure, l'univers ne cesserait de donner naissance à de nouveaux embranchements.. C'est un exemple assez rare de théorie imaginée par des écrivains, sans fondement dans le savoir scientifique et qui a été ensuite rejointe par les physiciens dans leur spéculation.. Il ne m'est pas possible de dire si Everett était un amateur de Science-Fiction mais ce n'est pas du tout invraisemblable.. Malheureusement pour les amateurs d'un meilleur destin, l'état actuel de la théorie, perfectionnée par la suite par De Witt et Wheeler, indique aussi qu'aucune communication et donc aucun passage n'est possible entre ces univers divergents.. L'interprétation des univers multiples (.. many worlds interpretation.. ) est entièrement compatible avec le formalisme de la mécanique quantique, mais elle ne semble ni pouvoir être validée ni pouvoir être exploitée.. Pour l'instant.. Raison de plus pour suivre dans ses audacieuses extrapolations un Greg Bear qui jongle avec les espaces et les mondes comme un démiurge allumé et pour qui, en somme, tout est possible.. Notes.. Ces deux textes excellents ont été réédités et réunis par les Éditions Tallandier en 1983..

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  • Title: Archives stellaires/Klein/Préfaces et postfaces/Héritage | Quarante-Deux
    Descriptive info: Héritage.. Livre de poche nº 7234, septembre 2001.. I.. maginez une mare de la taille que vous voudrez, pas plus grande qu'une flaque, ou bien aux dimensions d'un océan, composée d'eau tiède saturée de divers éléments, moins d'une.. vingtaine.. , et de quelques composés simples pour beaucoup à base de carbone et d'hydrogène dans lesquels l'oxygène se trouve emprisonné, balayée de vents de méthane, irradiée d'éclairs d'orage.. Des chaînes moléculaires se forment, plus ou moins stables, plus ou moins longues.. Il arrive que lorsque l'une d'elles se rompt, l'un de ses fragments vienne s'adjoindre bout à bout à une chaîne déjà bien formée, ou s'y accole sur une partie de sa longueur, composant par polymérisation un nouvel ensemble aux caractéristiques plus stables, voire plus intéressantes, plus réactives par exemple.. La pression de l'environnement, en ce temps prébiotique, sert de crible.. Il détruit rapidement les chaînes insuffisamment stables et propose ainsi de nouvelles occasions de combinaisons.. De l'information se crée et se transmet de la sorte.. À la fin se constitue « une population de molécules d'ARN (une quasi-espèce) capables de s'autorépliquer et d'évoluer… ».. (2).. Ou bien imaginez que dans le même milieu aqueux des molécules amphiphiles constituent spontanément des vésicules, sortes de petits sacs où peuvent pénétrer et se concentrer certaines autres molécules organiques qui, dans cet environnement protégé, vont réagir entre elles et former des molécules plus longues et plus complexes.. (3).. Ou encore, dans un milieu plus exotique, que des molécules complexes soient apparues en des temps très courts sur la surface à deux dimensions de cristaux minéraux agissant comme un catalyseur, à partir de composés soufrés, à des températures élevées de l'ordre de 100 à 200º, et sous de très fortes pressions, conditions qui ne se rencontrent guère, sur Terre aujourd'hui, qu'au fond des océans, là où des plumes volcaniques laissent échapper des sources très chaudes à forte teneur en soufre, mais qui ont pu exister en surface, il y a quatre milliards d'années, vers la fin de la constitution de notre planète.. Les successeurs de ces premières molécules auraient progressivement colonisé des eaux plus froides.. (4).. Voici trois des principales hypothèses qui tentent aujourd'hui d'expliquer l'apparition de la vie sur notre planète.. Peut-être s'excluent-elles mutuellement comme semblent penser leurs défenseurs respectifs, peut-être sont-elles toutes les trois fausses, aucune n'étant complète.. Peut-être enfin sont-elles toutes les trois fondées à quelque degré, la vie la plus primitive étant issue de la rencontre entre des “inventions” spontanées du règne minéral se renforçant l'une l'autre.. Par exemple, des chaînes primitives d'ARN peuvent trouver refuge dans des vésicules qu'elles sont parvenues à pénétrer comme bien plus tard le bernard-l'hermite une coquille.. Peut-être ces chaînes étaient-elles constituées, ou bien “nourries” par des molécules synthétisées à haute température au fond des océans ou même en surface.. En tout cas, vous disposez à ce stade d'entités autoréplicatives, ce qui correspond à une définition restreinte de la vie.. Ces entités sont susceptibles de mutations aléatoires, pour la plupart négatives, mais dont certaines peuvent présenter un avantage et ont donc plus de chances d'être conservées et transmises.. (5).. Quelle que soit l'hypothèse scientifique sur l'origine de la vie qui a votre préférence, vous vous retrouvez en face d'un problème de taille.. Comment expliquer l'extraordinaire diversité et complexité de la vie telle que nous la connaissons sur Terre ? C'est ici qu'intervient l'évolution.. Le principe de l'évolution, une fois des êtres vivants constitués, est relativement simple.. De l'information s'accumule au cœur génétique des vivants au moyen de deux processus, des mutations aléatoires qui sont criblées par le tamis de l'environnement, les mutants non viables disparaissant rapidement, et des échanges d'informations génétiques entre vivants.. Il faut bien voir que dès que la vie apparaît, de son seul fait, l'environnement change rapidement, soit parce qu'elle épuise certaines ressources, soit parce qu'elle charge le milieu en résidus de son métabolisme.. L'oxygène que nous respirons est un tel résidu, hautement toxique pour les formes de vie qui l'ont libéré.. Du fait du changement plus ou moins rapide de l'environnement, l'évolution est un processus cumulatif.. Les anciennes solutions ne sont plus adaptées : il faut sans cesse, par mutations aléatoires et par échanges d'informations, en constituer de nouvelles sans nécessairement abandonner les vieilles.. Les solutions inadaptées disparaissent simplement.. Mais il ne s'agit pas encore de compétition darwinienne.. Il convient en effet de distinguer entre une sélection naturelle exercée dans un milieu minéral (au sens des vieux ordres) et une sélection naturelle exercée dans un milieu vivant et fondée sur une compétition dynamique entre les formes de vie.. En revanche, bien plus tard, les vivants autotrophes, qui ne se nourrissent que de molécules minérales, se trouvent menacés à partir du moment où il devient plus économique pour d'autres formes de vie, plus complexes, de s'emparer de molécules organiques déjà constituées, c'est-à-dire de dévorer d'autres vivants ou du moins de se repaître de leurs restes.. Dans.. notre évolution.. , la compétition la plus féroce est un moteur essentiel de l'évolution : compétition alimentaire qui revient en dernière instance à s'assurer des constituants et de l'énergie, compétition entre proies et prédateurs pour demeurer en vie, compétition sexuelle pour la reproduction.. Mais à côté de la compétition, des échanges d'information que l'on pourrait qualifier de “coopératifs” tiennent aussi une place.. Le milieu sculpte le vivant à travers la compétition en éliminant tout ce qui ne franchit pas le filtre des générations et en particulier les mutations négatives, mais les échanges d'information enrichissent le vivant en multipliant les combinaisons, souvent de la façon la plus adaptée.. L'exemple le plus immédiat est celui de la reproduction sexuée.. Mais si, une fois que des espèces en grand nombre sont bien constituées, il devient assez facile de comprendre comment elles évoluent et se différencient en espèces subséquentes à travers les différentes formes de compétition, les mutations aléatoires, la sélection sexuelle et celle exercée par le milieu, il me semble plus difficile de comprendre, et même de penser, l'apparition de la pulsion de vie et de survie (on pourrait ici emprunter à Nietzsche sa formulation de la volonté de puissance à condition de n'y voir ni vouloir conscient, ni puissance exercée sur un objet autre).. Des composés chimiques complexes peuvent se manifester suffisamment stables, s'agrandir et même se diviser, s'enrichir de mutations qui les rendent plus efficaces dans la quête de constituants et d'énergie, ils peuvent même échanger des informations, mais je ne saisis pas aisément par quel saut, aussi important que celui du passage du minéral à l'organique, ils peuvent se mettre à entrer en compétition et manifester implicitement le “souci” de leur reproduction et de la perpétuation des gènes qu'ils portent, ou encore comment ces gènes se sont donnés pour mission de coloniser l'avenir au point de s'entourer de phénotypes extraordinairement élaborés qui n'ont pourtant pas d'autre mission que de les transmettre autant que possible au détriment de leurs congénères.. On pourrait aussi bien imaginer des formes de vie qui évoluent, ou progressent si l'on veut, à l'intérieur d'elles-mêmes sous la pression de conditions changeantes, en échangeant des informations.. En effet, l'échange d'information, voire la coopération, à condition de n'établir derrière ces termes aucune intentionnalité ni surtout aucun anthropomorphisme, sont courants dans les manifestations de la vie sur Terre.. Des vastes systèmes collectifs ont deux moyens d'assurer leur évolution.. Le premier consiste, à partir de variations aléatoires, à ne conserver en activité, autrement dit en vie et en susceptibilité de reproduction, que celles qui présentent un avantage dans un environnement donné, toutes les autres étant éliminées.. On l'appellera darwinien.. Le second consiste à transmettre, ou à échanger, latéralement les variations positives, ce latéralement signifiant aussi bien entre individus de la même génération qu'entre individus de générations successives s'il y en a.. On l'appellera lamarckien.. Cette seconde possibilité est celle qui reflète le mieux la tradition de la transmission des savoirs acquis, à l'intérieur d'une société humaine, entre sociétés et d'une génération à l'autre, si bien qu'elle a paru la première susceptible d'expliquer le transformisme des espèces contre le fixisme créationniste.. Une bonne bibliothèque est typiquement lamarckienne.. Dans sa version naïve originelle qu'on ne saurait condamner vu l'état des ignorances sur la génétique au début du.. xix.. e.. siècle, soit quand Lamarck la profère, la théorie lamarckiste veut que les girafes allongent leur cou pour atteindre des feuilles plus hautes et qu'elles transmettent cet allongement acquis à leurs rejetons, comme dans notre République les polytechniciens et les normaliens transmettent aux leurs le goût de l'effort intellectuel si bien qu'il semblerait génétiquement transmissible à considérer les annuaires de ces écoles.. C'est ce qu'on appelle la transmission des caractères acquis, hypothèse controuvée qui a trouvé sa dernière expression et sa définitive condamnation, au.. xx.. siècle, dans le mitchourinisme et le lyssenkisme staliniens.. Mais on peut esquisser une théorie néo-lamarckienne selon laquelle des caractères seraient transmis par divers vecteurs d'un organisme à l'autre, mis à l'épreuve de la vie, et en quelle sorte acquis puis à nouveau transmis durant celle-là.. Certains de ces caractères pourraient  ...   vaste être néo-lamarckien que j'imaginais plus haut.. De si petites entités, qui sont demeurées d'un bout à l'autre de l'évolution l'aune du vivant sur Terre, ne serait-ce qu'à considérer les dimensions de nos propres cellules, au départ refermées sur elles-mêmes auraient du mal à inventer des échanges d'information et des formes de coopération (au sens très restreint retenu ici) sans la pression d'une évolution darwinienne.. Mais une fois celle-ci lancée, elle s'accélère rapidement tant la sélection naturelle n'est plus celle exercée par un milieu minéral présumé stable que celle dynamique imposée par le milieu vivant lui-même.. De bien plus vastes entités, comme celles décrites par Greg Bear, auraient plus de facilités pour évoluer en elles-mêmes, à l'intérieur de leurs limites.. L'idée que des processus darwiniens et lamarckiens puissent se combiner en proportions différentes sur d'autres mondes contrevient certes au principe de médiocrité que les xénobiologistes adoptent par défaut.. Selon le principe de médiocrité, on admet que lorsqu'on se trouve en présence d'un exemple unique, cet exemple se situe dans la moyenne des cas possibles et donc parmi les plus fréquents.. Ainsi, le modèle de développement de la vie sur Terre, le seul que nous connaissions, serait le plus répandu sinon le seul possible dans la Galaxie, voire dans l'univers.. Mais ce principe souffre de son systématisme même.. La multiplicité des formes de vie sur Terre le contredit largement.. Par ailleurs, le principe de médiocrité a été implicitement et perversement invoqué par les créationnistes fixistes lorsqu'ils invoquaient la stabilité des espèces existantes et l'absence d'apparition spontanée de nouvelles espèces dans les temps historiques pour soutenir l'hypothèse d'une création unique et définitive par un Dieu biblique.. D'innombrables observations et expériences ont définitivement montré que cette hypothèse était insoutenable.. Le principe de médiocrité est donc pour le moins faible et il ne peut être invoqué, avec une infinie prudence, que par défaut.. Les théoriciens modernes de l'évolution, comme Stephen Jay Gould, aiment à insister sur le fait que l'évolution intègre tant d'impondérables qu'elle ne pourrait pas suivre deux fois le même chemin ni conduire aux mêmes résultats, sur notre Terre même.. Il est par suite concevable non seulement qu'il existe une infinité de combinaisons darwino-lamarckiennes, mais encore que celle que nous déchiffrons progressivement sur Terre corresponde à une position extrême et peut-être unique où les facteurs darwiniens sont très largement prédominants, alors que sur la planète décrite par Greg Bear ce sont les aspects lamarckiens qui l'emportent.. Cette hypothèse aurait le mérite de répondre de deux façons distinctes à la fameuse question de Fermi : où sont-.. ils.. donc ? Fermi faisait dans les années 1950 l'hypothèse appuyée sur des chiffres et raisonnable qu'il suffirait de quelques dizaines de millions d'années à une espèce intelligente pour coloniser toute la Galaxie tout en tenant compte des limitations relativistes, et que si notre cas était vraiment médiocre, il n'y avait aucune raison pour que la vie intelligente ne soit pas apparue au moins une fois sur un autre monde.. Par suite, il se demandait pourquoi nous ne voyons nulle part dans l'espace ni même sur notre propre planète de traces de leur passage ou de leur présence.. Un grand nombre de réponses théoriques ont été apportées à la question de Fermi, dont celle, peu réjouissante, de l'instabilité et de l'auto-destruction en un court laps de temps, cosmologiquement parlant, des civilisations technologiquement avancées.. Inutile d'insister sur le fait que cette réponse singulière projette sur le cosmos l'histoire sanglante de notre espèce.. Une autre réponse peut être qu'une évolution plutôt lamarckienne serait beaucoup plus lente qu'une évolution plutôt darwinienne.. Nous serions alors les premiers.. Mais une hypothèse plus conforme à l'esprit de la Science-Fiction est qu'.. sont bien là, plus avancés que nous bien que d'origine lamarckienne, qu'ils nous observent de loin ou de près, mais qu'ils se tiennent soigneusement cois, voire nous maintiennent en quarantaine, terrifiés par la brutalité d'une forme d'évolution qui, soumise à une concurrence féroce, a produit des solutions effrayantes comme le sexe, la mort et finalement l'amour avec les ravages de la passion, sans négliger la guerre et les massacres.. Une évolution principalement lamarckienne où les meilleures solutions seraient diffusées à l'intérieur d'une entité unique, ou encore échangées entre des individus certes distincts mais issus de la scissiparité, pourrait négliger la reproduction sexuée qui permet une recombinaison accélérée des caractéristiques génétiques entre de petites unités.. Elle pourrait ignorer la mort programmée des individus dont l'apparition, quoique encore largement mystérieuse.. (11).. , paraît étroitement liée à la reproduction sexuée, et ne subirait la dissolution entropique que comme un accident.. Reste à savoir si une forme d'intelligence pourrait naître dans de telles conditions.. Les tenants de l'intelligence artificielle n'y verraient aucune objection de principe.. Les machines superintelligentes qu'ils prédisent, parfois avec des accents apocalyptiques.. (12).. , ne dépendraient ni du sexe ni de la mort programmée pour évoluer.. Et si l'on admet, ce qui demeure loin d'être évident, que des humains seront capables de telles créations, il n'y a aucune raison pour que l'univers ne puisse en faire autant.. (13).. Pour une civilisation galactique lamarckienne, notre planète serait au sens propre un Enfer.. (14).. , sans doute passionnant mais infréquentable.. Nous serions des voisins mal élevés au sens propre.. Et si une telle civilisation.. (15).. a réussi à capter puis à déchiffrer nos émissions de télévision, ce qui devrait être un jeu d'enfant pour sa technologie, elle en reçoit quotidiennement la confirmation : non seulement nous vivons en Enfer, mais encore nous en redemandons.. Par pure perversité.. Dont six seulement sont nécessaires à la vie primitive, plus quelques catalyseurs.. Voir le numéro 336 (novembre 2000) de.. la Recherche.. , consacré en partie aux origines de la vie.. L'hypothèse de mondes à ARN y est exposée par Patrick Forterre.. C'est, considérablement résumée, l'hypothèse qui a la préférence de Guy Ourisson et de ses collègues dans la revue citée.. C'est l'hypothèse de Günter Wächtershaüser, évoquée dans la revue citée.. Voir aussi dans le.. Scientific American.. d'avril 2001 l'article complémentaire de Robert M.. Hazen, Life's rocky start , sur le rôle éventuel joué par certains minéraux dans l'apparition de la vie (traduit dans le numéro de mai 2001 de.. Pour la science.. Le lecteur désirant aller plus loin aura avantage à lire l'ouvrage d'Armand Delsemme,.. les Origines cosmiques de la vie.. , Flammarion, 1994, qui constitue l'une des plus claires et remarquables synthèses récentes sur le sujet.. Elle ne peut évidemment tenir compte des tous derniers développements de la science mais je la recommande chaudement à tout auteur voire à tout amateur de Science-Fiction.. L'Origine des espèces.. paraît en 1859.. On trouvera beaucoup d'informations complémentaires dans l'.. Atlas de la biologie.. , La Pochothèque , Le Livre de Poche, 1994.. Le lecteur aura bien compris que cette préface comporte une bonne part de spéculations.. Les erreurs toujours possibles qui auraient pu s'y glisser me sont entièrement imputables.. C'est une telle entité planétaire marine qu'imagine Stanisław Lem dans son roman.. Solaris.. (Denoël) sans fournir de précisions sur les conditions de son apparition.. Au départ, la proportion d'oxygène libre ou dissous dans l'eau était de l'ordre de 0,1 % au plus.. Dans l'état actuel des choses, le néo-darwinisme privilégiant strictement le truchement génétique de l'individu, comme chez R.. Dawkins (.. l'Horloger aveugle.. , Robert Laffont) me semble incapable d'expliquer l'apparition de la mort programmée de l'individu.. En effet si l'avantage pour l'espèce — faire de la place pour essayer de nouvelles combinaisons — d'une telle programmation est évident, il est moins clair pour l'individu même si cette programmation ne se manifeste en général qu'après la période de reproduction : mais pourquoi auraient été sélectionnés à travers leurs phénotypes les gènes d'individus qui devraient mourir plus ou moins longtemps et selon une durée précise après leur période de reproduction ? L'hypothèse la plus classique est que les gènes mortifères agissant après la période de reproduction ne pourraient pas être éliminés.. Mais elle ne rend pas compte, à mon sens, de la programmation subtile de la sénescence et de la distribution statistique des espérances de vie.. Pour une tentative d'explication, voir.. la Sculpture du vivant.. , Jean-Claude Ameisen, Seuil, 1999.. Voir par exemple l'entretien avec Hugo de Garis publié dans.. le Monde.. du 9 novembre 1999, qui semble avoir été inspiré par la Science-Fiction contemporaine plutôt que par l'état des connaissances en la matière.. Les tenants de la vie artificielle et des réseaux neuronaux s'en remettent pour leur part, avec un succès grandissant, à une approche darwinienne.. C'est l'hypothèse présentée, pour des raisons purement théologiques, par C.. S.. Lewis dans son beau roman.. le Silence de la Terre.. Out of the silent planet.. , 1938).. Bien qu'il ne m'ait pas fait de confidences, Lewis n'était probablement pas darwinien, ni lamarckien du reste.. Beaucoup d'autres romans de Science-Fiction ont évoqué l'idée que notre Terre était tenue en quarantaine.. L'espérance de vie illimitée impliquée par une évolution lamarckienne serait particulièrement favorable à une colonisation galactique sous limitation relativiste.. mardi 13 novembre 2001 —.. dimanche 18 novembre 2001..

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  • Title: Archives stellaires/Klein/Préfaces et postfaces/la Reine des anges | Quarante-Deux
    Descriptive info: la Reine….. la Reine des anges.. Livre de poche nº 7201, septembre 1997.. L.. e décor initial de.. est le Los Angeles de 2047.. Un monde de nanotechnologie, d'immeubles résidentiels géants, les Krêtes, un monde d'inégalités et de violence bien.. qu'une bonne partie de la population — la plus aisée — soit “thérapiée” c'est-à-dire neurologiquement traitée pour échapper à tout désordre psychique, à toute déviance, voire à toute souffrance personnelle et à toute inefficience.. Ce monde n'est ni une utopie ni un enfer.. C'est peut-être une prospective réaliste d'un avenir possible.. Cette scène ne va pas tarder à s'élargir, au fil du roman.. Du côté du Tiers-Monde, avec une visite en Hispaniolia, l'État issu de l'unification de Haïti et de Saint-Domingue, et du côté de l'espace sidéral avec l'exploration du système d'Alpha du Centaure par une intelligence artificielle qui est peut-être sur le point d'accéder à la conscience.. Ces différents décors se dévoilent à travers plusieurs intrigues exposées en contrepoint pour constituer progressivement un tableau impressionniste du milieu du siècle prochain.. Le lecteur a sans doute reconnu le modèle,.. Le cadre fait penser aussi à certains aspects sociologiques de l'univers Dickien si somptueusement transcrit à l'écran dans.. Blade Runner.. D'un certain point de vue, la littérature de Science-Fiction se divise en deux catégories.. Dans la première, une idée unique est poussée dans ses retranchements ultimes, du moins dans ceux que l'auteur parvient à imaginer ; dans la seconde, un tableau total de l'avenir est esquissé.. Total plutôt que global en cela qu'il tient par ses détails plus que par ses grandes lignes théoriques.. La Reine des anges.. appartient manifestement à la seconde catégorie.. Mais il serait insuffisant de n'y lire qu'un tableau prospectif.. Le principal occupant de ce décor est l'inconscient.. Il exsude de partout.. Des œuvres littéraires d'Emmanuel Goldsmith, puis de ses crimes apparemment irrationnels, dictés par une irrésistible pulsion de mort ; du désir de Mary Choy, l'inspecteur de police lancée à ses trousses, de changer littéralement de peau ; plus littéralement encore des travaux de Martin Burke, à l'Institut de Recherches Psychologiques, qui visent à permettre l'exploration du Pays de l'esprit ; des sévices psychiques épouvantables infligés par des fanatiques, les Sélecteurs, qui prétendent régénérer la société en pratiquant la torture mentale au moyen des “couronnes d'enf.. ”.. Mais la présence de l'inconscient se manifeste encore plus profondément.. Les “thérapiés” de cette société ont subi volontairement de véritables excisions de parties de leur inconscient, soit par neurochirurgie nanotechnologique, soit par psychothérapie plus classique, dans une perspective ouvertement adaptative  ...   la Science-Fiction , même si elle est rarement aussi obsédante qu'ici.. Cet inconscient n'est certes pas l'inconscient freudien.. Il emprunte la plupart de ses traits aux rouages et agents introduits par les cognitivistes dans la théorie de l'esprit à partir des spéculations sur l'intelligence artificielle.. Il en puise quelques autres dans la psychologie des profondeurs jungienne, en évoquant au passage les incontournables archétypes conjugués au vaudou.. On peut s'interroger sur cette impasse radicale faite sur le Freudisme.. Peut-être n'intéresse-t-il pas Greg Bear qui l'ignore royalement ? Peut-être Bear l'a-t-il considéré comme une doctrine respectable mais irrévocablement préscientifique, tout emplie encore des miasmes puritains du XIXe siècle, et insuffisamment technologique ? Ou peut-être encore sacrifie-t-il à la réaction qui conduit presque à condamner la psychanalyse freudienne aujourd'hui aux États-Unis ?.. Je me demande, sans écarter les hypothèses susdites, s'il n'y a pas une raison plus profonde.. Ce serait que, dans l'individualisme fondamental de sa conception du patient et de tout être humain, la psychanalyse freudienne ne fournit pas de bons objets de fiction, et en particulier de Science-Fiction.. Elle propose certes quelques scénarios familiaux dont on sait tout le parti qu'Hollywood a tiré.. Mais ces scénarios ne sont que des ponts-aux-ânes qui ont fort peu à voir avec la constitution irréductiblement particulière d'un inconscient.. L'inconscient freudien, ce serait précisément ce sur quoi il serait dangereux de généraliser, de théoriser, ce qui ne veut pas dire qu'il faille absolument s'en abstenir.. Ce serait du.. Réel.. irréductible, dont on ne sait jamais grand-chose et qui ne se laisse pas manipuler.. On peut certes décrire après-coup une psychanalyse, comme beaucoup d'analystes après Freud s'y sont essayés.. Mais je doute qu'on puisse inventer, au titre d'un exercice littéraire, une psychanalyse intéressante.. Au lieu de quoi les rouages, archétypes jungiens et agents cognitivistes, permettent par leur belle immobilité et aussi parce qu'ils seraient communs à tout le monde, en somme des pièces d'un meccano psychique, tout un jeu combinatoire propice à l'élaboration de fictions et de décors.. En bon écrivain, Greg Bear a choisi le meccano.. Mais ce faisant, il propose de l'humain, de la conscience et de la société, une définition où l'artifice, les mécanismes célibataires, les machines désirantes, tiennent une place telle que le désespoir existentiel est son corollaire et que les seuls personnages sains, ou du moins humains de son livre, pourraient bien être les artistes criminels, Emmanuel et Richard.. Ce faisant, il dirait exactement le contraire de ce qu'il semble dire.. Ce qui, tout compte fait, est assez freudien.. dimanche 20 décembre 1998 —..

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  • Title: Archives stellaires/Klein/Préfaces et postfaces/Au cœur de la comète | Quarante-Deux
    Descriptive info: Au cœur….. Gregory Benford David Brin :.. Au cœur de la comète.. Livre de poche nº 7146, avril 1992.. une des questions les plus classiques que se voit régulièrement poser un éditeur de Science-Fiction par un journaliste ingénu (au moins en ce domaine) demeure :.. quels sont les rapports entre la science et la fiction dans la Science-Fiction ? Ou encore : faut-il avoir des connaissances scientifiques pour écrire de la Science-Fiction ? Et sous-entendu, pour en lire ?.. Le spécialiste, ou du moins le connaisseur, parvient à grand-peine à réfréner un épouvantable grincement de dents et le transforme autant qu'il peut en un sourire contraint.. Il subodore en effet chez son interlocuteur une possible méconnaissance à la fois de la science et de la Science-Fiction.. C'est que les relations ne sont pas simples entre un immense domaine de connaissances et de problématiques qui ne tolère pas la fiction et une littérature qui ne souscrit qu'assez irrégulièrement aux exigences les plus élémentaires de la vraisemblance scientifique.. Ni le déplacement à vitesse supra-luminique ni le voyage dans le temps, ces deux thèmes privilégiés et même à bien des égards fondateurs de la SF moderne, ne sont acceptables une seconde par un authentique physicien, fût-il doté d'une grande largeur de vue.. La plupart des auteurs de Science-Fiction disposent d'une culture scientifique assez restreinte encore qu'elle soit plus substantielle que celle des auteurs purement littéraires, à de rares exceptions près du côté de ces derniers.. Ni Philip K.. Dick, ni A.. E.. van Vogt, ni Théodore Sturgeon, ni Robert Sheckley, pour citer quelques-uns des plus grands, ne se sont jamais beaucoup souciés de science.. Et pourtant, la Science-Fiction est une littérature, voire la seule, qui se nourrit indubitablement de science ou du moins de représentations de la science.. Ses lecteurs comme ses auteurs subissent indéniablement la fascination de la science.. Ce qui est en jeu ici, c'est peut-être précisément ce dont les scientifiques se méfient le plus quand ils en prennent conscience, à savoir la capacité de production de mythes de la science elle-même.. En principe, la science détruit les mythes.. Elle repose sur le scepticisme, le doute et la mise à l'épreuve des hypothèses et de ces singulières conséquences des théories que sont les observations.. Mais quoi qu'elle en ait, elle propose dans le même mouvement de nouveaux mythes, mythes des origines, des transformations, des fins ultimes sinon dernières.. Elle est, depuis l'antiquité, une extraordinaire pourvoyeuse d'histoires.. Comment ne pas rêver devant les cirques de la Lune, les anneaux de Saturne, les galaxies lointaines, les animalcules révélés par le microscope, les squelettes pétrifiés des dinosaures, et plus encore devant l'enchaînement des causes et des effets dans les théories qui s'agencent comme des drames, devant aussi bien les affrontements puissants, passionnés, aux enjeux cosmiques, entre des savants acharnés à faire triompher leurs hypothèses.. Depuis le dix-neuvième siècle au moins, la science est devenue la principale sinon la seule productrice d'images surprenantes et de mythes.. Les religions ont vu s'user les leurs, les systèmes philosophiques n'en ont proposé que d'abstraits, desséchés ou encore immuables, substituts imparfaits aux antiques révélations.. La science au contraire non seulement a démontré sa capacité à produire des images et des mythes mais encore et surtout son inépuisable aptitude à les renouveler sans pour autant se renier.. Une religion qui changerait régulièrement ses dogmes aurait du mal à former ses théologiens et à retenir ses fidèles.. Elle tend donc à fixer ses histoires.. Il en va  ...   de la vie humaine.. Il permet donc de condenser dans un (petit) mythe quelque chose qui est de l'ordre du savoir, sinon objectif, du moins collectif et quelque chose qui est de l'ordre du vécu humain, de l'histoire.. Peut-être est-il ici nécessaire de cerner un peu mieux ce que c'est qu'un mythe.. Ce n'est pas, au moins pour mon entendement, une histoire antique et mystérieuse qui témoignerait de l'invariance des préoccupations humaines et qui serait porteuse d'une sagesse ineffable.. Un mythe ne devient mystérieux, à mon regard, que lorsque son sens est perdu, ce qui devient tôt ou tard le cas, ne serait-ce que du fait de la dérive des préoccupations humaines et des changements sociaux.. À l'état naissant, un mythe présente la limpidité d'une eau de roche.. Il tire même son efficacité de son évidence pour ses usagers.. Un mythe est un thème à la fois problématique et explicatif qui a pour effet de permettre à un sujet collectif de se trouver une place à la fois dans le monde des objets et dans le monde humain, et une place qui puisse être exprimée dans le langage disponible.. Il n'a aucun caractère définitif puisqu'il répond à une question actuelle.. Il n'a pas pour vocation d'être cru comme un article de foi puisqu'il apporte une réponse claire et évidente, sinon dépourvue des ambiguïtés du langage, à une question définie.. C'est quand l'usage l'a usé que sa lettre l'emporte sur son esprit.. Bien entendu, la science n'a pas pour objet de produire des histoires et des mythes ni même sans doute des images.. Ce sont des sous-produits de son activité que des esprits austères pourraient même considérer comme des parasites.. Mais d'un côté, je pense qu'elle y trouve une partie de sa justification sociale et les moyens triviaux de son existence.. Et de l'autre, je crois qu'elle ne peut pas s'en passer parce que le désir de savoir emprunte précisément les chemins du désir d'histoires.. À l'origine de la science, il y a toujours une question qui a ceci de particulier qu'elle ne se satisfait pas d'une réponse fermée, qu'elle demeure une question ouverte qui appelle une histoire sans fin, à proprement parler une histoire de générations.. Ce qui est aussi sur un mode mineur le propre de la Science-Fiction.. Il peut sembler paradoxal d'évoquer ces idées à propos d'un roman de Science-Fiction qui fait à la science la mieux informée une grande place dans plusieurs domaines.. Gregory Benford et David Brin sont tous deux physiciens et savent de quoi ils parlent.. Le premier enseigne la physique tandis que le second a abandonné l'astrophysique pour écrire à plein temps.. Leurs œuvres correspondent au courant baptisé.. hard science.. de la Science-Fiction.. Mais elles ne sont pas pour autant, bien au contraire, dépourvues d'action, de style, de poésie et même de lyrisme.. La caution de la science n'exclut pas la fiction.. C'est même dans de telles œuvres, romans et nouvelles, qu'on voit le mieux l'imagination à l'œuvre travaillant à partir de l'extraordinaire richesse de l'information scientifique, se libérant des contraintes de la validation et spéculant sans autre frein que celui de la raison.. La première vedette de.. est cet objet lui même presque mythique, observé depuis des siècles et représenté notamment par Giotto dans l'une de ses plus célèbres toiles, la comète de Halley qui revient tous les soixante-seize ans frôler le soleil et déployer sa chevelure.. Allons, il est temps de la laisser révéler ses splendeurs et ses profondeurs..

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  • Title: Archives stellaires/Klein/Préfaces et postfaces/la Grande rivière du ciel | Quarante-Deux
    Descriptive info: la Grande….. Gregory Benford :.. la Grande rivière du ciel.. Livre de poche nº 7171, décembre 1994.. opéra de l'espace est une variété de la Science-Fiction à la fois prisée et méprisée.. Prisée parce qu'elle signifie aventures trépidantes, horizons illimités et rencontres supposées inattendues.. Méprisée parce qu'il s'agit trop souvent de décors de pacotille, de héros en carton-pâte et d'intrigues à peine démarquées du roman noir ou du roman de guerre, auxquels tous les lecteurs ne se laissent pas prendre.. Mais peut-être est-il utile d'évoquer ici l'origine de l'expression.. ci-dessus traduite ? Elle est dérivée ironiquement de celle de.. soap opera.. , c'est-à-dire opéra de savon, qui désignait du temps de la radio américaine les feuilletons mélodramatiques destinés à encadrer les réclames des grandes sociétés de détergents en tous genres.. Lorsqu'en 1941, Wilson Tucker, vétéran apprécié de la SF, détourna l'expression par esprit de dérision, il ne se doutait pas qu'il baptisait un genre.. Même si sa connotation péjorative n'a pas disparu, la catégorie a acquis ses lettres de noblesse avec des auteurs comme Leigh Brackett, Edmond Hamilton, John Campbell lui-même et surtout Jack Vance qui l'éleva au niveau d'un art véritable.. En fait, il est tout à fait impossible de définir à l'intérieur de la Science-Fiction un domaine bien précis du.. Dès qu'il y a des soleils massacrés par dizaines, des planètes regroupées en empires, des mégaflottes, des essaims d'extraterrestres ou de robots, que la scène abrite pour le moins une galaxie entière, que le sort de l'univers, pas moins, se joue sur la décision d'un super-héros, on est en plein dedans.. En bref les ingrédients nécessaires sont l'immensité du décor, l'éloignement dans le temps à de rares exceptions près, l'envergure des enjeux, la puissance des protagonistes.. Loin, grand, fort, beaucoup : si les attributs du sous-genre se bornaient à ces traits, presque toute la SF s'y retrouverait, d'Isaac Asimov à Alfred Elton Van Vogt, et il ne resterait plus à l'écart que la prospective dans le proche futur à la John Brunner et l'intrigue intimiste à la Théodore Sturgeon.. Curieusement, les auteurs français ont rarement brillé dans le.. alors qu'ils sont les héritiers d'Alexandre Dumas, de Paul Féval et d'Eugène Sue.. Il y eut, certes, Francis Carsac avec.. Ceux de nulle part.. Mais c'est évidemment dans les collections les plus populaires, comme le Fleuve Noir que, sous la plume de Kurt Steiner par exemple, on en trouve les expressions les plus crédibles.. Presque partout ailleurs, la prédilection pour une littérature intimiste, voire onirique, l'a emporté dans la Science-Fiction française de qualité.. L'inconvénient du.. , qui explique les préventions qui l'entourent, c'est que la vastitude de ses horizons et l'ampleur de ses fresques cachent mal la plupart  ...   l'Empire romain théorisés par Arnold Toynbee, philosophe des civilisations, le grand Frank Herbert a su déjouer dans.. Dune.. les pièges de la facilité : en retenant pour scène une seule planète sur fond certes d'imperium galactique ; et en inventant des combinaisons inédites à partir d'éléments puisés dans un grand nombre de cultures.. De même, fort de sa connaissance de l'astrophysique et de la physique qu'il enseigne dans une université californienne, Gregory Benford a profondément renouvelé le.. dans son ambitieuse tétralogie dont voici le premier volet.. Le second paraîtra très prochainement dans le Livre de Poche sous le titre.. Marées de lumière.. Un troisième volume,.. Furious gulf.. , encore inédit en français.. (*).. , vient d'être publié aux États-Unis et sera traduit ultérieurement.. L'ensemble sera couronné par.. Sailing bright eternity.. dont Gregory Benford achève en ce moment la rédaction.. Benford se projette dans un avenir très lointain où l'humanité a essaimé dans une grande partie de notre galaxie, cherchant en particulier à s'approcher de son centre afin d'en percer les secrets.. Elle y a rencontré des adversaires très redoutables qui ont réduit les héros de.. à la condition de gibier traqué.. Benford a échappé à la dangereuse facilité des méchants extraterrestres en retenant comme figure de ses adversaires des machines, c'est-à-dire des intelligences artificielles.. Dès lors, sa compétence de physicien lui permet d'imaginer un univers riche, qui ira en se précisant au fil des volumes et où ses héros affronteront les convulsions ultimes de la matière et de l'énergie ; et sa culture scientifique le porte à décrire des civilisations machiniques à la fois plausibles, originales et stimulantes.. Mais Gregory Benford est aussi un écrivain de talent capable de faire exister des personnages attachants.. Il y a peu d'exercices littéraires plus difficiles que celui qui consiste à rendre crédibles et proches des caractères qui évoluent dans un univers terriblement éloigné du nôtre dans le temps et dans l'espace.. Dans son.. Paysage du temps.. , en anglais.. Timescape.. , il avait démontré sa capacité à décrire un monde qu'il connaît bien, celui des campus universitaires et des petites communautés de recherche.. Bien qu'il soit plus difficile ici d'apporter la preuve de sa véracité, de confronter le modèle à sa représentation, il ne réussit pas moins brillamment à nous persuader de la réalité et de la sensibilité de ses héros.. Vous souhaitiez trouver le.. idéal, qui satisfasse les appétits éveillés par les œuvres d'un John Campbell ou d'un Arthur C.. Clarke, entre dix autres vétérans ?.. Vous le tenez peut-être entre vos mains.. Depuis la parution de ce texte,.. les Profondeurs furieuses.. est sorti chez Robert Laffont puis au Livre de poche, agrémenté d'une.. préface.. Denoël.. dimanche 3 mars 2002..

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  • Title: Archives stellaires/Klein/Préfaces et postfaces/Marées de lumière | Quarante-Deux
    Descriptive info: Marées….. Livre de poche nº 7172, février 1995.. a seule véritable question est de savoir qui, à la fin, possédera l'univers : les intelligences artificielles ou bien les intelligences biologiques dont une variété improbable est constituée par l'espèce humaine ?.. On sait que les machines appellent entre elles les humains avec ce qui leur tient lieu d'ironie, peut-être d'humour, les “Humides”.. C'est une question que pose fortement Gregory Benford dans.. sans fournir, pour l'instant au moins, de réponse définitive.. Mais l'avantage est fortement aux machines.. C'est qu'elles disposent de la plasticité, de la capacité d'évoluer, de s'augmenter sans cesse, et d'une sorte d'immortalité.. Tandis que les humains n'ont guère changé de notre époque à cet avenir très lointain et continuent d'être très périssables ; leur conservatisme sur l'essentiel, même agrémenté de quelques améliorations et prothèses, constitue un sérieux handicap.. Il renvoie aussi à la question de l'origine des uns et des autres.. La plupart des Intelligences, machiniques ou humides, s'accordent sur un point.. C'est que les intelligences biologiques bénéficieraient de l'antériorité.. Elles seraient issues d'un processus évolutif lent et hasardeux, étalé sur près de quinze milliards d'années, constitué d'embranchements innombrables et contingents.. Elles se ressentiraient de ce parcours sinueux et ne devraient leur très relative efficacité qu'à un empilement de bricolages aléatoires excluant toute finalité et presque toute logique.. L'origine des intelligences machiniques est beaucoup plus controversée.. Une poignée d'intégristes qui ne se recrutent que parmi des machines professe même que la première d'entre elles est issue toute programmée du Big Bang lui-même si elle n'en a pas été l'initiatrice ; les Humides ne seraient que des parasites du désordre, apparus par accident ou à la suite d'une erreur expérimentale, dans un univers par ailleurs doué d'une logique proprement machinique à laquelle ils font injure.. Selon une théorie à peine mieux documentée, les machines intelligentes seraient le produit d'une évolution depuis la matière inanimée, analogue à celle des formes biologiques, encore que plus rapide et plus élégante.. On ne peut pas la détailler ici.. Mais la majorité des Intelligences, toutes catégories confondues, s'accordent néanmoins sur un scénario différent qui comporte deux variantes.. Selon cette doctrine, les premières générations de machines auraient été conçues et construites par des intelligences biologiques, localement les humains, soucieuses de contourner, voire de dépasser, leurs propres limitations.. Rapidement devenues autonomes, les descendantes de ces machines auraient entrepris de servir leurs propres fins et de contrôler leur propre évolution.. Concurrentes de leurs créateurs et plus généralement des règnes biologiques dans l'utilisation de ressources rares, elles les auraient en peu de temps surclassés et éliminés ou du moins rejetés dans les régions les moins prometteuses de l'espace.. De nombreux documents archéologiques viennent appuyer cette thèse.. La première variante de ce  ...   intentionnels des civilisations de machines, alors ils méritent une attention particulière et peut-être le respect.. Selon certains penseurs de ce courant légèrement minoritaire, sans doute vaut-il mieux éviter de les éradiquer en tant qu'espèce, moins par un sentiment irrecevablement irrationnel de reconnaissance de la créature au créateur, que parce qu'ils pourraient produire encore une innovation intéressante.. D'autres estiment pour leur part qu'une telle innovation pourrait être redoutable et que cette éventualité devrait pousser au contraire à l'élimination des Humides.. Toutes les intelligences machiniques ou à peu près tombent d'accord sur l'idée que les humains n'ont représenté au mieux qu'une transition dans l'accession à l'intelligence et que l'univers ne leur est pas destiné.. Ne se trouvant à l'aise qu'à la surface d'une toute petite proportion de planètes ou dans leurs simulacres imparfaits, incapables de supporter par eux-mêmes le froid et le vide, de longévité ridicule, ils ne sont manifestement pas taillés pour le cosmos.. Les machines pour leur part, s'accommodant d'une variété presque infinie d'environnements, adaptées par nature au vide et au froid qui occupent la majeure partie de l'espace, susceptibles de s'inactiver durant les voyages interstellaires voire intergalactiques dont la durée ne présente pour elles de ce fait aucun inconvénient, capables de se réparer, de s'améliorer et de s'augmenter presque sans limites, sont, elles, de toute évidence, les héritières naturelles de l'univers qu'elles peuvent entièrement remplir.. Telles sont les spéculations qui nourrissent la discipline hautement conjecturale de l'anthropologie, qui occupe chez les machines à peu près la place de la théologie chez les humains.. Il est frappant qu'elle n'aboutisse pas à des conclusions plus assurées bien qu'elle dispose de bien plus de matériaux d'observations et d'expériences.. Quoiqu'il en soit, les humains ne doivent probablement leur survie qu'au tempérament férocement individualiste des machines dont la société est une jungle logique.. Chacune d'elles ne connaissant que son intérêt, étant sa propre raison d'État, n'acceptant de coalition mesurée et temporaire que pour se défendre ou s'étendre, ignorant l'oubli comme la gratitude, se trouvant prompte à saisir le moindre avantage supposé pour réduire sa voisine à l'esclavage ou à la destruction, n'admettant l'échange que rigoureusement équilibré, ne partageant avec les autres comme loi objective et suprême que celle du profit personnel, ne voyant d'union que dans l'absorption à l'avantage de la plus puissante, fait que leur ensemble travaille plus à s'entre-détruire et à les limiter les unes les autres qu'à tout projet commun, même si cette concurrence élève sans cesse leur niveau moyen.. Elles considèrent de ce fait le lien affectif qui s'établit parfois dans la gratuité apparente entre les humains comme une inquiétante énigme.. En toute hypothèse, cette limitation seule explique sans doute la survie d'humains jusque dans le lointain avenir que décrit Gregory Benford dans..

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  • Title: Archives stellaires/Klein/Préfaces et postfaces/les Profondeurs furieuses | Quarante-Deux
    Descriptive info: Profondeurs….. Livre de poche nº 7237, février 2002.. a série du.. Centre galactique.. , due à Gregory Benford, illustre parfaitement la dimension épique, la grandeur, à la fois du côté de la taille et du cadre cosmique, et aussi la difficulté tant pour.. l'auteur que pour ses éditeurs et traducteurs, de la production et de la publication des grandes sagas galactiques qu'affectionnent les anglo-saxons.. Elle ne comporte pas moins de six volumes publiés initialement entre 1978 et 1995, répartis entre plusieurs éditeurs américains et pour les traductions entre deux éditeurs français.. J'ai bon espoir de parvenir un jour à les réunir tous au Livre de poche.. À dire vrai, ce cycle remonte plus loin encore puisque son héros, Nigel Walmsley fit sa première apparition en 1970 dans une nouvelle, Icarus Descending par la suite intégrée au premier volume de la série.. Un bon quart de siècle pour une telle série, ce n'est pas de trop.. Après tout, Frank Herbert en mit autant à élaborer son cycle de.. sans pour autant le conclure, et Isaac Asimov étala sur près d'un tiers de siècle la composition des.. Fondations.. Afin d'aider le lecteur à s'y retrouver et en m'efforçant de ne pas déflorer les volumes qu'il lui resterait à découvrir, je vais tenter de lui donner quelques indications.. L'ensemble du cycle s'étire sur plus de 35 000 ans.. Gregory Benford en donne une chronologie relativement détaillée à la fin du dernier volume sur lequel je reviendrai.. Les titres aujourd'hui publiés correspondent à une petite partie de cette vaste histoire du futur, tenant à ses deux extrémités, la plus proche de notre présent et la plus éloignée, les événements ne pouvant plus être présentés d'après l'auteur sous forme de récit au delà de 37518.. Les deux premiers volumes,.. Dans l'océan de la nuit.. À travers la mer des soleils.. , introduisent le personnage de Nigel Walmsley, britannique et astronaute, dès l'an 1999 où il découvre dans l'espace un artefact extraterrestre.. Entre autres caractéristiques remarquables, Nigel Walmsley présente celle de traverser tout le cycle, c'est-à-dire de vivre au moins trente-cinq mille ans, en partie grâce à la dilatation relativiste du temps aux approches de la vitesse de la lumière et en partie évidemment aussi grâce à diverses technologies du futur.. Inutile d'insister sur le fait que c'est un dur à cuire qui a survécu à presque toutes les catastrophes imaginables.. Je vous préviens tout de suite : il a un caractère épouvantable qu'un contact intime avec une intelligence extraterrestre n'a pas amélioré.. Dans ces deux premiers volumes, Walmsley, qui n'est encore qu'une sorte de bébé galactique, entre en contact avec une sonde étrangère puis participe à une exploration interstellaire qui préfigure la colonisation de la galaxie par l'humanité et surtout la  ...   mesure ici les effets pernicieux de la lecture de trop de Science-Fiction, même de bonne qualité, sur des cerveaux biologiques fragiles.. Sautons maintenant un peu plus de trente mille ans, ce qui explique peut-être que l'on change aussi d'éditeurs.. Dans les trois volumes suivants,.. que vous allez lire, la guerre entre humains et machines prend une tournure tragique.. Chassée de sa citadelle détruite par des machines, la tribu des LeFou, en proie à une traque systématique, commence une longue errance d'abord sur sa propre planète puis à travers l'espace dans un vieux vaisseau humain miraculeusement retrouvé.. Sa destination : le centre galactique qui semble offrir un havre sûr.. Lorsque ses survivants finissent par y parvenir, qui trouvent-ils ? Nigel Walmsley qui, avec son sens certain de la réplique, affirme les attendre « depuis vingt-huit mille ans, à peu de choses près.. Selon votre cadre de référence, naturellement.. Dans le sixième et dernier volume,.. Sailing Bright Eternity.. , demeuré longtemps inédit en français.. , le conflit entre Biologiques et Machines atteint son paroxysme avant sa possible résolution.. Je n'en dirai pas plus.. Voilà les choses mises en ordre pour autant qu'on puisse faire.. Comme l'écrit lui-même Gregory Benford dans sa postface aux.. Profondeurs furieuses.. : « Des événements à cheval sur des dizaines de milliers d'années ne sont pas toujours faciles à unifier, surtout lorsque leur auteur est occupé à autre chose.. À quoi serait donc occupé Benford ? Eh bien à la physique théorique qu'enseigne et que pratique ce professeur d'université.. N'en doutez donc pas : tout, absolument tout, dans ce cycle serait strictement conforme au dernier état des connaissances scientifiques.. Pour ma part, j'en suis un peu moins convaincu.. Même si, comme il le dit dans sa postface, Benford s'est efforcé « de maintenir les parties imaginées de ce roman et des précédents de la série dans les limites des contraintes établies par l'observation astronomique », je demeure persuadé que ce roman théoriquement de “hard science”, c'est-à-dire, dans le jargon des.. fans.. , de Science-Fiction résolument scientifique, demeure une œuvre d'imagination et un formidable roman d'aventures.. Denoël, 1984 et 2001.. Denoël, 1985 et 2001.. Voir.. et ses suites dont.. l'Effet Lazare.. (le Livre de poche nº 7102) et.. le Facteur ascension.. (le Livre de poche nº 7154).. Le Monde.. daté du mardi 9 novembre 1999.. Robert Laffont, 1989 ; le Livre de poche nº 7171.. Robert Laffont, 1990 ; le Livre de poche nº 7172.. Robert Laffont, 1996 ; le Livre de poche nº 7237.. Mais désormais à paraître chez Denoël, en 2002.. Ainsi, la saga du.. retourne, au moins provisoirement, chez son premier éditeur, au bout de quinze ans ou de trente-cinq mille ans, selon votre cadre de référence.. jeudi 28 février 2002 —..

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  • Title: Archives stellaires/Klein/Préfaces et postfaces/Jusqu'au cœur du soleil | Quarante-Deux
    Descriptive info: Jusqu'au….. David Brin :.. Jusqu'au cœur du soleil.. Livre de poche nº 7175, mai 1995.. D.. avid Brin, né en 1950, a fait des études d'astronomie et de physique qui ont profondément nourri son œuvre de Science-Fiction.. Peu d'écrivains ont comme lui osé entraîner leurs héros.. sinon.. du moins dans sa chromosphère en décrivant pour y parvenir des moyens plausibles.. Mais Brin est aussi et peut-être surtout un créateur de personnages et un grand créateur d'espèces.. Dans sa série des.. Élévations.. , où le présent roman occupe la première place, il multiplie les figures d'extraterrestres et les déploie dans un contexte particulièrement ingénieux.. Dans cet avenir à demi lointain, l'humanité lance ses premières expéditions interstellaires.. Et elle établit, très vite, par accident semble-t-il, un Contact.. Elle entre dans la grande société galactique.. Cela lui donne quelques avantages apparents.. Par exemple l'accès à la Grande Bibliothèque Galactique et à son trésor de connaissances.. Du moins en partie car les vieilles civilisations galactiques ne vont certes pas livrer d'un coup les secrets de techniques souvent redoutables à une espèce à peine descendue de ses arbres et qui donne de dangereux signes d'instabilité.. Si elle est sage, l'humanité obtiendra progressivement quelques miettes du formidable patrimoine galactique.. Au surplus, l'humanité pose un problème inédit à la civilisation galactique, si l'on peut donner ce nom à la trame très lâche de cultures et d'espèces qui se sont entredécouvertes au fil des millions d'années et qui ont pour principal point commun de respirer de l'oxygène.. C'est que l'humanité semble n'avoir jamais eu de Patron, paraît s'être développée toute seule, ce qui la mettrait à part dans les annales de la galaxie.. Toutes les autres espèces intelligentes ont acquis leur statut après avoir été élevées et parfois modifiées par des espèces plus anciennes, les Patrons.. C'est le processus de l'Élévation.. Et l'on peut remonter ainsi à travers des dizaines de millions d'années jusqu'à la première de toutes, celle des Créateurs  ...   la Terre elle-même, deux camps s'opposent, parfois violemment.. Celui des Dänikiens, disciples d'un obscur écrivain allemand, von Däniken, qui prétendent que l'humanité a été éveillée et initiée par des astronautes de la préhistoire ; et celui des Peaux qui affirment que l'humanité s'est faite toute seule.. Les premiers révèrent les Extraterrestres presque à l'égal de dieux, les seconds rejettent toute mise sous tutelle, même légère, de l'humanité.. Et si la solution se trouvait au cœur du soleil ? Certains prétendent que les initiateurs de l'humanité sont venus de la chromosphère.. Mais la Bibliothèque Galactique n'en a conservé aucune trace, ce qui est difficilement admissible, si cela s'était réellement produit, pour un galactique conséquent qui d'un autre côté aimerait bien voir l'humanité choir de son piédestal.. Il suffit d'aller y voir.. Mais visiter le soleil n'est pas une entreprise de tout repos.. Il y fait aussi chaud qu'en enfer.. David Brin est assurément un optimiste.. Certes, il tempère sa conception plutôt idéaliste d'espèces se faisant accéder les unes les autres à l'intelligence et à la civilisation par la manifestation d'égoïsmes bien tempérés et de quelques petitesses surprenantes de la part d'espèces millionnaires en années.. Il fait même allusion à quelques guerres et autres.. djihads.. bien sentis.. Mais il peint un tableau plutôt rassurant de la grande civilisation galactique, où l'entraide et le respect mutuel l'emportent largement sur la conception darwinienne de l'existence.. Il accorde aussi à l'humanité un statut très privilégié, celui d'une espèce dynamique, curieuse, soucieuse d'aller toujours de l'avant et qui conquerra sans aucun doute les étoiles.. Ce n'est pas de nos jours un point de vue si répandu.. Et si David Brin avait raison….. On aura en tout cas avantage, après cette plongée au cœur du soleil, à se rafraîchir en lisant.. , l'étonnant roman qu'il a écrit bien des années plus tard avec Gregory Benford et qui rapporte l'une des étapes de la mutation de l'espèce humaine vers… autre chose..

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  • Title: Archives stellaires/Klein/Préfaces et postfaces/les Dramaturges de Yan | Quarante-Deux
    Descriptive info: les Dramaturges….. John Brunner :.. les Dramaturges de Yan.. Livre de poche nº 7176, septembre 1995.. J.. ohn Brunner, l'un des principaux écrivains britanniques de Science-Fiction, est justement célèbre pour ses romans de prospective décrivant les tares, les espoirs et les problèmes de l'avenir.. proche :.. (Prix Hugo 1969) pour la surpopulation ;.. pour la pollution ;.. pour l'informatique.. La qualité de son information et de sa réflexion en ont fait des références durables, y compris pour les professionnels de la prévision.. Mais il a été aussi capable d'imaginer des mondes et des civilisations étranges, dispersés dans une société galactique riche et complexe qu'il n'a du reste pas cherché à unifier dans une trame unique.. Ainsi dans.. Éclipse totale.. et dans.. le Creuset du temps.. , ou encore dans.. le Long labeur du temps.. Son approche échappe à la naïveté habituelle de la description des extraterrestres dans les.. space operas.. Il imagine non seulement des espèces, à l'occasion différentes de la forme humanoïde, mais des civilisations inédites, jusque dans leurs expressions artistiques.. Il excelle à leur donner une cohérence fondée sur leur environnement, sur leur évolution biologique et sur leur histoire.. À travers leur diversité, ces espèces et ces civilisations traduisent cependant une tonalité constante qui appartient à leur créateur.. C'est une tonalité tragique.. Leurs destins, le plus souvent, les mènent à leur disparition et c'est le rôle des explorateurs ou des colons terriens que de comprendre ce qui leur est arrivé.. C'est en somme d'énigmes  ...   l'expression particulière de leur mortalité.. Ce pessimisme sévère est à peine corrigé par deux notations discrètes mais persistantes : la science et parfois l'art sont des conditions de la survie dans un univers indifférent et violent ; la diversité qui permet le dialogue, la compétition et l'union en vue de la création, est le meilleur garant.. Que ce soit dans.. ou dans le roman qui suit, l'unicité trop poussée conduit à l'impasse.. Ainsi, Brunner réaffirme fortement la leçon prospective de presque toute la Science-Fiction : l'avenir sera rationnel et pluriel, ou ne sera pas.. De la sorte les vignettes galactiques de John Brunner, un peu trop vite cataloguées dans la catégorie des bons romans secondaires prolongent, sinon redoublent, les leçons de ténèbres magistrales administrées dans la tétralogie prospective de.. Même si elle parvient à survivre à ses défauts et à gagner les étoiles, l'humanité ne perd rien pour attendre.. Elle découvrira à son tour que, comme disait Jacques Sternberg, cet autre pessimiste,.. la sortie est au fond de l'espace.. Les Autres lui montrent le chemin.. On rencontrera pourtant dans la conclusion des.. Dramaturges.. comme un soupçon de transcendance, comme une ombre d'optimisme.. Les espèces passées et à venir, ayant peuplé ou devant peupler l'infinité des galaxies, sont en quelque sorte convoquées à leur propre tribunal collectif, à travers la trame des cultures, dans une fugitive envolée stapledonienne.. Et que ce soit un poète qui porte cet espoir ne peut nous laisser indifférent.. vendredi 27 novembre 1998 —..

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  • Title: Archives stellaires/Klein/Préfaces et postfaces/les Productions du temps | Quarante-Deux
    Descriptive info: les Productions….. les Productions du temps.. Livre de poche nº 7194, avril 1997.. n général, dans la Science-Fiction, l'avenir est globalement porteur de bonnes nouvelles.. Ses messagers incarnent un idéal et les objets qui en proviennent incluent un progrès.. Chacun sait que.. le nouveau modèle est supérieur à celui qu'il remplace, et qu'il sera dépassé par le prochain.. Dans le futur, les maladies seront guéries et les anomalies psychiques et morales redressées.. Les injustices seront réparées et les matins chanteront un éternel azur.. Bref, demain est préférable à aujourd'hui comme le présent à hier.. C'est même un ressort important du genre que de constituer un salon permanent des innovations délectables.. Certes, il existe des œuvres, les anti-utopies et les dystopies, qui forment un corpus bien particulier et qui décrivent un avenir pire que notre présent désaccordé.. Ce qu'elles décrivent et ce qu'elles contestent, c'est une organisation globale, systématique et déshumanisante, de la société.. Ce n'est pas tel gadget particulier ni tel individu singulier.. Mais d'autres œuvres plus rares, nullement dystopiques, proposent de l'avenir une image également inquiétante.. Cette image est souvent apportée par des voyageurs du temps venus de l'avenir s'amuser un peu à nos dépens dans notre époque naïve et sans défense.. Dans une nouvelle fameuse, Saison de grand cru.. , Henry Kuttner et Catherine L.. Moore présentent de tels touristes qui, non contents de venir assister aux premières loges à une catastrophe, en provoquent une pire encore par inadvertance.. Le héros du roman de Robert Silverberg,.. les Masques du temps.. , est encore plus pervers en ce qu'il se fait passer pour un demi-dieu et fonde une sorte de religion à coup de pouvoirs faramineux, alors qu'il n'est dans son monde qu'un pauvre psychotique.. La morale est claire : malgré tous les progrès de sa technologie, l'espèce humaine ne changera pas et c'est au service de ses mesquineries et de ses vices qu'elle mettra ses nouveaux jouets.. Quelque confiance qu'on conserve dans le grandiose avenir, l'histoire de notre siècle ne permet pas de repousser du revers de la main les avertissements de Kuttner, Moore, Silverberg et quelques autres.. Dans un roman très curieux,.. le Jeu de la possession.. , John Brunner effleure le même thème de l'étranger pervers, sans qu'on puisse dire s'il s'agit d'un démon, d'un extraterrestre, d'un visiteur de l'avenir ou d'une puissance sertie dans une autre dimension.. Absent de tout le livre, cet étranger assure à ses favoris et favorites d'étonnants pouvoirs, de la séduction à la fortune, en échange sans doute d'une participation muette à leurs forfaits.. Si cette influence vient de l'avenir, alors l'homme de l'avenir, ou ce qui l'a remplacé, n'est pas bon.. De façon beaucoup plus explicite, Brunner dont on ne rappellera jamais assez l'importance dans la Science-Fiction britannique, revient sur le thème de l'avenir pervers dans.. À l'ouest du temps.. Une frêle jeune femme tombée nue d'un avenir qu'elle décrit, dès qu'elle a appris nos langues, comme de lait et de miel, se révèle bientôt être, outre une praticienne aguerrie des sports de combat, une houri sexuellement experte.. Elle s'est échappée en réalité d'un avenir esclavagiste où elle n'était guère plus qu'un jouet.. Notre avenir n'est donc pas un  ...   et que la lutte des classes fera dialectiquement émerger une humanité affranchie de la guerre, de la domination du capital et de l'aliénation du travail imposé.. Certes, ils ne sont pas naïfs au point de croire que cela s'opérera tout seul, comme par miracle.. Mais ils pensent volontiers qu'après des hauts et des bas, des essais et des erreurs, le genre humain se construira un paradis d'ici-bas.. C'est une vision réconfortante et pas si naïve qu'elle y paraît si l'on considère sans préjugé le chemin parcouru par le droit en quelques millénaires et par la démocratie en quelques siècles.. On aurait pu penser que John Brunner devait l'adopter et d'une manière ou d'une autre en faire résonner l'écho dans ses œuvres.. Quoiqu'homme de gauche, il n'en a rien fait.. Ses prévisions à moyen terme, dans sa fameuse tétralogie prospective composée de.. , sont fort peu rassurantes, ce qui peut se comprendre, vu l'état du monde.. Mais ses coups de sonde dans l'avenir lointain sont plus effrayants encore et font ressortir notre époque comme un havre relatif de paix et de liberté.. On peut penser, comme j'ai tendance à faire, qu'en partie ce pessimisme reflétait le désarroi de la classe moyenne britannique dans laquelle il avait réussi à se rétablir, désormais dépassée par la mondialisation, la montée des monopoles et les dévergondages de la technologie, et menacée de prolétarisation.. Mais cela, qui réduirait l'œuvre de John Brunner à des effrois de petit-bourgeois, ne suffit pas.. Il y a dans ce pessimisme quelque chose de plus profond, de réfléchi, presque de philosophique.. Il est impossible de dire la pensée profonde d'un homme à sa place, même en se livrant à l'exégèse la plus fine de son œuvre.. Et je peux me tromper entièrement sur la pensée profonde de John Brunner.. Mais je crois qu'il était en son for intérieur un homme de gauche, comme j'ai dit, et qu'il souhaitait profondément le triomphe de valeurs humaines, de liberté, de solidarité, de raison et de bonté.. Mais qu'il pensait aussi, ayant retenu la leçon de Marx, qu'elles ne pouvaient advenir que dans le champ général d'un combat entre des forces adverses.. Et dans ce combat, il pensait que les forces adverses étaient au mieux équilibrées.. Ou peut-être même déséquilibrées dans le mauvais sens, celui de l'égoïsme individualiste, celui de la concentration sans frein des pouvoirs économiques et politiques, celui de la manipulation cynique des collectivités.. Pour un esprit lucide, la lutte des classes n'est pas un scénario hollywoodien où le bon, en tout cas celui vers lequel tout porte la sympathie du public, triomphe forcément à la dernière image.. Brunner pensait que le camp de la raison, de l'humanisme, de la liberté et de l'altruisme, pouvait perdre, définitivement, sans appel.. Il n'est pas facile d'être un anglais de gauche, car tout anglais de gauche est un matérialiste, héritier de Darwin au moins autant que d'Owen et de Marx.. Et le tableau de la nature brossé par Darwin et Wallace à travers leur théorie de l'évolution ne laisse pas de très grandes chances aux porteurs de bons sentiments.. In.. Histoires de voyages dans le temps.. , Le Livre de Poche.. Le Livre de Poche..

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