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  • Title: ´Magazine littéraire´, nº 139, juillet-août 1978 | Bibliographie | Quarante-Deux/exliibris
    Descriptive info: Aller au contenu.. |.. Aller à la navigation générale.. Aller au menu.. Aller à la recherche.. Quarante-Deux : e.. xlii.. bris.. catalogue d'une bibliothèque de Science-Fiction.. fr/1bv.. France → Paris.. Magazine littéraire.. , nº 139, juillet-août 1978.. Index onomastique :.. #.. A.. B.. C.. D.. E.. F.. G.. H.. I.. J.. K.. L.. M.. N.. O.. P.. Q.. R.. S.. T.. U.. V.. W.. X.. Y.. Z.. sous la responsabilité de :.. Jean-Jacques Brochier.. dans l'édition  ...   › Paris :.. ›.. [sans collection].. type, date et codification :.. fascicule,.. juillet 1978.. , ISBN non codifié.. description matérielle :.. 72 pages, agrafé, 21×27 cm.. note :.. Dossier.. la Fin des utopies.. /.. la Fin de l'utopie.. notice :.. frxliiqNSTyxuPh4ehXp6TRFu1wpKehK5.. catalogage non traité.. dans exliibris.. tout Quarante-Deux.. Navigation.. guide.. contenu.. @exliibris sur Twitter.. Fil des catalogages.. © Quarante-Deux 1994–2054.. — ISBN 978-2-9510042-9-0 —.. Dernière modification :.. 31 mai 2013.. (création : 18 février 2006).. org/exliibris/editions/Paris/Magazine_litteraire/Magazine_litteraire/Magazine_litteraire_139.. frxliiAwGeptL1TMEBFSqZfp4BXWGY80v..

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  • Title: "Appellation d'origine incontrôlée" par Philippe Curval | Bibliographie | Quarante-Deux/exliibris
    Descriptive info: fr/1bs.. → Appellation d'origine incontrôlée.. Appellation d'origine incontrôlée.. type, date et langue :.. rédactionnel, souvenirs, 2013 [2012], français.. en ligne :.. lire ce texte.. concerne :.. Daté par l'auteur en fin de texte : septembre 2012.. par ailleurs :.. books.. google.. fr.. frxliiwIaot0dPePI5znwDjAqxpjhvcW2.. Publications cataloguées.. : Appellation d'origine incontrôlée.. (publié sur l'internet :.. Quarante-Deux › les Archives stellaires › Philippe Curval › Articles divers.. , 2 janvier 2013).. 11 août 2013.. (création : 3 janvier 2013).. org/exliibris/oeuvres/c/Philippe_Curval/Appellation_d'origine_incontrolee..

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  • Title: Récits de l'espace/Curval/C'est du billard ! | Quarante-Deux
    Descriptive info: Sauter la navigation.. accueil.. exliibris.. pgeff.. archives.. kws.. prix.. galerie.. carnets.. photos.. Vous êtes ici :.. →.. Récits de l'espace.. C'est du billard !.. Sections.. Curval.. Egan.. Jeury.. Pierru.. présentation.. Philippe Curval : livre d'or, version 2.. 0.. Mourir confortablement coûte très cher.. Samuel.. Butler.. orge s'attardait autour de son verre, les bras avachis sur le comptoir, les lèvres figées en une moue de mépris.. L'œil atone, il considérait le plafond.. Des spirales lumineuses s'enfonçaient dans une matière grisâtre, créant un entonnoir inversé où des constellations bleues offraient une vertigineuse sensation d'infini.. À la limite du visible, il essayait d'imaginer le gigantesque empilement des étages supérieurs.. La civilisation urbaine avait contaminé la planète.. Désormais chacun vivait entre quatre murs.. L'humanité s'était enfermée dans un ensemble de boîtes.. Yorge baissa la tête et jeta un regard désabusé sur le.. Las Vegas.. Rythmes mouvants, reflets des boules de métal qui traçaient leurs orbites imprévues dans l'appareil électrique.. Un pauvre hère de second flipper s'acharnait à en tirer des accords qui eussent permis, si la partie avait été menée par une main plus habile, d'aboutir à un quatre millions honorable.. Quelques parias, à peine dignes d'enclencher la cinquième bille, l'entouraient.. « Misérable vision.. Je n'aurais même pas le courage de leur donner une leçon », pensa Yorge.. Il lampa, d'un trait, son verre d'almirante.. Les spirales tourbillonnèrent et s'enfoncèrent en vrille dans le plafond gris.. Yorge se sentit aspiré par ce maelström, son corps s'éleva, puis pénétra dans la voûte du bar.. Des marches se déroulèrent devant lui.. Il tituba, s'accrocha à une rampe fantôme.. Mais comment retrouver son équilibre sur un escalier qui se dérobe ?.. Il avait bu la goutte qui faisait déborder le vase, dépassé la limite d'absorption alcoolique au-delà de laquelle un consommateur était automatiquement éjecté des établissements de boissons.. La salle où il émergea comportait les cinq machines réglementaires de police.. La.. Hawaïan Girl.. s'éclaira.. Par chance, ce n'était qu'une machine de premier flipper.. Malgré son état d'ébriété, ce ne serait pas trop difficile de gagner cinq parties pour s'acquitter de sa dette à l'égard de la société.. « Deux heures suffiront », estima-t-il.. Yorge fit jouer ses doigts ankylosés, tâta la résistance des différents boutons de commande, fixa les prises d'énergie sur ses tempes et sur ses poignets avant d'enclencher la première bille.. Les lueurs du spink clignotèrent, — quatre rebonds sur le trois cents puis, grâce au jet d'un pop, la bille métallique cogna le quatre, s'engagea dans le couloir éteint des extra-spécial et poursuivit sa route sur la pente du flipper droit.. Alors, il la soutint d'un stop-flipp extrêmement classique, puis la laissa glisser jusqu'au point voulu et, d'un drive-out parfait, la renvoya jusqu'aux spinks supérieurs.. Par d'habiles manœuvres, il la retint entre leurs ressorts souples pour faire mousser le score en mitraille.. La partie était bien entamée.. Yorge se laissa un instant griser par les lueurs, les tillstillstills, les sprinloffs du billard électrique et, sûr de ses mouvements, truqua les rebonds, infléchit la courbe de la bille d'acier par de brusques poussées sur le cadre de la machine, assez subtiles pour ne pas risquer de sanction.. Il réussit à l'engager dans l'un des tunnels lumineux qui traversaient l'appareil en diagonale.. Au fronton, la belle hawaïenne cligna de l'œil.. Un triple bonus le récompensa.. Cette séance de travaux forcés n'exigea pas une énorme dépense d'énergie.. Sa peine purgée, Yorge se retrouva dans le café, impatient d'en sortir.. Il s'avança vers la porte qui s'effaça devant lui.. Besoin urgent de se refaire une santé, de nettoyer son corps des miasmes de l'alcool qu'il avait ingurgité depuis le matin.. Car il risquait ensuite de traîner toute la nuit de bar en bar, pour calmer son anxiété en attendant l'heure de son prochain examen.. Édifice de plaxiton massif, le centre de désintoxication se dressait sur l'aire dégravitée numéro trois.. Yorge s'enfila dans le tube transaérien qui l'amena au seuil d'une sphère verte.. « Une totale, s'il vous plaît, et que Gottlieb vous garde !.. — Deux désintoxications dans la même journée, c'est trop, Yorge, votre grade ne vous y autorise pas, répondit la gardienne.. — Vous avez tort, Luella, j'ai passé le.. Flying Saucers.. tout récemment et je compte bien m'attaquer à la.. Moon Ship.. dés demain.. J'ai acquis des points dans la hiérarchie grâce à une forme exceptionnelle.. Vous ne serez donc pas étonnée d'apprendre un jour que je concours pour le Gottlieb suprême.. Si je réussis, j'aurai droit à mille désintoxications par semaine ! ».. Un éclair d'envie passa dans les yeux de Luella.. « Si vous vouliez de moi ! minauda-t-elle.. ».. Elle se débarrassa de sa gaine plastique, révélant une anatomie de star.. Ses seins s'arrondirent, puis se multiplièrent, ses hanches s'affinèrent, puis gonflèrent.. Son corps cherchait à séduire.. Alors ses jambes s'allongèrent et s'épaissirent.. Elle devint géante, puis difforme.. Son visage s'harmonisa avec ses cheveux qui passèrent par toutes les teintes de l'arc-en-ciel, ses yeux s'élargirent et devinrent profonds comme un lac noir, ses bras se prolongèrent, se transformèrent en tentacules, en lianes souples et chaudes.. Yorge éclata de rire :.. « Vous n'êtes qu'un robot, Luella ! Et je n'ai rien d'un extraterrestre.. Vos senseurs métaboliques se sont trompés sur ma race.. Comptez-moi parmi les humains.. Les charmes étranges de la gardienne s'évanouirent.. La créature artificielle accompagna le départ de Yorge de son rire chantant :.. « Vous avez raison, je ne suis qu'un robot, et les robots n'ont pas de queues, disait le poète.. La porte disparut dans le sol.. Il pénétra dans la chambre de désintoxication.. Un autre homme venait de s'y allonger.. « Paul, mon ami, tu es là ! » s'écria Yorge en se précipitant vers l'inconnu.. « Que Gottlieb te garde ! Mais fais-moi plaisir, branche-toi, je suis très las, je viens d'échouer au.. Three Aces.. Yorge s'allongea sur la couche moelleuse, appuya ses bras sur les suceurs, ferma la coupole hibernatrice.. Lentement le froid s'insinua en lui jusqu'à ce qu'il perdît conscience ; puis les pompes s'activèrent et son sang, drainé à travers les filtres, s'écoula de ses veines pour un traitement de purification.. Des jets pulsés lavèrent son corps, massé ensuite par des palpeurs enduits de crèmes hydratantes ; des ventilateurs séchèrent sa peau.. La chaleur revint progressivement en lui.. Ses membres lui semblaient légers, son cerveau vide de toute pensée.. Il ouvrit les yeux et regarda Paul :.. « Par Gottlieb, j'ai cru entendre que tu avais raté le.. , comment est-ce possible de ta part ?.. — Le troisième plot ne répondait pas.. Je l'ai dit au technicien qui n'a rien voulu savoir.. Tu sais comme ils sont maintenant : chacun reporte ses responsabilités sur celui qui l'a précédé !.. — Et celui qui l'a précédé s'est perdu dans la nature ! Oui, je sais, Paul.. Depuis que la caste des techniciens a été supprimée, la négligence règne.. Il suffit d'un concours et de quelques années d'études pour qu'un simple paria obtienne un poste auprès des machines clés, soupira Yorge.. — Ce défaut mineur a déréglé tout mon jeu.. J'ai perdu le moral et la chance ne m'a pas servi.. Impossible d'atteindre le quotient du premier échelon durant les éliminatoires.. Une aventure idiote qui me servira de leçon.. Je vais réviser mes connaissances à propos de ce sacré plot temporel pour intervenir dessus si le fait se reproduit.. Désormais, nous avons gagné le droit de vérifier notre matériel.. Yorge, ne t'illusionne pas ! Après les trois semaines de repos que l'on m'a ordonnées en raison de la dépense d'énergie, j'aurai le.. — Trois semaines durant lesquelles le Gottlieb pourra être conquis.. — Pas si sûr.. Je connais peu d'autres concurrents, à part toi ou moi, qui ont montré des aptitudes suffisantes.. — Vaincre au score pour devenir Dieu ! C'est un sort enviable.. Depuis la mort de Gottlieb III, il provoque un rush fantastique.. Des milliers d'amateurs se déclarent.. Il y a pléthore.. Nous sommes bien placés, je te l'accorde, mais hélas pas invincibles !.. — Et toi, tu n'as même pas encore attaqué la.. ! sourit Paul.. Je veux devenir le Gottlieb, de tout mon être.. Ce rôle sera plus glorieux que jamais, nous vivrons mieux que les empereurs précédents.. La mère énergétique va atteindre un potentiel énorme avec la débauche d'heures supplémentaires que les novices vont effectuer.. Si je gagne, je serai sans doute amené à baisser le rythme quotidien du travail obligatoire.. Le peuple deviendra plus heureux.. Le futur Gottlieb jouira d'une adoration telle qu'aucun de ses prédécesseurs n'en aura connu.. Il disposera de pouvoirs inouïs ».. Yorge soupira.. « Mais t'es-tu déjà trouvé en face d'un simulateur de la machine suprême ? As-tu essayé ses mille flippers ? As-tu tiré la bille dans la cinquième ou la dixième dimension, collé ton œil sur le viseur intertemporel pour analyser les possibilités futures de ton lancer, les perspectives qu'un seul stop-flipp peut déchaîner ? Connais-tu les dangers d'une gamme de couleurs hostiles, les pièges posés par les pentes inversées, les billes qui se divisent ? As-tu pensé que les premiers résultats de ton lancer ne parviennent qu'après trois heures et que tu devras jouer vingt parties différentes dans vingt mondes parallèles ! Imagines-tu le travail que t'imposeront les calculateurs électroniques, toutes les hypothèses que tu devras confronter avant d'oser le moindre drive out, le plus petit “gluant” ? Peux-tu entrevoir les difficultés qui se poseront lorsque ta boule rencontrera un pop négatif, un spink rétroactif ?.. — Je viens de faire mon premier essai sur le.. — Tu n'es même pas parvenu à triompher au concours d'accès lors de la période requise, et cette machine ne possède que des extensions dans les quatrième et sixième dimensions, les plus aisées en regard des possibilités du Gottlieb suprême.. Le.. ne fonctionne que dans une seule direction du temps.. Seuls, quelques plots sont susceptibles de décaler ta bille d'un dixième de seconde.. Ton fiasco prouve que tu n'as pas su en maîtriser les conséquences.. — J'ai quand même tâté du flipper à choc nucléaire et des couloirs à effet Shaft.. J'ai joué une demi-heure dans le vide absolu sans  ...   vers la section des gynobrunes.. La pente se précisa, des marches soulevèrent ses pieds et, de degré en degré, l'amenèrent à l'étage souhaité.. Yorge se réjouit à l'idée de terminer si heureusement sa journée.. Il pénétra dans le premier isoloir qu'il découvrit.. Une créature sommeillait derrière son présentoir de cristal.. Il ne pouvait voir ses yeux, mais les croyait sombres en raison de ses cheveux d'un noir profond, de son visage blanc et pâle qui laissait presque deviner le fin réseau des veines.. Son corps lui semblait agréable.. Il se planta devant la machine, glissa un premier contart, abaissa le levier.. Les trois visages de la chance tournèrent en cliquetant : deux cloches, un dollar.. Rien.. Il recommença : trois cerises.. Derrière la paroi transparente, une main mécanique artificielle effectua un simple signe d'encouragement.. Yorge espéra… le bras flexible avança.. Ses doigts de métal accrochèrent le haut de la tunique de la femme et défirent l'agrafe de diamant qui la retenait ; un pan chut et dévoila le sein gauche de la gynobrune.. Il n'avait pas dépensé sa monnaie en vain.. Dans quelques minutes, il pouvait gagner.. Yorge se réjouit.. Jeton après jeton, il déshabilla la créature endormie en sortant, successivement, les trois cloches, les trois prunes, encore les trois cerises et la bande argent.. Cette fois la femme lui apparut entièrement nue.. Corps blanc de lait que n'avaient jamais approché les rayons du soleil, veines bleues d'aristocrate, seins hauts et fermes, aréoles dressées, jambes fines, formes exquises, cache sexe dessiné par un maître orfèvre.. Allait-il remporter son lot ? Les enchères devenaient plus fortes.. Il glissa quatre contarts d'un coup.. Trois billets à l'effigie de Lincoln s'enclenchèrent un à un dans la fenêtre.. La main mécanique jaillit de nouveau, pourvue d'une aiguille hypodermique qu'elle planta dans la chair d'albâtre ; le doigt de métal appuya sur le piston de la seringue et le sérum se répandit dans la veine, activa les muscles, fit frémir la chair ; la femme se réveilla, s'étira et se tourna vers Yorge qui l'observait.. Elle le dévisagea de ses yeux noirs, entrouvrit ses lèvres vermillon, cligna des cils et murmura :.. — Encore un jeton, Yorge, il n'y a plus que le cristal à soulever et je suis à toi, pour un jour ou mille nuits.. Il frémit au son de cette voix rauque et s'acharna à vaincre le hasard.. Mais les trois dollars d'or, clé de son désir, refusèrent de sortir.. Yorge glissa ses deux derniers contarts dans la fente.. Les rouages de la machine tournèrent ; chaque symbole se plaça, avec un clappement sonore.. « Zéro pour moi ! ».. L'échec frustrant.. S'il voulait satisfaire son envie du moment, il ne lui restait plus qu'une solution : utiliser son prestige et son grade pour s'attacher les faveurs d'une femme libre.. Mais il n'avait jamais osé les aborder.. Même dans les cercles d'intimes, au milieu des conversations les plus osées, même avec ses amies d'enfance, il s'épargnait d'entamer le sujet par peur d'un refus humiliant.. Ses conquêtes, Yorge se les réservait pour plus tard.. Quand il serait Gottlieb IV.. Alors, qui saurait résister au maître, un simple signe suffirait… il rêvait….. Le lendemain, Yorge gagna l'épreuve de la.. Paul se précipita en premier, le félicita ; déjà les reporters de télévision l'attendaient, s'apprêtant à glorifier sa jeune célébrité ; déjà ils le flattaient avec excès, s'extasiaient sur la façon dont il avait surmonté l'obstacle, sur l'élégance de son drive-out, sur son aisance à déjouer les flippers à dépression ; déjà, ils riaient de ses saillies achetées d'avance à crédit chez un bon auteur.. Ils le plaçaient au rang des favoris pour le Gottlieb suprême.. Toute la journée il se noya dans l'almirante et dut subir trois désintoxications : mais cette fois personne ne lui en contesta le droit ; ses actions avaient grimpé.. Yorge se présenta sur le.. le jour où Paul tentait son deuxième essai.. Cette fois, il peina pour déjouer les pièges qui s'étalaient sur les bandes des quatrième et sixième dimensions.. Il se plaignit au technicien du mauvais fonctionnement de l'arrow et du flipper central ; mais l'homme lui opposa une inertie hostile.. Après trois heures de lutte, il parvint péniblement à franchir le cap des quatre millions au troisième étage, doubla cependant les extra-special du palier supérieur, manqua l'AFCDJ du quatrième, organisa un flush-out correct, subtilisa une demi-heure au plot chronologique par un flipp-time de grande cuvée.. Ce fut tout pour la quatrième dimension.. Dans la sixième, il se débrouilla mieux, juxtaposa trois angles dans la sphère, quadratura le cercle par quatre jack-flight élégants et, finalement, obtint de justesse la moyenne générale qui lui permit d'accéder à l'épreuve principale dont il triompha les jours suivants.. Cette fois une gloire unique lui était réservée : Paul avait été recalé.. Sur l'esplanade du somptueux palais occupé par le.. , une cohorte de parias et de premiers flippers scandaient son nom, quelques-uns osèrent baiser les pans de son elta en fibre d'or.. Yorge se promena longtemps sous le ciel mauve pour apaiser son ivresse.. De temps à autre, l'éclair aveuglant d'un vaisseau qui se posait sur l'astroport voisin déchirait les perspectives de la ville phénoménale.. Les arbres de nuit venaient d'éclore ; des protubérances mordorées jaillissaient de leurs troncs noirs et découpaient autant de silhouettes étranges sur le fond des bâtiments blancs du quartier des Home runs.. Des lecteurs de sort se disputèrent le droit d'interpréter ces signes.. Tout auréolé de sa victoire, Yorge les congédia brutalement.. Ceux qui résistaient furent chassés par la milice.. Désormais, chacun de ses pas serait protégé.. La réception grandiose que ses amis lui offrirent le fatigua ; la vue des femmes libres l'ulcéra : Yorge se sentait dévoré par des appétits de puissance de plus en plus âpres et n'osait les satisfaire.. Il devinait la victoire proche, celle qui ferait de lui le quatrième Gottlieb et, fasciné par sa grandeur future, ne souhaitait pas la salir par des écarts vulgaires.. Seul de son titre, il éprouvait un sentiment de supériorité à l'égard de ces hommes de grades élevés.. Pourtant, les marques de respect, les flatteries, les sollicitations dont on l'accablait, les avantages, les espoirs qu'on cherchait à lui arracher, les compromissions futures auxquelles on le préparait, les cadeaux que certains lui offraient, tout cet étalage de veulerie commençait à l'écœurer.. Tant de pourriture ! Son passage accéléré des rangs de premier flipper à la situation de vice-empereur ne l'y avait pas accoutumé.. — Yorge, mon amour ! Par Gottlieb ! Promettez-moi une place dans votre harem.. Même une femme libre comme moi, une.. Pionniers.. de la première génération, ne se croirait pas indigne d'en faire partie, lui murmura une voix suave.. Il se retourna.. Une créature de rêve lui souriait, presque nue : ses vêtements cachaient seulement son cou, ses reins et ses jambes ; un masque d'or cernait ses yeux verts et ses lèvres gonflées à la chirurgie esthétique s'ornaient de diamants en poussière.. Yorge s'enfuit dans la nuit.. Enfin le grand jour : pour la première fois depuis la mort de Gottlieb III, la machine reine allait être assaillie par un humain.. L'empereur précédent avait profité de son règne pour interdire l'admission aux trois grades qui jouxtaient le sien.. C'était l'unique cause de ce retard dans l'accès au jeu suprême.. Il avait également supprimé la caste des techniciens, jusqu'alors intouchable, pour les remplacer d'abord par des ingénieurs de haut niveau.. Ces derniers, fiers de leur nouveau pouvoir, avaient compliqué à l'extrême les règles et la technologie du billard, sans se soucier des traditions ni du travail de leurs prédécesseurs.. Devant leur influence grandissante, Gottlieb III s'était vu contraint à les chasser pour placer des hommes de son choix à ces postes clés, qui avaient renforcé les sécurités de l'appareil.. Les journalistes spécialisés, les pamphlétaires, les scientifiques qui avaient crié à l'incohérence et au danger s'étaient vus muselés par des peines d'énergie sévères.. Gottlieb III avait une excuse : lors de son accession au trône, deux concurrents avaient franchi ensemble l'épreuve suprême et la planète avait été la proie d'une guerre sanglante.. Cette fois, il y avait peu de chances pour qu'un humain parvînt à vaincre cette entité monstrueuse dont personne ne connaissait plus les plans.. Yorge savait que les lancers de la machine suprême s'aventuraient dans le passé et l'avenir ; certains jets dépassaient en simulation les frontières de la Galaxie avant de revenir.. Il lui faudrait jouer dans l'espace et l'espace négatif.. Un grand nombre de plots renvoyaient les billes à travers douze dimensions.. Pour améliorer ses performances, il disposait d'une armada de calculateurs électroniques et d'un nombre illimité de clones opérationnels.. Ceux-ci pouvaient évaluer ses tirs en jouant des parties test dans une vingtaine d'univers parallèles pour lui permettre de rectifier ses erreurs.. Les précédents empereurs avaient souvent combattu plus d'une semaine en temps relatif avant de vaincre la machine suprême.. Aujourd'hui, nul ne pouvait pronostiquer la durée de la compétition.. Mais Yorge avait confiance, la victoire n'était pas le fait d'un technicien.. Il fallait seulement du doigté, une grande connaissance de la réaction des appareils, un tact, une sensibilité anormale pour manier subtilement les flippers, une attention simultanée à l'égard de tous les voyants, des réflexes sonores bien éduqués et de la chance, surtout de la chance.. Invaincu jusqu'ici, Yorge se croyait maître du hasard.. Sans reprendre son souffle, négligeant la vision admirable du Gottlieb, ses miroirs, ses écrans, ses couleurs, ses facettes, ses manettes, ses flippers, ses cadrans, ses lumières, enfin ce spectacle suprême, il enclencha la première bille.. Il tira.. Maladroitement, peut-être.. En voulant rectifier la courbe de la bille, il pressa trop brusquement le flanc du billard cosmique.. Et la planète se désintégra.. Yorge avait fait Tilt.. Première publication.. C'est du billard !.. ›››.. Fiction.. , numéro spécial hors série, mai 1959.. Cette nouvelle a été entièrement remaniée et révisée en 1996 et comporte une gravure numérique de l'auteur.. © Quarante-Deux.. — Reproduction interdite sans autorisation.. Voir les.. conditions d'utilisation.. Création :.. samedi 15 mai 1999 —.. Modification :.. vendredi 10 mars 2000.. Adresse du site :.. haut de page.. écrire à Quarante-Deux..

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  • Title: ´Manuel du savoir-mourir´ par André Ruellan | Quarante-Deux/Chroniques de Philippe Curval
    Descriptive info: curval.. Quarante-Deux : les Archives stellaires.. Philippe Curval : chroniques, entretiens et articles sur la.. fr/jk.. :.. ››.. Chroniques.. Manuel du savoir-mourir.. Chroniques de.. Index par auteurs.. A – B.. C – E.. F – K.. L – Q.. R – S.. T – Z.. Divers.. André Ruellan :.. une introduction, neuf leçons, résumés et proverbes à méditer, une lecture à suivre, une conclusion et une épitaphe proposée par Jacques Sternberg, 1963.. chronique par.. , 1963.. amazon.. old.. Que voilà un bon ouvrage et qu'il est réconfortant de savoir que nous aurons de quoi lire, au petit matin dans notre tiroir frigorifique, à la morgue.. André Ruellan nous propose, sous forme de leçons, de proverbes à méditer et de lectures, une morale de la mort que nous n'avions encore jamais découverte parmi les monceaux de littérature consacrés à ce sujet.. À vrai dire, le néant est tabou et, si toutes les religions traitent prolifiquement de l'au-delà avec toutes les condoléances d'usage, les promesses de rédemption et tous les bons points illusoires que l'on veut bien nous accorder en attendant Godot, personne ne tente d'éclairer la nuit de notre prochain anéantissement.. Ruellan est ce téméraire humoriste, créateur du récit de voyage d'où l'on ne revient plus.. Pour lui, les morts sont coriaces et leur solitude fait apparaître le nombre des vivants comme dérisoire ; poussant plus loin la logique, il nous fait remarquer que l'éternité est plutôt l'apanage des défunts, en bref que notre vie n'est qu'une courte préparation à notre futur antérieur.. Les cadavres sont de l'autre côté du miroir, ils nous regardent, ils nous fréquentent, et, qu'ils soient zombies, vampires ou squelettes, c'est avec une indifférence sourcilleuse qu'ils supportent notre vain remue-ménage : leur néant est propre, urbain, silencieux, et notre respectueux devoir sera de ne pas le compromettre par des indélicatesses.. Pour cela, il faut apprendre à mourir et nous n'aurons pas trop de notre fugitif séjour terrestre pour nous y préparer : il est urgent que le nouveau-né fasse, dès son premier braillement, le choix d'un décès s'il ne veut pas être surpris par un trépas vulgaire, d'autant plus que « rien n'est plus inconvenant que de se décomposer en public ».. C'est là, le sujet de l'Introduction et des deux premières leçons.. Maintenant, entrons dans le mort du sujet : « une personne reste correcte quand elle n'est plus personne ».. C'est par ce proverbe que l'auteur nous initie à son savoir-mourir.. En effet, que ce soit pour le choix des funérailles par lesquelles le décédé s'engagera dans son nouvel état ou pour celui d'un au-delà, il faudra consulter les maquettes grossières et illusoires que l'on nous propose et tempérer par notre bon goût, les fautes que nous aurions commises si nous avions été encore vivants.. C'est en interprétant les divers folklores que nous pourrons nous faire une idée approximative du snobisme funéraire, c'est en  ...   que Daninos est devenu un humoriste d'avant-garde, il est rassurant de constater qu'un homme comme André Ruellan, qui a su nous divertir sous le couvert d'une trentaine de volumes que les lecteurs de.. connaissent bien — il est interdit de révéler le pseudonyme —, sait maintenant, en châtiant son style “gothique flamboyant”, nous entretenir de la mort sous le biais d'un “humour romantique”.. Sa langue a adopté le ton des manuels de bonne compagnie, tout en conservant cette désinvolture explosive des écrivains qui, avec toute la pudeur de l'humour, ont quelque chose à dire.. Car sous cette nonchalance grinçante se cachent les tourments de l'auteur.. Durant l'introduction et les premières leçons, le lecteur se sent rassuré.. Ruellan possède bien son sujet, il le domine pour quelques années encore.. Il sait que les morts sont légion mais que nous n'en avons rien à craindre, protégés que nous sommes par les lourdes dalles des caveaux, les garanties de la science officielle et les usages de la bonne société.. Mais c'est seulement pour dissimuler le suspense à venir qu'il se pare de cette fausse assurance, ou peut-être n'en a-t-il pas conscience lui-même.. C'est en écrivant son manuel que Ruellan se mine avec ses propres mots, et l'auteur imperturbable d'un ouvrage à mettre entre toutes les mains des intellectuels se transforme bientôt en un vivant peureux qui craint de s'empêtrer dans ses propres pièges.. La mort est une fin.. Il la décrit avec complaisance, suffisance même, et, à mesure que les pages s'accumulent, l'auteur, pris de vertige, sent qu'il va glisser prochainement dans cet univers qu'il vient de bâtir avec la truelle du rire.. Les dessins paniques de Topor, qui illustre ce manuel d'une plume sombre et précise jusqu'au malaise, ne sont pas là pour enjoliver notre angoisse.. C'est l'écho tragique des chœurs antiques.. Topor dissimule, sous le style lénifiant des gravures du.. xix.. e.. siècle, le trait explosif de Goya.. C'est en limitant volontairement tout lyrisme, en se contraignant à ne révéler que le strict nécessaire, qu'il nous livre ses planches anatomiques de la terreur.. Comme on le voit,.. le Manuel du savoir-mourir.. est un ouvrage de bonne compagnie, c'est une préparation polie à la mort sans grimace métaphysique.. C'est un livre qui ne devrait pas passer inaperçu, tant en raison de la qualité du texte et des illustrations que de l'originalité du sujet qu'il traite.. On le voudrait précédé d'une réputation sulfureuse, comme pour certains poètes maudits, certain ainsi d'en assurer une bonne diffusion.. Car, comme chacun le sait, le maudit se vend bien.. On le trouvera chez les bons libraires et les marchands d'articles funéraires.. , [1.. re.. série], nº 121, décembre 1963.. Concerne :.. André Ruellan.. section Philippe Curval.. l'auteur.. ´Manuel du savoir-mourir´ par André Ruellan, chronique de Philippe Curval présentée par Quarante-Deux.. 7 mai 2011.. (première publication : quatrième trimestre 1963).. (création : 7 mai 2011).. org/archives/curval/chroniques/Fiction/121-Manuel_du_savoir-mourir.. Greg Egan..

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  • Title: la Science-Fiction : années 50 | Quarante-Deux/Articles de Gérard Klein
    Descriptive info: klein.. Gérard Klein : préfaces, postfaces et articles sur la.. fr/1fy.. ›› la Science-Fiction : années 50.. Articles de.. la Science-Fiction : années 50.. au sommaire du catalogue de l'exposition.. les Années 50.. , Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou, Paris, du 30 juin au 17 octobre 1988.. article de.. biblio.. En 1950,.. le Figaro littéraire.. publie un article de Claude Elsen, "le Roman “fantastique” va-t-il tuer le roman “noir” ?", où, pour la première fois, le terme de Science-Fiction, créé en 1926 par l'américain d'origine luxembourgeoise Hugo Gernsback, apparaît en France, au moins pour le grand public.. L'année suivante, en mars, Raymond Queneau relance dans.. Critique.. Il sera suivi en octobre par Boris Vian et Stéphane Spriel [.. sic.. ] dans.. les Temps modernes.. En 1953, c'est au tour d'.. Esprit.. , puis des.. Cahiers du sud.. de célébrer le genre sous les signatures de Michel Carrouges, Jacques Audiberti et Michel Butor sans négliger celle de Stephen Spriel.. En quelques mois, tout ce que l'intelligence française compte de noms brillants ou prometteurs semble se coaliser pour saluer ce nouveau (?) genre venu des États-Unis.. Mais c'est dans.. France dimanche.. , hebdomadaire intellectuellement moins huppé, que le grand public découvre au début de 1952 des nouvelles de SF américaines, dues à Ray Bradbury, à A.. E.. van Vogt et autres célébrités encore inconnues de ce côté-ci de l'Atlantique.. Cette rencontre des extrêmes continue à caractériser trente ans après l'audience de la Science-Fiction.. Genre intellectuel ou genre populaire ? Vecteur des possibles, de réflexion, voire de subversion, ou simple littérature d'évasion, qualifiée par Jean-François Revel de.. « germe intensément inepte et grossier ».. Une autre opposition, manifeste dès la redécouverte du genre au début des années 50, vient refendre le domaine.. Est-il principalement, sinon purement, anglo-saxon, voire américain ? Ou bien s'inscrit-il aussi, malgré son indéniable redécouverte grâce au courant américain, dans une tradition littéraire européenne et en particulier française ?.. La création de collections va aiguiser ce double clivage.. Début 51, naît "le Rayon fantastique", coproduction Hachette-Gallimard, codirigée par Georges H.. Gallet et Stephen Spriel, qui s'illustrera en publiant notamment.. Cristal qui songe.. et.. les Plus qu'humains.. de Theodore Sturgeon,.. le Monde des Ā.. la Faune de l'espace.. d'A.. van Vogt, et le premier volume de la trilogie d'Isaac Asimov,.. Fondation.. Mais sur la fin de la même année sort, au Fleuve noir, une collection consacrée à des auteurs français, résolument populaire et sans aucune prétention littéraire.. Son titre, "Anticipation", la rattache à la tradition française des romans d'“aventures scientifiques” de l'entre-deux-guerres.. Et ses couvertures, illustrées par René Brantonne, sont en elles-mêmes un témoignage de l'époque.. En 1954, surgissent deux institutions du genre qui existent toujours.. La revue.. , créée par Maurice Renault sur le conseil de Jacques Bergier, longtemps animée par Alain Dorémieux, réussira à faire coexister Fantastique et Science-Fiction, traductions et nouvelles françaises.. Avec sa concurrente,.. Galaxie.. , elle va révéler l'art du conte de Science-Fiction, et des écrivains comme Robert Sheckley ou Philip K.. Elle donnera aussi leur première chance à des auteurs français comme Jacques Sternberg (à vrai dire belge) et Philippe Curval.. L'autre institution, c'est la collection "Présence du futur", dirigée chez Denoël par Robert Kanters, mais dont les premiers choix, décisifs, furent ceux de Stephen Spriel : Ray Bradbury avec.. Chroniques martiennes.. , H.. P..  ...   public et d'un pays travaillés par des valeurs contradictoires, humanisme et pragmatisme.. Car dans l'accueil qui fut alors réservé à la SF et dans les critiques qui lui furent opposées, il faut accorder une grande place au contexte international et à la guerre froide.. Les doctes dissertèrent longuement et savamment sur le point de savoir si elle était une manifestation de l'impérialisme américain ou au contraire une occasion de sa subversion.. Les amateurs s'en fichèrent éperdument, quitte à répartir leurs admirations ou anathèmes, manifestant par là une indifférence aux jugements des maîtres-à-penser, alors originale mais qui devait s'étendre singulièrement à la fin de la décennie suivante.. Pour beaucoup d'étudiants des années 50, la SF, littérature d'idées, fut une école d'ironie et d'indépendance d'esprit.. Elle leur tint lieu de culture autant que de contre-culture.. Elle fut la littérature de l'accession au monde des idées non reçues de toute une fraction de la classe moyenne alors en rapide ascension sociale pour cause de savoir.. La Science-Fiction des années 50, ce fut aussi une esthétique des couvertures, naïves comme celles de Brantonne, futuristes comme celles de.. , abstraites et distinguées chez Denoël, recherchées pour.. Une esthétique de l'objet technologique et du paysage extraterrestre qu'il convient de rapprocher de l'indifférence absolue avec laquelle la France artistique et bourgeoise reçut vers 1950 la première exposition d'Yves Tanguy puis les œuvres de Roberto Matta.. Il est enfin un lieu qu'il faut citer pour rendre compte de l'intense prurit intellectuel qui accompagna la naissance de la SF en France : la librairie de la Balance créée en 1953 par Valérie Schmidt et que fréquentèrent Vian, Queneau, François Le Lionnais, Butor, Pierre Versins, et très assidûment les deux hommes qui ont sans doute le plus fait à cette époque pour le développement de la Science-Fiction, Stephen Spriel (de son vrai nom Michel Pilotin) et Jacques Bergier.. Apparue en France dès le début des années 50, quelque peu négligée au cours des années 60, explosant dans les années 70 et s'étant bien maintenue au cours de nos années 80, la littérature de Science-Fiction apparaît avec le recul comme le signe d'un basculement de la France dans le monde moderne, industriel, technologique, voire scientifique.. Et plus encore dans un univers international, planétaire, voire désormais interplanétaire, où les écrivains nationaux tentent, tant bien que mal, de préserver leur identité sans avoir pu s'appuyer sur une école indigène ancienne et honorable mais trop longtemps interrompue.. Il ne fait guère de doute que la tradition de Jules Verne et de J.. H.. Rosny aîné, reprise par Jacques Spitz puis René Barjavel et prolongée par Pierre Boulle et Robert Merle, n'a pas fait le poids devant l'invasion anglo-américaine.. La sagesse relative de l'anticipation à la française a définitivement cédé le pas devant la frénésie poétique et explosive de la Science-Fiction dont la découverte fut probablement l'un des faits culturels marquants et durables des années 50.. La persistance de deux des principales collections et de la revue créées à cette époque suffit sans doute à le démontrer.. , dirigé par Jacques Demarcq.. Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou, 27 juin 1988.. Lire aussi ".. " par.. section Gérard Klein.. la Science-Fiction : années 50 , article de Gérard Klein présenté par Quarante-Deux.. 11 mars 2013.. (première publication : 27 juin 1988).. (création : 9 février 2013).. org/archives/klein/divers/la_Science-Fiction_annees_50..

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  • Title: "Fictions anticipatrices à visée politique" par Roger Bozzetto | Bibliographie | Quarante-Deux/exliibris
    Descriptive info: fr/zl.. → Fictions anticipatrices à visée politique.. Fictions anticipatrices à visée politique.. rédactionnel, article, 2006, français.. noosfere.. org.. frxliiA7yrS9QHwVm3EroE89SdmrUUlt0.. : Fictions anticipatrices à visée politique.. Eidôlon.. , nº 73, novembre 2006, p.. 21‑28.. +.. (création : 9 octobre 2011).. org/exliibris/oeuvres/b/Roger_Bozzetto/Fictions_anticipatrices_a_visee_politique..

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  • Title: Archives stellaires/Bozzetto/Écrits/J.G. Ballard | Quarante-Deux
    Descriptive info: récits.. Archives stellaires.. Roger Bozzetto : écrits la S.. -F.. G.. Ballard.. Bozzetto.. Klein.. Divers.. liste des articles.. Roger Bozzetto : écrits sur la Science-Fiction.. Quelques auteurs choisis….. Ballard : écrivain, auteur de Science-Fiction.. Première publication :.. Métaphore.. , nº 18, décembre 1989, p.. 61-77.. Ballard est un écrivain à la fois mythique et mal connu, même des amateurs de science-fiction.. Mythique parce que, pour ceux qui ont une connaissance même superficielle de la SF, il a été avec Moorcock, l'animateur de la légendaire revue.. New Worlds.. , qui, dans les années 1965-1970, fut l'une des premières à tenter de renouveler la SF.. Ce qui implique alors, d'un point de vue esthétique, des types de récits différents et d'un point de vue idéologique, une implication critique, illustrée par.. Jack Baron et l'éternité.. [1].. , sur l'impact des médias, mais aussi une attitude très anti-Campbell, avec le refus de glorifier la science ou les technologies.. Enfin par la volonté de faire participer la SF au grand mouvement contestataire qui prend pour cible les représentations codées, banalisées, consensuelles de la réalité et des valeurs produites par les médias.. Mouvement qui en Angleterre avait commencé avec les.. angry young men.. des années 50, et se trouve alors contemporain du “Nouveau Roman” français, de la “Nouvelle Vague” française au cinéma, alors qu'aux USA William Burroughs va lancer des appels à la guérilla électronique, et donner des mots d'ordre d'assaut contre le “studio réalité”.. Comme il l'annonce dans.. Nova Express.. :.. « Le but de mon écriture est de révéler, de dénoncer et d'arrêter tous les Criminels Nova.. […] Avec votre aide nous pouvons occuper le Studio de Réalité […] ».. et dans.. La Machine Molle.. « Coupez les lignes-mots.. Cassez les images-contrôle ».. Ce que font les “garçons sauvages” dont l'arrivée est imminente « Garçons sauvages très près maintenant », que l'on devine à la présence des « grenades-films » et « des explosions de cratères lunèraires sur l'écran » (Les garçons sauvages).. Est-ce une simple provocation ou ces visions renvoient-elles une déontologie de l'écriture ?.. « Un écrivain ne peut décrire qu'une seule chose : ce que ses sens perçoivent au moment où il écrit » (.. Le festin nu.. ).. [2].. Bien que moins provocateur, moins violent dans ses manifestations apparentes, Ballard est en fait très proche de Burroughs à qui il consacre un article très important, voyant en lui un créateur de mythes à la mesure de notre temps.. [3].. Mythique aussi, parce que sa trajectoire recoupe celle d'un autre auteur états-unien, P.. K.. Dick dont l'influence sur la SF, y compris sur la SF française, n'est plus à démontrer.. [4].. Tous deux ont en tête et comme visée de faire servir l'univers de la SF à autre chose qu'à l'illustration des conquêtes de la science.. Tous deux visent la rencontre entre les moyens d'une nouvelle représentation du monde et la thématique spécifique et originale de la SF.. C'est ce qu'affirme Dick :.. « Avec le Maître du Haut Château et Glissement de temps sur Mars, je croyais avoir relié les deux bords de l'abîme qui sépare le roman expérimental de la SF.. Tout à coup j'avais trouvé le moyen de faire tout ce que je voulais comme écrivain… la vision d'un nouveau genre de SF qui aurait découlé de ces deux romans ».. [5].. Ballard n'en demeure pas moins mal connu et cela tient à plusieurs causes.. D'une part, il n'a pas un statut médiatique reconnu, comme certains auteurs ont su se le construire : pensons à Harlan Ellison avec ses provocations, ou sur un autre registre à l'aura entretenue du “bon docteur Asimov”.. De plus ses textes n'ont pas donné lieu à la création d'un mythe comme c'est le cas pour Lovecraft, bientôt confondu avec sa créature Cthulhu, une maison d'édition — Arkham House — des disciples autour de qui une aura de mystère plane.. Il ne prend pas non plus, comme Dick après sa mort, un statut de gourou, ou de maître à penser.. Ballard reste ce qu'il est, un écrivain original qui s'exprime dans le domaine de la SF et dont les textes ont paru dans des revues spécialisées, puis — en France — dans des recueils édités dans des collections comme Présence du futur (maintenant en J'ai Lu), avec un succès critique certain, et dont les plus importants ont été présentés par Robert Louit dans un Livre d'or.. [6].. Il a écrit aussi de nombreux romans dans ces mêmes collections ou dans la défunte collection Dimensions SF chez Calmann Levy.. Ils ont été appréciés, sans pour autant “créer l'événement” sauf peut-être avec.. Crash.. [7].. , à qui J.. Baudrillard a consacré un article important.. Sans séduire pour autant les lecteurs “spécifiques” de SF, ce texte a donné lieu à des interviews de Ballard dans le.. Magazine Littéraire.. et à une préface originale pour l'édition française.. [8].. De plus, ironie de l'histoire, le seul roman touchant un public étendu, situé en dehors des amateurs de SF, a été.. Empire du soleil.. [9].. , sans doute parce qu'il a été porté à l'écran par Spielberg — mais il ne relevait pas de la SF.. Ballard est, on l'a compris, mal perçu dans le champ de la SF, parce que c'est un écrivain original et dérangeant.. Il ne se contente pas de produire des variantes romanesques dans le cadre d'une mythologie dominante.. Il sait pourtant donner le change, et il a, par ses premiers romans, donné des gages de savoir-faire à propos de la SF “à l'ancienne”.. Cependant même là, et malgré les apparences, il s'agissait déjà d'autre chose.. Mais dès qu'il a commencé à “travailler” le genre pour en faire quelque chose de radicalement nouveau, comme dans ses textes de.. , puis dans ses romans de la “vie moderne” que sont.. L'île de Béton.. IGH.. , cela a troublé les amateurs “purs et durs” de SF.. Ils étaient et demeurent souvent des lecteurs traditionalistes, s'intéressant surtout aux aventures prévisibles d'un héros dans un monde légèrement décalé par rapport au nôtre, mais pas trop.. Et surtout avec des valeurs aisément repérables.. Avec Heinlein, avec Vance on sait où l'on va, et cela n'empêche en rien de trouver du plaisir à les lire.. Or Ballard, comme les écrivains modernes, construit des univers qui ne reflètent pas une réalité idéologiquement programmée et consensuellement acceptée, telle qu'on la voit dans les séries américaines, les sitcoms ou les actualités télévisées.. Sa fiction explore la complexité d'une réalité donnée comme un entrecroisement de mythologies et des paysages technologiques qui en dérivent, un monde proche de la notion de “multivers” de Moorcock.. Les textes de Ballard construisent des modèles qui ont pour vocation de faire rêver, de faire penser et de procurer du plaisir.. Mais ils requièrent aussi, pour ce faire un effort d'accommodation de la part du lecteur.. Ce qui ne signifie pas que ces textes soient ennuyeux, ou difficiles à lire, mais le plaisir qu'ils procurent — s'il est bien plus profond — est peut-être moins immédiat, et suppose une participation plus intense du lecteur.. Nous sommes loin d'une SF d'évasion —.. escapist.. diraient les anglo-saxons.. C'est en ce sens que Ballard n'est pas un auteur de SF populiste : il ne propose rien de frelaté ou de démagogique, ce qui l'a sans doute empêché d'accéder au succès, et explique qu'il soit mal perçu, même de la part d'anciens lecteurs de SF — sans pour cela être reconnu dans le champ du.. mainstream.. pour ses qualités propres.. S'ajoute à cela une autre difficulté qui ne tient pas à Ballard, mais aux nouvelles modalités d'accès des lecteurs à la SF.. Quand les auteurs de SF étaient d'abord publiés dans des revues spécialisées, ils étaient bien situés et les lecteurs pouvaient en suivre le cheminement et parfois les errances.. Ces mêmes lecteurs recevaient les échos critiques de ces textes, et une accommodation à leur lecture pouvait se produire sur des œuvres comme celles de Ballard.. Cela accoutumait le goût des lecteurs à ces choses nouvelles.. Des revues comme.. Univers.. en France ont joué pendant longtemps ce rôle d'acclimatation à la nouveauté, qui permettait à la SF d'évoluer et au goût des lecteurs de s'affiner.. Phénix.. en Europe,.. Solaris.. ou.. imagine….. au Québec jouent un rôle comparable pour une acculturation, suivant le même processus.. Reconnaissons cependant que la plupart des lecteurs actuels de SF, surtout s'ils sont adolescents, rencontrent aujourd'hui des textes et des auteurs dont ils ignorent tout.. Ils ont trouvé un titre par hasard, ou par le bouche à oreille, sur les rayons des librairies, où s'étalent en vrac aussi bien les auteurs d'un ancien âge d'or et ceux de la dernière vague des cyberpunks, dans un patchwork culturel assez curieux.. Pour des textes d'auteurs de SF traditionnelle, comme Asimov, Simak ou Bradbury, cela n'a guère d'importance, car ce que le lecteur en attend, à savoir un exotisme sans trop de dépaysement, est directement et immédiatement présent dès le titre et l'illustration de couverture.. Pour les textes des cyberpunks, le contact est sans doute médiatisé par une certaine culture musicale et la pratique de vidéogames.. Mais pour des auteurs plus subtils, comme Sturgeon, Dick ou Ballard, l'absence de contexte peut provoquer des réactions de recul.. Ces lecteurs non avertis, devant ce qui leur apparaît au premier abord comme de la sophistication, et donc un obstacle à l'immédiateté du plaisir recherché, abandonnent parfois.. C'est pour cet ensemble de raisons qu'une présentation de l'œuvre de Ballard, qui compléterait celle, toujours intéressante, donnée par Robert Louit dans son Livre d'or , ne serait pas inutile.. C'est pourquoi on peut proposer trois axes d'approche qui tracent un itinéraire.. Celui d'un auteur expérimentant dans le domaine de la science-fiction, conçue comme un arsenal de mythes dépareillés présentés en vrac.. Celui d'un univers où un créateur va nous “bricoler”, au sens ou l'emploie Lévi-Strauss, l'un des “mythes de notre futur proche” après la mort de notre obsolète et illusoire “modernité”.. Celui enfin d'un écrivain qui, après le.. no future.. se situe dans la post-modernité.. Un itinéraire littéraire plein de surprises.. Une culture différente de celle des écrivains de SF.. Les auteurs de SF de la génération de Ballard, qui commencent à écrire dans la fin des années 1950, font preuve d'une culture littéraire et artistique assez mince, à l'exception notable de Dick.. Quant à ceux de la génération suivante, s'ils ont bien appris à écrire dans les.. workshops.. , ils ont surtout été amenés à maîtriser des techniques d'expression, et des stratégies de positionnement sur le marché.. La culture, au sens littéraire et artistique du terme, n'a jamais fait partie des éléments présentés comme indispensables pour vendre de la SF.. Ce qui ne signifie pas que tous soient incultes, mais la culture littéraire relève alors d'un choix personnel, comme chez K.. S.. Robinson par exemple.. Les auteurs de la génération des années 30 présentaient quant à eux un cas différent.. Nombre d'écrivains de cette époque possédaient une culture scientifique comme John Taine ou Doc Smith par exemple, mais la plupart sont des “horribles travailleurs” comme dit Rimbaud.. C'est-à-dire des gens qui écrivent par nécessité, souvent sans avoir appris, et qui tentent de gagner leur vie en trouvant des créneaux éditoriaux spécifiques dans les revues spécialisées qui se sont créées aux USA à la fin de la première guerre.. Revues et magazines qui segmentent le marché en magazines policiers, fantastique comme.. Weird Tales.. et bientôt de science-fiction, avec.. Amazing Stories.. d'abord et bien d'autres ensuite.. Les écrivains de la génération de la 2e guerre mondiale, comme Heinlein, possèdent aussi une culture technologique.. De plus ils participent à un système éditorial où les directeurs de revue, comme John Campbell, ont une poigne de fer, imposent des thèmes et ont des exigences idéologiques claires.. C'est aussi l'époque où naît, avec Damon Knight, puis James Blish, une critique spécifique de la SF.. Mais celle-ci demeure quand même axée sur les notions de vraisemblance technique et scientifique, et qui doit être écrite dans un langage simple, véhiculaire.. Des écarts se font jour cependant.. Van Vogt a lu Korzybski, un sémanticien, et Ron Hubbard a fondé l'Église de Scientologie, mais ce ne sont peut-être pas des exemples probants.. En général, les écrivains de SF, états-uniens surtout, s'ils s'intéressent à la science et à la technique, puisent d'abord leur information dans les revues de vulgarisation scientifique, et les utilisent afin de donner des effets de vraisemblance aux univers qu'ils imaginent.. Ils ne s'intéressent que de très loin à la culture littéraire et artistique.. Voyez le petit nombre de textes de cette époque mettant en scène des artistes, ou une réflexion sur l'art.. Ce qui ne signifie d'ailleurs pas qu'ils soient dépourvus d'une sensibilité d'artiste : il suffit de lire Sturgeon pour s'en convaincre.. On peut donc soutenir que les auteurs états-uniens de SF apparaissent dans la norme qui est celle des écrivains de ce pays en général, et non comme leur caricature.. Un écrivain anglais cultivé.. Ballard est un cas à part, ne serait-ce que parce qu'il est anglais, et qu'il existe une tradition différente en Angleterre, plus littéraire qu'aux USA, et qui remonte à Wells, De plus, les revues sont plus académiques, moins axées sur l'aspect pseudo-scientifique : on le voit déjà dans les.. ou les.. Science fantasy.. édités par Ted Carnell.. Enfin, à la différence de la plupart des auteurs de SF qui commencent par écrire dans les fanzines, et deviennent ensuite des professionnels de la “littérature industrielle”.. [10].. , Ballard a commencé par écrire de la poésie, puis en 1951 un pastiche, complètement illisible de.. Finnegans Wake.. de Joyce.. [11].. Lorsqu'il participera, avec Moorcock en 1964, à la rénovation de la revue.. , c'est dans un contexte de modernité littéraire.. En liaison avec la littérature d'avant-garde de l'époque, qui était alors le “Nouveau Roman” français, et en relation avec son intérêt personnel pour la peinture.. Le tout inspirera la création d'une science-fiction nouvelle qu'on nommera par la suite.. new wave.. Les comptes rendus de ses ouvrages montrent que les lecteurs qu'il touche se situent à la fois chez les amateurs de science-fiction et en dehors de ce public captif.. [12].. Il est vrai que, dans ses études et par goût, Ballard a rencontré ce qui sera une source de son inspiration et des images qui la sous-tendent, à savoir les textes et les peintures surréalistes.. Plus tard, la rencontre des peintres américains du pop art donnera une nouvelle impulsion à son inspiration.. Les surréalistes ont beaucoup écrit, et dans presque tous les genres, en général pour les subvertir — les placer dans une lumière neuve, correspondant à leur désir de modernité.. Ils n'ont pas ignoré les romans où des personnages et des objets modernes hantent les villes, ou entretiennent avec elles et entre eux d'étranges relations.. Le Paysan de Paris.. , et.. Nadja.. sont là pour nous le rappeler.. Ils ont élu certains écrivains comme précurseurs de leurs tentatives, se situant parfois dans des espaces proches de la rêverie sur l'imaginaire scientifique, comme Alfred Jarry ou mieux encore Raymond Roussel — qui a toujours avoué une passion pour Jules Verne.. [13].. Cette présence de la modernité technique est encore plus évidente chez les plasticiens qu'ils admirent, comme Marcel Duchamp ou Francis Picabia au début, puis Dali, Magritte, Delvaux, Max Ernst et Yves Tanguy par la suite.. Curieusement, on ne trouve pas en France de texte écrit par des surréalistes dans le domaine de ce qui deviendra la SF, et qui n'a pas alors de nom générique.. Il faudra attendre les textes d'un post-surréaliste comme Boris Vian pour en trouver quelques rares exemples.. [14].. En revanche, certains auteurs anglo-saxons, dont Ballard, se sont explicitement référés à ce mouvement, et s'en sont manifestement inspirés.. Selon quelles modalités, et pour quels effets ?.. Nous envisagerons donc l'évolution de l'œuvre de Ballard en soulignant comment ces références directes ou obliques au surréalisme ont contribué à donner un contenu à la dérive du sigle SF, depuis la Science-Fiction jusqu'à la.. spéculative fiction.. , et de l'.. outer space.. à l'.. inner space.. Nous verrons aussi comment à un changement de références picturales, dû à l'apparition du.. pop art.. des Lichtenstein, Raushenberg et Warhol, a correspondu une nouvelle “manière” pour la SF de Ballard.. Ce dernier a influencé la SF en général dans son esthétique comme dans sa visée, aussi bien aux USA avec les poulains de Judith Merrill, qu'en France avec d'abord Dominique Douay, Serge Brussolo à qui il a sans doute apporté la caution d'une liberté totale accordée à l'artiste et écrivain de SF, y compris pour sortir de la SF si celle-ci corsette trop étroitement l'inspiration, — et quelques autres (alors) jeunes auteurs.. Fuir le futur.. Compte tenu que Ballard « écrit comme un auteur de mainstream ».. [15].. , le fait qu'il choisisse de s'exprimer dans le domaine de la SF par une mise en travail des thèmes qui dérivent de l'imagination scientifique, ne peut être porté au compte de la “facilité”.. Il s'agit bien d'un choix esthétique : la SF, avec son univers, constitue le matériau qui lui permet d'exprimer au mieux sa vision du monde.. Ce n'est pas non plus un désir de lucre : on notera la fidélité de Ballard aux magazines anglais, bien moins généreux que les Américains.. Il y publiera 154 des 174 textes qu'a recensés Robert Louit.. [16].. Outre cette fidélité, on peut y voir une volonté de cohérence dans la démarche.. D'autant qu'à la lecture de ses nombreuses préfaces, de ses articles et de ses éditoriaux, Ballard nous apparaît comme un écrivain doté d'une rare conscience critique, de qualités de réflexions originales à la fois sur son art, sur la réalité du monde où il vit et sur ses inspirateurs — parmi lesquels les peintres surréalistes comme Salvador Dali, à qui il consacre préfaces et articles.. [17].. Le lien entre sa SF et certains aspects du surréalisme est donc conscient.. Comment se manifeste-t-il ?.. Ballard commence à publier en 1956, simultanément mais selon deux veines apparemment distinctes : l'une renvoyant à la description “réaliste” de la vie quotidienne avec une série qui dépeint “le futur des villes surpeuplées”, l'autre qui imagine un temps lointain à venir, et dont les textes d'abord épars formeront la fresque intimiste et décadente du monde de.. Vermilion Sands.. La série urbaine commence en décembre 1956, avec Chronopolis , Urbi et Orbi et surtout Billenium.. Ces textes dépeignent des avenirs terrifiants.. Des univers où les contraintes de la surpopulation et de la bureaucratie, sont saisies dans l'optique d'un “homme quelconque” qui voit l'espace qu'on lui alloue se restreindre à chaque distribution et qui finit par se retrouver dans un placard.. Avec cette remarque « Tu as raison, les gens sont capables de vivre n'importe où », mais sans révolte, avec un fatalisme “existentialiste” qui rappelle certains héros de Kafka, ou Buster Keaton, proches aussi de ceux de Beckett qui vient d'écrire, en français, dix ans auparavant.. Molloy.. Malone Meurt.. En attendant Godot.. Parallèlement, toujours en décembre 1956, Ballard publie dans.. Science Fantasy.. le texte inaugural de la série de.. , Prima Belladonna.. Le lieu est, ici “une sorte de Riviera” dans un futur si vague qu'il semble un ailleurs.. Parfois, dans Studio 5 les étoiles , une technologie rappelant la nôtre affleure, mais n'a aucune incidence sur la conduite du récit.. Liés à cette technologie future on trouve des “ordinateurs poètes”, des statues ou des plantes qui chantent : la présence de la technologie est liée à des innovations artistiques, mais celles-ci sont vécues par les personnages dans une sorte d'univers de la décadence — l'inspiration est mécanisée, comme la vie, il en résulte une sorte de mélancolie sans rivage.. En fait, cet univers renvoie à une imagerie mal définie.. Ballard a parlé de l'Orient, insistant sur les sables et les coraux, qui lui rappellent son enfance sous d'autres cieux.. [18].. Mais on y retrouve aussi les espaces mous des tableaux de Tanguy.. Les personnages — Aurore LeJour, ou les sculpteurs de Nuages — sont comme déconnectés de toute motivation psychologique, leurs actes, leurs trajets semblent participer d'un univers onirique — comme dans les toiles de Delvaux.. Ce flou se retrouve dans l'espace granulaire, le temps déliquescent, proche des univers “fin de  ...   (au sens où dans le jeu d'échec on “sacrifie” une pièce pour un gain ultérieur) laisse le narrateur, Jim Ballard, dans un monde vide, sans possibilités de contact vraiment humain, et où l'amour est délétère ; un monde proche de celui des tableaux de Marcel Duchamp, ou de certaines toiles de Picabia — (.. La femme Machine.. Parade amoureuse.. , par exemple.. [37].. Dans.. [38].. , les femmes ont des chairs moins douces que les tissus des sièges des limousines, au plastique caressant, à la chaleur vivante et complice.. De plus, hors de la voiture, où elles participent à la pulsion vitale des objets, les femmes sont comme mortes.. Catherine est allongée près du héros, dans un lit.. Il la perçoit « aussi froide qu'une poupée gonflable pour célibataire, dotée d'un vagin de néoprène ».. L'exploration des fantasmes du héros, dans cet “enfer moderne” laisse le narrateur triste jusqu'à la mort après le plaisir de ce “coït conceptuel” qu'est l'accident d'automobile.. Le langage, d'une neutralité aseptisée, raconte l'érotisme froid de ces rapports, avec des partenaires qui ne sont que le prolongement des objets, et cela manifeste à la fois une frustration du narrateur et une ironie swiftienne de l'auteur.. Avec L'île de béton qui marque une sorte de ressourcement dans la nature avec ses « herbes caressantes » et « la terre, chaude rivière d'alluvions », Ballard déplacera.. Les aventures de Robinson Crusoë.. pour mettre en scène un survivant d'accident de voiture entre deux autoroutes.. Cependant le héros semble retrouver goût à la vie : au même moment, l'île reverdit.. [39].. Notons encore un fait : les relations à la peinture évoluent.. Ici, comme déjà dans.. , les collages visuels de type pop art se marient avec les images venues des hyperréalistes — l'aspect surréaliste se situe maintenant dans la provocation plus que dans les références picturales.. est l'œuvre qui, dans cette phase de reconquête de l'optimisme, marque une apogée.. On peut aussi le comparer aux œuvres de la même époque — et d'une visée semblable — de Robert Silverberg, comme.. Le livre des crânes.. Mais alors que l'auteur étatsunien demeure dans la forme traditionnelle du récit, le texte de Ballard s'inscrit pour se construire dans le cadre de la “nouvelle réalité”.. Comme pour.. L'île de béton.. , le point de départ est peu extrapolé, le héros est situé dans une situation d'extrême isolement, pour que la crise puisse s'approfondir sans contingences extérieures.. Ici ce n'est plus une île, c'est une unité d'habitation, mais très différente de celles qu'il explorait dans l'univers des villes surpeuplées.. Non pas un château antique, décrépit et aux fondements minés, comme dans le roman gothique, mais l'immeuble d'un architecte, Royal, une sorte de clone de Le Corbusier.. L'immeuble est neuf et fonctionnel.. D'ailleurs, Royal y loge, tâchant de régenter depuis le sommet où se situe son appartement, l'espace rationnel qu'il a conçu seul, sur épure — comme le maître de.. Metropolis.. dans le film éponyme de Fritz Lang.. , un berger alsacien à ses pieds, signe de sa puissance.. C'est un système clos — à l'harmonie postulée, fondée sur des savoirs extérieurs — et appuyé sur la rationalité comme allant de soi.. Tout est fait pour occulter d'éventuelles pulsions, et la folle logique des désirs.. Nous avons ici une situation de départ à la fois réaliste dans ses références, mais dont l'agencement suggère un scénario fantasmatique.. Le rapide et inéluctable désaccord entre le pouvoir rationalisé et les flux pulsionnels, le programme et l'humain, aboutit à une guerre civile, une remise en désordre sanglante.. Le héros, Laing, se situait à mi-chemin, entre Wilder l'homme du bas et Royal l'architecte : il se trouve rarement impliqué dans les scènes de violence, il en reste spectateur, et il en sera le bénéficiaire.. [40].. Comme dans.. l'Île de Béton.. , un grand nettoyage a eu lieu, mais Laing n'est plus prisonnier du passé (rupture sentimentale) ni de ses pulsions.. La lutte, et un épisode “incestueux” l'ont purgé de ses passions.. Il s'assimile maintenant les fonctions de Royal, sans sa morgue et il fait rôtir le berger alsacien dans une scène de “sacrifice propitiatoire” qui clôt l'ouvrage :.. « La silhouette du grand chien sur la broche, évoquant l'image d'un mutilé volant, planant dans le ciel nocturne, tandis que les charbons ardents jetaient sur sa peau des lueurs de pierres précieuses ».. Ainsi, dans le calme céleste, la paix retrouvée, il va pouvoir contempler sans peur les nouveaux locataires, avant d'envisager de pouvoir reprendre ses activités.. Il peut même se pencher sur le passé et sa “dimension inquiétante”, s'en délivrer par un récit — qui apparaît comme une anamnèse où dès les premiers mots du texte « Il réfléchit ».. L'avenir aurait-il repris sa « liberté couleur d'homme » (A.. Breton) ?.. Les textes qui suivent n'offrent pas une réponse claire.. Avec.. Le rêveur illimité.. , Ballard nous peint la possibilité donnée au rêve de s'épancher dans la vie réelle, au point de la transformer.. Le décor quotidien de Shepperton — la ville où le héros s'est abattu, après avoir voulu imiter Icare — est envahi par un décor tropical, une faune exotique, les habitants eux-mêmes deviennent mammifères, oiseaux, et s'élancent enfin dans les espaces aériens.. Cette sorte de fable se réfère peut-être à la situation de l'écrivain et, de ce point de vue c'est une sorte de retour en amont.. Il en va de même des nouvelles D'Appareil volant à basse altitude , ou du roman.. Salut l'Amérique !.. Là encore, Ballard demeure un écrivain subtil, qui joue sur les thèmes de la science-fiction, et qui s'inspire des nouveaux peintres hyperréalistes américains, mais il semble que l'aspect subversif soit émoussé.. Il ne reste du surréalisme que des signes, des allusions, des images — qui n'apparaissent plus que comme des références culturelles — et les allusions aux “pop artistes” elles-mêmes se dissolvent.. Une suite sans fin comme une fugue de Bach.. Comme le signalait Charles Nicol à propos du.. Géant Noyé.. , Ballard appelle une lecture à plusieurs niveaux, ce que Ballard lui même admettait pour.. Pour un lecteur traditionnel de science-fiction, Ballard est un auteur qui manipule de façon sophistiquée des thèmes classiques, qu'il pousse parfois vers des zones à la limite de l'allégorie.. De plus, on lui reprochera la lenteur de ses récits, ses digressions et l'absence d'aventures.. Des lecteurs plus frottés de littérature, lui sauront gré, comme au Calvino de.. Cosmicomics.. ou de.. Temps zéro.. de travailler l'imagerie un peu naïve de la science-fiction avec une conscience littéraire qui lui permet de “rebarbariser” la littérature sans trop l'encanailler.. Dans les deux cas, on aura raison, mais on ne se situera pourtant pas au cœur du projet et des réussites de Ballard.. Il semble que la visée de Ballard ait été d'établir une sorte de “dialogue avec le visible”, de répondre à la question : comment pense-t-on à l'aide d'images, dans un monde que les images saturent ? En quoi le choix de telle image, de telle figure — instrument amène-t-il à orienter une pensée, une idéologie ? En somme, Ballard tente de se situer dans la perspective d'un socle iconologique qui servirait de soubassement impensé à un socle épistémologique, lui-même inaccessible dans le moment même.. Et qui serait d'autant plus contraignant qu'il est aussi insaisissable que l'idéologie en travail, dont la suprême ruse est de faire croire qu'elle est absente.. Voilà pour l'aspect “conceptuel” de sa démarche, qui cadre l'une des dimensions données à l'aspect “spéculatif” de ces œuvres de SF.. Mais ce n'est pas le seul aspect.. Ballard cherche surtout à donner une figure à la quête du désir, dans le cadre de configurations chaque fois différentes.. C'est ce qui explique à la fois son intérêt pour l'inconscient, le rêve, les images et les surréalistes, puis le pop art et enfin pour les hyperréalistes.. Cet aspect de figuration imaginaire, en relation avec les représentations picturales surréalistes, puis plus récentes, donnera un contenu moderne à sa fiction spéculative, la faisant dépasser l'horizon purement technologique des intérêts de la “science-fiction”, sans pourtant renier le passé du genre.. Car les.. speculative fictions.. (SF) de Ballard, qui construisent la “nouvelle réalité” présentent des scénarios souvent semblables.. Mais ils se trouvent pris dans la lumière d'une imagerie qui change, ce qui amène des textes totalement différents chaque fois, alors que les matériaux de départ (personnages, aventures, et parfois décors) sont identiques.. Reste l'aspect fantasmatique et la démarche somnambulique de cette quête, qui font de ces fictions un monde d'une étrange épaisseur et d'une familiarité insolite, où la rêverie — plus que la pensée — est sommée de s'arrêter.. Ballard, on le sait, a obtenu avec son roman auto-biographique,.. L'Empire du Soleil.. , et la transposition filmique que Spielberg en a donnée, un succès qui l'a fait connaître au-delà du cercle des lecteurs de science-fiction.. Il n'en demeure pas moins qu'il continue à publier des textes de SF.. Ceci parallèlement à l'exploitation de sa veine autobiographique avec.. La bonté des femmes.. , qui constitue à la fois une suite à.. Empire du soleil.. et un retour réflexif sur celui ci, où la rencontre avec le cinéma, pourvoyeur de mythes modernes est thématisée dans le roman.. Le jour de la création.. , Ballard semble renouer avec la veine de sa première tétralogie.. Ce roman apparaît comme un avatar du.. Monde Englouti.. Il se situe, comme ce premier roman, en Afrique.. On y remonte le fil du temps sur le lit d'un fleuve surgi miraculeusement dans le désert, comme si Moïse l'avait fait surgir de sa verge sacrée et l'aventure semble retrouver les aspects personnels d'une subjectivité à la recherche de son épanouissement dans un cadre cosmique.. Un ouvrage bizarre.. Le massacre de Pangbourne.. touche à la SF, ne serait-ce que parce que la postface de la première édition du narrateur est datée de 1993 alors que l'ouvrage est publié en 1988.. Il renvoie aussi, de façon assez curieuse aux textes de.. On y suit une enquête sur un massacre d'adultes par des enfants qui ensuite disparaissent comme de vulgaires criminels nazis, et reviennent plus tard tenter d'assassiner une.. ex-.. premier ministre anglaise qui ressemble à Margaret Thatcher.. La technique est un peu celle de Truman Capote dans.. De Sang Froid.. , l'impression est d'une froideur absolue.. Ballard publie aussi, sous le titre.. Fièvre Guerrière.. , un recueil de nouvelles déjà parues en des revues et dont certaines datent de 1975.. On y retrouve les qualités habituelles de Ballard et ses thèmes favoris.. Mais avec parfois des aspects dickiens : l'importance de la manipulation par l'ONU des conflits locaux par exemple à Beyrouth pendant les affrontements des années 1980.. Ou comment, afin de garder actif pour pouvoir s'en servir en cas d'épidémie, on cache et cultive le virus de la guerre.. Cette nouvelle qui donne son titre au recueil est remarquable.. Aspects dickiens que l'on retrouve également dans L'histoire secrète de la III.. guerre mondiale , où un Reagan sénile, rappelé pour un troisième mandat mais pantin reconstitué fait penser au Lincoln reconstitué de Dick : les cours de la Bourse sont en phase avec les annonces, par les porte-parole de la Présidence, des observations cliniques sur la santé du Président.. Selon son taux d'urée les pharmaceutiques montent, selon ses prothèses c'est le cours de l'acier qui fait sauter le plafond du Dow Jones, etc.. Mais le plus original se trouve dans deux nouvelles qui se font écho Rapport d'exploration concernant une station de l'espace non identifiée et Univers en expansion.. Dans les deux nouvelles, qui reprennent d'ailleurs un thème déjà présent dans Trou d'homme Nº 69 , l'espace comme le temps sont à la mesure de la capacité de l'individu de l'occuper.. La Station spatiale non identifiée se révèle en fin de compte, malgré les premières observations des astronautes qui lui trouvent des dimensions minuscules, capable de contenir l'univers.. Dans Univers en expansion c'est l'espace intérieur de la maison ou de l'esprit du narrateur, qui devient capable d'infini.. Après une sorte d'ascèse « une longue migration interne » il a rompu les liens avec le monde extérieur, dans un dépouillement qui fait de lui un anti-Robinson, et il se retrouve au « centre immobile du monde », à la manière dont Maitland avait réussi à se créer, dans.. L'Île de béton.. , un espace personnel.. C'est là un thème qui hante Ballard depuis le début de sa carrière, que l'on retrouve comme horreur dans le “futur des villes surpeuplées” qui est présenté comme vécu dans l'esthétisation du monde et des sentiments dans le monde de.. Ce thème engendre à la fois les quêtes vers des ailleurs comme celles qui poursuivent les héros dans l'Afrique inventée, ou à la recherche d'une Amérique disparue, comme dans l'exploration d'un grand immeuble, ou dans l'anatomie d'un crash.. C'est ce qui amène les héros au bord du monde dans l'ultime Plage, ou dans une île de béton, à moins qu'ils ne se perdent dans le temps, pour fuir ce que Ballard décrit comme une overdose de contraintes extérieures et qui est illustré magistralement dans.. l'Homme saturé.. Les mondes décrits par Ballard, parcourus ou construits par ses héros, sont des univers où les personnages recherchent le sens des choses, qui a été perdu depuis que l'homme vit dans les paysages technologiques et où n'existe plus ni dedans ni dehors, et donc plus d'espace vraiment intérieur.. Les textes de Ballard sont comme des cailloux qu'il laisse derrière lui et qui balisent sa tentative de reconstruction d'un espace véritablement onirique.. C'est au lecteur de jouer le rôle du Petit Poucet.. Notes.. SPINRAD (Norman).. Jack Barron et l'éternité.. Bug Jack Barron.. 1969) Laffont.. 1971.. La machine molle.. Bourgois.. 1968.. The Soft Machine.. ) Olympia press.. 1961.. Nova express.. C Bourgois.. 1970.. ) New York Grove press.. 1964.. Les garçons sauvages.. 1973.. Wild Boys.. A Book of The Dead).. New York Grove Press.. La guerrilla électronique.. Champ libre.. 1974.. BALLARD (J.. ).. William Burroughs : myth-maker of the XXth century.. New Worlds.. mai-juin 1965.. BOZZETTO (Roger).. Dick in France : a love story.. in.. On Philip K.. Dick : 4O articles from Science fiction Studies.. Grencastle Terre haute.. 1992.. voir aussi :.. Une génération, une culture.. in Philip K.. Dick.. Aurore sur un jardin de Palmes.. Omnibus.. 1994 p.. 1345-1430.. La vie de P.. Regards sur P.. Encrage 1992 p.. 21.. LOUIT (Robert).. Le livre d'Or de J.. Presses Pocket.. 1979.. ) Calmann-Levy.. BAUDRILLARD (Jean).. Traverses.. Nº 4, repris in.. Simulacres et simulations.. Ed.. Galilée, 1981.. p.. 165-179.. Le Magazine littéraire.. Nº 87.. Il a aussi donné lieu à un film de Cronenberg au titre éponyme, CRASH, qui a obtenu une distinction au festival de Cannes en 1995.. Empire du soleil (Empire of the Sun).. Denoël, 1984.. Titre d'un article de Sainte Beuve.. Texte anonyme de présentation des nouveaux auteurs paru dans.. Nº 54, en 1956.. Pringle (David), Ballard a primary and secondary bibliography.. Boston.. Hall Co Massa.. 1984.. : “The enthusiastic praise has come from outside the sf field too.. Kingsley Amis, Graham Greene, Antony Burgess, William Burroughs, […] Susan Sontag” (p.. xi).. ; Ian WATSON « invokes Beckett, Defoe and Kôbô Abé » (in Foundation 7-8, 1975.. ).. Alfred JARRY a écrit dans.. Gestes et opinions du Docteur Faustroll.. (1911) des pages qui sont une sorte de rêverie sur des thèmes utopiques et d'anticipation qui renvoient aussi bien à LUCIEN DE SAMOSATE — avec l'Île de Ptyx où l'on aperçoit la substance de l'univers — qu'à la l'anticipation, avec dans l'Île amorphe des “libellules électriques”.. De plus il a écrit.. Le Surmâle.. (1902) qui met en scène une machine qui devient amoureuse du héros “le premier homme de l'avenir”.. Sans oublier un article important.. De quelques romans scientifiques.. La Plume.. 1-15 octobre 1903.. où il cite.. Ignis.. de D.. de CHOUSY et invente la notion de “roman hypothétique”.. Raymond ROUSSEL dans.. Impressions d'Afrique.. (1910) et dans.. Locus Solus.. (1914) nous donne des exemples de fiction à base de descriptions techniques, d'inventions chimiques ou autres, d'extrapolations assez folles dans un vocabulaire à connotations scientifiques.. Ces deux auteurs figurent dans le panthéon surréaliste.. Boris VIAN, comme Jacques PREVERT son ami, ne sont pas de purs surréalistes, ils sont rattachés à la génération surréaliste d'après guerre, tout aussi bien tentée par l'existentialisme.. Cependant.. L'Écume des Jours.. l'Automne à Pékin.. ont une atmosphère poétique qui illustre à sa manière une dimension possible du surréalisme dans le roman.. De plus Boris Vian a beaucoup entrepris pour la SF, ses rapports avec le genre sont multiples : il a traduit van Vogt, et, avec Michel Pilotin il a lancé Le rayon fantastique et baptisé la collection Présence du Futur Ses textes sur la SF, qui ont accompagné la promotion de la SF dans les années 1950 ont été publiés sous le titre.. Cinéma/ Science-fiction.. , Bourgois ed.. , 1978.. NICOL.. (Charles) :.. Ballard and the limits of mainstream SF.. Science fiction Studies.. III.. 9.. 150.. Le livre d'or de J.. op cit.. BALLARD.. (J.. ) Salvador Dali, The innocent as paranoïd.. (New Worlds).. February 1968.. Notons que les surréalistes seront surtout connus en Angleterre après la guerre, grâce à Penrose, qui d'ailleurs épousera en 1948 une muse des surréalistes en général et de Man Ray en particulier Lee Miller.. Les lèvres de Lee Miller sont célèbres à cause d'un montage photographique du même Man Ray.. Le jardin du temps ( The Garden of time ).. Magazine of F and SF.. 1962 in.. Nº 112.. 1965.. BETTELHEIM (Bruno).. Laffont.. 1972.. ) L'ultime plage ( Terminal Beach ).. (1964).. Nº 3.. 1975.. Cité in.. Homo Hydrogénésis.. Riverside Quaterly.. 1975.. On retrouvera le même type de décor et le même type d'itinéraire dans un roman plus récent.. Le jour de la création (The day of Creation.. 1987) Flammarion.. 1988.. On retrouvera cette image du cadavre enrobé de cristal et de glace dans.. Univers en expansion.. , une nouvelle du recueil.. Fièvre guerrière (War fever.. 1990) Fayard.. DELACAMPAGNE (Christian).. L'antipsychiatrie.. Seuil.. 1976.. Notons que le héros d.. 'IGH.. se nommera aussi Laing.. BRETON (A) et ELUARD (Paul).. L'immaculée conception.. Ed Surréalistes.. 1930.. Le roman paraîtra en 1966.. Mais en 1964 parait une première version, sous la forme d'une nouvelle The illuminated man in.. Magazine of Fantasy and SF.. Mai 1964.. Le centre de décision artistique se déplace de Paris à New York d'abord pour la peinture, puis pour le reste.. Il demeure pour les Français l'espoir, ou l'illusion, d'une “exception culturelle”.. 1976 (.. The Atrocity exhibition.. 1970) Publié aux USA en 1972, qui sont alors en pleine guerre du Việt Nam.. sous le titre Love and Napalm : export USA.. Préface de William Burroughs.. Rappelons que S.. RUSHDIE est l'auteur d'un très bon roman de SF.. Grimus.. JC Lattès.. New Worlds Quaterly.. Nº 2.. Le Magazine littéraire.. Ballard interviewé par Philippe Hupp.. Nº 117.. CLOUZOT (Claire).. Le cinéma français depuis la nouvelle vague.. Nathan.. MAC LUHAN (Marshall).. The mechanical bride.. Folklore of the Industrial Man.. Y 1951, London Routledge.. 1967.. BOORSTIN.. L'image.. 10/18 (1968) donne les définitions de “pseudo événement”, de “pseudo réalité”.. BENAYOUN (Robert).. Erotique du surréalisme.. Pauvert.. 1978.. La femme machine, ou Novia.. Parade amoureuse.. datent de 1917.. La femme mannequin de Duchamp figurait à l'exposition surréaliste de 1938.. Contrainte post nuptiale de la Mariée.. Le coin de la chasteté.. date de 1954.. Pour une analyse de.. voir Bozzetto Roger Corps et décors du désir in.. Territoires des fantastiques.. op.. cit.. Ballard reviendra sur ce thème de l'île d'une façon moins optimiste dans Cargaison de rêves in.. Fièvre guerrière.. , op.. Là, un bateau chargé de déchets toxiques fait revivre une île mais les produits qui en proviennent sont mutants et le narrateur s'enfuit vers on ne sait quel horizon abandonnant son futur enfant dans le ventre de la femme qu'il a aimée.. Il reprendra ce thème de l'île dans.. La course au Paradis.. Fayard, 1995.. Laing est, on l'a vu, le nom d'un antipsychiatre, Wilder renvoie à sauvagerie, Royal à la raison dominante : l'onomastique est claire, mais nous sommes loin de l'allégorie.. Les références bibliographiques sont sous la seule responsabilité de Roger Bozzetto ; celles qui ont été vérifiées par Quarante-Deux sont repérées par un astérisque.. dimanche 29 octobre 2000 —.. dimanche 29 octobre 2000..

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  • Title: Archives stellaires/Bozzetto/Écrits/Ballard et les mythes | Quarante-Deux
    Descriptive info: Ballard et les mythes.. Notes pour un bilan portant sur la Science-Fiction et sa critique.. Ballard et les mythes : J.. B.. , la S.. et la mythologie moderne.. ès son arrivée en France en 1953 sous le label science-fiction , cette branche de la littérature a été perçue par les jeunes critiques qui s'y intéressaient omme une “mythologie” portant sur la modernité, elle-même liée à “l'âge de la science” — perçu fantasmatiquement comme le moyen d'un nouvel âge d'or.. Mais la science-fiction (SF) a mûri et, avec Ballard, la mythologie de la SF a pris une autre signification.. Un exemple de son approche originale du monde mythique nous est fourni par son roman.. Hello l'Amérique.. Dans un futur proche les USA, abandonnés par une population retournée vers les lieux d'où leurs ancêtres avaient émigré, sont explorés par une mission européenne, à dos de cheval, puis de chameau.. Ils rencontrent les nouveaux indigènes aux noms fleurant bon les ex figures mythiques conçues en leur temps par les publicitaires : Mickey Mouse, Xerox, Marilyn Monroe ou Pepsodent.. Dans ce texte pourtant, la SF, malgré les apparences, abandonne ses délires sur le futur pour explorer les espaces du présent.. Wayne au nom de cow-boy symbolique l'avoue :.. « Sous prétexte de traverser l'Amérique, ils s'apprêtaient tous à entreprendre un safari beaucoup plus long autour du périmètre de leur propre crâne ».. Il s'agit en effet avec Ballard de questionner les substrats mythiques qui tissent notre présent afin de dégager une vision plus authentique de la réalité.. En particulier il tente de situer à leur place les images publicitaires, les mythes médiatiques et leurs représentations mentales plus ou moins intériorisées, à l'aide de quoi nous pensons le monde et la réalité, celle que nous imposent les paysages technologiques qui composent notre horizon.. La SF comme mythologie de la révolution industrielle.. Toute société vit et prolifère sur un substrat de mythes.. La littérature n'en est que l'exploitation, la dérivation ou encore une mise en travail qui engendre de nouvelles escales dans un projet sans fin.. On a vu des mythes resurgir dans des contextes neufs, comme celui où Prométhée renaît sous la forme de Frankenstein.. Mais tous les mythes ne relèvent pas d'anciens récits, ou de civilisations disparues.. Les figures de Faust et de Don Juan naissent en Occident en plein.. xvi.. siècle, celle de Robinson Crusoë au.. xviii.. (devenu, lui aussi, un mythe, il sera exploité par Ballard dans.. ) On ne peut voir en eux des variantes de mythes anciens.. De même, le.. xx.. siècle verra naître les.. cargo cults.. en Micronésie dans vers la fin des années 1940.. Par ailleurs, des notions, des idées peuvent s'incarner en mythe, celui du Progrès par exemple, ou celui de l'uniformité d'une “nature humaine” — aux traits calqués sur les clichés concernant la classe moyenne occidentale.. Les relations amoureuses et guerrières entretenues par les dieux et déesses des mythes grecs ont engendré une mythologie — vaste conglomérat qui sert de “mère des récits” à toute la littérature grecque d'abord, occidentale ensuite.. Il en va de même des noces renouvelées au.. siècle entre le mythe du progrès et celui de la science, qui donnent une couleur nouvelle aux figures de Faust et de Prométhée.. Leurs aventures engendrent une mythologie nouvelle où les figures incarnant la science, les savants, la technologie, dans leurs interrelations à divers niveaux construisent un imaginaire, romantique et positiviste à la fois, c'est-à-dire une mythologie de la révolution industrielle.. Elle sera illustrée par cette branche de la littérature qui deviendra la science-fiction.. Au début de ce siècle l'immense production SF des.. pulps.. aux USA, illustrera l'impact de cette irruption de la technologie dans le champ culturel de l'imaginaire.. D'innombrables écrits y réactualisent les thèmes et les clichés que la littérature issue de la colonisation européenne avait appliqués aux “sauvages” qui peuplaient l'Afrique ou l'Asie.. La SF d'alors les pare de couleurs chatoyantes et de variations exotiques sans nombre — en les projetant sur grand écran galactique.. Pour ce faire cette SF qui atteint son âge d'or dans les années 30 mettait entre les mains des humains “civilisés”, et donc porteurs des valeurs occidentales, des armes capables de détruire des systèmes solaires, la maîtrise de l'antimatière, des vaisseaux longs de milliers de kilomètres, et des raccourcis leur permettant d'aller d'un bout de l'univers à l'autre.. Parallèlement Hollywood sous la direction de Goldwyn, Mayer, Zukor, émigrants juifs venus d'Europe centrale, réussissait à promouvoir une image du “rêve américain” proche de leurs fantasmes mais qui finit par conquérir l'imaginaire du monde entier.. Plus tard d'autres ironiseront sur ces conquêtes, scientifiques, mercantiles ou guerrières : on reconnaîtra Robert Sheckley.. D'autres encore mettront en scène le gâchis humain résultant des “dommages collatéraux” de ces brillantes épopées — comme Ray Bradbury ou Clifford Simak.. Mais ces critiques sortaient rarement d'un cadre mythologique lié aux valeurs de l'impérialisme étatsunien illustré par l'imagerie hollywoodienne, et dont la SF avait illustré les contours.. Ballard, qui appartient à une autre génération et à une autre culture que l'étasunienne, tentera un saut hors de cette mythologie hollywoodienne, qui d'ailleurs ne correspond plus à la société dite “post-industrielle”, aux contours flous.. La science fiction et l'âge post-industriel.. La seconde moitié du.. siècle a en effet vu la naissance en Occident d'une société présentée comme “post-industrielle”.. Ce changement, aux contours peu précis mais aux effets lourds en termes sociaux, a entraîné de nombreux bouleversements dans les comportements, les valeurs et les relations humaines.. Ces transformations ont entraîné une crise de la représentation fictionnelle.. Les convulsions, qui en résultent ont des effets culturels.. Comme le dit Lyotard :.. « Les sociétés occidentales développées sont alors entrées dans l'âge post-industriel, et les cultures de ces mêmes sociétés dans l'âge post-moderne ».. Ce bouleversement a entraîné une distance critique, qu'illustre Ballard, par rapport aux mythes qui sous tendaient les représentations précédentes issues de l'ère industrielle — comme le celui du progrès social lié à l'avancée des savoirs.. Plus qu'un autre domaine littéraire, la science-fiction, qui avait été depuis Jules Verne le lieu de figuration fictionnelle de cette idéologie de la science dans la société industrielle, se trouve alors prise dans les convulsions correspondant à la crise de ce que J.. Lyotard nomme les métarécits.. Il s'agit de ces cadres “impensés” présentées comme des “allant de soi” et qui légitimaient le savoir scientifique ainsi que son utilisation technologique et idéologique dans le cadre du complexe mythique du “progrès de la civilisation”.. Ces métarécits servaient de cadres de référence implicites, le récit s'y coulait et se situait dans le moule “réaliste” ou “naturaliste”.. Or ces cadres vont eux aussi devoir changer après le changement de paradigme dans lequel se trouve.. « la culture après les transformations qui ont affecté les jeux de la science, de la littérature et des arts, ce passage est commencé depuis les années 1950 ».. Ballard est un de ces auteurs de SF qui, confrontés à l'émergence de la culture de l'âge post-industriel, ont tenté avec un certain succès de créer des fictions qui mettaient en travail critique la mythologie de l'ère industrielle, tout en avançant sa propre poétique, en utilisant à sa manière quelques bribes de ces mythes issus de la SF traditionnelle afin de situer les lecteurs dans la nouvelle réalité et pour en “conscientiser le contexte technologique”.. Ballard iconoclaste de la SF.. Ballard commence à publier ses récits en 1956.. Si la SF des USA, hollywoodienne, demeurait dans le sillage d'avant la guerre, le monde, vu d'Angleterre et après Hiroshima, ne pouvait plus être saisi dans cette optique euphorisante.. L'alliance alchimique entre l'image de la science et celle du progrès, qui avait nourri l'époque industrielle se rompait, tandis que s'écornait, avec la guerre du Việt Nam la pureté naïve du “rêve américain”.. Les premiers textes de Ballard sont des nouvelles dont l'ensemble formera au fil des années l'univers de.. Vermillon Sands.. Plus qu'un futur ce sont là des paysages d'ailleurs.. Un ailleurs d'après la fin, ou un cul-de-sac, de l'Histoire telle qu'on la connaît.. Aucune machine n'y joue un rôle sauf celles qui serviraient à sculpter des nuages.. Le tout construit l'image d'un univers décadent, qui présente la consistance des montres molles de Dali, et où vivent, dans un temps imprécis et selon un rythme très vague, des esthètes plus ou moins contemplatifs.. Si Ballard, comme les auteurs  ...   etc.. Paysages technologiques aussi, comme cette ville de New York redevenue à l'état de friche urbaine, Las Vegas et ses néons reconstitués, son Frank Sinatra holographié etc.. Mais ces paysages n'ont pas une fonction ornementale.. Ils sont les équivalents plastiques des états intérieurs de Wayne.. De même la jungle, les safaris, les hélicoptères de combat et les lancements de fusées chargées de bombes atomiques forment l'équivalent idéologique des états psychiques du président Charles Manson.. Le roman articule, par les personnages mis en situation, ces trois niveaux, en court-circuitant le niveau intermédiaire, purement fonctionnel.. Il n'a pour mission que de rendre possible la rencontre entre la production mythique des médias et les espaces intérieurs, les rêves des personnages.. Entre les mythes sociaux qui sont des fantasmes collectifs et les rêves personnels qui sont des mythes privés.. De cette rencontre naît la démythification critique des réalités médiatiques, leur mise à nu en tant que vecteurs d'une idéologie ici dépassée.. Nous assistons à leur mise en pièce, à leur dénonciation burlesque de cache-sexe d'une pseudo universalité — laquelle n'était en fait que le masque d'un impérialisme aboutissant à une “macdonaldisation” de la nature humaine.. Ballard ou une poétique du mythe.. La SF traditionnelle donnait corps à une mythologie de la science, qui confortait une my(s)t(h)ification de l'“occidentalisation du monde”.. Après d'autres, Ballard, par une mise en scène distanciée des matériaux de cette SF, permet une lecture critique de ces anciennes mythologies, rendues à leur naïve fonctionnalité idéologique.. Fort heureusement, il ne s'en tient pas là, et on peut montrer comment tout au long de son œuvre, il prend de plus en plus conscience, et rend de mieux en mieux palpable une dimension poétique, qui est le propre des mythes authentiques qui font signe vers du sens.. En effet, ce qui caractérise les mythes, outre leur fonction étiologique et axiologique, c'est l'aspect — arbitraire au premier abord — des matériaux employés, à savoir que tout peut y avoir une place.. C'est aussi leur forme “délirante”.. Comme le signale Lévi-Strauss.. « Tout peut arriver dans un mythe ; il semble que la succession des événements n'y soit subordonnée à aucune règle de logique ou de continuité ».. Ballard va utiliser, pour construire sa version personnelle du mythe, les matériaux issus de la SF ancienne — l'espace, le temps, les fusées, les astronautes, les expériences extrêmes etc.. Il va les détourner de leur dimension héroïque — il sera question d'Astronautes morts, de Cage de sable, de cimetières de fusées.. Mais il ne s'en tient pas à cette simple mise à distance critique.. Il ne se contente pas comme Sheckley d'ironiser ou d'en composer une satire d'un comique grinçant, ou comme P.. Dick de montrer l'abyssale folie meurtrière de l'univers paranoïaque ainsi engendré.. Ballard montre plutôt comment les débris des mythes anciens de la SF hantent le présent comme des spectres, ou plutôt comme les débris des capsules spatiales et des bouts de fusées qui polluent le ciel.. Cette dernière version des mythes de la SF traditionnelle va permettre de saisir les anciennes versions sous un angle qui en enrichit la signification, et qui propose une ouverture étrange et poétique sur le présent.. Le mythe de l'Amérique, le “rêve américain”, va se trouver, dans.. , réduit à un certain nombre de signes — pour ne pas dire de clichés.. Mais dans son contexte décalé, il va permettre de manifester qu'il n'était qu'un fantasme collectif, construit de manière plus ou moins volontaire, plus ou moins consciente par Hollywood et utilisé abusivement par les technostructures des complexes militaro-industriels.. Dépouillés de leur aura, les USA — qui se prétend “l'Amérique” — ne sont plus qu'un désert et un cimetière lorsque les émigrants de l'ancien monde retournent chez eux, après en avoir épuisé les ressources énergétiques.. Ce décalage temporel nous met — en tant que lecteurs actuels — en face de ce fameux “rêve américain” ainsi démythifié.. Ballard transcende cette réalité nouvelle et assez pitoyable qui s'offre aux yeux de ses explorateurs.. Il le fait dans le cadre d'une écriture de la nostalgie.. Nostalgie qui porte peut-être d'ailleurs sur les USA mythifiés.. Notons cependant que ses héros revisitent le “rêve américain” comme lui même revisite les mythes liés à la SF traditionnelle.. Il le fait dans le cadre d'une poétique de la description des objets et des images, saisie dans les regards des personnages.. On ne peut dire s'ils voient les choses décrites ou s'ils en sont si imprégnés que ces choses qui sont sous leurs yeux font partie d'eux-mêmes.. Comme si leur univers intime ne se distinguait plus de ces objets, de ces paysages, de ces surimpressions :.. « Wayne s'immergea délibérément dans le paysage qui l'entourait » (p.. 61).. Les descriptions renvoient en fait au fonctionnement même de leur imaginaire qui est celui du texte.. Comme le signale le narrateur omniscient.. « Ils n'avaient de comptes à rendre qu'à leurs propres rêves, et aux exigences de leurs terminaisons nerveuses » (p.. Ballard, de même, n'a de comptes à rendre qu'à son propre texte, à son désir d'écrire, ainsi que celui de donner à voir la réalité actuelle qu'il propose au travers du nouveau prisme de cette production fictionnelle.. Cela signifie que le texte, dans cette nouvelle dimension de la SF, est à la fois et de manière consubstantielle un objet littéraire (un artefact) et le moyen d'une visée poétique.. En tant qu'artefact littéraire il utilise les matériaux venus du quotidien, des figures de la SF traditionnelle, et des images de ses propres intérêts, sinon de ses propres rêves, afin de composer par coalescence l'image d'une réalité proposée comme authentique.. En tant que visée, il recrée ce qui selon lui devrait être celle de la science-fiction (ou de toute autre branche de la littérature) à savoir, la révélation de la réalité actuelle en tant qu'elle demeure énigmatique.. Le texte vise à construire cette vision neuve de la réalité, qui questionne et utilise les mythes précédents qui ont servi de support à une conception du monde dépassée, mais qui n'est pas morte.. C'est ce questionnement, cette mise en travail des substrats mythiques du passé qui fondent la démarche de Ballard et la justifient.. Se construit ainsi, pour Ballard, dans le cadre de cette science-fiction perçue comme une nouvelle mythologie, une version authentiquement fictionnelle des rapports qu'entretiennent le désir de savoir, les rêves de pouvoir et la nostalgie des Edens.. Ils apparaissent en filigrane dans les paysages fin de siècle, ou plutôt fin de l'Histoire qui constituent Vermillon Sands.. Il s'agit sans doute là d'une tentative de SF dans l'ère post-industrielle.. Les textes de Ballard forment sans doute un ensemble qui contribue à préciser un moment historique, dans la perspective d'une poétique des mythes futurs.. Les Cahiers du sud.. , nº 317, juin 1953.. Le chapeau est intitulé : Une mythologie moderne.. Ballard (J.. : Hello l'Amérique.. Denoël, 1981, p.. 81.. ibid.. , p.. ) :.. l'Île de béton.. Calmann-Lévy.. Gabler(Neal) :.. an Empire of their own — How the Jews invented Hollywood.. Doubleday, 1989.. Like the movies — How entertainment conquered reality.. Knopf, 1998.. Lyotard (Jean-François) :.. la Condition post-moderne.. Minuit, 1979, p.. 7.. ibid,.. 11.. Forest (Fred) : Contre l'art contemporain, officiel, pour un art actuel.. In.. CO.. -.. Incidences.. , nº 11, 1995, p.. 49.. Saint-Gelais (Richard) :.. l'Empire du pseudo — Modernités de la Science-Fiction.. Québec : Nota Bene, 1999.. Titres de nouvelles de Ballard : les Statues qui chantent , la Cage de sable , Prima Belladonna, Le Vinci perdu , la Plage terminale.. Opposer à des titres de SF classique :.. les Rois des étoiles.. les Chroniques martiennes.. le Monde englouti.. le Vent de nulle part.. Burroughs (William S.. ), in.. UGE, 1981 : « Le but de mon écriture est de révéler, de dénoncer et d'arrêter tous les criminels Nova… Avec votre aide nous pouvons occuper le studio de réalité » (p.. 11).. Louit (Robert).. Ballard in.. le Livre d'or de la Science-Fiction.. 1980 p.. 14.. Ce.. Livre d'or.. offre aussi une excellente bibliographie des textes de Ballard jusqu'en 1979.. Latouche (Serge) :.. l'Occidentalisation du Monde.. la Découverte, 1988.. Lévi-Strauss (Claude) :.. Anthropologie structurale.. Plon, 1958, p.. 229.. Ce sont des titres de nouvelles de Ballard.. l'Astronaute mort , la Cage de sable , l'Ultime cité , Visa pour la réalité.. samedi 9 février 2002 —.. lundi 11 février 2002..

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  • Title: ´Eidôlon´, nº 73, novembre 2006 | Bibliographie | Quarante-Deux/exliibris
    Descriptive info: fr/zj.. France → Pessac.. Presses Universitaires de Bordeaux.. , nº 73, novembre 2006.. Fictions d'anticipation politique.. Michel Prat Alain Sebbah.. Presses Universitaires de Bordeaux, 2006.. titre :.. Michel Prat.. Alain Sebbah.. Sylvie Castets.. France › Pessac :.. deuxième trimestre 2004 [quatrième trimestre 2006] (novembre 2006).. , ISBN 2-903440-73-5.. 360 pages, broché, 16×24 cm.. Comporte un avertissement et un avant-propos.. bnf.. pub.. u-bordeaux3.. frxlii475RFKUaXiEpZXkwXCnfDlKFSE5.. contenu :.. 5 →.. Gérard Peylet.. [avertissement sans titre].. (2006).. 3, 7‑357 →.. [Collectif].. 9‑17 →.. [avant-propos sans titre].. Introduction.. 21‑28 →.. 29‑48 →.. Philippe Clermont.. De la rupture utopique : écriture et représentations du politique dans des récits contemporains de Science-Fiction féminine.. 49‑58 →.. Kawthar Ayed.. la Fiction d'anticipation arabe sous les auspices du cauchemar.. la Rupture avec l'Ancien Monde.. 62‑81 →.. Claude-Gilbert Dubois.. « Qu'adviendra-t-il si… demain redevient avant-hier ? » : expérimentations de politique-fiction dans.. Malevil.. (1972) de Robert Merle.. 83‑93 →.. Ana-Maria Binet.. une Utopie ibérique :.. le Radeau de pierre.. , de l'écrivain portugais José Saramago.. 95‑112 →.. Paskine Sagnes.. Laurent Viala.. Nous autres.. d'Eugène Zamiatine ou la pensée critique d'un humanisme technique.. 115‑122 →.. Sébastien Boatto.. Terminator.. : réécrire l'Histoire pour anticiper l'avenir.. 123‑136 →.. Comment anticiper le politique  ...   Construire les ruines du possible.. Anticipation politique et jeux de places dans la fiction volodinienne.. 191‑205 →.. Marc Atallah.. Nouvelle Vie™.. de Pierre Bordage : l'exploitation du génome humain peut-elle tuer l'Humanité ?.. une Dimension prophétique.. 209‑220 →.. Florence Boulerie.. Violence du juste en utopie : le pouvoir éclairé selon Louis-Sébastien Mercier.. 221‑234 →.. François Guiyoba.. Joseph Conrad, un prophète de la modernité géopolitique.. 237‑252 →.. Agnès Lhermitte.. la Terreur future.. de Marcel Schwob : un conte de politique-fiction.. 253‑262 →.. Robert Kahn.. Anticipation politique et prolifération :.. Camp de concentration.. , de Thomas Disch.. 263‑288 →.. Hubert Desmarets.. Do androids reflect politic schemes?.. Humanité artificielle, anticipation et idéologie, à l'écrit ou à l'écran, ces dernières décennies.. la Question du pouvoir.. 291‑316 →.. Alissa Le Blanc.. Visages de la technique dans.. Héliopolis.. d'Ernst Jünger.. 319‑329 →.. the Iron heel.. , de Jack London, premier roman d'anticipation politique ?.. 331‑347 →.. Anna Saignes.. Chacun voit.. Big Brother.. à sa porte (échos orwelliens dans.. les Géants.. de J.. M.. Le Clézio,.. la Petite apocalypse.. de T.. Konwicki et.. le Voyage d'Anna Blume.. de P.. Auster).. 349‑357 →.. Natacha Vas-Deyres.. Globalia.. : le pouvoir diffus ou les dérives de l'intégrisme démocratique.. org/exliibris/editions/Pessac/Presses_Universitaires_de_Bordeaux/Eidolon/Eidolon_73..

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  • Title: Fabrice Lardreau | Bibliographie | Quarante-Deux/exliibris
    Descriptive info: fr/tV.. → Fabrice Lardreau.. Fabrice Lardreau.. frxlii2ZuPRQrTaKlwQusgKHXhwu2iyGn.. Rédactionnel.. Articles.. Portrait d'un génie en 3D.. 2006.. Transfuge.. , nº 13, novembre-décembre 2006, p.. 62‑65.. Entretiens.. Dick addict.. : entretien sur l'œuvre avec Philippe Curval.. 66‑70.. Entretien avec Alasdair Gray, chef de file de l'École de Glasgow.. 2005.. , nº 5, janvier 2005, p.. 21‑22.. Responsabilités éditoriales.. Anthologies critiques, dossiers et catalogues.. Dossier Philip K.. 60‑79, sous la responsabilité de : Fabrice Lardreau,.. Robert Louit.. Hubert Prolongeau.. (création : 17 octobre 2006).. org/exliibris/oeuvres/l/Fabrice_Lardreau..

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  • Title: "Dick addict : entretien sur l'œuvre avec Philippe Curval" par Fabrice Lardreau | Bibliographie | Quarante-Deux/exliibris
    Descriptive info: fr/uL.. rédactionnel, entretien, 2006, français.. Philip K.. frxlii9ct8WdCTrtY2kORz1xdr5oL0g0H.. 66‑70, illustré par :.. Riad Sattouf.. (création : 4 novembre 2006).. org/exliibris/oeuvres/l/Fabrice_Lardreau/Entretien_avec_Philippe_Curval_a_propos_de_Philip_K.. _Dick_(2006)..

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