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    Archived pages: 1235 . Archive date: 2013-12.

  • Title: Surréalisme et Science-Fiction | Quarante-Deux/Articles de Philippe Curval
    Descriptive info: curval.. Quarante-Deux : les Archives stellaires.. Philippe Curval : chroniques, entretiens et articles sur la.. fr/iz.. :.. ››.. Articles.. ›› Surréalisme et Science-Fiction.. Articles de.. Surréalisme et Science-Fiction.. café littéraire, Convention française de Science-Fiction, Nancy, 16 avril 1998.. article de.. par ailleurs :.. biblio.. Pour la plupart d'entre vous, sans doute, le Surréalisme est une vieille aventure ensevelie sous la poussière de l'Histoire.. Vous vous demandez ce que la Science-Fiction peut bien lui redevoir.. Pour d'autres, au contraire, le terme de "surréaliste" représente une exclusive lancée sur des romans de SF qui n'obéiraient pas à certaines normes théoriquement implicites au genre.. Les doctrinaires invétérés qui lancent ces “fatwās” affirment ainsi qu'il est difficile, voire impossible de rattacher ceux-ci à la Science-Fiction parce que leurs auteurs n'utilisent pas systématiquement l'anticipation scientifique pour construire leur récit ou n'usent pas d'alibis technologiques pour structurer leur fiction.. Je ne m'attarderai pas à répondre à ce sujet.. Norman Spinrad l'a fait bien mieux que moi en soutenant que la Science-Fiction est définie par le label de la collection où le livre paraît.. Arbitraire et réjouissant.. Refuser de voir l'étroite relation qui existe entre SF et Surréalisme, c'est oublier que, dans l'esprit des media, en particulier dans le journal télévisé, "c'est surréaliste !" équivaut à peu de chose près à "c'est de la Science-Fiction !".. Il s'agit pour celui qui emploie ces locutions de nier la valeur positive d'un fait, d'en souligner la joyeuse stupidité, à la rigueur de démontrer qu'il est absurde, improbable ou si singulier, qu'il n'entre pas dans le champ du vécu.. Les gens normaux s'abstiendront donc de le considérer comme sérieux.. Les amateurs de SF devraient s'interroger sur le sens de cette proximité sémantique.. Peut-être que Surréalisme et Science-Fiction ne participent pas au même combat, mais ils sont placés sur le même front.. C'est négliger surtout que le Surréalisme, apparu — comme la SF — au début de ce siècle, fut le dernier mouvement artistique et littéraire d'importance internationale dont le rayonnement fut si profond, la descendance si profuse que leurs conséquences ont modifié la société, les comportements humains, jusqu'à accoucher de Mai 68 et de toutes ses séquelles culturelles.. La publicité, le cinéma, la littérature, les arts plastiques l'ont si bien assimilé que son empreinte n'est plus devenue lisible, qu'elle se confond avec l'ensemble de la création.. Au point que les intellectuels officiels ou bien pensants nient son influence passée et actuelle parce qu'il dérange encore.. Comme la SF, d'ailleurs, qui fait “mauvais genre”.. Ce qui entraîne le déclenchement d'un processus bien connu de mise entre parenthèses culturelles de textes essentiels, qui ont séduit des générations de lecteurs, en les écartant de l'histoire de la littérature, en les marginalisant.. A contrario.. , il suffit d'entendre les représentants de l'.. establishment.. littéraire affirmer qu'« il ne s'agit pas de Science-Fiction » quand ils parlent d'une œuvre de qualité qui en fait pourtant partie intégrante, comme.. 1984.. ou.. le Festin nu.. , les romans de Pierre Boulle ou de Robert Merle, pour deviner où le bât blesse.. Quand on reste sur le quai après le départ du train, il est toujours facile d'affirmer qu'il n'est pas passé.. En France, les ravages du cartésianisme sévissent plus que jamais.. « Qu'est-ce que le cartésianisme, encore un coup ? C'est la suppression du monde intelligible.. ».. écrit Michel Serres.. Mon père, qui allait beaucoup plus loin encore dans ce domaine, disait :.. « Je ne crois même pas ce que je vois.. Comment voulez-vous que des romans qui traitent de l'avenir en gestation aient droit de cité dans notre pays ?.. À l'inverse, je ne crains pas de prétendre que le Surréalisme a inspiré un grand nombre d'écrivains, d'illustrateurs dans le monde entier, en particulier dans le domaine de la Science-Fiction, d'autant que cette dernière est née officiellement quelques années plus tard, 1926 au lieu de 1922.. Leur aventure parallèle est inextricablement mêlée, même si la SF a surtout influencé les couches populaires, tandis que le Surréalisme a essentiellement concerné les élites avant de diffuser plus largement ses images et ses textes dans le public.. C'est le sort commun des mouvements d'avant-garde.. Mais soyez sans inquiétude, mon propos n'est pas d'établir une thèse dogmatique tendant à prouver que la Science-Fiction ressortit au Surréalisme, ou.. vice versa.. La première raison m'en semble évidente : la SF n'a pas eu besoin du Surréalisme pour exister.. La seconde tient qu'au plan théorique, l'art du roman est incompatible avec le Surréalisme.. En effet, André Breton, sans qui le mouvement n'aurait pas défini ses marques avec tant de précision, a toujours fait part de son mépris pour la fiction romanesque.. « La poursuite isolée de la stupide aventure littéraire ».. disait-il, en la considérant comme inapte à exprimer la pensée surréaliste, ne serait-ce justement que par le besoin d'introduire des méthodes de reconversion formelles ou psychologiques pour obtenir un effet narratif.. « Permettez-moi de cracher sur Edgar Poe ».. précisait-il à propos de l'un des fondateurs historiques de la fiction spéculative,.. « parce qu'il a doté le monde d'une méthode policière.. Ce qui ne l'a pas empêché de placer cet auteur dans son panthéon personnel des écrivains pré ou para-surréalistes réunis dans son.. Anthologie de l'humour noir.. « Chez lui, l'humour noir éclate nerveusement du conflit entre les facultés logiques exceptionnelles, la haute tenue intellectuelle et les brouillards de l'ivresse.. Et même d'admettre plus tard :.. « Dans le domaine littéraire, le merveilleux est seul capable de féconder des œuvres ressortissant à un genre inférieur tel que le roman.. N'a-t-il pas salué après la guerre.. Au château d'Argol.. , de Julien Gracq, comme un texte essentiel :.. « Où, sans doute, pour la première fois, le Surréalisme se retourne librement sur lui-même pour se confondre avec les grandes expériences sensibles du passé et évaluer, tant sous l'angle de l'émotion que celui de la clairvoyance, ce qu'a été l'étendue de sa conquête.. Quelle est cette conquête si ce n'est celle de la fiction romanesque ?.. Ce n'est pas ces contradictions qui me décideront à classer un roman ou une nouvelle de SF parmi les œuvres surréalistes.. Je me contenterai de souligner des voies convergentes, de lancer des ponts sulfureux entre les genres, de relever des démarches parallèles et surtout de souligner les rapports étroits que certains auteurs de SF, et non des moindres, entretiennent, volontairement ou non, avec le mouvement, de soulever quelques idées fortes à propos de procédés et d'idées communes, comme l'emploi de l'écriture automatique, de l'écriture au service de la révolution, de l'onirisme, du hasard objectif, de l'humour noir, de l'image métaphorique, de l'objet à fonctionnement symbolique.. Mais d'abord, qu'est-ce que le Surréalisme ? Vaste programme, direz-vous quand on connaît le nombre de thèses et de commentaires parus à ce sujet.. Je ne souhaite pas encombrer les rayons des bibliothèques.. Aussi recourrai-je encore à André Breton pour indiquer l'essentiel de la démarche surréaliste plutôt que d'ajouter ma propre définition.. Voici deux citations extraites du premier et du second manifeste :.. « Si les profondeurs de notre esprit recèlent d'étranges forces capables d'augmenter celles de la surface, ou de lutter victorieusement contre elles, il y a tout intérêt à les capter, à les capter d'abord, pour les soumettre ensuite, s'il y a lieu, au contrôle de notre raison.. Cette entreprise peut passer pour être aussi bien du ressort des poètes que des savants.. « Il est inadmissible que le rêve, part considérable de l'activité psychique, puisque la somme de l'activité mentale nocturne n'est pas inférieure à la somme des moments de réalité, ne soit pas considéré avec la même attention par le chercheur où l'écrivain.. Et celle-ci qui me semble fort éclairante :.. « Tout porte à croire qu'il existe un certain point de l'esprit d'où la vie et la mort, le réel et l'imaginaire, le passé et le futur, le communicable et l'incommunicable, le haut et le bas cessent d'être perçus contradictoirement.. Or, c'est en vain qu'on chercherait à l'activité surréaliste un autre mobile que l'espoir de détermination de ce point.. Ne sommes-nous pas, là, tout proches de.. Philip K.. , qui n'hésitait pas à avancer cette définition :.. « la SF est un méta-monde fermé sur une méta-Humanité, une nouvelle dimension de nous-mêmes et une extension de notre sphère de réalité tout entière, elle ne connaît de ce point aucune limite.. Ne s'est-il pas livré, avec.. Ubik.. en priorité, à une prodigieuse démonstration littéraire de ce que pourrait être le roman de Science-Fiction surréaliste idéal, s'il en existait un.. Ici, même les morts ont un inconscient où ils puisent les raisons de créer un pseudo-futur.. Ceci n'est qu'une hypothèse sans fondement.. Mais pourquoi donc ne pas accorder au rêve ce qu'on refuse parfois à la réalité.. Pour moi, il est indiscutable que les images mentales provoquées par le choc du futur, de l'autre, de l'ailleurs sur l'esprit humain, appliquées à n'importe quelle sphère de réalité, scientifique, culturelle ou sociologique, jouent, en Science-Fiction, un rôle similaire à l'exploitation du rêve par les surréalistes.. Le professeur Jouvet, l'un des plus grands spécialistes mondiaux sur le rêve et le sommeil, n'a-t-il pas déclaré récemment :.. « Le cerveau semble capable, grâce aux images mentales du rêve, de préparer des réseaux de neurones pour pouvoir les utiliser dans l'avenir.. On peut dire : je rêve donc je serai.. Quelle coïncidence !.. Il s'agit dans les deux cas de révélations parallèles, voire incidentes à la contingence que l'on cherche à verbaliser.. Dans les deux cas, le propos est de faire sauter l'énorme bloc de rocher qu'est la mémoire pour accéder à un au-delà des connaissances, à faire exploser les catégories du réel pour faire apparaître des mondes, des civilisations, des créatures, des objets différents.. Donc des relations de cause à effet qui jouent sur le hasard objectif.. Cette forme de hasard apparent identifié par les surréalistes s'inspire de la causalité.. Tout individu prépare ou déclenche inconsciemment des séries d'événements qui déterminent un ou plusieurs faits auxquels il sera peut-être confronté.. Par exemple, vous lancez une bouteille à la mer dans votre enfance, au cours de vacances à Cabourg, dans laquelle un message est enfermé.. Si jamais vous la retrouvez quarante ans plus tard rejetée par le ressac sur une plage des Aléoutiennes où vous séjournez, vos chances de vous souvenir du texte et même de l'avoir écrit et confié à la mer sont quasiment nulles.. Et pourtant, en le lisant, vous aurez l'impression d'être frappé par le destin, et vous changerez peut-être votre manière de vivre ou de penser sans percevoir le lien personnel qui vous rattache au message.. Cette sorte de hasard à travers quoi se manifeste encore très mystérieusement pour l'Homme une nécessité qui lui échappe, bien qu'il l'éprouve comme une nécessité vitale.. Rien n'exprime mieux ce sentiment que le roman d'Edgar Rice Burroughs.. Souvenez-vous de John Carter considérant l'espace nocturne et souhaitant s'envoler vers Mars où son destin s'accomplira.. Vous voyez qu'à l'instar du Surréalisme, la Science-Fiction entre dans le champ du hasard objectif.. Elle décrit des univers ou des situations improbables dont, bien souvent, le héros porteur d'idées ou d'idéaux devient le.. deus ex machina.. parce qu'il détient, consciemment ou non, les clés du problème.. Ainsi en est-il depuis le prototype archaïque d'Edmond Hamilton, dans.. les Rois des étoiles.. , où un petit employé new-yorkais devient le prince d'un empire galactique et se retrouve au premier rang d'un conflit, porteur d'une arme fabuleuse dont il ignore le maniement.. Jusqu'à.. l'Homme des jeux.. , d'Iain M.. Banks, où le plus grand joueur de l'Humanité vient d'accepter un pari insensé : battre sur son propre terrain le peuple d'Azad, qui s'affronte au cours d'un tournoi fabuleux pour choisir son empereur.. Ou encore,.. l'Énigme de l'univers.. de Greg Egan, où Violet Mosala réunit les plus grands scientifiques de la planète afin de dévoiler sa Théorie du tout, qui mettra un point final aux interrogations de la science, et ouvrira sans doute des pistes à propos de notre vrai rôle dans la mécanique cosmique.. Dans la réalité contingente, le déterminisme culturel qui préside à l'élaboration de notre personnalité nous empêche d'échapper à notre classe, à notre environnement social, artistique, moral, politique, philosophique, poétique et économique.. Il est nécessaire d'atteindre un point de rupture, un moment de “génie” pour nous dépasser, pour oublier ce poids d'humanité qui nous condamne depuis les origines à survivre au ras de l'entendement.. Si nous ne demeurons que le quotient de la somme des personnalités d'un groupe divisé par la médiocrité, si nous restons englués dans le “présent”, notre faculté de nous libérer est inhibée par l'historicité.. Le cerveau se défend lui-même contre les processus désintégrant.. Seule la commotion prématurée d'une intelligence avec une image perturbée du réel issue ou non de l'inconscient peut l'amener à muter.. En somme, transmuer en réalité les fantaisies du désir, selon Freud.. Et par quel moyen essentiel pour Breton et les siens ? L'automatisme sous toutes ses formes, en particulier l'écriture, car :.. « La grande valeur des textes automatiques tient, en effet, à ce qu'ils sont susceptibles de nous livrer des étendues logiques particulières ; celles, très précisément, où jusqu'ici la faculté logique, exercée en tout et pour tout par le conscient, n'agit pas.. Voilà où le Surréalisme selon Breton et la Science-Fiction selon l'usage s'opposent en principe.. J'insiste sur le “en principe”, car il n'est pas difficile de prouver le contraire.. Par exemple en affirmant que le conscient n'exerce que très imparfaitement son influence sur l'avenir et que le fameux “hasard objectif” déjoue les hypothèses les plus rigoureuses des futurologues ou autres prospectivistes.. L'écrivain de SF ne prétend jamais définir l'avenir ; il en propose des versions conjecturales forcément aléatoires, même si elles semblent artificiellement extrapolées à partir de l'interprétation de phénomènes contemporains.. Par exemple, aussi, en voyant comment les procédés “automatiques” décrits par Raymond Roussel dans.. Comment j'ai écrit certains de mes livres.. se retrouvent chez Van Vogt, Ian Watson et moi-même.. Roussel me paraît sans conteste l'écrivain qui illustre le mieux les rapports intimes entre Surréalisme et Science-Fiction.. Dans les années 1920, ce milliardaire excentrique faisait représenter à grands frais des pièces de théâtre ahurissantes comme.. la Poussière de soleils.. , que les critiques assassinaient et que les surréalistes acclamaient.. Inventeur du.. camping-car.. , il parcourait l'Europe et y invitait les chefs d'état à dîner.. Il voyageait en paquebot à travers la planète sans jamais ouvrir le hublot de sa cabine.. Mais aucun esprit impartial ne peut contredire que sa familiarité spirituelle avec Jules Verne l'a conduit, malgré le “dérèglement du sens” qui se dégage de ses textes, à produire le meilleur de l'anticipation scientifique.. « Étonné d'abord qu'une simple luminosité impalpable eut la force d'entamer la peau, Canterel […] ».. L'irremplaçable savant Martial Canterel de.. Locus solus.. avait, grâce aux “émerauds”, inventé dès 1914 tout à la fois le rayon laser et son utilisation en chirurgie, ainsi que le faisait remarquer Philip Goy.. Nul ne peut contester la qualité de l'analyse, puisqu'elle provient à la fois d'un scientifique et d'un écrivain de SF.. Dans la même œuvre, Raymond Roussel donne entre autres à son génial Canterel le pouvoir de faire aboutir enfin ce que Freud n'a qu'esquissé et que Greg Egan a exploité jusqu'au délire dans.. la Cité des permutants.. Grâce à la “résurrectine” et au “vitalium”, les morts peuvent revivre indéfiniment les minutes marquantes de leur existence en particulier pour se faire analyser dans leurs glacières vitrées.. Qu'il  ...   La première étape est celle du Léviathan, c'est-à-dire celle de l'État totalitaire — esprit anarchisant, Pawlowski a souvent de curieuses prémonitions sur l'avenir immédiat de la société.. La seconde est dominée par le règne absolu des Savants.. De loin la plus longue, elle nous vaut des descriptions tantôt saisissantes et tantôt désopilantes des inventions de ces savants : remplacement du cerveau, dissociation de la matière, matérialisation de cauchemars à trois dimensions, création de bactéries géantes, fabrication d'homuncules, reproduction de l'espèce par mécanisme extra-utérin, amour industriel, révolte des machines, etc.. La dernière partie ouvre sur l'âge de l'Aigle d'Or, qui est l'Âge d'Éros ressuscité et régénéré, synthèse de toutes les découvertes accumulées par l'Homme mais délivrées de leurs dangers, et, en même temps, pressentiment d'une sorte d'éternité radieuse à travers la “Conscience unique” de la quatrième dimension.. Autant de thèmes que nous retrouverons dans.. de Marcel Duchamp.. Car Pawlowski lui fournissait la réponse cherchée :.. « La certitude de l'hypothétique quatrième dimension marquera une place qui ne saurait rester vide.. écrit-il.. « Et, pour occuper cette place, il faut, ouvrir des possibilités sur la nouvelle façon de penser en modifiant la place de l'observateur relativement à ce qu'il observe.. C'est, sans aucun doute, la première apparition de la physique quantique dans l'histoire de la Science-Fiction.. D'où découle la problématique du.. Grand verre.. basée sur le point de vue, la perspective.. Selon la position de l'observateur — position par rapport à l'objet observé, mais aussi système de référence dont use cet observateur selon qu'il vit dans un monde à deux, à trois, ou à.. n.. dimensions —, la figure se transforme.. Pawlowski accompagne sa démonstration de figures : des carrés et des cercles vus en perspective.. Or, ces schémas, irrésistiblement, évoquent la figure du.. connue sous le nom des.. Témoins oculistes.. Cet exemple particulier pourra, j'en conviens, dérouter les lecteurs de SF, peu habitués à s'intéresser aux interférences entre le monde littéraire et celui des arts plastiques.. Pourtant, on le verra, on peut trouver de nombreuses preuves de l'influence de la peinture surréaliste sur l'imagerie et surtout la littérature de Science-Fiction, en particulier, j'y reviens, chez J.. Ballard.. D'après l'analyse de ce dernier, le roman du.. xx.. e.. siècle ne parvient pas à affronter la réalité extérieure, alors que les arts visuels sont parvenus à affronter et désintégrer les “catégories” que j'évoquais tout à l'heure.. Sa préoccupation essentielle est de traiter le langage littéraire dans les termes les plus visuels possibles.. Dans la plupart de ses romans,.. Crash!.. l'Île de béton.. IGH.. Salut l'Amérique.. en particulier, il utilise des techniques spécifiquement cinématographiques, telles que le.. flash-back.. , le.. zoom.. , le gros plan, pour faire naître des situations qui se veulent l'expression de notre inconscient collectif.. Mais surtout, explique-t-il :.. « Je m'efforce de disséquer le monde où nous vivons.. Bien qu'il ne permette pas de dégager les éléments fonctionnels de l'environnement contemporain, je m'intéresse au Surréalisme parce qu'il représente la première tentative réussie de recomposition du monde extérieur en termes mentaux.. Ce processus a gagné maintenant l'ensemble de la société à travers les.. mass media.. J'essaie donc de reconstituer l'anatomie de cet organisme nouveau dont nous faisons tous partie.. Ceux qui ont lu.. Vermillon sands.. et.. la Foire aux atrocités.. y retrouveront cet espace lumineux propre à la peinture surréaliste.. Maintes nouvelles sont, de son propre aveu, inspirées des peintures de Magritte, Dalí,.. Max Ernst.. , Hans Bellmer, Giorgio De Chirico, mais aussi du.. Pop Art.. américain.. En utilisant ce matériau, Ballard tente de s'approcher du nouveau paysage collectif qui lui apparaît comme une fiction, le réel de la SF contemporaine, et que seuls, à ses yeux, les arts plastiques sont capables de restituer.. « J'ai écrit quelque part que nous vivions tous à l'intérieur d'un énorme roman, mais j'aurais tout aussi bien pu dire à l'intérieur d'un gigantesque tableau.. Plus précisément, nous vivons tous à l'intérieur d'un immense.. show.. multimédia.. Les surréalistes l'ont aidé à accoucher de ses paysages mentaux.. N'en est-il pas ainsi de certains des meilleurs écrivains de Science-Fiction ? Je citerai au hasard, objectif bien entendu, Cordwainer Smith, chez qui l'enchevêtrement des récits dans.. les Seigneurs de l'Instrumentalité.. , ces arborescences qui renvoient toujours à des arrière-mondes inexpliqués, nous donne perpétuellement l'impression qu'ils proviennent de visions arrachées à un lointain futur où son inconscient se serait projeté et que l'auteur s'efforce de dérober à nos regards par le biais de l'écriture.. Le Robert Silverberg des.. Monades urbaines.. , par exemple, dont il est impossible de ne pas considérer les qualités visionnaires, la précision d'entomologiste.. Cette fourmilière humaine sous sa forme urbaine la plus achevée qu'il décrit, au temps de la surpopulation généralisée, ne saurait nous apparaître dans sa plénitude sans les très fortes images qui l'accompagnent, empruntées à ses cauchemars récurrents.. Comment Daniel Galouye aurait-il pu construire des romans conceptuels aussi étranges que.. les Seigneurs des sphères.. l'Homme infini.. sans les visualiser auparavant, en procédant à un rapt surprise de ses images inconscientes.. Quant à.. l'Univers en folie.. , de Fredric Brown, ceux qui connaissent l'art du collage surréaliste ne pourront s'empêcher d'opérer le rapprochement qui s'impose.. C'est en procédant à des juxtapositions contre nature, probablement prélevées sur les couvertures de SF de l'époque, qu'il a mentalement organisé ce capharnaüm pour le transformer en très signifiant imbroglio.. Et que dire de Serge Brussolo, ou de Jacques Barbéri, tous deux auteurs de romans paysages dont les concrétions oniriques, consciemment ou non, puisent à l'évidence dans les profondeurs les plus secrètes de l'imagerie surréaliste.. Sans oublier Jean-Pierre Hubert, dont le.. Champ du rêveur.. Cocktail.. témoignent avec force de la part visuelle de sa thématique du rêve.. Comment négliger la nouvelle évidente de Richard Canal, "Dernier embarquement pour Cythère", dans l'anthologie de Serge Lehman.. Escales sur l'horizon.. , où les girafes de Dalí servent de voiles à l'inspiration.. Je ne poursuivrai pas plus loin cette énumération à caractère trop subjectif.. Comme je l'ai signifié au préalable, mon intention n'est pas de vous convaincre que l'iconographie générale de la Science-Fiction est empruntée au Surréalisme.. Jamais un robot d'Isaac Asimov ni un laboratoire de Gregory Benford ne me sembleront issus d'un tableau de Magritte.. C'est néanmoins par la force des images que s'accomplissent, en Science-Fiction, les vraies révolutions.. Dans cet esprit, j'aimerais insister, quelques instants, sur une autre invention formelle à la portée considérable, due au Surréalisme : l'objet à fonctionnement symbolique.. Parmi les premiers apparus,.. Sex paralysappeal.. de Wilhem Freddie ou.. l'Ultrameuble.. de Seligmann disent assez par leurs noms évocateurs la portée novatrice de leur propos.. L'un des chefs-d'œuvre est sans conteste ce.. Nuage articulé.. que Wolfgang Paalen créa en 1938, qui n'est autre qu'un parapluie paradoxalement doublé d'éponge.. Sans doute aurait-il été utile aux astronautes de.. Ray Bradbury.. [ 1 ].. [ 2 ].. [ 3 ].. , explorant la Vénus pluvieuse de.. l'Homme illustré.. Objets oniriques, objets mobiles ou muets, objets fantômes, objets trouvés qui témoignent de la crise fondamentale dont notre siècle a été témoin, en révolutionnant le rôle technologique de l'objet dans notre quotidien.. Ils ont inscrit à jamais des traces profondes dans nos mentalités.. N'est-ce pas l'un des rôles essentiels de la SF de révéler leurs conséquences futures et d'inventer d'autres objets réels ou virtuels, sujets à de nouvelles spéculations ?.. L'un de mes souvenirs les plus intenses, lors de ma découverte de la Science-Fiction anglo-saxonne, fut "l'Hypnoglyphe" d'un certain John Anthony, nouvelle qui parut dans le nº 4 de.. Fiction.. Il s'agit d'un certain Jaris, grand collectionneur devant l'Éternel, qui présente à l'un de ses amis le joyau de sa collection : un objet extraterrestre qu'il a ramené de Deneb Kaïtos auquel aucune main humaine n'est capable de résister.. Cela ressemble à un vulgaire bout de bois où se remarque un petit creux.. Devant l'incrédulité de son visiteur, Jaris avance que cet objet repose sur les mêmes bases que la glyptique orientale, d'où découle la bijouterie psychique.. En fait, c'est un piège sexuel qui amène doucement le mâle à l'érection généralisée.. L'effet ne se fait pas attendre et l'invité deviendra la victime d'une énorme dénebienne blanchâtre que Jaris a ramenée de son voyage.. C'est sans doute à partir de ce texte éblouissant — je sais, depuis, les enchères de l'imagination ont fait monter les enjeux — que j'ai saisi l'un des rapports intimes entre Surréalisme et Science-Fiction.. Rien de plus significatif à mes yeux que cet objet d'usage magique et utilitaire, machine sensuelle à fonctionnement symbolique, qui conduit à la résolution future de deux états, en apparence contradictoires, que sont le rêve et la réalité.. Si évident dans cet exemple où le désir, généré par les pulsions libidinales de l'inconscient, est catalysé par la matière et le savoir-faire de l'artisan ou de l'artiste, du piégeur.. Les piégeurs de ce type, en Science-Fiction, sont infiniment nombreux et leurs objets spéculatifs prennent les formes les plus audacieuses, les apparences les plus insolites, jusqu'à inclure dans le catalogue des armes et cycles de la SF des concepts encore plus novateurs.. En littérature, leur histoire a commencé depuis longtemps déjà.. En 1880, Pierre d'Ennery parle du galvanomètre de maison qui fait fonction d'aspirateur, de maître d'hôtel et d'appareil à douche.. Parmi les pionniers, Villiers de L'Isle-Adam invente.. l'Ève future.. , Alfred Jarry, dans.. le Surmâle.. , évoque une machine à faire l'amour, Alphonse Allais crée une ribambelle d'inventions saugrenues produites par une imagination poétique qui se situe entre celle de Zénon d'Élée et de Cami : fusil dont le calibre est d'un millimètre où la balle est remplacée par une véritable aiguille pouvant traverser quinze ou vingt hommes, enfilés, liés et empaquetés du même coup ; aquariums en verre dépoli pour cyprins timides ; tire-bouchon mû par la force des marées ; essoreuse de poche ; maison-ascenseur qui s'enfonce dans le sol jusqu'à l'étage à atteindre ; train lancé sur dix lames superposées courant chacune à raison de vingt lieues à l'heure, etc.. Il va sans dire que l'édification de ce mental château de cartes exige avant tout une connaissance approfondie de toutes les ressources qu'offre le langage, de ses secrets comme de ses pièges.. Et si j'insiste sur Alphonse Allais, c'est qu'il m'amène directement à parler de.. Robert Sheckley.. que je tiens pour un prince en la matière.. Mais, chez lui, l'objet se pare d'un rôle si fonctionnel qu'il est pratiquement intégré à l'humain.. N'évoque-t-il pas cette parenté inaliénable dans.. Options.. , l'un de ses romans les plus sophistiqués :.. « S'étant auto-fabriqué, l'Homme aux mille déguisements se retrouvait embarrassé de son propre personnage.. Devait-il aussi s'expliquer lui-même ? Il s'empressa de supprimer cette nécessité.. Il lui fallait simplement expliquer de quelle manière Mishkin et la pièce de moteur se rencontreraient.. Fatalité à laquelle doit se soumettre le héros de Sheckley.. Elle résume l'indissoluble rapport qui lie la plupart de ses personnages à l'objet, à la fois symbole de la situation inextricable à laquelle l'Homme se trouve confronté par le simple fait d'être né, et métaphore de ses implications inconscientes.. Tel le héros des "Spécialisés", un nommé Martinson qui, soudain intégré à un vaisseau spatial organique où cohabitent plusieurs entités à fonction précise, s'aperçoit que l'Homme est destiné à devenir le moteur de ce vaisseau.. Ce “Poussoir” que les extraterrestres attendent pour décoller depuis le commencement de l'éternité.. Il fallait un vrai hasard objectif pour le découvrir.. Comme pour trouver "la Clé laxienne", objet de production d'une marchandise non commercialisable et non consommable qui devient le symbole de l'échec économique généralisé de la conquête spatiale.. Ou l'arme de "Fantôme V", aussi dérisoire que le fantastique ennemi qu'elle détruit.. Ou enfin l'astronef trop zélé qui met en péril son équipage sous prétexte de le sauver.. En SF, l'objet s'articule généralement autour de nouveaux concepts scientifiques pour créer de nouveaux mythes, tels le robot, inventé par Čapek et officialisé par Asimov, l'astronef, consubstantiel au genre, l'ordinateur dont le premier exemple le plus frappant se trouve dans.. le Lendemain de la machine.. de Francis G.. Rayer, les armes invraisemblables, dont le rayon de la mort qui s'incarna un jour grâce au laser ; sans compter les dizaines de milliers de machines dont la plus extraordinaire demeure celle qui permet de voyager dans le temps, conçue par Wells et déclinée avec art par Barjavel et de multiples suiveurs.. Mon propos n'est pas de les énumérer ; chacun détient, dans un recoin de sa bibliothèque mentale, un objet de Science-Fiction envers lequel il ressent une affection particulière, à moins qu'il s'agisse d'un effroi délicieux.. Les caprices de l'imagination font à eux seuls les choses réelles, car nous n'avons à tout instant de cette réalité qu'une figuration subjective dont l'organisation n'est qu'affaire de volonté.. Celle de l'écrivain de fiction spéculative en particulier dont la capacité de transformer ou d'inventer les choses est quasiment illimitée.. Au point de pouvoir les effacer.. « Le problème central de la philosophie ».. songe Ragle Gumm, le héros du.. Temps désarticulé.. « La relation entre le mot et l'objet… Qu'est-ce qu'un mot ? Un signe arbitraire.. Mais nous vivons avec des mots, non des choses.. D'ailleurs, une chose, ça n'existe pas.. C'est un.. gestalt.. au sein de l'esprit… Le mot est plus réel que l'objet qu'il désigne.. Le mot ne représente pas la réalité.. Le mot.. est.. la réalité.. Et Ragle en fait aussitôt la démonstration en sortant d'une des poches de son manteau suspendu dans le placard du couloir une petite boîte contenant six mots : buvette, porte, locaux d'usine, autoroute, fontaine automatique, vase de fleurs.. Autant de représentations de la réalité qui se sont désintégrées sous ses yeux en fines molécules incolores et sans traits quand il a voulu les toucher.. À leur place, il a reçu une petite étiquette où était imprimé leur nom en capitales.. N'est-ce pas là le fin du fin de l'objet à fonctionnement symbolique ?.. Voilà, je pourrais poursuivre durant des heures ce travail fondamental pour édifier de nouveaux parallèles entre le Surréalisme et la Science-Fiction, sachant qu'ils se rejoindraient à l'infini.. Plutôt que de vous lasser par cette épreuve, permettez-moi d'évoquer pour finir un jeune écrivain américain, Richard Kadrey.. Enfant du.. rock.. et de la culture surréaliste, celui-ci s'était déjà singularisé par son.. Métrophage.. , publié en 1988.. Classé sous l'appellation fourre-tout de.. cyberpunk.. — à travers ce mouvement, il serait d'ailleurs facile d'établir de flagrants amalgames avec le Surréalisme —, Kadrey révélait une approche fort originale de la SF, où le collage dadaïste, l'insertion d'images puisées à l'histoire de l'art et de surprenantes visions oniriques servait de contrepoint à l'omniprésence d'un monde violemment contemporain.. Son.. Kamikaze l'amour.. , qui vient de sortir, lui donne l'occasion d'exprimer dans toute sa plénitude son authentique originalité.. Conçu tel un opéra.. synesthésique où les odeurs, les couleurs, les sons, les perceptions tactiles ou gustatives se mêlent, se confondent, ce roman démontre avec brio comment il est possible d'obtenir un dépaysement maximal du lecteur par simple décalage dans la perception du réel, sans renoncer à la logique spéculative propre au genre.. Quelle plus belle conclusion pour moi de soutenir qu'il s'agit : d'une version millénariste de l'Amour Fou, selon André Breton, puisque son auteur même le proclame.. Europe.. , nº 870, octobre 2001, dans une version remaniée.. section Philippe Curval.. tout Quarante-Deux.. Navigation.. l'auteur.. présentation.. Sections.. Surréalisme et Science-Fiction , article de Philippe Curval présenté par Quarante-Deux.. 12 février 2012.. (première publication : 26 juillet 1998).. 11 août 2013.. (création : 26 juillet 1998).. org/archives/curval/divers/Surrealisme_et_Science_Fiction.. Greg Egan..

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  • Title: Moyen Âge et _Fantasy_ | Quarante-Deux/Articles de Philippe Curval
    Descriptive info: fr/iA.. ›› Moyen Âge et.. Fantasy.. Moyen Âge et.. dans le cadre du dossier.. Modernité du Moyen Âge.. du.. , 1999.. Si l'on considère que la quête du Graal, les preux chevaliers, les horribles traîtres et les dragons, les fées, les elfes et les sorcières, l'atmosphère de légende et les décors gothiques, les pactes avec les puissances des ténèbres, évoquent le Moyen Âge, alors il faut admettre que la.. est une littérature fortement influencée par cette époque, surtout lorsqu'on lui accole l'épithète “.. heroic.. ”.. Par contre, de ces récits est exclu ce qui constitue son vécu, revisité sur le plan du mythe.. Le Moyen Âge, ici, est considéré comme une utopie.. L'action ne se déroule pas toujours sur Terre.. La structure historique et culturelle en est réinventée.. Rien ne concerne vraiment le vilain monstre “Ignorance”, comme l'appelait Ronsard.. La plupart des spécialistes s'accordent pour affirmer que ".. heroic fantasy.. " n'a pas d'équivalent en français.. Pourtant, dans sa traduction littérale, "fantaisie héroïque" signifie : imagination, création libre qui se rapporte aux premiers temps.. Or, c'est bien cela dont il s'agit.. Au point que ses auteurs s'immergent plus loin encore dans le passé, jusqu'à rêver des origines du monde.. En revanche, il faut bien reconnaître que la genèse du genre est plus anglo-saxonne que française, même si des esprits audacieux pensent que Rabelais serait par défaut l'un de ses créateurs.. Un consensus se dégage pour en déceler les prémices dans.. le Château d'Otrante.. de Horace Walpole, ou dans les œuvres d'Ann Radcliffe.. Certains iraient jusqu'à penser, puisqu'il s'agit  ...   vastes épopées, considérées aujourd'hui comme des chefs-d'œuvre.. Catherine L.. Moore avec les aventures de.. Jirel de Joiry.. , Fritz Leiber avec.. le Cycle des épées.. , puis Michael Moorcock avec.. Elric le Nécromancien.. , Ursula K.. Le Guin avec.. Terremer.. ont cru épuiser tous les croisements possibles entre épées et sorcières, donjons et dragons, mystère et magie, lutins malins et sublimes héroïnes.. En France, à cette époque, Nathalie Charles-Henneberg publie d'étranges romans wagnériens, tel.. la Plaie.. Las, ces auteurs ont créé un monde parallèle absolu où vont se cristalliser les chimères du manichéisme, souvent d'ordre réactionnaire.. La science y est obscure et la spéculation honnie.. Depuis, des dizaines de suiveurs déversent avec plus ou moins de bonheur des tonnes d'ouvrages gigognes où l'invention romanesque est distillée au compte-gouttes, même si plusieurs d'entre eux ne manquent ni de style ni de souffle.. Citons parmi ses écrivains les plus connus : Marion Zimmer Bradley, Tanith Lee, Anne McCaffrey, Robert Jordan, John Crowley ; en France, Pierre Bordage.. Récemment apparu en Italie, Valerio Evangelisti tente d'établir des relations entre notre époque et celle de l'Inquisition.. Tous leurs romans se trouvent dans les meilleures collections, Presses.. Pocket.. , Rivages.. , l'Atalante.. Mais qu'on ne s'y trompe pas : la seule relation qui existe entre.. et SF, c'est qu'un grand nombre d'auteurs contemporains jouent sur les deux registres.. , nº 382, décembre 1999.. Moyen Âge et _Fantasy_ , article de Philippe Curval présenté par Quarante-Deux.. 4 mai 2011.. (première publication : décembre 1999).. 30 juillet 2013.. (création : 1.. er.. mai 2011).. org/archives/curval/divers/Moyen_Age_et_Fantasy..

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  • Title: Politique de l'extraterrestre | Quarante-Deux/Articles de Philippe Curval
    Descriptive info: fr/lf.. ›› Politique de l'extraterrestre.. Politique de l'extraterrestre.. communication dans le cadre de.. la Science-Fiction et le Politique.. colloque.. Université et Science-Fiction.. , Nancy, 14-15 mai 2001.. Jamais l'accélération de l'histoire n'a provoqué autant de contrastes entre les différents filons de civilisation stratifiés sur notre planète, faisant de chacun d'entre nous un extraterrestre pour les générations qui nous succèdent.. Immergés dans ce nouveau réel en gestation qu'ils ont, dans une certaine mesure, contribué à définir, les écrivains de Science-Fiction utilisent les formes de vie extraterrestres afin d'éclairer les aspects présents ou futurs du comportement humain.. Qu'elles nous envahissent ou qu'elles soient colonisées, les créatures d'outre-espace nous apportent, selon le cas, la curiosité, la crainte, l'espoir, l'inventivité, ou encore le mépris, le doute, l'incommunicabilité.. L'extraterrestre enrichit la réflexion politique en apportant ces descriptions “complémentaires” dont Louis de Broglie parlait à propos de la nécessité de décrire des notions physiques nouvelles.. L'extraterrestre est par essence un mythe majeur de la Science-Fiction.. Puisque son principe conjectural suscite des situations de crise dans toute société, hypothétique ou non, l'extraterrestre est politique par définition.. Depuis les origines, l'Humanité s'inquiète sur la manière d'échapper à l'aspect fonctionnel de son destin planétaire.. Parce qu'elle se sent plus prisonnière de son environnement que des pulsions de son inconscient.. Allié au caractère cosmique de l'interrogation, le concept du “non-humain” offre à l'esprit un moyen extrémiste d'imaginer d'autres réalités, d'y adjoindre un nombre infini de variables.. L'animal est social, seul l'humain est politique, sauf l'extraterrestre qui l'est aussi dès qu'il manifeste une intelligence.. Son apparition en littérature correspond à une nouvelle prise de conscience.. Celle que procure la perspective d'élargir le champ des contingences, d'atteindre à la connaissance universelle, d'écrire des versions innovantes de l'histoire du futur.. Cela grâce à la rencontre avec l'altérité, la différence, qui s'accompagne dans le meilleur des cas de modes originaux de comportement, de pensée, de pouvoir, ou d'extraordinaires avancées scientifiques.. En cela, l'extraterrestre est un sujet d'utopie ou de contre-utopie, donc de refondation politique à partir d'éléments qui n'impliquent pas le réel ordinaire.. Je n'évoque pas ici l'extraterrestre de pacotille, lié par Simone de Beauvoir, dans.. Tout compte fait.. , au fantasme des ovnis, qui serait une solution de refuge, d'évasion libidinale, un rempart contre la technocratie.. Même s'il apparaît sous un aspect humanoïde, rassurant, l'extraterrestre dont je parle doit manifester une fraction d'irrationnel, d'incompatible avec le fonctionnement naturel de nos sociétés.. Sa part métaphorique ne saurait être dissociée de l'inquiétude métaphysique que fait surgir en nous la rencontre de l'étranger absolu.. Le choc en retour conduit dans un premier temps à envisager les bouleversements que provoquerait le contact avec une forme de mentalité a-normale.. Donc à l'imaginer comme une menace.. Nous savons bien que la cité fut de tout temps le sanctuaire politique des familles et des tribus.. C'est pourquoi le droit de cité est refusé à l'étranger, encore plus s'il est d'ordre planétaire.. D'où l'idée naturelle d'invasion, de guerre par conséquent.. Ou de colonisation, afin de maîtriser préventivement l'adversaire potentiel.. À mesure que l'histoire de la Science-Fiction se constitue, on voit combien la notion d'extraterrestre évolue, de la simple paranoïa à la réduplication, de la métaphore à la métonymie, jusqu'à devenir une machine spéculative aux retombées fécondes.. Sans remonter aux calendes grecques, depuis le commencement de l'écriture, romanciers, poètes, philosophes ont utilisé des versions “aliénées” de l'être humain afin d'établir une notion de disparité, d'éloignement entre l'observateur et l'observé ; soit aux fins de grossir le trait, voire le caricaturer, soit aux fins d'observer le comportement politique d'un groupe social du point de vue du chercheur ou du satiriste.. De Rabelais à Swift, les chefs-d'œuvre ne manquent pas dans ce domaine.. Par contre, il paraît impossible de définir avec précision qui eut l'idée d'introduire des “extraterrestres” en tant qu'élément moteur d'une fiction conjecturale, afin d'obtenir un effet de distanciation encore plus net.. Plus qu'une date d'inauguration, l'essentiel est de constituer un jeu de filiation.. Cyrano de Bergerac fait partie des pionniers les plus influents.. Dès le.. xvii.. siècle, il use d'un voyage sur la Lune et le Soleil pour se gausser des mœurs contemporaines.. Sans esquisser une forme d'organisation sociale opposée à la sienne, son œuvre profondément sceptique, imprégnée de la science de l'époque, rejoint les préoccupations de la SF par bien des aspects.. Pourtant, elle n'entre pas de plain-pied dans le champ de la spéculation.. Car son récit n'implique pas des créatures réellement différentes de nous.. Peut-on lui préférer Voltaire qui, au milieu du.. xviii.. siècle, décrivit le voyage du jeune Sirien Micromégas et de son compagnon le nain saturnien ? Pas exactement.. Bien que les visiteurs possèdent des milliers de sens et s'avèrent gigantesques, ce n'est qu'un déguisement : ils relèvent d'un anthropomorphisme serein.. Ce qui autorise l'auteur à exercer son ironie sur les mœurs politiques.. Néanmoins, on le voit, l'idée de pluralité des mondes habités, introduite par Fontenelle, a porté ses fruits dans la conscience des écrivains, des intellectuels.. Le statut d'extraterrestre prêté aux personnages enrichit la réflexion, la déroute de son cours ordinaire.. L'analyse des relations entre créatures pensantes répond au besoin de “descriptions complémentaires” auxquelles Louis de Broglie aspirait à propos de la nécessité de représenter des notions physiques nouvelles.. En relativisant notre aliénation, l'étranger absolu ouvre des perspectives alternatives à l'étude ethnologique et sociologique.. Nous nous proposons d'évoquer, à travers quelques exemples spécifiques, une vision de l'être vivant et pensant élargie à d'autres espèces.. Cette extension “à l'univers” des rapports de l'individu à l'individu, à la société ou à l'État, n'a pas manqué d'enrichir l'imaginaire politique.. Roland Barthes notait :.. « Le Politique est du textuel pur, une forme exorbitante, exaspérée, du Texte, une forme inouïe qui, par ses débordements et ses masques, dépasse peut-être notre entendement actuel… ».. Il me semble que l'extraterrestre s'impose comme l'objet conceptuel idéal pour illustrer cette définition.. Trois modèles dominent.. Le premier, créé en 1898 par H.. Wells dans.. la Guerre des mondes.. , est relatif aux conflits de toutes espèces suscités par la rencontre de deux types de sociétés opposés, que ce soit pour des raisons d'expansion démographique, territoriale, de croisade idéologique, de conquête commerciale.. Chacun sait que la prémonition d'une possible “guerre mondiale” due à la montée des impérialismes — qui devait intervenir seize ans après la parution du roman — est à l'origine des préoccupations de Wells.. Si celui-ci évoquait sur un mode romanesque les problèmes inhérents à la civilisation moderne, sa descendance dans le domaine de l'anticipation a plus souvent opté pour la littérature d'épouvante que pour la SF.. Il fallut attendre la fin des années 1940 pour que l'apparition d'auteurs, tels que Fredric Brown, confère à la vocation prédatrice des extraterrestres un tour plus spéculatif.. Ses petits hommes verts de.. Martiens,.. go home.. !.. (1955) ont le pouvoir de faire fondre le rideau de fer, donc de bousculer les règles politiques d'une époque.. Le second modèle dominant appartient au fonds commun de la Science-Fiction.. Il se rattache à toutes les formes de colonisation, qu'elles opèrent dans le sens de l'invasion par les Humains de nouvelles planètes habitées, ou à l'inverse, qu'elles concernent la résistance ou la collaboration éventuelle avec des envahisseurs.. Les Cascelliens de.. , que cherchent à séduire les Terriens dans "une Race de guerriers" (1952), poussent jusqu'au.. nonsense.. absolu leur société organisée pour le combat.. Dès qu'ils se trouvent en présence d'un ennemi, ils s'égorgent devant lui pour le vaincre.. Politique de l'autruche ou politique du désespoir ? Sheckley n'incrimine pas, ne s'indigne pas.. Il modifie totalement les règles conventionnelles pour traiter par l'absurde les comportements de groupe.. En troisième hypothèse, l'œuvre concerne la description d'une civilisation extraterrestre, sans interférence directe avec les Terriens.. Son origine puise aux.. Premiers hommes dans la Lune.. de Wells (1901), récit  ...   à la postérité cinématographique innombrable.. Mais quels sont leurs buts ? Quels motifs de condamnation les extraterrestres lancent-ils à l'égard de nos sociétés ? Un mystère éprouvant pèse à propos des idéologies originales qu'ils voudraient instaurer.. Car dictatures, monarchies, oligarchies se rencontrent d'égale façon dans le cosmos.. Les démocraties y gagnent en descriptions bizarres.. On relève également de nombreux types de cohabitation innommés proches de l'anarchie, voire de la synarchie, soulevant des phénomènes relationnels aux implications multiples.. En 1934, Raymond Z.. Gallun, dans "le Vieux fidèle", broda un récit sur la fraternité cosmique ressentie par un Terrien et un Martien, biologiquement différents.. Van Vogt exploita cette notion dans ".. Co-operate—or else!.. " (1942, un des textes qui composent.. la Guerre contre le Rull.. , 1959) sous l'angle de l'entente nécessaire pour survivre dans un environnement hostile.. Et Murray Leinster se basa sur l'acceptation mutuelle de créatures sans liens apparents à partir d'un échange diplomatique et calculé d'informations, dans "Premier contact" (1945).. En poussant plus loin l'expérience, je décrivais en 1962 dans.. le Ressac de l'espace.. la symbiose proposée à des Humains par des extraterrestres télépathes et pacifiques, dénués de tous moyens physiques.. Cela afin de construire une civilisation harmonieuse vouée à l'expression artistique où chaque espèce développerait ses qualités ontologiques.. Mais la synergie imposée aboutit à la dégénérescence des espèces.. Dans la plupart des cas, l'utopie fusionnelle semble vouée à l'échec et à la révolte.. L'expédition ethnologique d'extraterrestres à des fins d'observation, de même que les missions de pacification, d'isolement préventif, entrent fréquemment dans le champ exploratoire de la littérature spéculative.. Là aussi, le cinéma a imposé un prototype récurrent avec.. le Jour où la Terre s'arrêta.. (1951), interprétation du mythe des soucoupes volantes qui vit son apogée durant la guerre froide.. Ici, les envahisseurs s'imposent en censeurs sévères qui contraignent les Humains à refréner leurs ambitions meurtrières (en renonçant à la bombe A).. Leur décision se fonde sur l'absence de maturité politique intrinsèque à l'Humanité.. Il est intéressant de voir comment ce thème de la pacification politique se modifie quarante ans plus tard, dans.. le Voile de l'espace.. de Robert Reed (1994).. Un jour, les étoiles disparaissent et le ciel montre une forme inverse de la Terre, comme un miroir.. Serait-ce un signe similaire ? Absolument pas.. Au terme du roman, on apprend que les extraterrestres envahissent spirituellement les autres planètes et observent leur évolution.. Cela afin de se protéger d'une manière préventive des civilisations dont la technologie a progressé.. Fini le principe autoritaire d'ordre quasi divin des extraterrestres primitifs.. Désormais, ceux-ci connaissent l'histoire de la SF et redoutent les effets à terme des douloureux conflits entre espèces.. Leurs rapports avec les Humains échappent au système manichéen qui régissait leurs comportements initiaux.. L'effet de révulsion-destruction n'est plus de mise.. Parce que l'.. s'incarne en créature composite, mi-ange mi-démon — plutôt ni l'un ni l'autre —, son pouvoir spéculatif se démultiplie.. Rêverie sur les problèmes de la décolonisation en forme de fable tragique,.. le Nom du monde est forêt.. d'Ursula K.. Le Guin (1972) décrit avec précision, concision, la course au profit des Humains.. Colonisateurs satisfaits, ils passent selon le mode libéral du stade missionnaire de la civilisation à celui de commerçants en bois et d'esclavagistes.. Les indigènes de la planète Athshe, apparemment primitifs, s'avèrent incapables de concevoir l'exploitation à outrance.. Pourtant, à mesure qu'Athshe se déboise, l'inconscient collectif des habitants se charge d'un potentiel réactif qui n'attend qu'une occasion pour éclater.. Le Nom du monde est forêt.. est l'extraordinaire récit de la maturation d'une révolution verte : ceux qui croient au rêve vont vaincre ceux qui n'y croient pas.. En poussant à l'extrême ces diverses problématiques, les créatures d'outre-espace sont devenues autre chose qu'un simple motif à éclairer les innombrables aspects du comportement humain.. Mais il reste un volet délicat à aborder, l'énigme irréductible qui contraint les espèces à s'ignorer.. Tout a commencé par une nouvelle de J.. -H.. Rosny aîné, parue en 1887, "les Xipéhuz", qui porte sur un modèle de civilisation d'êtres ferromagnétiques incompréhensible à notre esprit.. Bien plus tard, dans.. la Sortie est au fond de l'espace.. de Jacques Sternberg (1956), comme dans.. de Daniel F.. Galouye (1963), les Sconges ou les sphères d'énergie pure ne voient dans les manifestations de l'Homme à se faire comprendre d'eux que la présence de parasites insupportables.. Quant aux extraterrestres de Thomas M.. Disch dans.. Génocides.. (1965), qui mettent la Terre en culture, ils ne voient chez les Humains que prédateurs à l'échelle du doryphore.. On trouve dans cette vision ultrapessimiste de l'.. homo sapiens.. la tentative jusqu'au-boutiste de réduire l'espèce à ce qu'elle a de plus vain.. Donc, de nier son éventuel pouvoir à s'améliorer en étendant son champ de connaissance à l'univers et aux créatures qui le peuplent potentiellement, à repenser au plan politique la pluralité des mondes habités.. Il existe en SF plusieurs manières d'introduire l'idée que le monde où nous vivons ne durera pas et qu'un beau jour nos descendants devront s'adapter à l'inconnu pour survivre.. La rencontre avec des extraterrestres constitue un ressort dramatique évident.. Sauf si ces derniers nous ignorent.. Dans cette situation qui implique la faillite par l'absurde du Paradis terrestre, la fin de relations fondatrices entre créateur et créature, l'Homme se retrouve bien démuni puisque son histoire — sa culture — est privée de sens.. Soudain dépossédé de son humanité, du privilège exorbitant qu'il s'est octroyé en s'imposant comme le centre du cosmos, son désarroi rejoint la schizophrénie.. Pourtant, en dernière analyse, ce thème exclusif à la Science-Fiction me semble le plus fertile, intrigant, innovant.. Au plan conjectural et spéculatif, les récits qui font naître un puissant trouble métaphysique puisent au concept d'indifférence, d'incommunicabilité.. L'absence de système de médiation entre les horizons de la subjectivité et ceux de l'objectivité permettent d'introduire dans le champ du concret une vision extra-humaine du politique.. Ces artefacts de l'inconscient sont représentatifs du travail de sécrétion mentale que l'individu opère vers l'imaginaire quand il se voit traqué par un réel qui ne lui convient pas, afin de formuler des solutions inédites.. La problématique ne s'articule pas toujours autour de la transformation du vécu.. Elle génère des situations irréductibles dont on peut découvrir la parfaite expression dans "Odyssée martienne" (1934).. Son auteur, Stanley G.. Weinbaum, émancipe d'abord ses extraterrestres de leur statut d'adversaires potentiels, en leur attribuant une manière de raisonner qui défie notre intelligence et notre logique.. Puis il leur confère des organismes si bizarres qu'ils sont incapables de communiquer ensemble sur leur propre planète.. En 1961, dans.. Solaris.. , Stanisław Lem imagine un océan entité, vivant et protéiforme dont la présence suggère qu'il existe des trous noirs de la connaissance.. Ceux-ci rendent impossible le contact entre les espèces.. À moins de relativiser l'importance de l'inné et de l'acquis dans l'évolution humaine, donc de notre culture.. Car, si l'on envisage qu'il puisse exister des formes de vie radicalement différentes, il faudrait s'affranchir de notre mode de fonctionnement mental pour atteindre leurs catégories de pensée.. Cette forme limite de la Science-Fiction conduit à s'interroger sur la justesse de notre expérience.. Si toutes les données politiques accumulées par l'Humanité au cours de son histoire reposent sur un modèle exclusif, non reproductible, qu'en serait-il demain si de vrais extraterrestres atterrissaient ou si nous contactions des espèces inconnues à travers le voyage spatial ? Malgré des milliers de récits, la réponse est toujours ouverte.. Pour tester de nouvelles conditions d'échange avec les autres formes de mentalité qui peupleraient l'univers, je ne vois qu'une solution : spéculer à outrance.. publié sur l'internet par Quarante-Deux, 19 mai 2011.. (inédit sur papier).. Politique de l'extraterrestre , article de Philippe Curval présenté par Quarante-Deux.. 7 août 2012.. (première publication : 19 mai 2011).. (création : 19 mai 2011).. org/archives/curval/divers/Politique_de_l'extraterrestre..

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  • Title: l'Expérience du vivant | Quarante-Deux/Articles de Philippe Curval
    Descriptive info: fr/kM.. ›› l'Expérience du vivant.. l'Expérience du vivant.. préface de 2002 aux chefs-d'œuvre de la SF française (1980-1990).. choisis par Richard Comballot.. « Pas si facile, pour un écrivain de Science-Fiction, d'imaginer le futur à partir des événements de la vie courante.. Je parle évidemment du vrai futur.. La réalité à tendance à cacher l'avenir ; posée devant l'horizon temporel tel un gros tas, elle ressemble à un flan aux poires, pâteux et incomestible, qui neutralise la digestion.. Demandez donc à un homard, bien dissimulé dans son rocher au fond de la mer, d'imaginer comment il sera mangé.. À lui qui n'a jamais vu ni tomates, ni cognac, ni estragon, il lui faudrait une solide dose d'invention pour avoir l'idée de les mélanger à ses entrailles afin de créer la recette de la sauce américaine.. Ainsi commençais-je, au mois d'octobre 1983, ma chronique hebdomadaire,.. Bons baisers du futur.. sur Radio Gilda.. Cette émission allait durer deux ans.. Preuve que la Science-Fiction et ses écrivains, au début des années 80, avaient droit de cité partout.. À la radio, dans les chroniques littéraires d'Antoine Griset à.. Libération.. — qui publiait aussi chaque semaine des nouvelles de SF, temps bénis ! —, de Michel Nuridsany au.. Figaro.. , de Jean-Michel Royer dans.. Lire.. , dans celles que j'écrivais pour.. le Monde.. , et même à la télévision.. Ne nous voyait-on pas sur.. Temps X.. , dans de nombreuses émissions littéraires ou scientifiques, comme celle de Robert Clarke, bien que nous nous soyons ridiculisés quelques années auparavant sur.. Apostrophe.. , en nous injuriant comme de vulgaires littérateurs.. Mais je m'égare.. En citant ces quelques lignes de mon émission, le propos visait à établir des équivalences sur l'aveuglement.. Car s'il est difficile d'imaginer l'avenir pour un homard ou pour un auteur de SF, je crois qu'il est encore plus scabreux d'évoquer le passé pour celui qui l'a vécu, sans opérer une mise en perspective depuis son présent, avec pour effet de le réinventer en partie.. À cause de la fatigue occasionnée par le nombre de kilomètres littéraires parcourus, la mémoire s'est racornie, déformée telle une vieille chambre à air, des rustines mal collées dissimulent les désillusions et les reniements, les hernies révèlent les flatulences du subjectif.. C'est pourquoi je vous propose une préface vulcanisée, qui roulera encore, mais s'appuiera sur ses défauts.. Rien ne vaut l'expérience du vivant.. À qui se fier, en effet, quand on sait que le système neuronal est si conciliant envers l'appréciation des événements.. Quand elles ne s'appuient que sur l'instant de la lecture, la plupart des critiques sont soumises à des réactions viscérales.. Leur analyse.. a posteriori.. les réduit souvent à rien.. Les souvenirs sont fugaces, les témoignages truqués ou incertains, les comptes rendus pleins de chausse-trappes, les bruits de couloir insignifiants mais pervers.. Exemple anodin, mais significatif, à propos du Festival de Metz (la seule manifestation autour de la SF en France qui eut de l'ampleur et du punch, conquit une renommée internationale), Jean-Pierre Andrevon insinuait — par hostilité de principe envers le succès, je suppose — que son organisateur roulait en Ferrari.. La réponse de Philippe R.. Hupp ne se fit pas attendre :.. « Je ne confierai jamais la révolution à un type capable de confondre une Alfa Romeo avec une Ferrari.. Personnellement, quand je descends le dimanche dans ma voiture électrique au marché bio du boulevard Raspail, je ne pense pas écrire de la Science-Fiction.. Ce genre est si volatil, si changeant, si dispersé, si riche qu'il me semble difficile, voire impossible de l'envisager dans sa totalité.. Encore moins d'exiger qu'il se fige dans une attitude.. Alors, comment résumer son parcours lorsqu'il s'agit d'une décennie ? Car ce libre propos suggéré par Richard Comballot vise à déterminer mon sentiment personnel sur ce qui s'est exactement passé dans la Science-Fiction française durant les années quatre-vingt.. À la rigueur, sur le long terme de son histoire, il est possible de distinguer des périodes : naissance d'une Science-Fiction adulte entre le.. xix.. et le commencement du.. siècle, puis régression à l'ère primitive causée par Hugo Gernsback et ses émules qui durera jusqu'aux années quarante, ensuite apparition de la SF classique, puis moderne jusqu'au milieu des années soixante-dix.. Depuis le dernier lustre du.. siècle jusqu'à l'aube de ce troisième millénaire, nous sommes en plein “.. revival.. Alors, les.. eighties.. ? Littéraires et avant-gardistes ! Ce serait trop simpliste.. Comme dans les années 1950 où elle vit le jour, la SF française, loin de s'institutionnaliser trente ans plus tard, vécut une exaltante, stimulante, période de renaissance.. À cause de la profonde imprégnation de la société par la Science-Fiction durant ces années dans tous les domaines, musique cosmique, cinéma qui exploite le.. space opera.. des années vingt, publicité plagiaire, BD avariée, technologie envahissante, il s'est produit une réaction salutaire exprimée par une pléiade d'écrivains anglo-saxons (surtout anglais) et français.. Devant la vulgarisation du genre, j'oserai dire sa dissolution dans l'évier médiatique, une sérieuse distanciation devenait nécessaire pour restituer à l'écriture son pouvoir créatif.. D'où les prises de position provocatrices, les démonstrations terroristes, les recherches formelles, sous-tendues par le désir de restituer la pulsion initiale, révolutionnaire et spéculative, de la Science-Fiction à son vrai public.. C'est-à-dire peu de monde.. Ce qui compte, ce n'est pas tant le succès éphémère qu'obtient un auteur mais l'impact littéraire et intellectuel de son œuvre.. Une autre question se pose : pourquoi diviser le siècle par tranches de dix ans alors que les tendances se chevauchent, que certains écrivains ratiocinent, d'autres évoluent, quelques-uns innovent puissamment, des inconnus apparaissent ? Si la grossesse dure neuf mois, les générations n'interfèrent pas tous les vingt ans ; elles se chevauchent, s'ignorent ou se fécondent les unes les autres.. Cela établi, vous n'aurez plus aucune raison d'ajouter foi à mon point de vue sur la SF des années quatre-vingt.. Sauf si vous admettez le principe de la démonstration subjective élevée en dogme, de la polarisation stratégique des faits considérée comme un des beaux-arts, de l'emploi du paradoxe comme système de réflexion philosophique.. Tant d'autres y sont sujets que je n'ai aucune honte à m'y livrer ! Avec le temps, de vieilles folies deviennent sagesses, et d'insidieux mensonges produisent de grandes vérités.. De mon point de vue, tout est préférable à la nostalgie.. Dans ces conditions, comment m'y prendre ?.. Peut-être faudrait-il d'abord étudier prudemment les prolégomènes constitutifs de la décennie.. Ceux de 1978 auraient ma préférence ; année-clef dont les productions et les manifestes déterminèrent les orientations, les succès et les échecs de la période suivante.. Par exemple.. Pourquoi j'ai tué Jules Verne.. de Bernard Blanc, dont la relecture aujourd'hui fascine par sa désuétude, bien que certains “postmodernes” se réfugient dans la même attitude paranoïaque.. Selon l'auteur, la Science-Fiction française aurait pris une orientation nettement politique depuis l'apparition de Jean-Pierre Andrevon et Daniel Walther dans les colonnes de la revue.. Le mot d'ordre est de se débarrasser de la pacotille scientifique, de parler d'ici et de maintenant en termes d'ailleurs et de demain.. Bernard Blanc oppose.. « la Science-Fiction-usine-à-rêves, avec ses fantasmes réactionnaires et ses putasseries d'amuseuse publique ».. telle qu'il la définit globalement dans son histoire, à.. « une SF qui casse les mythes et incendie les fusées, qui parle aujourd'hui des flics et de l'armée, et explique qu'ils sont du mauvais côté des exploiteurs et des tyrans.. Une SF qui explore minutieusement l'horizon 80 : gros plan sur les cendres nucléaires, les camps militaires et les prisons secrètes ».. L'alternative n'est pas si simple.. Jean-Pierre Hubert, qui fait partie des auteurs de tous bords que Bernard Blanc tente de rassembler autour de lui, répond :.. « L'imagination est déjà, par elle-même, un acte politique ; c'est l'approfondissement d'une situation donnée, c'est un voyage plus effrayant que rassurant.. L'imagination n'est donc pas démobilisante ; elle bat au contraire par.. knock-out.. une SF militante, axée exclusivement.. « sur le réel et travaillant à court terme ».. Interrogé à plusieurs reprises dans ce même livre, Jean-Pierre Andrevon assure, pour sa part, que l'impact de la Science-Fiction sur la société.. « est nul ou quasi nul ».. Pourquoi revendiquer la place de la SF.. « au côté des mouvements écologiste, féministe, antimilitariste, pacifiste, anti-hiérarchie, anti-autoritaire, solidaire.. Du côté du retour à la terre ».. ,.. (1).. puisqu'elle ne sert à rien ? Surtout si l'on considère avec quel talent la misanthropie définitive d'Andrevon s'exerce à l'égard de l'espèce humaine, qu'il abhorre au point de rendre lyrique la nécessité de sa disparition dans ses meilleures œuvres.. Les écrivains qui composent les collectifs engendrés par Bernard Blanc appartiennent à des tranches d'âge disparates, qu'ils soient de la première vague comme.. , de la seconde, comme Jean-Pierre Andrevon, de la suivante comme Pierre Pelot, Dominique Douay, ou fassent partie de la jeune houle comme Maxime Benoît-Jeannin, René Durand.. Ils ne se regroupent pas non plus suivant un même idéal politique : certains appartiennent au parti élu en 1981, d'autres sont anarchistes ou représentent diverses nuances du gauchisme, quelques-uns sont écologistes bon teint.. Un seul est devenu “.. punk.. Cette tolérance est extrêmement stimulante, mais où est l'unité idéologique ? Et encore, si tous ces auteurs adhéraient à une Science-Fiction axée sur la contestation, en prise directe sur la réalité ! Là aussi, les tendances sont diverses : si un petit nombre joue la carte du tract politique, beaucoup restent attachés, soit par leur exploration formelle soit par leur travail conjectural, à une Science-Fiction littéraire.. Leur seul point commun, c'est une vision catastrophique de l'avenir.. Le paradoxe voulant que l'anthologie intitulée.. Planète socialiste.. , qui décrit en direct l'après-révolution, soit la plus pessimiste de toutes.. S'agit-il, comme l'écrit Gérard Klein, d'un groupe social d'origine petite bourgeoise qui, menacé, ne peut raconter que sa mort ?.. Cette vision séduisante d'une classe sacrifiée transposant son holocauste en une poignée de nouvelles et de romans me semble un peu facile.. Si la Science-Fiction provoque le malaise, il provient d'abord des mutations de la société elle-même, correspond à une réaction générale des consciences face à la peur de l'avenir et au développement trop rapide de la technologie qui agit sur toutes les couches de la société, ainsi que l'ont démontré si magistralement les frères Bogdanoff dans leur enquête-essai.. l'Effet Science-Fiction.. L'assassinat symbolique de Jules Verne relève plus du coup médiatique avorté que du meurtre symbolique du père.. En tant qu'attentat littéraire et philosophique, ce fut un coup d'épée dans l'eau.. Il est donc tout à fait injuste de prétendre — lieu commun véhiculé par des manipulateurs ignares et sans vergogne — qu'au début de la décennie 80, la Science-Fiction dite “politique française”, qui pétaradait encore faiblement, ruina l'audience du genre.. Seul un nombre restreint d'inconditionnels s'intéressait à ces productions de très faibles tirages.. Leur éditeur, Rolf Kesselring, disparut faute d'acheteurs.. Le petit cénacle du ghetto s'émut.. Mais ceci n'eut aucun effet dépressif sur le lectorat de la SF qui ne cessait de s'accroître.. Pour preuve, à l'encontre, les amateurs se ruaient sur les romans de Wul, Ruellan, Pelot, Demuth, Jeury, Klein, Curval, Douay, Andrevon, Walther, etc.. À cette époque, les rééditions, puis les inédits, d'auteurs français en poche atteignaient facilement quinze mille exemplaires.. Chez J'ai lu, ils faisaient jeu égal avec la plupart des Anglo-Saxons, entre trente et cinquante mille exemplaires.. Jacques Sadoul avait inventé au début des années 1970 la Science-Fiction désciencefictionnisée dans une collection sans dénomination, qui créa la vaste aspiration d'un nouveau public vers le genre.. Je me souviens fort bien de son air réjoui, me commentant avec son humour particulier les.. listings.. d'ordinateur dont il raffolait, à propos du.. Simulacres.. et du.. Ressac de l'espace.. qu'il venait de republier deux mois auparavant :.. « Tu vois, tu bats Dick de trois mille ! Ce n'est que justice ; les meilleurs perdent toujours.. Sur le moment, je tiquai.. Dick n'était pourtant pas la tasse de thé de l'auteur de la seule.. Histoire de la Science-Fiction moderne.. parue en France.. À moins que sur le long terme, sa théorie ne se vérifie… mais je galèje.. De toute façon, collectionneurs, passionnés, curieux appréciaient ses publications, les éditions se succédaient.. À cette époque, les romans de SF ne mouraient pas au bout de trois mois, ils étaient disponibles en librairie durant des années.. Cela n'empêcha pas qu'une ségrégation s'établisse.. D'autres éditeurs diffusaient moins d'ouvrages du cru  ...   Sheckley.. , Spinrad, Ballard, Brunner, Watson, Scott Baker, Herbert Franke, etc.. , français, toutes générations et tendances confondues, de G.. -J.. Arnaud à Lorris Murail.. Pour la seconde fois dans son histoire, la SF disposait d'un superbe instrument d'analyse et de théorisation, de critique et de création.. Comme Alain Dorémieux l'avait tenté avec nous et avec succès dans les premières années de.. , nous souhaitions établir des ponts entre les genres, ouvrir des voies vers de nouveaux concepts, favoriser aussi bien la culture du passé que l'émergence de jeunes écrivains.. En somme, nous visions à l'universel.. ne dura malheureusement que sept numéros pour d'obscurs motifs internes à la maison d'édition, car ses ventes oscillaient autour de 3 000 à 4 000 exemplaires, ce qui est plus qu'honorable pour une revue littéraire.. « Les ventes, les tirages, vous n'avez que ces mots sous le clavier… » me direz-vous.. Oui, c'est vrai ! Mais comment ne pas parler du nerf de la guerre.. Je sais que la bonne ou la mauvaise opinion du lecteur lambda est souvent soumise à des phénomènes de mode, qu'il méconnaît des écrivains originaux, voire géniaux.. Impossible, néanmoins, de nier que leur destin économique en dépend.. Il est bien loin le temps où quelques idéalistes fumeux pensaient que le simple fait d'écrire donnait droit à une rétribution sociale.. La France ne comporte que soixante millions d'habitants, les États-Unis et l'Angleterre plus de trois cents, sans compter d'innombrables anglophones dans le monde entier.. Il est naturel que notre production soit inférieure en nombre, que nos auteurs soient plus rares, moins lus.. Surtout aux USA, où un ostracisme sans précédent pèse sur toutes productions culturelles étrangères.. La plupart des écrivains français des années 1980 furent largement traduits dans de multiples pays ; j'en ai compté douze pour ma part, en Europe, au Japon, en Amérique du sud, dans l'.. ex.. -groupe des nations communistes, deux ou trois le furent une fois aux États-Unis, dans l'indifférence, à l'exception de Pierre Barbet.. Il faut saluer toutefois les efforts de Peter Nicholls, Christopher Priest et Ian Watson pour nous faire connaître en anglais.. Nous avons ici l'occasion de recevoir tout ce qui paraît dans notre langue, dont quatre-vingts pour cent ne valent pas grand-chose.. Par chance, nous ne lisons qu'une infime partie de ce qui se publie dans les pays anglo-saxons, soigneusement filtrée et traduite.. La comparaison est forcément à notre désavantage.. D'autant plus que nous vivons dans un pays trop frileux et trop cartésien pour espérer un jour que la SF obtienne droit de cité auprès de l'.. littéraire, sauf à l'occasion d'éphémères phénomènes de sympathie.. Comme au début des années quatre-vingt.. Pour vérifier comment se portait la SF dans son ensemble au début de cette décennie, nous possédons un excellent baromètre,.. l'Année 1980-1981 de la Science-Fiction et du Fantastique.. , dans lequel Jacques Goimard.. Imperator.. dressait un portrait économique du genre :.. « Laissons parler les chiffres : ».. préfaçait-il,.. « +9 % dans le livre, +30 % au cinéma, +60 % en bande dessinée… Il n'est plus nécessaire de défendre la SF, il n'est même plus possible de l'attaquer ; c'est un phénomène de masse.. Le bilan lui donnait raison : 90 films, 122 albums de BD, cinq millions de volumes vendus pour 113 romans et recueils et deux anthologies du côté anglo-saxon, 139 volumes et une anthologie dans le domaine français.. Soit une moyenne de 19 000 exemplaires pour chaque titre, rééditions et nouveautés comprises.. (2).. Trois ans plus tard, ce même Goimard confiait son bébé à Daniel Riche avec l'eau du bain.. La situation semblait toujours florissante.. l'Année 1982-1983 de la Science-Fiction et du Fantastique.. , Scott Baker publiait un article de fond prémonitoire sur le raz de marée de la.. aux USA.. Stan Barets prétendit dans la revue.. Orbites.. alors naissante que la SF était moribonde, remplacée par l'.. Un débat houleux s'ensuivit.. Courage, fuyons.. pensa l'illustre directeur littéraire de Presses.. qui pistait les phénomènes de masse selon un vif tropisme économique.. Alors, sa collection se recycla.. Exit.. le "Livre d'or", vive "le Grand Temple du Passé" ! Vive L.. Ron Hubbard, les princesses à poil sur des dragons signés Siudmak ! Le Grand Prix de la Science-Fiction Française se transforma en.. Grand Prix de l'Imaginaire.. Du sur-mesure nous passions au prêt-à-porter.. La SF disparut de son catalogue quelques années plus tard.. « Haro sur les écrivains français » disaient certains responsables éditoriaux.. « La SF est morte, vive la.. ! » disaient les autres.. Passe là-dessus la pire crise économique que nous ayons eue depuis 1929.. Le chômage qui grimpe à plus de trois millions de personnes.. Le résultat ne se fit pas attendre.. Car, si le malheur pousse dans certaines circonstances l'individu à se réfugier dans le merveilleux, une littérature anxiogène, exigeante, qui spécule sur les incertitudes de l'avenir ne séduit pas ceux qui sont dans la misère ou craignent d'y verser.. Les collections sans structure disparurent, les autres réduisirent leur production annuelle.. Que voulez-vous qu'il arrivât ? Ce fut la Science-Fiction française qui creva.. En 1992, première année où parut l'estimable.. Année du Polar, de la SF, du Fantastique et de l'Espionnage.. de Jean-Claude Alizet, celui-ci déplorait que la Science-Fiction ne représentât plus que 60 titres.. La production globale avait diminué de 75 % en 12 ans.. Cela voulait-il dire que devant la montée du chômage, les écrivains de SF, paralysés, se révélaient incapables de spéculer sur l'avenir ? Que non pas ! Alors que l'accès à l'impression leur était refusé, souterrainement, ils proliféraient.. En surface donc, grâce à l'appui des journaux mal pensés, des TV évidées, des radios libérées, de l'ânerie officialisée, des colloques ensomnolés, tout se passait comme si, effectivement, la Science-Fiction nationale n'existait plus.. Liquidée.. Or, en 1986, lorsqu'Élisabeth Gille me demanda de renouveler l'essai de.. , pour répondre à l'effondrement général des supports d'édition professionnels ou amateurs, plus de six cents nouvelles déferlèrent en quelques mois sur mon bureau.. Plus de trois fois et demie la masse de textes que j'avais reçue huit ans auparavant.. C'est dire qu'il y avait du monde à l'enterrement.. En lançant le projet, j'avais tenté d'orienter ces écrivains néophytes vers une SF en phase avec notre monde contemporain, sans négliger la spéculation scientifique, le style et le sens de la narration pour explorer nos.. Superfuturs.. Voici comment je les présentais :.. « Leur travail s'apparente plus à l'art du visionnaire que du confectionneur.. C'est pourquoi ils usent de technologies appropriées.. Par exemple, le traitement optique, voire photographique de la trame littéraire.. Certains choisissent le grand-angle : ils obtiennent alors une netteté parfaite sur tous les plans de l'histoire, mais l'image est déformée sur les bords au point d'en devenir méconnaissable ; s'ils passent au.. fisheye.. , leur univers s'arrondit alors, leur vision devient concentrique, précise, mais distante.. D'autres, au contraire, n'hésitent pas à travailler avec une focale normale : fouillant le quotidien à coups d'inspiration prémonitoire, ils en ramènent des instantanés d'une cruelle précision, mais la profondeur de champ n'est plus évidente, les premiers plans et l'horizon s'estompent.. D'aucuns, enfin, usent du téléobjectif, saisissent d'infimes détails dans l'évolution de nos sociétés, au détriment des perspectives qui s'aplatissent.. Le succès fut relatif puisque l'anthologie se vendit la moitié de la précédente.. Ma tentative de lancer une nouvelle génération d'auteurs échoua provisoirement faute de débouchés, sauf pour quelques-uns comme Colette Fayard, Wildy Petoud, Guy Grudzien, etc.. Celle de renouer avec la tradition fut un échec, ou l'échec une réussite, c'est selon.. L'effet “.. Limite.. ” était dans l'air du temps.. Ce groupe disparate et hétéroclite, constitué de Jacques Barbéri, Francis Berthelot, Lionel Évrard, Emmanuel Jouanne, Frédéric Serva, Jean Pierre Vernay, Antoine Volodine, avait trop sniffé de SF pour ne pas désirer de drogues plus dures, attaquer le ghetto de cette littérature au lance-roquettes afin de préparer l'invasion du dehors.. Leur attitude hautaine, terroriste, basée sur le refus de l'anecdote — l'absence de chute y atteint au sublime —, hantée par l'exigence de l'écriture, aboutit parfois à des textes quasi autistiques, poèmes abscons, prose hallucinée, pure métaphysique du néant.. Mais certains atteignent au chef-d'œuvre.. Sous la volontaire rupture d'identité que semble créer cet ensemble protéiforme et métamorphique, où chacun chercherait à imiter un modèle qui n'existe pas, une différence essentielle apparaît bien vite.. Auparavant, les écrivains faisaient de la SF pour la SF.. Avec Limite, c'est le contraire qui se produit : cultivés, très cultivés, frottés au conceptuel, gavés d'imaginaire, contaminés par le futur, ses créateurs font de la littérature comme s'ils écrivaient de la SF.. Ils cherchent à briser le carcan d'un genre enfermé dans ses tares et ses tics, victime d'un folklore kitsch, encadré par des gourous fondamentalistes.. Selon eux, le moment est venu pour la Science-Fiction de changer d'ère, de rompre résolument avec le strict domaine de l'évasion (donc de gare) que lui confère sa réputation, afin de conquérir la place qui lui est due dans l'histoire littéraire du.. siècle, c'est-à-dire la première.. Aussi n'hésitent-ils pas à aborder la conjecture par le travers, l'avenir sous de nouveaux angles, briser les ponts entre les genres, penser l'écriture, spéculer sur tous les fronts.. Je fus immédiatement séduit par cette tentative.. Il rejoignait mon vœu le plus cher des années cinquante, lorsque la Science-Fiction se constituait en France : faire de celle-ci un mouvement littéraire au lieu d'une.. -ième succursale du roman de genre exploité selon des fins exclusivement commerciales.. Pour prendre mes distances, j'ai montré à travers plusieurs romans comment contaminer à son profit la littérature ordinaire par la fiction spéculative, collaboré régulièrement à des revues généralistes, comme.. Traverses.. , ce qui m'a amené à prendre part à l'expérience enrichissante des.. Immatériaux.. organisée par Jean Baudrillard au Centre Pompidou.. Avec André Ruellan, auteur du superbe.. Manuel du savoir-mourir.. et scénariste adulé de Jean-Pierre Mocky, nous fûmes cooptés pour le second manifeste qui ne parut jamais, malgré la complicité de Jacques Chambon.. Celui-ci venait de reprendre "Présence du Futur" — et me repassait le flambeau critique au.. —, inventait les collections "Présence du fantastique" et "Présences" avec de secrètes ambitions.. D'ici à ce que sonnât le fatal 1990, la conjoncture économique se prêtait mal à l'expérience.. Prétendre à ce sujet qu'une SF littéraire, d'avant-garde tua la Science-Fiction serait une méchante contre-vérité.. Celle-ci était déjà moribonde dans son ensemble aux États-Unis comme en France pour certaines des raisons que j'ai avancées plus haut.. Aujourd'hui, un petit nombre de jeunes écrivains français de talent procurent l'illusion que le genre trouve un regain d'audience.. Malgré l'effort.. marketing.. organisé autour du phénomène, les résultats ne sont pas rassurants, tant ils sont noyés dans la bouillie médiatique.. Les chiffres de la.. Bibliographie de la France.. parlent d'eux-mêmes : en 1978, 360 titres de (vraie) SF paraissaient dans 33 collections, qui représentaient 1 % de l'édition française.. En 1997, le nombre des productions littéraires relevant de l'Imaginaire et du Merveilleux,.. dark fantasy.. science fantasy.. (?), Horreur, Fantastique, épouvante,.. gore.. , jeux de rôle, fabuleux, féerique — y compris la SF — atteignait 607 titres publiés.. Ce qui ne représente plus que 0,6 % de l'édition française.. Tout repose désormais dans la capacité des anciens et des modernes de tailler à la machette dans la “jungle éditoriale” pour préserver le fragile sentier de la Science-Fiction, envahi par les parasites et les épigones.. Habite-t-on réellement quelque part ?.. Tel était le titre de mon recueil “Limite” personnel, sonnant à coups de gongs dodécaphoniques la fin de l'expérience ludique des années 80, merveilleusement libre de toute contingence, dont l'influence, je l'espère, je le sais, sera fructueuse pour l'avenir de la SF française.. Parmi les réponses possibles à cette question, il me semble essentiel de distinguer les écrivains que la Science-Fiction habite de ceux qui habitent la Science-Fiction.. Je serai toujours du côté des premiers.. préface à :.. les Enfants du mirage 2.. , mai 2002.. Jean Pierre Andrevon, préface de 2001 au premier tome de la présente anthologie des chefs-d'œuvre de la SF française (1970-1980).. ↑.. Par comparaison, entre 1951 et 1964, "le Rayon fantastique", première collection du genre, vendait 1,5 millions de volumes pour 119 titres, ce qui donne dans l'idéal 12 600 exemplaires chacun.. l'Expérience du vivant , article de Philippe Curval présenté par Quarante-Deux.. 7 février 2012.. (première publication : mai 2002).. (création : 13 mai 2011).. org/archives/curval/divers/l'Experience_du_vivant..

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  • Title: Raptus de l'absence | Quarante-Deux/Articles de Philippe Curval
    Descriptive info: fr/iy.. ›› Raptus de l'absence.. Raptus de l'absence.. l'Angoisse.. , 2003.. À soixante minutes par heure et vingt-quatre heures par jour, l'Homme file vers le néant.. Son esprit et son corps en activité font partie d'un noyau en fusion qui tournoie dans un espace-temps indéterminé.. Afin de se déplacer dans cet univers, ses moyens de transport préférés sont le landau et le corbillard.. Pour réagir à ce défi ultime qu'est la mort au terme d'une existence dont il ignore les causes et les effets, l'être humain cherche à inventer comment plier le monde à sa décision, en faisant au préalable un choix des critères qui serviront ultérieurement à déterminer sa subjectivité.. Dès cet instant, il prend le risque de choisir un système de réflexion erroné qui réagira ensuite sur sa vision et celle de sa descendance.. Ce travail spéculatif et les conséquences qu'il comporte sont naturellement sources d'angoisse.. Ainsi en est-il toujours de la créature pensante.. Son face-à-face avec l'inconnu l'amène à se réfugier dans la névrose ou à adopter des solutions extrêmes.. Dans l'un ou l'autre cas, son appréhension de l'avenir accroît ses terreurs.. Au cours de ce temps si bref qu'est la durée d'une vie, comment connaître son identité et comment se faire à l'idée que celle-ci se fondra bientôt dans l'infini ? Face à l'angoisse qui naît de ce dilemme, Sigmund Freud répond :.. « "Futur" est un mot vide de sens, car seul existe le temps où l'on s'invente.. Et je travaille dans l'actuel, quel que soit le lieu où ma pensée se manifeste.. Soit, mais le futur appartient à l'avenir dont l'absence de dessin, sinon de dessein, nous inquiète.. À terme, c'est l'“absence de soi”.. Source du raptus anxieux qui accompagne notre existence.. Un avenir de tout repos, de liesse ou de divertissement ne constitue qu'un ensemble de balivernes mirifiques avec lesquelles les religions et les idéologies essaient d'endormir la sourde anxiété de l'instinct dans la conscience des multitudes.. À l'inverse, la Science-Fiction permet une enrichissante réflexion sur l'absence, agent moteur de toute création.. Grâce à l'“esprit d'anticipation” qui, loin de fixer les bornes du lendemain telle que s'y emploie la prospective, répond à l'angoisse par l'angoisse en la traitant sur un mode homéopathique, en diluant dans une solution de “réel conjectural” les fantasmes relatifs à l'avenir de l'Humanité.. Tout a commencé, au début du.. siècle, lorsque nos sociétés ont amorcé le passage de l'âge tribal et rural à l'âge urbain et technologique, lorsque le progrès scientifique a permis d'imaginer qu'un jour l'Homme se supplante au créateur.. Par exemple en fabriquant une machine androïde pour lui déléguer son humanité.. Et pourquoi ne pas construire la machine à penser, la machine à rêver, la machine à vivre, la machine à voyager pour s'abriter derrière elle sans angoisse ? L'hypothèse de réaliser un monde selon son désir n'était plus à exclure.. Cette prise de conscience a réveillé la plus ancestrale des craintes cosmiques : la colère de Dieu.. Engendrée par un réflexe d'autopunition dont la manifestation est une peur justifiée de soi-même.. Ainsi, la création sacrilège du.. de Mary Shelley a posé d'emblée les problèmes d'où découlent les concepts initiaux de la SF : la connaissance des mécanismes de l'univers et l'exploitation infinie de ses ressources peut-elle soulager la névrose existentielle ? Y a-t-il une limite à ce que l'Humanité a le droit d'entreprendre sans attirer sur elle la destruction ? Auxquels s'ajoutent les questions relatives à ce qui attend l'Homme au détour des étoiles.. La perspective d'une rencontre avec une créature étrangère est un sujet qui hante des milliers d'œuvres de Science-Fiction.. Parce qu'il répond à une angoisse viscérale : quel est cet extraterrestre qui est en nous, dont l'émergence aléatoire, impromptue nous effraie ?.. Au train-train des guerres, des dictatures, des révolutions, des famines, des épidémies, des catastrophes naturelles qui de tout temps ont menacé l'espèce humaine s'est ajouté un concept nouveau, celui que risque d'engendrer la maîtrise de son destin, dans les conditions ambiguës qu'offre le progrès.. Car, si l'angoisse du jour n'est plus qu'un souvenir le lendemain, l'angoisse du lendemain — dont il est impossible de déterminer l'essence — ouvre une palette démesurée à l'inspiration, source d'innombrables névroses liées à l'anxiété.. D'où la naissance simultanée en Science-Fiction de deux écoles dont les frontières et les territoires se confondent souvent.. Les tenants de la première estiment que les situations désespérées découlent de solutions désespérées.. Et qu'il est grand temps de mettre du baume sur la faute originelle.. Ces optimistes croient que l'irrésistible mouvement des sciences et  ...   Histoire.. Les plus farouches, comme Jacques Sternberg (.. ), jugent que l'Homme n'a pas plus de valeur que l'infusoire et doit s'effacer.. Dans ces deux types de questionnement s'expriment toutes les incertitudes, les désarrois de l'espèce humaine devant le déferlement du futur.. « Depuis la Renaissance, la science a entrepris de nous persuader que nous vivons dans une nature indifférente… Une diminution de nos réserves de peur devait en résulter… Danger considérable car cette peur était une des conditions de notre existence et de notre équilibre… Notre siècle, plus lucide, finit par s'en alarmer.. La science devint menace, source d'effroi.. Et cette quantité de peur indispensable à notre prospérité, nous sommes maintenant sûrs de la posséder.. écrivait Cioran dans.. la Tentation d'exister.. La SF en est l'agent de propagation.. Il suffit de constater que les androïdes, les extraterrestres, les pouvoirs paranormaux, l'invisibilité, les mutants, l'exploration des galaxies, le voyage dans le temps, les univers parallèles, la réalité virtuelle, sont autant de thèmes intégrés à la conscience de l'Humanité, utilisés à tort et à travers par les médias et la publicité, sans qu'il y ait preuve scientifique qu'ils puissent un jour interférer dans notre vie quotidienne.. Ce ne sont que purs produits spéculatifs destinés à alimenter notre soif d'angoisse compensatrice.. Soit à cause d'un changement brutal de société, de mode de pensée, d'une source inconnue de danger, de mutation, la chair, l'esprit sont “déconcertés”.. Chez bien des gens, l'absence de peur n'est qu'une absence de vision.. La Science-Fiction est là pour lever les œillères.. Elle s'impose à la manière d'un antidépresseur par la description de catastrophes, dans la mesure où la représentation du mal, même si elle s'élabore à partir de concepts purement intellectuels, doit passer par l'affectif pour être intense.. C'est l'agitation, la vie effervescente qui transcende les frayeurs et vivifie les illusions créées par nos sociétés fictives.. Pour résorber leurs peurs afin de s'adapter, nos contemporains n'ont qu'une solution, signer un pacte avec l'“invisible futur”.. Pour en finir avec les certitudes, ce “raptus de l'absence” provoqué par la SF restitue à la fiction sa capacité de transcender nos émotions.. Après l'explosion de la première “bombe atomique”, il devenait possible de dissocier la matière, donc de mettre en doute le mythe de l'apparence grâce auquel chacun peut croire qu'il s'identifie à la réalité.. Parallèlement, l'avènement de la télévision, l'irruption totalitaire de l'image dans le champ du vécu, joint au développement exponentiel des moyens de communication, adossait la menace de l'invisible avenir au concept d'ubiquité.. En même temps que se diffusait devant quatre milliards de téléspectateurs médusés l'atterrissage de Neil Armstrong sur la Lune.. Dès lors, la SF entama son processus de dématérialisation des idées reçues, s'attaquant au cœur même de sa cible, bradant son matériau technologique pour traquer au plus près les nouvelles angoisses surgies de la modernité.. Surpopulation pour John Brunner dans.. Tous à Zanzibar.. Dérégulation des climats due aux activités de l'Homme en quatre apocalypses chez J.. Ballard :.. le Monde englouti.. le Vent de nulle part.. Sécheresse.. la Forêt de cristal.. Turbulences et conflits multiples suscités par la naissance de l'Europe dans.. Perte d'identité culturelle des pays d'Asie centrale après la fin du règne soviétique dans.. À l'est de la vie.. de Brian W.. Aldiss.. Civilisation des clones chez John Varley dans.. le Canal Ophite.. Épidémie d'intelligence dans.. la Musique du sang.. de Greg Bear.. Dématérialisation du réel dans.. Gravé sur chrome.. de William Gibson.. Pourquoi quelques millions de gigaoctets ne suffiraient-ils pas à créer l'illusion d'une pensée individuelle, transcrite en équations neuronales sur ordinateurs ? Ainsi Greg Egan anticipe-t-il l'immortalité dans.. Thème angoissé, angoissant qui traverse la SF et renvoie l'Homme à cette interrogation suprême : la présence de soi dans l'éternité est-elle préférable à l'absence de soi ?.. Les premières secousses dues à l'intrusion brutale de la science et de la technologie se transforment en tremblement de civilisation généralisé qui n'épargnera probablement rien ni personne.. Faillite des idéologies, dérégulation des États, menace des technostructures, déconfiture de l'individualisme, stress de la surinformation, renouveau des affrontements religieux, montée du virtuel, vertige génétique s'enracinent dans notre société complexe, dessinent l'imagerie protéiforme d'un monde en devenir.. Plus l'accélération succède à la vitesse, plus le futur se rapproche.. Plus la SF se nourrit des angoisses du présent.. L'avenir a de beaux jours devant lui.. , nº 422, juillet-août 2003.. , sous le titre de : "l'Invisible futur".. Raptus de l'absence , article de Philippe Curval présenté par Quarante-Deux.. 3 septembre 2011.. (première publication : juillet 2003).. (création : 29 avril 2011).. org/archives/curval/divers/Raptus_de_l'absence..

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  • Title: les Français à New York | Quarante-Deux/Articles de Philippe Curval
    Descriptive info: fr/1bB.. ›› les Français à New York.. les Français à New York.. New York et ses écrivains.. , 2005.. texte sans rapport direct avec la Science-Fiction.. Pour les écrivains français, New York, emblème d'une autre conception du monde, est synonyme de commotion.. La seule solution qui s'offre à ceux qui veulent la conquérir par l'écriture est de s'immerger, ou de fuir.. Arthur Cravan affirmait avec une pernicieuse désinvolture :.. « Il est de l'essence des symboles d'être symbolique.. À propos de New York, cette affirmation s'applique deux fois.. Ville symbole des États-Unis et de l'immigration, elle est aussi symbolique d'une architecture et d'une culture transgressives.. Icône mythique d'une violente transformation du monde, verticale,.. « cette ville qui vous attend debout ».. disait Le Corbusier, obstrue l'horizon, interdit le survol, déjoue le sens de la perspective, oblitère les idées reçues.. Cette évidence fut très tôt ressentie par les écrivains de notre continent, francophones en particulier, pour lesquels Paris semblait le centre du monde, et par là, l'unique référence pour enregistrer les transformations de société et juger de leur pertinence.. Or, toute tentative de réduire New York à un simple sujet d'étude, de poème ou de roman se résout par un échec.. Le déferlement de sensations, de révélations, d'images inconnues que suscite le face-à-face avec la ville exige un effort intérieur pour en restituer l'authenticité.. New York est traumatisme, commotion.. Au.. siècle, parmi les premiers,.. Blaise Cendrars.. , qui fut le voyageur impénitent, l'Argentin, le Transsibérien, poète de l'immédiat et de la modernité, saisit en y arrivant — non sans une amère volupté —, qu'il a trouvé un terme momentané à ses pérégrinations.. Quand il débarque de son cargo,.. le Volturno.. , en 1911 un soir de Noël, sac au dos, il traverse l'immense agglomération surpeuplée, se frayant un chemin à travers la foule en liesse, parmi les brasseries illuminées et les orgues de barbarie.. Mais les mois suivants, son existence y est précaire, difficile.. À l'éblouissement de la découverte succède la déception de n'y trouver qu'un lieu sans vraie culture, sans autre ambition que d'accueillir les pauvres de la planète.. New York n'est qu'un village provincial poussé en hauteur.. Partage-t-il avec Henry Miller l'oppression qui en émane ?.. « Quand la neige est sur le sol et que règne l'extrême silence, il se dégage de la hideur des édifices de New York une musique d'une solennelle tristesse, d'un désespoir, d'une faillite à vous ratatiner la chair.. Les Pâques à New York.. semble le démentir par son lyrisme de l'instantané.. Car Cendrars n'est pas un homme de lettres en promenade.. Chez lui, le désir d'être ailleurs ne fait qu'un avec celui de s'incarner dans les lieux.. Pour.. Paul Morand.. , le besoin de capter la réalité de.. « la plus grande ville de l'univers ».. prend un sens tout différent.. Son horreur de l'exotisme l'incite à radiographier ce que ses yeux découvrent, en cernant l'essentiel, le fondamental, l'inattendu.. New York.. , paru en 1929, s'en veut la démonstration.. Afin de demeurer le plus étranger possible à son sujet, il produit un précis historique, ethnologique, géographique pour en révéler la modernité et les contradictions.. des Hommes et des cultures, générateur d'une société nouvelle, à la violence du climat, il oppose la simplification des lignes, des idées, des sentiments, la froideur géométrique de cette.. « cité à deux dimensions ».. , comme la décrivait Albert Einstein.. Modèle de la civilisation de la vitesse en devenir, aseptisé, technologique auquel il aspire en même temps qu'il le redoute.. « New York brise les nerfs.. écrit-il,.. « Un Européen n'y peut vivre que quelques mois.. Quand le Ferdinand Bardamu du.. Voyage au bout de  ...   , ce dernier concède que les rues, les avenues tracées au cordeau lui donnent soudain la sensation d'espace qui anime et dilate la ville.. « Le grand espace vide des steppes et des pampas.. Mais il en stigmatise surtout la saleté, l'incohérence des gratte-ciel, l'individualisme forcené de ses habitants.. Pour conclure :.. « New York n'est pas une ville-musée.. Pourtant, aux yeux des Français de ma génération, elle a déjà la mélancolie du passé.. Juste au moment où la culture américaine, fertilisée par les artistes et les écrivains, les musiciens, les cinéastes du vieux continent allait déferler sur le monde et le conquérir.. De ces appréciations pessimistes,.. Georges Simenon.. n'en a cure.. Son but est simple lorsqu'il s'embarque en 1945 pour New York, c'est d'accroître son statut d'auteur international.. Il a déjà visité un grand nombre de pays, publié de nombreux reportages, l'approche d'une société différente ne l'effraye pas.. Très vite, il écrit.. Trois chambres à Manhattan.. , véritable plongée littéraire aux clartés nocturnes qui révèle son extraordinaire capacité à saisir la vie, l'atmosphère, l'humanité d'une cité étrangère.. Mais l'année d'après, déjà, son.. Maigret à New York.. témoigne d'un recul.. Ce Maigret-là, c'est Simenon tout entier, privé de son environnement familier, de sa langue, qui mène l'enquête.. Pourtant, il ne rompt pas, ruse, joue à cache-cache avec la ville qui le séduit et le repousse en même temps.. Durant près de dix ans, Simenon vivra au Canada en pratiquant une fois par mois des raids sur New York.. Périodes d'ivresses intenses d'où sortiront une vingtaine de romans abreuvés d'Amérique.. Projet pour une révolution à New York.. (1970),.. Alain Robbe-Grillet.. choisit de détourner le sujet du roman par le roman du sujet.. La ville ici n'est plus que ruines où projeter ses fantasmes.. « Une des dernières maisons tenant encore debout, celle du narrateur… est investie maintenant par une équipe de dynamiteurs.. Claude Simon.. , l'année d'après, dans.. les Corps conducteurs.. , il démystifiera la cité à travers un kaléidoscope en fondu enchaîné où il brasse ses clichés intimes avec la réalité contingente.. Cette mise à distance par l'écriture s'assimile à une tentative d'exil extérieur.. Édité en 1980 après le tournage de son film avec Robert Bober,.. Ellis Island.. , le bref essai de.. Georges Perec.. , résume d'une manière significative les contradictions, les douleurs et les épreuves qu'ont éprouvées les nouveaux arrivants à New York.. Symbolisé par un lieu mythique,.. , île au large de Manhattan, porte de l'Eldorado ou de la misère, où furent accueillis les millions d'émigrants venus du monde entier.. « Ce sont des bêtes de cirque qui sautent les méridiens.. On leur jette des morceaux de viande noire comme à des chiens.. écrivait Cendrars.. Curieusement, c'est par le cheminement de la pensée à travers l'histoire répétitive des accueils humiliants, des brimades et des travaux forcés, par leur énumération que Perec retrouve le sens perdu de sa judéité.. Ce bref aperçu permet de saisir combien les rapports des écrivains français avec la ville métaphore d'une autre conception du monde furent d'ordre conflictuel.. Car New York ne peut faire l'objet d'un simple voyage.. La cité exige une véritable émigration — ne serait-ce que par la pensée — pour en surprendre l'altérité.. Avec la normalisation de la modernité, son contenu fictionnel semblait émoussé jusqu'à la destruction des.. Twins Towers.. qui vient d'en relancer l'intérêt.. Plusieurs auteurs ont retracé l'attentat.. Mais s'agit-il d'une véritable inquiétude littéraire ou de politique éditoriale ?.. , nº 443, juin 2005.. les Français à New York , article de Philippe Curval présenté par Quarante-Deux.. 5 janvier 2013.. (première publication : troisième trimestre 2004 [deuxième trimestre 2005]).. (création : 5 janvier 2013).. org/archives/curval/divers/les_Francais_a_New_York..

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  • Title: Psychose du futur | Quarante-Deux/Articles de Philippe Curval
    Descriptive info: fr/1bA.. ›› Psychose du futur.. Psychose du futur.. la Paranoïa : du bonheur de se croire persécuté.. La Science-Fiction, parce qu'elle suppose le plus souvent l'existence d'une réalité autre, a naturellement donné à la paranoïa un lieu où s'épanouir.. Le pire s'y produit, parfois pour le meilleur de la littérature.. « Tout le monde me hait parce que je suis paranoïaque.. disait Jacques Bergier.. Opinion que partagent ceux qui lisent de la Science-Fiction, car ils se sentent exclus par leur entourage.. Or, si tel n'est pas systématiquement le cas, bien des œuvres du genre résultent en effet d'un conflit entre le désir et l'interdit, source de psychoses.. Désir de manipuler le temps, de changer de corps, de résoudre l'énigme de l'univers, d'explorer l'espace, de créer des utopies, des objets technologiques qui transforment l'évolution des sociétés.. Auxquels répondent de multiples hantises.. Depuis l'objet rebelle issu de nos propres inventions jusqu'aux redoutables inconnues qui découlent de ces conjectures, systèmes totalitaires, lendemains qui déchantent, envahisseurs extraterrestres, clones dégénérés, etc.. , sans compter la mainmise sur la nature qui bouleverse l'équilibre écologique de notre planète.. D'où surgit le sentiment angoissant d'une punition à venir que sanctionne le vide ontologique engendré par la spéculation sur notre mort prochaine et sans solution.. La notion d'une énigmatique revanche pèse sur tous ces défis auxquels ni l'auteur ni le lecteur ne peuvent donner de réponse.. Au sentiment d'hypertrophie du moi succède fréquemment celui d'atteinte du moi, que renforce l'impression de lucidité commune aux vrais paranoïaques.. Dans la décision de créer un monde d'illusions où règne une construction logique qui n'appartient qu'à l'écrivain, il y a déjà l'ébauche d'une réalité adjacente, source de certitudes ambivalentes et de réactions névrotiques.. Il s'ensuit qu'au délire systématisé, construit à partir de concepts imaginaires, correspondent autant de menaces imaginaires.. Mais, à l'inverse de la littérature générale, du Fantastique, où la paranoïa s'explore en tant que sentiment de la fatalité subie par le sujet, celle-ci devient en SF matière à réflexion, spéculation, s'élabore en questionnement existentiel et nourrit la plupart de ses grands textes.. Car je voudrais vous épargner ici l'interminable liste d'œuvres de “scifi” où monstres, ovnis issus de l'ex “guerre froide” constituent l'essentiel de la thématique, quand ce ne sont pas les bastonnades de CRS dans la Science-Fiction politique française.. Puisqu'il fait partie des classiques, l'un des exemples les plus frappants d'une construction originale et purement conjecturale, me semble.. l'Homme invisible.. de H.. Wells.. Roman qui décrit avec cohérence l'invention de la méthode, qui induit l'apparition de la psychose.. C'est en créant son invisibilité par un processus de déviation optique de la lumière autour de son corps que le personnage obtient la disparition de son image.. Thème qui s'enfle jusqu'à l'obsession puisqu'au fil de son expérience, son effacement du monde visible devient une réalité persistante.. Devant cette évidente conspiration dont il est l'auteur et qui aboutit à l'absolue négation du Moi, le héros se tournera vers la folie, puis vers la mort, tout en s'identifiant à son propre tortionnaire.. Dans ce désir d'exclusion se dessine un thème paranoïaque par excellence.. Même si le délire du personnage s'accompagne toujours d'un manque de critique, de contrôle, son mode de raisonnement maladif lui paraît justifié.. Car sa perception de l'Humanité et du monde extérieur ne  ...   comme une perspective irrémédiable.. Car, si la dramaturgie de la Science-Fiction repose sur des “idées” provoquées par l'exploration de possibles, aucun de ses grands écrivains ne néglige l'essentiel : le statut de l'Humanité face à l'avenir, face à l'univers.. Cette démarche paraît moins évidente chez nombre d'auteurs contemporains où le destin de l'auteur s'inscrit ouvertement dans la conjecture.. Antoine Volodine, dans ses journaux intimes, s'acharne à restituer le sens de la douleur qui s'exprime à travers le travail littéraire ; chez lui, la Science-Fiction s'infiltre dans le système nerveux.. Dans les œuvres majeures de Serge Brussolo, la crise débouche souvent sur une introspection désespérée où la paranoïa s'attaque aux sources mêmes de l'identité.. Armé d'une machiavélique précision, il met alors en place ses phantasmes organiques au service d'une machination implacable dont le lecteur ne peut qu'apprécier l'intelligence sous peine de perdre la raison.. Il suffit d'y croire un seul instant pour basculer de l'autre côté, là où Brussolo vous invite à découcher dans son asile d'aliénés.. Ce qui amène aussi Philip K.. Dick à se poser des questions : qu'est-ce qui définit l'autre et vous définit ? Existons-nous vraiment ou sommes-nous des allégories figées dans l'univers de la représentation ? La vie, en Californie, où Fred est installé, n'est-elle qu'une publicité pour la vie en Californie ? Pour y répondre, il faut se placer hors de cette zone où l'Homme social exécute les gestes du quotidien.. Dans ce cas, la drogue est peut-être une solution….. Depuis quelque temps, Fred doit suivre un personnage qui lui ressemble comme une ombre.. Pour les besoins du métier, il use de la substance M, comme mort, dont nul ne connaît la véritable origine.. Malheureusement, elle altère les fonctions biologiques, efface la réalité.. Bref, le jeu du détective enregistrant sa propre existence inversée est terriblement destructeur.. Son dédoublement qui s'affirme sert de prélude à sa désagrégation.. Tel est le thème de.. Substance mort.. Ici, l'aliénation, la pression communautaire qui s'exerce sur nos sociétés n'est qu'une solution provisoire, illusoire, où se brûle la conscience et où s'anéantit l'identité.. Jusqu'au bout de la paranoïa, tel est le sens de ce suspens où Philip K.. démontre ce qui est désormais une évidence : aucun auteur de SF ne s'accomplit aussi intensément que dans son œuvre.. La Science-Fiction est bien une folie qui s'exploite en tant que matière littéraire afin de subvertir les principes duels qui régissent l'Humanité, mâle et femelle, individu et société, sucré et salé, bien et mal, déviance et raison, mysticisme et athéisme, etc.. La paranoïa constructiviste inspirée sait merveilleusement traduire les soupçons quotidiens qui agitent l'âme humaine, dont la mort est l'inspiratrice.. Son utilisation subtile a le pouvoir de faire admettre aux lecteurs que leur esprit est dérangé, que les soupapes de sécurité mises en place par la société ne fonctionnent pas comme des horloges suisses, que la science n'est qu'une approche désordonnée de l'infinie complexité de l'univers.. En cas d'implosion des catégories, le pire peut donc se produire.. Même si le pire en Science-Fiction est souvent plus excitant que l'idée du bonheur inspirée par nos certitudes séculaires.. , nº 444, juillet-août 2005.. , sous le titre de : "les Psychoses du futur".. Psychose du futur , article de Philippe Curval présenté par Quarante-Deux.. org/archives/curval/divers/Psychose_du_futur..

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  • Title: "Interface 2" par Gérard Klein | Bibliographie | Quarante-Deux/exliibris
    Descriptive info: Aller au contenu.. |.. Aller à la navigation générale.. Aller au menu.. Aller à la recherche.. Quarante-Deux : e.. xlii.. bris.. catalogue d'une bibliothèque de Science-Fiction.. fr/1ck.. K.. → Interface 2.. Index onomastique :.. #.. B.. C.. D.. E.. F.. G.. H.. I.. J.. L.. M.. N.. O.. P.. Q.. R.. S.. T.. U.. W.. X.. Y.. Z.. Interface 2.. type, date et langue :.. rédactionnel, préface, 1986, français.. en ligne :.. lire ce texte.. concerne :.. Patrice Duvic.. Demain les puces : Science-Fiction et micro-informatique.. Mémoire vive, mémoire morte.. note :.. Daté par l'auteur en cours de texte  ...   puisqu'à cette date Quarante-Deux sait que ledit Macintosh était encore dans son carton à peine livré.. Au vu de la date de publication de l'anthologie, comprendre sans doute : janvier 1986.. books.. google.. fr.. noosfere.. org.. notice :.. frxlii2HPzkJbTLRHYR0R0ExqYwCdaFIK.. Publications cataloguées.. : Interface 2.. (Patrice Duvic ; Denoël › Présence du futur, nº 421, 1986), p.. 209‑217.. +.. (Patrice Duvic ; Denoël › Présence du futur, nº 421, 1996), p.. 185‑193,.. version actualisée.. dans exliibris.. guide.. contenu.. @exliibris sur Twitter.. Fil des catalogages.. © Quarante-Deux 1994–2054.. — ISBN 978-2-9510042-9-0 —.. Dernière modification :.. (création : 31 décembre 2000).. org/exliibris/oeuvres/k/Gerard_Klein/Interface_2_a_Demain_les_puces.. frxliiAwGeptL1TMEBFSqZfp4BXWGY80v..

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  • Title: ´Demain les puces : Science-Fiction et micro-informatique´ par [Collectif] | Bibliographie | Quarante-Deux/exliibris
    Descriptive info: fr/Joe.. [Collectif].. sous la responsabilité de :.. Autre forme principale du titre :.. Demain les puces : Science-Fiction et informatique.. fiction, anthologie hors-série, 1986, français anglais.. Composition variable selon les éditions.. On remarque que dans le paratexte 1.. 2 de 1996 on fait référence à la première version de cette anthologie en tant que 1.. 1, la 1.. 0 n'ayant pas été rendue publique, donc….. amazon.. bdfi.. net.. gerard.. klein.. prefaces.. frxliihy2dDa7iGHavZlXprf4ywhdOz1j..  ...   par :.. Mandy.. 5‑309,.. [version 1.. 1].. François Allot.. En relation.. Articles, préfaces, éditoriaux et postfaces.. Interface 1.. 1986.. (Denoël › Présence du futur, nº 421, 1986), p.. 31‑36.. (Denoël › Présence du futur, nº 421, 1996), p.. 31‑36,.. Paratexte non catalogué.. DV6C [David Sicé].. compte rendu.. ›››.. Bifrost.. 4 (périodique sous la responsabilité de : Olivier Girard ; France › Moret-sur-Loing : le Bélial', février 1997, ISSN 1252-9672), p.. 73-75.. org/exliibris/oeuvres/d/Patrice_Duvic/Demain_les_puces_Science-Fiction_et_micro-informatique..

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  • Title: Archives stellaires/Klein/Préfaces et postfaces/Histoires de machines | Quarante-Deux
    Descriptive info: section Gérard Klein.. Sauter la navigation.. accueil.. exliibris.. pgeff.. kws.. récits.. prix.. galerie.. carnets.. photos.. Vous êtes ici :.. →.. Archives stellaires.. préfaces et postfaces.. Histoires de machines.. Bozzetto.. Curval.. Klein.. Divers.. liste des préfaces.. Gérard Klein : préfaces et postfaces.. Anthologie composée par Jacques Goimard, Demètre Ioakimidis et Gérard Klein :.. Livre de poche nº 3768, octobre 1974.. Détail bibliographique.. dans la base de données e.. u'est-ce qu'une machine ? Quand l'outil disparaît-il pour faire place à la machine ? La question peut sembler purement rhétorique, mais à moins de la poser il paraît difficile de comprendre les.. relations ambivalentes qui se sont établies au cours des derniers siècles entre les humains et un environnement technologique foisonnant.. Ces relations s'expriment, comme on pouvait s'y attendre, avec une particulière netteté dans la littérature de Science-Fiction.. L'outil apparaît comme un prolongement, un complément de l'être humain, un membre supplémentaire.. Bien qu'il ne soit pas moins “artificiel” que la machine, il bénéficie d'un préjugé favorable.. Il paraît simple, soumis immédiatement à la volonté de son utilisateur.. Il n'en va pas de même pour la machine.. Trois traits me semblent la caractériser et expliquer la méfiance de l'homme — notamment du technicien — à son endroit.. Ce sont l'articulation, la répétition et la présence d'une source de force autonome.. L'articulation, cela veut dire que la machine est composée de pièces, qu'elle est capable d'un mouvement interne, à la ressemblance d'un être vivant, cela signifie aussi qu'elle est complexe, que son principe de fonctionnement et de montage ne peut pas être saisi d'un seul coup d'œil ; elle contient une part de mystère.. La répétition, cela implique, d'une part, qu'une machine est en elle-même indéfiniment reproductible, qu'on peut aligner des armées de machines semblables, et, d'autre part, qu'une machine est susceptible de répéter les mêmes effets, les mêmes.. gestes.. , à l'infini, sous réserve de son usure.. La présence d'une source de force — qui peut être alimentée par une énergie venant de l'extérieur, comme l'électricité — anime la machine, la dote d'une sorte d'autonomie et fait en sorte qu'elle peut, “profitant” d'un moment d'inattention de son conducteur, lui échapper, se comporter de manière vicieuse et finalement l'entraîner dans une catastrophe.. L'usage, ou plutôt la déviation littéraire de ces trois traits, fait aussitôt penser à une métaphore : celle de la machine considérée comme un être vivant, comme un animal redoutable et peut-être mal dompté.. L'inanité évidente de cette métaphore ne peut empêcher qu'elle soit constamment présente dans la littérature et jusque dans la conscience quotidienne de milliards de gens.. Les liens émotionnels qui s'établissent entre un automobiliste et sa machine s'adressent moins de toute évidence à un monceau de métal travaillé qu'à la monture qui se cache derrière.. Et lorsque quelqu'un gratifie d'un bon coup de poing un appareil de radio ou de télévision, c'est moins dans l'espoir hasardeux de rétablir un “faux contact” que dans celui de punir un animal indocile et de lui faire entendre raison.. L'apparition de machines dotées non plus seulement d'une autonomie de mouvement mais encore d'une certaine capacité d'organisation, grâce au progrès de la cybernétique, n'a fait évidemment qu'aggraver les choses.. Ce qui n'était que métaphore.. paraît.. devoir entrer dans la réalité, et la machine.. semble.. pouvoir devenir un être vivant, voire même un être intelligent, conscient.. Mais la métaphore organiciste de la machine a un revers, social, celui-là.. Comme la machine, la société moderne apparaît comme complexe, incompréhensible ou plutôt insaisissable, articulée à l'infini, comme répétitive car ses éléments structuraux paraissent, toujours identiques à eux-mêmes, s'additionner dans le vertige et parce qu'elle exige des hommes qu'ils deviennent des reflets, des copies parfaites d'un modèle unique, et enfin comme autonome, c'est-à-dire comme mue par une force et suivant un dessein qui échappent entièrement à ceux qui prétendent l'habiter.. Ce n'est pas par hasard que l'on parle si couramment de la machine sociale ou des rouages de la bureaucratie.. Pris entre ces deux métaphores, coincé entre quelque chose qui lui ressemble du point de vue de son organisation sans lui ressembler dans son image comme fait le robot, et qui lui paraît plus solide, moins fatigable que lui, et la même chose qui le domine et paraît mieux adaptée que lui aux exigences de l'économie, l'homme moderne ressent quelque malaise.. Et il est remarquable que l'.. homo technicus.. perçoive autant et plus ce malaise que le profane.. La plupart des auteurs de Science-Fiction qui disposent d'une réelle culture scientifique ou technique se sont essayés à traiter le thème de la machine.. Ils lui ont pour ainsi dire  ...   la fresque d'un effondrement de l'économie puis de la civilisation, dû au pouvoir reproducteur presque infini d'une petite machine, le Gizmo.. La machine est bien ici, littéralement, ce qui ôte toute valeur à tout objet.. Mais la démonstration n'est pas entièrement satisfaisante parce que Damon Knight, qui n'est pas un scientifique, a laissé de côté le problème des biens périssables, c'est-à-dire à long terme de tous les biens.. Même si l'on dispose d'un gadget qui permette de dupliquer un œuf ou une pile électrique, encore faut-il que l'œuf d'origine soit frais et la pile chargée.. Au bout de quelques semaines, il n'existerait plus dans une société dominée par le Gizmo d'œuf propre à la consommation, ni au bout de quelques mois de piles utilisables.. Ou de pneus, ou même de vêtements.. L'instantanéité de la reproduction change — et à la limite détruit — le système d'échange, mais elle n'abolit pas le système de production.. Il est surprenant que personne ne paraisse s'en aviser dans la nouvelle de Knight.. En fait, il est deux domaines où l'invention du Gizmo aurait bien les effets annoncés : celui des signes monétaires, mais une parade serait vite trouvée par exemple sous la forme d'une monnaie électronique, et surtout celui du livre.. Il est difficile de ne pas songer à MacLuhan en lisant le texte de Knight et de ne pas voir dans le Gizmo une figuration de la menace qui pèse, selon l'auteur de.. la Galaxie Gutenberg.. , sur l'imprimé, ce produit par excellence de la machine, du fait des modes de communication et de reproduction électroniques.. L'effondrement que décrit Knight est celui d'une civilisation fondée sur l'imprimé et accessoirement sur les droits de reproduction des œuvres littéraires, comme il l'indique clairement lui-même dans l'épisode de l'amateur de “fanzines”, ces petites revues d'amateurs.. Enfin, l'autonomie de la machine apparaît dans presque toutes les histoires.. Simple autonomie énergétique dans Tout avoir et dans le Twonky , autonomie de bête fauve dans les Autos sauvages de Roger Zelazny, dans Escarmouche de Clifford D.. Simak, et dans le Ruum d'Arthur Porges.. Mais autonomie beaucoup plus poussée, beaucoup plus vicieuse dès que l'on a affaire à des ordinateurs plus ou moins complexes et plus ou moins ambitieux, comme dans un Logic nommé Joe de Murray Leinster, l'Autre jungle de Brian Aldiss et la Réponse de Fredric Brown.. Ici se dessine l'exploitation puis l'asservissement de l'homme par la machine.. Non satisfaite d'être l'égale de l'homme et de le remplacer, la machine entreprend de devenir son maître.. Et son autonomie énergétique et logique est garante de son succès.. En d'autres termes, l'homme aurait mis en marche un processus qu'il ne contrôlerait plus, processus dans lequel il est assez aisé d'apercevoir une allégorie de l'histoire.. En transformant radicalement les conditions de production au cours des quelques derniers siècles, en remplaçant le produit manufacturé par le produit industriel et la valeur d'usage par la valeur du marché, l'essor technologique a dissipé une illusion de l'histoire-qui-serait-faite par les hommes ou par quelques hommes puissants ou éminents.. Mais il en découle que l'histoire paraît être devenue incontrôlable, dénuée de sens, à l'image d'une machine folle ayant perdu son conducteur et errant dans un espace homogène de la répétition et de la quantité.. Vision assurément sombre, moins en elle-même qu'aux yeux de ceux qui se sont faits de l'histoire une conception différente, celle d'une locomotive bien domestiquée et filant à fière allure le long d'une voie bien rectiligne.. Mais vision corrigée par la présence de deux atouts dans la manche de l'homme.. Le premier, c'est la limite que leur constitution même impose aux machines, ainsi qu'il apparaît dans Facteur limitatif de Clifford D.. Simak et dans le Ruum de Porges.. Dans la mesure où il ne prétend pas à l'absolu, l'homme peut toujours faire un pied de nez aux machines qui prétendent à la perfection.. Le second, c'est ce vieil allié de l'homme contre tout ce qui le menace dans la nature : l'outil.. Dans le conflit qui oppose l'homme aux machines, son rôle devient rapidement déterminant.. Dans Portrait de l'artiste par lui-même , c'est l'homme et sa plume affrontés à la machine à dessiner.. C'est Dans la comète , l'homme et le boulier qui triomphent des incertitudes de l'ordinateur.. Et c'est enfin, dans Escarmouche , l'homme armé d'un simple tuyau de plomb qui attend, confiant, l'assaut des machines rebelles.. © Quarante-Deux.. — Reproduction interdite sans autorisation.. Voir les.. conditions d'utilisation.. Création :.. vendredi 22 février 2001 —.. Modification :.. vendredi 2 mars 2001.. Adresse du site :.. haut de page.. écrire à Quarante-Deux..

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  • Title: ´une Porte sur l'été´ par Robert Heinlein | Quarante-Deux/Préfaces de Gérard Klein
    Descriptive info: klein.. Gérard Klein : préfaces, postfaces et articles sur la.. fr/Kw.. Préfaces et postfaces.. une Porte sur l'été.. Préfaces et postfaces de.. Robert Heinlein :.. the Door into summer.. , 1956).. roman de Science-Fiction.. préface de.. , 2010.. « Le chat est d'une honnêteté absolue : les êtres humains cachent, pour une raison ou une autre, leurs sentiments.. Les chats non.. Ernest Hemingway.. [.. 1.. ] [.. 2.. ].. Petronius le sage, quoique discret, est le personnage principal du roman de Robert Heinlein,.. À mon avis.. Petronius est ce chat qui, en hiver, disposant d'une chatière, plutôt que de l'emprunter et de sortir dans la neige, préfère se planter tour à tour devant les onze portes de la maison, attendant qu'on lui ouvre celle qui donne sur l'été.. Les chats sont depuis si longtemps les commensaux des humains qu'il y a de bonnes chances que cela se poursuive indéfiniment dans l'avenir.. Ils nous accompagneront, à moins qu'ils ne nous aient précédés, dans les étoiles.. Les commensaux, c'est vite dit.. En réalité vous et moi, enfin toute personne sensée sait que les chats sont les propriétaires de leurs humains.. Dieu lui-même l'a voulu ainsi, comme l'a rapporté l'un de mes prophètes favoris, Jacques Sternberg, dans la très courte nouvelle.. ".. les Esclaves.. au sommaire de.. Contes glacés.. (dont on ne saurait trop recommander la lecture).. « Au commencement, Dieu créa le chat à son image.. Et bien entendu, il trouva que c'était bien.. Et c'était bien, d'ailleurs.. Mais le chat était paresseux.. Il ne voulait rien faire.. Alors, plus tard, après quelques millénaires, Dieu créa l'homme.. Uniquement dans le but de servir le chat, de lui servir d'esclave jusqu'à la fin des temps.. Au chat, il avait donné l'indolence et la lucidité ; à l'homme, il donna la névrose, le don du bricolage et la passion du travail.. L'homme s'en donna à cœur joie.. Au cours des siècles, il édifia toute une civilisation basée sur l'invention, la production et la consommation intensive.. Civilisation qui n'avait en réalité qu'un seul but secret : offrir au chat le confort, le gîte et le couvert.. » C'est dire que l'homme inventa des millions d'objets inutiles, généralement absurdes, tout cela pour produire parallèlement les quelques objets indispensables au bien-être du chat : le radiateur, le coussin, le bol, le plat à sciure, le pêcheur breton, le tapis, la moquette, le panier d'osier, et peut-être aussi la radio puisque les chats aiment la musique.. » Mais, de tout cela, les hommes ne savent rien.. À leurs souhaits.. Bénis soient-ils.. Et ils croient l'être.. Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes des chats.. On a longtemps cru que les anciens Égyptiens, il y a environ trois mille six cents ans, avaient été les initiateurs de cette relation.. Mais on sait aujourd'hui, grâce à des analyses génétiques, que les chats ont domestiqué les humains depuis au moins dix mille ans, probablement dans le Croissant fertile, entre le Tigre et l'Euphrate, au début de l'agriculture.. L'un d'entre eux s'est fait inhumer avec son humain, il y a environ neuf mille cinq cents ans, à Chypre.. L'histoire première de cette domestication a été très exactement relatée par Rudyard Kipling, par ailleurs célèbre écrivain de Science-Fiction,.. (3).. dans sa publication scientifique "le Chat qui s'en allait tout seul" présente dans le recueil.. Histoires comme ça.. Il résulte de cette longue histoire commune que dans l'avenir, les chats accompagneront certainement les humains dans les étoiles, à moins qu'ils n'y aillent les premiers, à la recherche de la Souris.. (4).. cosmique.. Les écrivains de Science-Fiction l'ont bien compris qui, sous une forme ou une autre, ont fait une large place à la.. félinitude.. dans leurs écrits.. (5).. Commençons, bien qu'il ne s'agisse ni sans doute du premier texte ni même de Science-Fiction, mais plutôt d'une sorte de conte bref, par "les Chats d'Ulthar" de H.. P.. Lovecraft.. Après avoir exercé une juste vengeance, les chats obtinrent une loi nécessaire : « À savoir qu'à Ulthar aucun homme n'a le droit de tuer un chat ».. (6).. Rien n'est toutefois dit sur les femmes.. Sur la punition des.. félicides.. , Philip K.. Dick s'est prononcé ultérieurement.. Dans sa nouvelle "l'Autremental", le meurtrier doit faire le voyage de retour sur sa planète, long de plusieurs années, sans hibernation, sans divertissement, et avec pour unique nourriture des boîtes pour chat.. (7).. Dans "Peluche", Theodore Sturgeon rapporte une conversation entre un homme et un chat qui tourne à l'affrontement de leurs cynismes respectifs.. (8).. Isaac Asimov, dans sa nouvelle "Chrono-minets", décrit des chats à quatre dimensions, vivant sur l'astéroïde Pallas, qui dans nos trois dimensions ont une taille normale, s'étendant toutefois dans la quatrième une semaine avant et après l'instant présent.. Si bien qu'ils ne remuent la queue que le lendemain d'une caresse et qu'ils digèrent leur repas quelques heures avant qu'on les nourrisse.. Malheureusement, ils ne survivront pas au rhume viral que leur transmettent les humains.. (9).. Ici, je dois introduire la contradiction : les chats, qui ne sont pas des chiens, ne remuent pas la queue quand on les caresse, mais plutôt quand ils sont agacés ou du moins intrigués.. Asimov connaît peut-être les robots, mais pas les chats.. L'immense Van Vogt introduit l'entité féline dans sa nouvelle ".. Supra-cattus.. (10).. Un peu plus tard, il dépeint dans.. (11).. un redoutable minet, le Coeurl (en français le Zorl) pour qui les humains, explorateurs de l'espace profond, sont d'appétissantes souris.. À l'assaut de l'invisible.. (12).. un peu antérieur,.. « le nith est l'espèce animale dominante de la planète de Naze, pourvue d'une faune abondante et diversifiée.. L'apparence générale du nith n'est pas sans  ...   nulle part cette aura de mystère.. (29).. Un début de réponse se trouve peut-être dans le célèbre sonnet de Charles Baudelaire,.. les Chats.. (1847), qui leur est consacré :.. « Les amoureux fervents et les savants austères.. Aiment également, dans leur mûre saison,.. Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,.. Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.. Amis de la science et de la volupté.. Ils cherchent le silence et l'horreur des ténèbres ;.. L'Érèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,.. S'ils pouvaient au servage incliner leur fierté.. Ils prennent en songeant les nobles attitudes.. Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,.. Qui semblent s'endormir dans un rêve sans fin ;.. Leurs reins féconds sont pleins d'étincelles magiques,.. Et des parcelles d'or, ainsi qu'un sable fin,.. Étoilent vaguement leurs prunelles mystiques.. On aura aisément reconnu dans les savants austères, amis de la science et de la volupté,.. geeks.. nerds.. Jean Cocteau, qui faisait finement remarquer qu'il n'y avait pas de chats policiers, avait sans doute pressenti le refus de l'ordre établi qui anime la plupart des amateurs de Science-Fiction.. Il n'y a pas non plus de maître-chat.. Quoique….. (Relu [enfin, c'est moi qui le lui ai relu et il n'a agité la queue qu'une fois, a cligné des paupières et a longuement bâillé à la fin, ce qui est un signe d'intérêt et non d'ennui] et approuvé par mon maître, le Potenchat Aurore qui est retourné à sa méditation sur les démons de Gödel.. l'Âge des étoiles.. par Robert Heinlein.. Librairie Générale Française › le Livre de poche › Science-Fiction, [2.. série], nº 32007, octobre 2010.. (la préface initialement destinée à.. ayant été oubliée à l'impression en mai 2010).. Concerne :.. Robert Heinlein.. André Gérard/Marabout, 1974, puis Labor, 1998 2006, et enfin Mijade, 2008.. Carlos Driscoll, Juliet Clutton-Brock, Andrew Kitchener Stephen O'Brien : "les Premiers chats apprivoisés" dans.. Pour la science.. , nº 384, octobre 2009.. Voir, au sujet de Rudyard Kipling :.. Sans fil et autres récits de Science-Fiction.. Rudyard Kipling et l'enchantement de la technique.. le Somnium.. , 2009.. Plus connue sous la référence NGC 4676 et résultant de la collision de deux galaxies situées à environ 300 millions d'années-lumière de la Terre.. Je dois remercier ici tout spécialement les.. Cafards cosmiques.. qui, sur leur forum, sont venus à mon secours en me signalant un grand nombre de références.. Je citerai ici parfois textuellement leurs apports faute d'avoir pu relire toutes les œuvres signalées.. Toute erreur à propos des textes cités doit donc, le cas échéant, leur être imputée.. The Cats of Ulthar.. ", 1920.. Traduction française dans.. Dagon.. (Belfond, 1969).. Dans ce qui suit, j'ai cité en général l'édition originale et la première publication en français.. The Alien mind.. ", 1981.. , nº 7-8, novembre 1986, sous le titre de "l'Âme des aliens", puis dans.. le Voyage gelé.. (Denoël › Présence du futur, 1990), sous le titre de "l'Esprit étranger" dans la première édition.. Fluffy.. ", 1947 (".. the Abominable house guest.. ", 1963).. Mystère-magazine.. , nº 190, novembre 1963, sous le titre de "l'Abominable invité", puis dans.. la Sorcière du marais.. (NéO, 1981).. Time pussy.. ", 1942.. Chrono-minets.. (Denoël › Présence du futur, 1975).. The Cataaaaa.. ", 1947.. Après l'éternité.. (Marabout, 1972), reprise dans l'anthologie de Juliette Raabe,.. Bibliothèque illustrée du chat.. (la Courtille, 1977).. The Voyage of the ‘Space Beagle’.. , 1950.. Traduction française en 1952 (Gallimard › le Rayon fantastique).. The Chronicler.. , 1946 (.. Siege of the unseen.. , 1959).. Traduction française en 1963 sous le titre de.. l'Assaut de l'invisible.. (Hachette › le Rayon fantastique).. Je cite à son propos.. le Bestiaire de Van Vogt.. dirigé par Pierre Giuliani pour.. Iblis.. , nº 2, mai-juin 1971, un fanzine inconnu de moi dont un extrait m'a été signalé par Joseph Altairac.. Tuf voyaging.. , 1986.. Traduction française en 2006 (Mnémos › Icares SF).. Cat's cradle.. , 1963.. Traduction française en 1972 (le Seuil).. The Coming of the quantum cats.. Traduction française en 1987 (Denoël › Présence du futur).. Finalement, si.. Il s'agit de :.. Eye of cat.. , 1982.. Traduction française en 1983 (Denoël › Présence du futur).. Il s'agit cette fois d'une nébuleuse planétaire (NGC 6543) découverte par Herschel en 1786.. Elle n'aurait que mille ans et ne serait distante de la Terre que d'environ 300 années-lumière.. The Cat who walks trough walls.. , 1985.. Traduction française en 1987 (J'ai lu).. C'est le septième volume des.. Futurs mystères de Paris.. (l'Atalante, 2002).. est dédié au père de l'auteur.. GK, aidé des Cafards, veut sans doute parler d'une des citations qui précèdent le roman, où Francis Bouyges parle du comportement de son chien à la vue d'un chat, et de son ressenti personnel à ce propos — Quarante-Deux].. To say nothing of the dog.. , 2000.. Traduction française en 1987 (J'ai lu › Millénaires).. The Wanderer.. , 1964.. Traduction française en 1969 (Robert Laffont › Ailleurs et demain).. Cat Karina.. Traduction française en 1987 (Robert Laffont › Ailleurs et demain).. J'ai lu, 1997.. l'Atalante, 2005.. Wake.. Traduction française en 2010 (Robert Laffont › Ailleurs et demain).. Les volumes suivants,.. Watch.. Wonder.. s'appellent en français.. Veille.. Merveille.. Il était impossible de conserver dans notre langue le bel acronyme WWW sauf à renoncer à traduire les titres.. daté du 4 novembre 2009, p.. 22.. The Cat.. ", 1983.. Silhouettes.. (Denoël › Présence du futur, 1990).. Rivière Blanche.. City.. , 1952.. Traduction française en 1952 (le Club français du livre › Événement).. ´une Porte sur l'été´ par Robert Heinlein, préface de Gérard Klein présentée par Quarante-Deux.. 5 août 2012.. (première publication : octobre 2010).. (création : 28 novembre 2011).. org/archives/klein/prefaces/une_Porte_sur_l'ete..

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