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    Archived pages: 1235 . Archive date: 2013-12.

  • Title: ´Satellite sisters´ par Maurice G. Dantec | Quarante-Deux/Chroniques de Philippe Curval
    Descriptive info: curval.. Quarante-Deux : les Archives stellaires.. Philippe Curval : chroniques, entretiens et articles sur la.. fr/1e3.. :.. ››.. Chroniques.. Satellite sisters.. Chroniques de.. Index par auteurs.. A – B.. C – E.. F – K.. L – Q.. R – S.. T – Z.. Divers.. Maurice G.. Dantec :.. roman de Science-Fiction, 2012.. chronique par.. , 2012.. par ailleurs :.. amazon.. fr.. biblio.. [.. 1.. ] [.. 2.. ].. Treize ans après, Maurice G.. Dantec nous livre avec.. la suite de.. Babylon babies.. , ce qui lui donne l'occasion de ressusciter quelques personnages de ses premiers romans.. En considérant la littérature comme un des arts martiaux, une arme de combat opérationnelle, il entraîne d'emblée son lecteur dans un pugilat verbal où les mots s'entrechoquent, verbes saqués, collision d'adjectifs, oxymores explosés.. En même temps qu'il tente de conserver, vis-à-vis de ses héros, des événements, des décors, un regard distancié, quasi clinique, on pénètre peu à peu dans le cerveau de l'auteur qui nous dévoile l'architecture de ses terreurs, ses fantasmes, ses certitudes.. Ce qui n'est pas sans rappeler la prose de Salvador Dalí décrivant ses propres turpitudes sous l'angle paranoïaque critique.. Sauf qu'il s'agit ici de schizophrénie active.. Premier chapitre : Hugo Cornélius Toorop, le mercenaire de.. la Sirène rouge.. , explose dans l'espace (avec un sourire) en un tourbillon de molécules à six cents kilomètres d'altitude.. Pourquoi, comment ? La cosmonarration  ...   Vegas et ses satellites casinos, pour se projeter sur la Lune, enfin vers Mars.. Style rock et musique répétitive où alternent passages sublimes et contrepoints vraiment nazes.. Quelles sont les raisons de cette fuite ? L'.. homo sapiens sapiens.. atteint son terme, place à l'.. homo sapiens infinitus.. Les sœurs Zorn en sont le germe.. C'est pourquoi le Gouvernement global, l'ONU-2.. 0, les tueurs du GloBI veulent les annihiler.. Sur ce thème et ses dérivés, Maurice G.. ne fait pas dans le détail, exploite à fond ses idées sur l'Homme, le monde, la société, l'univers, Dieu, la physique de pointe, les armes technologiques, la mutation considérée comme un des beaux-arts.. Rouleau compresseur obsessionnel, il pense à mesure qu'il écrit, négligeant de s'observer le nombril, tout à la tâche d'édifier une œuvre dantesque.. Apôtre de la littérature toxique, Dantec ne fait pas partie des écrivains qui se masquent derrière leur prose.. Il se montre à nu en toutes circonstances.. Ce qui force la fascination, suscite aussi une certaine lassitude.. Et un regret, les.. satellites sisters.. aux pouvoirs extrêmes manquent singulièrement de présence charnelle.. , nº 523, septembre 2012.. Concerne :.. Dantec.. section Philippe Curval.. tout Quarante-Deux.. Navigation.. l'auteur.. présentation.. Sections.. ´Satellite sisters´ par Maurice G.. Dantec, chronique de Philippe Curval présentée par Quarante-Deux.. 25 janvier 2013.. (première publication : septembre 2012).. 11 août 2013.. (création : 25 janvier 2013).. org/archives/curval/chroniques/le_Magazine_litteraire/523-Satellite_sisters.. Greg Egan..

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  • Title: ´Trésors du Roman policier, de la Science-Fiction et du Fantastique´ par Jacques Bisceglia & Roland Buret | Quarante-Deux/Chroniques de Philippe Curval
    Descriptive info: fr/1bD.. Trésors du Roman policier, de la Science-Fiction et du Fantastique.. Jacques Bisceglia ; Roland Buret :.. Henri Delmas ; Alain Julian :.. le Rayon SF.. catalogues bibliographiques, 1981 1983.. , 1984.. [ 1 ].. [ 2 ].. la Liste, un plaisir solitaire.. Les bibliothèques borgésiennes sont pleines de chausse-trapes et de tiroirs, de placards masqués et de miroirs pour multiplier les fausses perspectives de la culture.. Elles sont aussi pleines de livres illusion, d'ouvrages érudits sur des livres qui n'ont pas existé.. En revanche, on peut être sûr d'une chose : le bibliothécaire principal en connaît tous les titres et son rôle essentiel consiste à égarer le lecteur, à se perdre entre les lignes jusqu'à ce qu'il devienne à son tour un élément de la bibliothèque.. C'est un peu à ce jeu que se sont livrés, avec beaucoup plus d'innocence, Jacques Bisceglia et Roland Buret d'abord, Henri Delmas et Alain Julian ensuite, avec leurs listes présumées de bibliothèques de SF.. Les premiers, en incluant le Polar et le Fantastique au catalogue, répertorient environ 25 000 volumes ; les seconds, en demeurant strictement dans le domaine SF, en recensent 11 000 (dont 1 Goncourt).. Pourquoi 1 Goncourt ? S'agit-il dans leur esprit d'établir une distinction d'ordre sémantique entre le Goncourt et le roman ? Cela sous-entend-il qu'un auteur puisse se dire : « J'écris un Goncourt.. » et qu'il imagine un genre d'œuvres fondamentalement différent dont nous ne soupçonnions pas l'existence ? Dans ce cas, si j'examine le Goncourt en question, je m'aperçois qu'il s'agit de.. Force ennemie.. de John-Antoine Nau, un roman de Science-Fiction de 1903.. Science-Fiction et Goncourt seraient-ils synonymes ? Alors, pourquoi ne pas avoir libellé la phrase autrement pour valoriser d'une manière plus originale ce John-Antoine Nau dont visiblement les auteurs sont férus : « 11 000 Goncourts dont 1 roman ».. Si je pousse l'hypothèse jusqu'à l'absurde, c'est pour marquer combien l'art de la liste est difficile et comment son interprétation par ceux qui veulent communier dans le même plaisir solitaire est sujette à caution.. Mais ne boudons pas notre attrait.. Les deux ouvrages ne se présentent d'ailleurs pas comme une somme inamovible et leurs auteurs se proposent dans la mesure du possible de publier des versions ultérieures, corrigées et complétées.. Aussi ne me livrerai-je pas à leur propos au jeu des erreurs comme il est usuel de le faire ; l'important, pour ces catalogues, c'est qu'il y ait une proportion infiniment plus excitante d'exactitudes que de fautes.. Trois entrées sont proposées dans ces deux volumes : par collections, par revues, par auteurs.. Manque évidemment l'essentiel pour  ...   vieux fanatiques doivent d'abord passer à l'acte manqué en recherchant avec fièvre les auteurs et les titres de Science-Fiction qui font défaut à l'ouvrage, par exemple la.. Relation du Cousin-Jacques dans la Lune.. par Beffroy de Reigny ou.. Dans la peau d'un autre.. d'Alphonse Allais, qu'on ne trouve dans aucun des catalogues.. C'est indéniablement l'un des plaisirs immédiats et des plus vrais de la liste de détenir une information inconnue des bibliographes considérés alors comme des ennemis.. Mais, à moins d'une érudition exceptionnelle, cet exercice ne saurait durer longtemps, car Bisceglia, Buret, comme Delmas et Julian, ne sont pas démunis et connaissent l'enjeu de leur travail.. L'amateur de Science-Fiction de plus fraîche date, à qui de vieux titres confits chez les bouquinistes n'évoqueront rien, se rabattra sur les publications plus récentes ; il cherchera à retrouver la piste de collections défuntes à l'époque où il débutait, ou vérifiera s'il possède bien tous les volumes d'une collection que son éditeur n'a pas voulu numéroter, si le titre peu connu de son auteur favori ne lui aura pas échappé.. Bref, il rêvera à petit feu devant sa liste, se gorgera de désirs à assouvir durant les prochaines années.. Le néophyte, lui, est peu préparé à recevoir un tel choc.. Les dizaines de milliers de livres de SF lui apparaîtront sans doute tels une redoutable et infranchissable muraille, la barrière d'outre-espace en quelque sorte ; et je doute que ces catalogues lui donnent de l'appétit avant de lui donner une indigestion.. Reste le rat de bibliothèque, l'universitaire, le fan à coucher dehors, le curieux de littératures marginales.. Ceux-là sont habitués depuis longtemps à leur vice solitaire et l'apparition des catalogues ne leur apportera pas grand-chose, sinon de voir divulguer leur secret, cette bibliothèque imaginaire qu'ils couvent depuis l'enfance en cachette et que le.. Versins géant.. n'avait fait qu'effleurer.. À peine trouveront-ils un léger réconfort à constater que Bisceglia/Buret, de même que Delmas/Julian, se sont efforcés de mettre des cotes aux livres épuisés.. Ils savent bien, tous ces masturbateurs borgésiens, que la joie de découvrir qu'un volume en sa possession, acheté pour un prix modique, s'est valorisé, est sinistrement compensée par le fait qu'une telle évaluation du titre rare qu'ils pensaient acquérir pour quelques francs chez un ferrailleur ignare leur coupe la bourse et les ailes.. , nº 1, janvier 1984.. Jacques Bisceglia.. Roland Buret.. Henri Delmas.. Alain Julian.. ´Trésors du Roman policier, de la Science-Fiction et du Fantastique´ par Jacques Bisceglia Roland Buret, chronique de Philippe Curval présentée par Quarante-Deux.. 7 janvier 2013.. (première publication : 10 janvier 1984).. (création : 7 janvier 2013).. org/archives/curval/chroniques/Science-Fiction/1-Tresors_de_la_Science-Fiction~le_Rayon_SF..

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  • Title: ´Comique et Science-Fiction´ par Henri Baudin | Quarante-Deux/Chroniques de Philippe Curval
    Descriptive info: fr/1bE.. Comique et Science-Fiction.. Henri Baudin :.. anthologie critique, 1984.. , 1985.. le Premier de nous deux qui rira.. Comme le dit très judicieusement le directeur du Centre d'Études et de Recherches sur Comique et Communication, Henri Baudin, dans sa préface de la récente publication du CERCC :.. « Les études sur le comique ne font pas recettes ; ni délassantes ni distrayantes ni.. a fortiori.. désopilantes, elles peuvent pour comble donner l'impression — illusoire — d'enlever même ces caractères au comique qu'elles dissèquent.. ».. Je dois l'avouer, l'illusion est fort réussie.. ne fait pas sombrer dans l'hilarité, même involontaire.. Invoquant d'ailleurs son droit au comique individuel, Jean-Pierre Andrevon affirme dans.. "Humour, vous avez dit humour ?".. qu'il ne rit que lorsqu'il rit et que rien d'autre ne le fait rire.. Ce en quoi il a proprement raison.. Ainsi en déduit-il à travers son court article sur le comique dans la SF française que celle-ci est prioritairement scatologique.. Sans doute parce que les histoires de chiasse lui font péter la rate.. S'il a écrit cet article, c'est d'abord parce qu'il habite Grenoble où se trouve Henri Baudin, le maître d'œuvre.. C'est aussi pour répondre à ce dernier qui n'a jamais trouvé la Science-Fiction d'expression française comique, en dehors de Paul van Herck et Jacques Sternberg.. C'est vrai qu'elle ne l'est pas.. Jacques Sternberg non plus, heureusement.. À moins que ce terrible crissement de dents que suscitent les meilleurs de ses textes ne puisse être taxé de rire.. Dans  ...   puisent à l'humour.. Et de brosser un habile panorama de l'histoire du genre aux USA, où la dérision et la contestation libertaire culminèrent des années 50 aux années 70.. Je n'ai pas sauté sur l'article de Georges W.. Barlow à propos de.. "l'Humour hybride de Harry Harrisson".. , je l'ai sauté.. Non que j'aie la moindre chose à reprocher à la compétence de GWB, mais il me semble indispensable de pouvoir lire les écrits d'un auteur pour apprécier son humour.. Ce dont je suis incapable en ce qui concerne ledit Harry.. Bref, ce dernier.. Cahier Comique Communication.. ne justifie pas son propos.. Car si le comique est “ce qui provoque le rire”, l'humour est quasi indéfinissable.. Sa fonction n'est pas de provoquer le rire.. Enfin, l'un n'empêche melba.. Il n'y a qu'à consulter les dictionnaires pour vérifier le haut degré d'imprécision des définitions.. Cela va de la.. « forme d'esprit qui consiste à présenter ou à déformer la réalité de manière à en dégager les aspects plaisants et insolites ».. du Robert à la.. « gaieté qui se dissimule sous un air sérieux et qui est pleine d'imprévu, d'ironie ».. du Larousse.. Reste donc à faire un prochain cahier sur “Comique et Science-Fiction”, puisque cette première livraison est trop succinctement consacrée à l'humour.. Henri Baudin sait-il de quoi on y parlera ?.. , nº 4, juin 1985.. Henri Baudin.. ´Comique et Science-Fiction´ par Henri Baudin, chronique de Philippe Curval présentée par Quarante-Deux.. (première publication : 23 mai 1985).. org/archives/curval/chroniques/Science-Fiction/4-Comique_et_Science-Fiction..

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  • Title: Chronique du temps qui vient 1 | Quarante-Deux/Chroniques de Philippe Curval
    Descriptive info: fr/vA.. ›› Chronique du temps qui vient 1.. Gérard Klein ; Philippe Curval ; Grichka Bogdanoff ; Igor Bogdanoff ; Jean-Claude Mézières ; Pierre Delmotte :.. Futurs.. , nº 1, juin 1978.. revue de Science-Fiction.. , 1978.. Chronique du temps qui vient (1/5).. Avant d'entrer dans le vif du sujet et de parler avec vous de l'avenir tel qu'il est décrit dans les livres, les films, les pièces de théâtre, les bandes dessinées, les chansons, tel qu'il est suggéré parfois dans la musique, ou qu'il se profile dans certains États de Science-Fiction comme le Cambodge, je voudrais, un instant, revenir sur.. , le numéro Un, qui lui, je l'espère, appartiendra au passé le plus lointain de vos mémoires.. Non que, dans sa conception même, l'ensemble du comité de rédaction le renie ; c'est, vous l'avez compris, une sorte de numéro Zéro qui nous permettra désormais de mettre au point le magazine de Science-Fiction dont tout le monde rêve.. Ce.. est pour demain, après-demain au plus tard ; en attendant, ne vous inquiétez pas, tout lecteur en aura pour son argent, même s'il l'a volé dans la poche d'un autre.. Ce dont je voudrais vous entretenir, c'est de la façon dont il est possible de servir un aussi grand nombre de coquilles sans proposer le moindre fruit de mer.. Comment des textes honorables, passés au presse-purée de la photocomposition la plus démente, deviennent d'hilarantes improvisations que ne renieraient ni James Thurber ni les.. Marx Brothers.. Je ne sais si vous avez apprécié, comme moi, ces phrases qui s'arrêtent net au bord de la ligne et qui ne reprennent jamais dans la suite du texte, malgré une lecture attentive ; ces petits mots uniques, posés en équilibre au bord de la colonne et qui ne se rattachent à aucune langue connue ; ces ensembles sémantiques qu'un ordinateur programmé pour une construction aléatoire ne serait pas capable de réunir ; ou bien encore, ces phrases répétées plusieurs fois au cours du texte, en plusieurs caractères différents, et qui se déforment progressivement jusqu'à changer complètement de sens ou n'en avoir plus aucun.. Jamais, je crois, dans l'histoire de la Presse, une telle inventivité dans la coquille n'a été rassemblée dans un seul exemplaire.. Nous sommes en pourparlers avec une école de journalistes pour vendre à prix d'or la rubrique.. Livres.. du premier numéro de.. , où s'est épanoui le tumultueux génie des Fabricants de coquilles et de mastics, fautes, bourdons, doublons, chasses, chevauchements, transpositions, papillotages qui y pullulent, sans compter quelques chiffres, livres sterling ou dollars qui agrémentent parfois le nom d'un auteur ou renforcent sa cote auprès des.. fans.. Il n'est d'ailleurs pas dans notre intention d'en faire porter la responsabilité à quiconque ; tout le monde, même les photocompositeurs et les photograveurs peuvent avoir des passages à vide.. Mais, trêve de lamentation, passons à l'objet de cette chronique qui, vous l'avez compris, sera un peu la suite de celle que je tenais de façon plus.. nocturne.. dans le défunt.. Galaxie.. Mon intention n'était pas de la ressusciter, mais il paraît que les clowns, quand ils ont trouvé un sketch à succès, sont contraints de le répéter jusqu'à leur mort, sinon ils perdent leur public.. , [1.. re.. série], nº 2, juillet-août 1978.. Grichka Bogdanoff.. Igor Bogdanoff.. Jean-Claude Mézières.. Pierre Delmotte.. Fredric Brown :.. le Loup des étoiles.. Rogue in space.. , 1957).. roman de Science-Fiction.. ….. Par qui commencer, sinon par Fredric Brown, dont il vient de paraître deux romans en "Futurama" et que la presse m'a semblé bien négliger, sinon maltraiter.. Il n'est pas question d'élever des monuments aux auteurs méritants et de ranger au chapitre des chefs-d'œuvre des livres de commande, mais il me semble excessif, sous prétexte que Brown n'a pas réédité ses exploits de.. l'Univers en folie.. ou d'un grand nombre de ses nouvelles, de mépriser deux honnêtes produits de confection.. Surtout qu'on y retrouve son humour insidieux, son sens des retournements de situation sidérants, son goût de la farce glaciale poussée jusque dans ses conséquences extrêmes.. Le premier,.. , je l'attendais depuis 1957.. À cette époque, je possédais une importante bibliothèque d'ouvrages en anglais que j'accumulais dans l'intention d'apprendre un jour cette langue, et je bavais d'envie devant les titres et les couvertures alléchantes sans avoir jamais le courage de vérifier avec un dictionnaire s'ils étaient aussi bons qu'ils étaient beaux.. La tradition voulait que les spécialistes, éditeurs ou traducteurs, confient leur verdict aux profanes.. « Merdique.. » disait-on à propos de.. Ceci est non seulement exagéré, mais inexact.. Pour l'amateur d'opéra spatial que je demeure malgré l'épaisseur des couches idéologiques que la fréquentation de la nouvelle Science-Fiction a déposées sur moi, c'est un excellent V.. D.. Q.. S.. ; sa robe est claire, certes, mais sa forte densité alcoolique lui a permis de traverser les ans en conservant son petit goût d'aérolithe.. Jugez-en : le drame, pour le forban, le pirate, le traître, l'aventurier Crag, c'est d'avoir rencontré l'amour dans l'espace sous la forme d'un astéroïde vivant qui veut lui construire une planète utopique où sa personnalité profonde, secrète, s'épanouira.. Crag veut rester tel qu'il est, dur, marginal, sans loi.. C'est pourquoi il accepte une ténébreuse mission de la part d'un homme politique douteux : subtiliser un mystérieux objet dans la forteresse imprenable de Menlo, sur la dangereuse Syrtis.. Tous les ingrédients du suspense sont réunis.. Brown s'en donne à cœur joie, se parodiant lui-même avec une dynamique désinvolture, en nous entraînant dans l'univers des archétypes, bagarres, jeux d'enfer, drogues, etc.. Tout doucement, ce périple à travers les apparences du roman d'aventures galactiques va conduire notre héros au terme de sa quête.. Une fois accomplis tous les rites, après avoir constaté que sa vie ne dépendait que d'une panoplie d'accessoires et que sa prétendue marginalité de hors-la-loi avait ses canons, ses règles, Crag en vient à concevoir qu'un monde vierge est peut-être le seul endroit où il est possible de créer du nouveau.. Va-t-il se reconvertir ?.. Sans faillir un seul instant à sa tâche de conteur populaire, Brown, selon ses habitudes, nous arrache tout doucement à nos certitudes.. C'est là le principal mérite du.. Loup des étoiles.. d'être un roman parfaitement fabriqué, bien enveloppé.. Mais, quand on ouvre le paquet, on s'aperçoit qu'il contient d'infimes bâtons de dynamite, propres à vous enflammer l'imagination.. Fredric Brown.. l'Esprit de la chose.. the Mind thing.. , 1961).. L'Esprit de la chose.. appartient plus à la veine policière de notre bon ami Fredric ; c'est un peu Hercule Poirot à la recherche du monstre des étoiles avec, comme décor, la campagne américaine plutôt que le gazon anglais.. Au lieu d'être composé au cours de grandes virées nocturnes, à l'aide de rasades énormes de.. scotch.. dans les bars de la Bowery, c'est plutôt un roman inventé dans un fauteuil, en versant quelques traits de.. rye.. dans le thé.. Mezzo voce.. moderato cantabile.. En fait,.. se lit  ...   Ted Nye, bras droit du président, lui propose une mission dangereuse : en Californie, des insurgés prétendent mettre à bas le redoutable Comus, système de communication si perfectionné qu'il réduit l'ensemble des citoyens à de simples marionnettes entre les mains du pouvoir.. Rohan accepte de s'embarquer avec une troupe ambulante pour créer une pièce de théâtre de l'autre côté du rideau de cauchemar.. Est-ce une simple mission d'espionnage ou bien cette tournée est-elle le prétexte d'une redoutable machination anti-rebelle ? C'est tout le mérite de Catherine L.. Moore, abandonnant la plupart des schémas traditionnels de ses débuts, d'avoir su, par touches sensibles, suggérer l'angoisse qui s'empare progressivement de Rohan, à mesure qu'il découvre sa vraie personnalité, enfouie sous l'image du raté volontaire qu'il s'était construite.. Nous avons, aujourd'hui, de nombreux exemples d'un art plus consommé dans ce style de roman de l'inquiétude où le héros perd pied, trébuche, s'interroge devant le décor de la réalité sociologique qui s'effiloche et se reconstitue d'une manière tout à fait différente de celle qu'il avait imaginée.. Mais, grâce à sa manière sensible de créer ses personnages, de leur conférer une charge de vie intense, Catherine L.. Moore parvient à donner une dimension intéressante à ce qui aurait pu n'être qu'un avatar des croisades démocratiques chères aux héros américains des années 50.. La Dernière aube.. fait regretter l'abandon de la carrière littéraire par Catherine L.. Ce roman rigoureusement professionnel annonçait en filigrane une œuvre toute différente de celle qui avait fait sa gloire.. Voilà pour le passé ; il pèse lourd dans cette chronique.. Si cette tendance des éditeurs persiste, il faudra la dénoncer.. Je ne crois pas que, devant le léger recul des ventes de la Science-Fiction en France, il faille se retirer sur des positions préparées à l'avance.. Une littérature n'a jamais gagné de combat en procédant de cette manière, même si la base de ses lecteurs est profondément conservatrice.. C'est en publiant des textes nouveaux qu'on acquiert un nouveau public qui, s'il devient à son tour conservateur, sera relayé par un troisième.. Ainsi, en plusieurs strates, accumulera-t-on une couche d'humus suffisante pour que la SF de demain puisse germer et fructifier.. Pas de panique, messieurs, il est encore trop tôt pour figurer dans un dictionnaire !.. John Varley :.. le Canal Ophite.. the Ophiuchi hotline.. , 1977).. Aussi est-ce d'une lunette alerte que j'ai fouillé les profondeurs du premier livre de John Varley paru en France chez Calmann-Lévy,.. "Dimensions SF" est une collection qui ne démérite jamais ; sa tête chercheuse ne s'est pas coincée dans les rayonnages d'une bibliothèque en ruine.. Dès les premières pages du.. Canal Ophite.. , on sent le frémissement annonciateur des découvertes délicieuses.. Le ton est surprenant, inimitable : un nouvel auteur est né ; il a su introduire ses harmonies personnelles dans le vieux et superbe concert de la SF.. Ceux qui voudraient sans doute que j'analyse les données de cette innovation, que je concrétise en quelques phrases bien senties ce qui la définit en seront pour leurs frais.. Plus tard, bien sûr, quand sera venue l'heure du décorticage universitaire, il sera possible de bâtir une théorie à ce propos.. Pour l'instant, je préfère déguster le cru, laissant aux autres le soin de le cuire.. Franchissons donc le seuil du jardin extraordinaire : pour Lilo-Alexandr-Calypso, condamnée à mort, la proposition de l'.. -président Tweed de se faire cloner illégalement est tentante, même si les intentions du.. leader.. déchu sont peu claires.. Disons d'emblée que Tweed bénéficie d'un sérieux assistant pour convaincre Lilo : c'est Varley, qui frémit d'impatience à l'idée que son héroïne pourrait refuser sa proposition.. Dans ce cas, tout son roman s'effondrerait.. Ne croyez cependant pas que.. fasse partie de ces œuvres où l'écrivain intervient en tant que personnage.. Non point.. Ici, la distanciation s'opère au niveau de la sophistication.. Varley est si présent derrière les pages — on sent sa plume frémir à la moindre inflexion de l'aventure qu'il suit avec le même étonnement que nous —, que je ne peux m'empêcher de le percevoir entre les lignes.. Il a besoin de savoir si les clones de Lilo vont se matérialiser pour leur trouver des endroits où ils pourront vivre.. Car, quand la jeune savante, qui a conquis sa réputation interplanétaire en créant la viande de bananier, va accepter, ce ne sera pas une mince affaire que de suivre ses doubles cloniques à travers les planètes, les astéroïdes, ni d'assimiler la psychologie de toutes ces Lilo, qui n'ont jamais vécu la même aventure, ni suivi les mêmes péripéties.. Au-delà du problème que pose.. le Canal Ophite,.. ce rayon laser qui fournit des informations scientifiques à l'Humanité chassée de la Terre par des envahisseurs inconnus, le roman de Varley est surtout un fascinant exercice de style sur le mythe de la personnalité.. Quand Lilo est-elle vraiment elle ? En décidant de laisser assassiner un de ses clones plutôt que de mourir, est-ce le clone ou elle qui est sauvé ? Qu'advient-il de l'original après sa mort, tué par la sanglante Vaffa ? En se retrouvant sur la vieille Terre, peut-elle aimer le même homme ou la même femme quand elle se retrouve différente, vierge de souvenirs ou chargée d'une mémoire qui lui est étrangère ? Cette existence protéiforme et tumultueuse, que Varley dévide comme un fil d'Ariane fantastique entre les planètes, acquiert peu à peu un pouvoir fascinant.. Fascinante Lilo, logique et transformable, qui ouvre le chemin du rêve au pays de tous les possibles.. « Changer de lit changer de corps / À quoi bon puisque c'est encore / Moi qui moi-même me trahis ».. écrivait Aragon ; il ne pouvait mieux exprimer l'angoissante épopée du soi que nous délivre Varley dans.. Qu'on ne s'y méprenne pas, ce roman n'offre aucune interrogation métaphysique au sens dialectique du terme.. Vif, nerveux, passionné, son questionnement s'effectue par le biais de l'aventure et du suspense.. Son seul défaut serait peut-être une trop forte brillance, une sophistication excessive, une complexité si grande qu'il aurait fallu un peu plus de métier à son auteur pour en venir à bout.. Mais, tel quel,.. , avec son sens permanent de l'invention, sa quête imaginative, entre bien dans le droit fil de ce qu'attendent aujourd'hui les amateurs de Science-Fiction : un renouvellement complet des thèmes, une vision plus pragmatique de l'avenir, un souci de l'écriture et, surtout, un juste équilibre entre l'engagement intellectuel de l'auteur et son travail de romancier.. Nous voilà arrivés au terme de ce premier parcours à travers la SF.. Il traite, je l'avoue, d'un certain nombre de titres anciens qui sont loin d'être impérissables ; c'était l'occasion ou jamais de rattraper le temps perdu d'une manière légère, car celui qui s'annonce semble plutôt collant.. John Varley.. Chronique du temps qui vient 1, chronique de Philippe Curval présentée par Quarante-Deux.. 5 août 2012.. (première publication : juillet 1978).. (création : 1.. er.. décembre 1996).. org/archives/curval/chroniques/Futurs/2-Chronique_du_temps_qui_vient_1..

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  • Title: Chronique du temps qui vient 5 | Quarante-Deux/Chroniques de Philippe Curval
    Descriptive info: fr/w3.. ›› Chronique du temps qui vient 5.. William Temple :.. le Triangle à quatre côtés.. Four-sided triangle.. , 1949).. old.. Chronique du temps qui vient (5/5).. Serait-il venu le temps des grandes révisions déchirantes ? J'ai parcouru avec espoir.. , de William F.. Temple, sans ressentir l'effervescence qui m'anima lorsque je le découvris la première fois, en 1952, dans une petite mercerie-papeterie de la banlieue parisienne.. Bien sûr, la couverture n'est pas la même ; celle du "Rayon fantastique" avait la séduction du cristal pour tous ceux qui songeaient.. Celle de Presses.. n'est pas du meilleur Siudmak ; elle a un aspect rikiki qui affaiblit la vision cosmico-métaphysique de l'illustrateur.. Et puis, aucun service de presse ne peut procurer le plaisir qu'on éprouve en achetant soi-même un volume dans une mercerie-papeterie à l'odeur de coton mercerisé, de réglisse et d'encre d'imprimerie.. C'est la rançon du critique.. Rançon qui est d'ailleurs largement compensée par une économie de budget pour laquelle n'importe quel.. fan.. donnerait sa chemise.. Malheureusement, aucun.. n'a pu convaincre une attachée de presse de lui faire un service en offrant sa chemise.. C'est pourquoi les.. peuvent se promener torse nu.. L'important est qu'ils aient une poche.. Afin de répondre à l'expression “payer de sa poche” qui ne signifie en rien qu'il soit nécessaire de fournir la moindre monnaie en échange du livre convoité.. Il suffit peut-être que le.. se présente torse nu avec une poche pour obtenir le livre qu'il désire.. Je l'engage vivement à essayer.. Cela animerait les maisons d'édition où l'on se préoccupe surtout de trafiquer les chrysalides pour obtenir des papillons.. En revanche, je déconseille le rapt de critique pour obtenir des livres en rançon ; ils ne sont pas négociables puisque interchangeables.. Seuls les livres sont des étoiles fixes, à plus ou moins grande magnitude.. Mais revenons à William F.. Temple.. Le thème du.. Triangle à quatre côtés.. s'avère toujours aussi fascinant : comment Bill Leggett, créateur avec Rob Heath d'une machine pouvant reproduire jusqu'au moindre atome n'importe quel objet ou être vivant, parviendra-t-il à séduire le double de la femme de Rob, dont il est éperdument amoureux ?.. Une idée d'une telle ampleur pourrait inciter douze douzaines de romanciers à écrire une œuvre.. Le triangle initial dont elle est issue a bien inspiré mille milliers d'écrivains !.. Si les trois côtés de ce triangle, le mari, la femme, l'amant — à moins que ce ne soient les angles —, autorisent un nombre de variations presque infini autour des problèmes du désir et du choix, du couple et de ses fondements culturels et économiques, le fait d'y ajouter un quatrième côté n'en fait pas un carré parfait ni même un quadrilatère irrégulier.. On obtiendrait plutôt un cercle où les personnages de la comédie, du drame, tournent en rond.. Ce qui donne un nombre de situations infinies.. Jusqu'à ce que la mort nous sépare.. C'est sans doute la raison pour laquelle.. m'a déçu.. Parce que j'y ai retrouvé le livre que j'avais lu vingt-six ans auparavant.. Alors que depuis, je l'ai récrit vingt fois, cent fois en esprit, de manière différente.. D'autant que c'est un roman terriblement daté.. Les gens y parlent et agissent comme dans n'importe quel drame psychologique du début de ce siècle, avec des attitudes compassées.. Le personnage du médecin, qui est censé témoigner de l'aventure, raisonne comme un.. clergyman.. libéral, avec tout ce que cela comporte de paternalisme et d'indécente mansuétude ; le comportement des personnages est soumis à la morale bourgeoise.. Croyez que je ne m'oppose pas à la morale comme moteur de l'action humaine mais je la réfute en tant qu'ensemble de règles de conduite à suivre de façon absolue.. Cette morale-là s'oppose au “possibilisme” que j'ai choisi comme forme de philosophie individuelle.. Et William F.. Temple ne se prive pas de s'insurger contre ce concept théorique quand il fait dire à l'un des protagonistes de son roman :.. « Chaque impulsion séparée de chacun des individus qui compose la foule finit par produire une force collective qui pousse cet homme dans une certaine direction ; par suite, il croit se déplacer dans ladite direction de sa propre volonté.. Ici, c'est Bill Leggett qui résume la pensée de Tolstoï et qui s'y oppose.. Ce même Bill Leggett, héros prométhéen qui tentera de créer une copie de la femme aimée et de s'en faire aimer.. Eh bien ! il échouera lamentablement, parce que William F.. Temple est un passionné de morale bourgeoise, un bas exécuteur du libre arbitre, un de ces mystiques qui croient que la science s'oppose à la création divine et ne peut qu'attirer la malédiction de ce Dieu hygiénique dont on obtient la preuve en déroulant du papier.. Dommage ! Car tout n'est pas nul dans ce livre.. La silhouette de Lena, la femme qu'on veut reproduire, s'affirme d'un dessin subtil.. C'est un être d'instinct à qui les vicissitudes de l'existence ont épargné d'être modelée suivant des normes culturelles.. Elle a vécu libre, sauvage, édifiant spontanément sa personnalité.. C'est elle qui choisit d'être redupliquée, bien qu'elle se sente la femme d'un seul homme, Rob Heath.. Las, sa tentative d'émancipation rimbaldienne s'englue vite dans les filets tendus par la tradition et finira par un suicide bien propre.. Néanmoins,.. possède un solide mérite : il permet de rêver au plus prodigieux roman d'amour de tous les temps, au plus sensuel, au plus libre, au plus déchaîné : quand tous les clones du monde se donneront les lèvres.. série], nº 6, décembre 1978.. William Temple.. Isaac Asimov :.. la Voie martienne.. the Martian way.. , 1955).. nouvelles de Science-Fiction.. Dans le droit fil de cette critique révisionniste,  ...   François Rossac.. Parce qu'il est avant tout un être conceptuel, immergé dans un univers sémantique.. Le personnage de Douay ne parvient à saisir le réel qu'au travers des mots.. Son aventure intime ne reflète qu'un faible écho des incidents qui se produisent autour de lui.. « Les souvenirs qu'il garde de la journée qui se termine sont si vagues, si gris qu'ils n'ont guère plus de consistance que des rêves.. Par moments, l'histoire l'amène à vérifier si les concepts dont il est chargé jusqu'à la gueule fonctionnent dans la réalité.. Or, la signification des mots est fluctuante selon celui qui les prononce :.. « Étrange, ce sentiment de répulsion qui l'a envahi à la seule idée de devoir échanger quelques paroles avec l'un de ses semblables.. écrit Douay de François Rossac.. Son héros est enfermé à l'intérieur d'un dilemme insoluble : comment reconnaître la réalité quand on la perçoit seulement par le verbe et qu'on est psychiquement incapable de communiquer ?.. Cette incapacité d'affleurer au réel et de tenir le rôle qu'il s'est empiriquement attribué, François Rossac, champion de char à voile, va pouvoir la vérifier amèrement.. Car l'univers bien étiqueté de la plage de Granville (Manche), étroitement lié à la civilisation des loisirs, ne pourra plus lui servir de référence.. Les bornes qui lui servaient habituellement de repère pour gagner ses courses à l'arraché sont… arrachées, déplacées ; l'itinéraire même de la course est raccourci.. Bref, les seules certitudes sur lesquelles reposait son personnage de champion balnéaire ne correspondent plus aux mensurations de la réalité.. Par contagion, Julie, son amie du moment, se met à vomir et à se comporter bizarrement au retour de Jersey où ils ont voulu fêter leur rencontre amoureuse, puis à faire l'amour avec n'importe qui.. Si tout n'est pas très normal autour de Granville, dans l'Alaska, sur la mer des Sargasses, à Zanzibar, au Groenland, à New York et à Villeneuve, des incidents bizarres se produisent.. La terreur s'instaure au point que les Bimillénaristes forment une secte puissante, que les généraux fascistes pratiquent le coup d'État à leur petit-déjeuner et que les multinationales grignotent l'économie mondiale comme les rats le fromage.. Pourtant, ces aspects politiques de la vision de François Rossac semblent encore plus convenus que sa façon d'aimer ou de faire du char à voile ; ils passent comme des diapositives dans sa mémoire, un petit audiovisuel de foire-exposition.. Ces clichés renforcent sa conviction que l'univers n'est qu'une projection mentale des autres.. Elle ne le concerne pas.. C'est pourquoi il préfère décoller du réel en adoptant une attitude plus sophistiquée à l'égard du monde.. Alors, défilent autour de lui des personnages qui apparaissent comme des diables sortant des boîtes, symbolisant les thèmes qui le démangent encore à la surface.. Douay fait preuve d'une rare maîtrise dans le développement de ces chapitres incohérents qui se chevauchent et s'entrecroisent à l'image des univers et des actions parallèles dont son héros ne parvient plus à tenir les rênes :.. « ballotté comme il était à l'intérieur des séquences pour lui dépourvues de sens, il se sentait de plus en plus étranger à ce qui pouvait lui arriver ».. C'est là malheureusement que le lecteur décolle.. La perte progressive de substance de la réalité amène le désintérêt.. Plus se gomment les êtres, les symboles, les paysages, plus le brouillard monte sur ce Granville que Douay désimagine, plus les pages blanchissent à vue.. Un dénouement habile et parfaitement déductible des événements qui ont fait le roman redonne un beau brin de vigueur à.. Encore que cette fin soit un peu trop dicko-priesto-curvalo-jeuryenne.. La Vie comme une course de chars à voile.. est une tentative de destruction systématique de l'univers en éclosion de.. l'Échiquier de la création.. , le premier roman de Douay.. Strates.. , le suivant, représentant une sorte d'état miraculeux entre le stable et l'instable.. En cela, son œuvre est d'une tenue mathématique.. Dommage que l'auteur joue avec les bandes velpeau de l'homme invisible : quand il s'en recouvre, on ne saisit que sa silhouette ; quand il les dévide, on ne voit plus rien.. On ne sait quelle alchimie individuelle lui a permis de capter le décor, les personnages.. À moins que l'écriture soit la manière d'exister de Dominique Douay, sa justification.. Dans ce cas, il est certain qu'il occupe une place originale dans la Science-Fiction française contemporaine.. Dominique Douay.. Claude Mézières ; Pierre Christin :.. les Héros de l'équinoxe.. Valérian Laureline.. – 8).. bande dessinée de Science-Fiction, 1978.. Et puisque nous parlons d'écriture, j'aimerais vous dire quelques mots sur la façon dont est travaillée la bande dessinée de Jean-Claude Mézières et Pierre Christin,.. , dernière aventure de Valérian et Laureline.. Il s'agit d'une symbiose à peu près parfaite entre le scénariste et le dessinateur qui aboutit à une œuvre cinétique.. Le dynamisme du scénario et sa représentation graphique confèrent à cet épisode une vitesse de défilement légèrement supérieure à vingt-quatre images par seconde qui provoque un délicieux malaise.. Tout y est frappé d'invention et d'humour.. Cela suffit à mon plaisir et j'avoue n'avoir rien saisi à l'interrogation mi-amusée mi-inquiète sur les pratiques des futurologues, planificateurs et autres prophètes dont on parle dans le prière d'insérer.. Ce doit être à cause d'une image qui est passée trop vite.. Et maintenant, je vous prie de m'excuser.. Il faut que j'aille voir le défilé du 11 novembre.. En effet, A.. Van Vogt est en France ; je l'ai rencontré à déjeuner.. Il faut que je vérifie s'il n'est pas dans les rangs.. Claude Mézières.. Pierre Christin.. Chronique du temps qui vient 5, chronique de Philippe Curval présentée par Quarante-Deux.. (première publication : décembre 1978).. org/archives/curval/chroniques/Futurs/6-Chronique_du_temps_qui_vient_5..

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  • Title: ´le Disque rayé´ par Kurt Steiner | Quarante-Deux/Chroniques de Philippe Curval
    Descriptive info: Aller au contenu.. |.. Aller à la navigation générale.. Aller au menu.. Aller à la recherche.. Philippe Curval : chroniques, entretiens et articles.. fr/xf.. → chronique :.. le Disque rayé.. Index par auteurs :.. A – B.. C – E.. F – K.. L – Q.. R – S.. T – Z.. Divers.. Kurt Steiner :.. roman de Science-Fiction, 1970.. Pour s'attaquer au thème des univers parallèles sans basculer lamentablement de l'autre côté de la logique, il faut une solide constitution d'écrivain, celle de Kurt Steiner par exemple.. Il faut aussi avoir fait ses premières armes du côté du paradoxe spatio-temporel.. Avec.. les Improbables.. , le même Kurt Steiner s'y était déjà essayé avec succès.. C'est sans doute pourquoi.. est une aussi parfaite réussite ; un pendant tragique de.. de Fredric Brown, à mettre au Panthéon de la Science-Fiction.. Pour Matt Wood, confronté au fait de se retrouver dans un univers de poutrelles et d'entretoises métalliques, ville fantomatique et rouillée  ...   vous donne néanmoins une définition convenable de vous-même.. C'est sans doute pourquoi les situations les plus absurdes comme les plus dangereuses ne le rebutent pas.. Matt, sautant d'un univers à l'autre avec l'aisance d'un funambule, se découvre l'envie de connaître enfin les vrais responsables de la misère humaine, ces faux dieux qui manipulent nos marionnettes.. Il ne sera pas déçu : d'aventures en aventures, de retournements spectaculaires en pirouettes logiques, avec la sûreté balistique conférée par l'humour, Matt Wood parviendra au terme de sa recherche.. L'abominable consiste sans doute à découvrir que les dieux n'existent pas, que les tyrans ne sont que masques et que les illusions de sociétés reposent sur les propres fantasmes de l'Humanité que nous avons suscités.. Il fallait plus que du talent pour résoudre cette équation désespérée.. Philippe Curval, prévu pour.. le Monde.. au deuxième trimestre 1976 mais non publié.. divers.. © Quarante-Deux 1994–2054.. Dernière modification :.. 18 janvier 2013.. (création : 7 juillet 2002).. org/archives/curval/chroniques/le_Monde/le_Disque_raye..

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  • Title: ´Sur les ailes du chant´ par Thomas Disch | Quarante-Deux/Chroniques de Philippe Curval
    Descriptive info: fr/wK.. Sur les ailes du chant.. Thomas Disch :.. On wings of song.. , 1979).. un Précis de décomposition méticuleux.. Comment s'envoler par le chant.. Le précis de décomposition de la société américaine actuelle, méticuleux jusqu'au malaise, que Thomas M.. Disch a entrepris de nous livrer depuis.. Camp de concentration.. , trouve sa plus parfaite expression avec.. , qui vient de paraître aux éditions Denoël.. Dans cet avenir incertainement daté où vit son héros, Daniel Weinreb, la société des États-Unis a curieusement évolué vers une voie de garage.. Fossilisée dans ses excès, elle mêle dans son corps social les tendances extrémistes les plus opposées comme le retour à la terre, la décadence sophistiquée et l'obscurantisme totalitaire.. L'individu, privé de son identité, ne reconnaît plus son destin, car les portes de l'avenir sont fermées.. Une seule façon d'échapper à  ...   capable.. D'ailleurs, dans certains états fermiers comme l'Iowa, ce mode d'évasion est sévèrement puni par la loi.. Comment Daniel Weinreb, qui y habite, pourra-t-il découvrir les accords secrets qui mènent au vol ? La prison, l'expérience amoureuse ou le.. bel canto.. lui serviront-ils de clefs ?.. C'est par de subtils emprunts au roman traditionnel américain, où le héros s'élève progressivement par lui-même jusqu'aux plus hautes destinées, que Thomas M.. Disch parvient à maîtriser radicalement son projet, grâce à un travail de sape et de dérision, à la fois ironique et lyrique.. est sans doute l'œuvre de Science-Fiction hyperréaliste la plus achevée.. Par un léger décalage avec le quotidien, une délicate perversion du réel, Thomas M.. Disch sait nous entraîner sans faillir vers cet univers à l'envers qu'est son Amérique intime.. au premier trimestre 1980 mais non publié.. org/archives/curval/chroniques/le_Monde/Sur_les_ailes_du_chant..

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  • Title: Archives stellaires/Curval/Galaxie 127 | Quarante-Deux
    Descriptive info: Sauter la navigation.. accueil.. exliibris.. pgeff.. kws.. récits.. prix.. galerie.. carnets.. photos.. Vous êtes ici :.. →.. Archives stellaires.. Petite chronique de nuit 1.. Bozzetto.. Curval.. Klein.. index.. La petite chronique de nuit de Philippe Curval.. 127, décembre 1974.. Mothers of invention :.. Volume 1.. Anthologie composée par Jacques Sadoul :.. les Meilleurs récits d'.. Amazing Stories.. Robert Merle :.. les Hommes protégés.. les Pourvoyeurs.. Je viens une fois de plus d'achever l'écoute du premier album des.. Mothers of invention.. , la face B seulement, celle que je ne me lasse pas d'entendre, où sont gravés Help i'm a rock et The return of the son of monster maguet.. Frank Zappa est à la pop musique ce que Sheckley est à la Science-Fiction : même prodigieux sens de la dérision, même imagination surnaturelle.. Il plane au pays du rêve et de l'absurde.. Cela change de ces détestables savonnettes pop, du genre “Voyages vers Mars la lointaine” ou “Divin autre côté de la Lune”.. Après quelques accords de musique électronique au début du premier sillon, les ringards qui veulent profiter du succès de la SF pour vendre leurs disques y moulinent du deux-temps du plus détestable effet et de la plus méprisable platitude.. Ce prologue pour en arriver au but de cette Petite chronique de nuit, vous parler, entre autres, des.. Meilleurs récits d'.. Amazing stories.. de la période 1926/1932, choisis par Jacques Sadoul.. Je dois dire qu'avant d'en entamer la lecture, j'avais besoin d'un coup de Zappa.. Je n'aime pas tellement l'époque de la naissance de la SF : je déteste Gernsback pour en avoir fait un genre littéraire particulier.. Avant lui, en France comme aux U.. A.. , les lecteurs de tous bords se régalaient d'expéditions sur Vénus ou de rencontres avec l'homme invisible, comme monsieur Jourdain faisait de la prose, sans le savoir.. Et si le maudit Gernsback n'avait pas créé ce mot d'une ridicule trivialité, ce quasi-pléonasme de “Science-Fiction”, peut-être aurions-nous continué à suivre les pistes de l'imaginaire à travers la production courante, plutôt que de tendre bêtement la sébile vers des collections spécialisées.. Donc, je humais la couverture style rétro du dernier bouquin de SF paru chez J'ai lu avec très peu de concupiscence.. Surtout que je venais de relire la.. Loterie solaire.. d'un Philip K.. Dick en pleine forme, au temps où il se prenait pour van Vogt, ce qui lui a encore mieux réussi depuis qu'il se prend pour Philip K.. Dick, et qu'après un si bel entremets, il me tardait peu de goûter à ce plat de résistance qui me paraissait si piteux.. Je dois l'avouer, j'avais tort : parmi les pionniers qui explorent l'impossible, il y avait de sacrés rêveurs.. Des rêveurs scientifiques, bien entendu, car, à cette époque, il y avait des règles précises à respecter — encore un coup de Gernsback — il fallait aimer l'Amérique et promouvoir la science comme espoir suprême de l'humanité.. Mais ils avaient du punch, de l'imagination et surtout l'innocence et la fragilité de ceux qui font leurs premiers pas dans la vie ; car les braves d'alors, les Peyton-Wertenbacker, les Francis Flagg et les R.. F.. Starzl ne se piquaient pas de psychologie et attaquaient le merveilleux scientifique à coups de pioche.. Certains de ces écrivains n'avaient pas la prétention de faire de la littérature — ils se contentaient de noter hâtivement leurs premières impressions de voyage — d'autres, à l'œuvre plus achevée, s'érigeaient en célébrités de la préhistoire.. Abraham Merritt d'abord, qui figure ici avec un récit intitulé les Êtres de l'abîme.. Je me souviens du temps lointain où j'attendais douloureusement la parution du nouveau Rayon Fantastique qui se faisait toujours attendre, le rythme des sorties s'étalant entre quinze jours et six mois.. À cette époque, les grands anciens, Jacques Bergier, Stephen Spriel, Georges H.. Gallet, faisaient figure d'augures ; ils avaient lu les grands récits mythiques et prononçaient leurs oracles dès qu'un livre était programmé.. Bergier mâchonnait, avec son accent sorti tout droit du gouffre de la lune : « Vous allez voir ce que vous allez voir », à propos du même gouffre qui parut en France vers le milieu de 1957.. La déception fut grande.. Tout ce que Lovecraft avait su imaginer à partir des créatures mystérieuses qui avaient précédé la venue de l'homme s'étalait platement sous les yeux.. On ne peut dénier au récit paru en J'ai lu un certain lyrisme hâtif, un sens de la démesure.. Mais, contrairement à celui de Lovecraft, le ton de Merritt n'est pas envoûtant, on ne parvient pas à le suivre à travers les arcanes de ces “abysses infinis” qui s'ouvrent au pied de la Montagne de la Main.. Chez Merritt, les fantasmes ne passent pas par le filtre magique de l'écriture.. Néanmoins, plus que dans ses romans, où l'on se lasse vite d'interminables et mirobolantes descriptions, cette nouvelle peut donner l'illusion qu'il s'agit bien d'un écrivain visionnaire et méconnu.. G.. Peyton-Wertenbacker a écrit le premier récit publié par une revue de Science-Fiction, l'Arrivée des glaces.. Sur le thème du dernier homme sur la Terre, dont le merveilleux Fredric Brown a su faire un chef-d'œuvre, le fabuleux Wertenbacker a écrit une nouvelle nostalgique et qui tranche, par son écriture relativement achevée et sa délicate amertume, sur le reste de l'anthologie.. Il est probable qu'il fut influencé par Wells et surtout par la vision que ce dernier donne de la fin de l'humanité dans.. la Machine à explorer le temps.. Le héros, devenu immortel au prix d'une opération qui le prive d'une fonction importante, va traverser les siècles au sein d'un isolement physique et moral éprouvant.. À cette occasion, il évoque un certain nombre des grands thèmes relatifs à l'immortalité.. Décidément, ce Peyton-Wertenbacker avait du talent ; dommage qu'il se soit rapidement  ...   de son satellite par les Zoromes.. Sa séduction ne s'opère pas à travers des dialogues du genre : « — Comme c'est beau ! s'exclama le professeur Jameson.. Quelle incomparable splendeur ! — En effet, reconnut 25X-987.. », mais parce que Neil R.. Jones a de l'imagination et qu'il possède le sens de l'humour, noir s'entend.. Un petit conte de R.. Starzl, rédacteur en chef du.. Mars Globe Post.. dans les années trente, le Sous-univers , se dégage de l'ensemble de l'anthologie.. Deux particularités : il développe l'idée de la contraction du temps dans un monde microscopique, simultanément avec Maurice Renard dans.. un Homme chez les microbes.. ; c'est aussi la première fois peut-être qu'un auteur de SF envisage son récit sous l'angle d'une short story et le conçoit en fonction d'une chute finale.. Je lève mon verre à la santé de R.. Starzl, qui fut le précurseur de tant de nouvelles admirables parues dans le.. Galaxy.. des années cinquante.. Et, pour finir, le Dernier homme de Wallace West, un mini-roman de trente pages.. Le dernier homme, M-l, est assis dans une cage vitrée.. Il vit dans un musée et attend la visite hebdomadaire des femmes.. Elles dominent la Terre et vivent comme des fourmis.. Cette situation est relativement originale.. Aristophane, il y a deux mille trois cent et quelques années, puis Denys de Mitylène et Louis Rustaing de Saint-Jory et tant d'autres l'ont traitée — je puise ces renseignements dans mon Versins pour faire le malin.. Notre Wallace West raconte ici une très jolie histoire romantique où ce dernier homme est délivré par la dernière femme.. Il y a là un ton, un allant, un humour, une sensibilité qui m'ont laissé rêveur.. J'aurais bien aimé, durant le temps d'une nouvelle, avoir été Wallace West.. Et maintenant, liaison subtile, passons aux.. Hommes protégés.. de Robert Merle.. Je suppose que vous avez tous lu le compte rendu de cet ouvrage dans votre journal habituel : il s'agit aussi de la domination soudaine des femmes après que les hommes ont été foudroyés en grand nombre par un type d'encéphalite qui s'attaque à leur fonction génétique même.. J'adore Robert Merle, c'est un écrivain subtil, humain et plein d'imagination.. Bien qu'il refuse obstinément qu'on assimile ses dernières œuvres à de la Science-Fiction, je ne lui en veux pas ; il aurait tort de se fourrer volontairement dans un ghetto.. Un Animal doué de raison.. est probablement l'un des romans les plus achevés qu'il ait donné au genre littéraire qui nous préoccupe, par son écriture et par son art de développer le thème des relations entre humains et créatures différentes.. Mais je crains que Robert Merle, en abandonnant ses fonctions dans l'enseignement, ne soit devenu un écrivain à plein temps.. Il lui faut fournir son quotient de littérature.. Le talent est toujours là, l'humanisme aussi, mais la spontanéité créatrice a disparu.. Le labeur se sent un peu, les retouches se devinent, il y a du maquillage dans.. Oh ! bien sûr, c'est un roman qu'il faut lire, parce qu'il est passionnant de voir comment il est possible de faire un roman très classique, très plausible, avec un thème de SF.. Cela explique pourquoi les lecteurs qui boudent certains chefs-d'œuvre de la production spécialisée se ruent sur celui-là à plus de deux cent mille.. Il n'y a pas de doute, les dialogues sonnent juste, les situations sont vraies — à part peut être la scène grand-guignolesque avec Hilda Helsingforth —, les personnages sont “pétris d'humanité” et la lecture est passionnante.. Et puis le thème débouche sur des aperçus originaux, la condition de l'homme par rapport à la femme est subtilement disséquée et l'hypothèse d'un retournement de situation donne lieu à des développements intéressants.. Il y a de l'humour, de la sensibilité dans ce roman, un peu comme du poivre et du sel, l'assaisonnement est excellent.. Mais, je ne sais pourquoi, il a manqué d'âme à ce grand chef et depuis je ressens comme un malaise.. Heureusement, je peux toujours relire.. l'Île.. ou.. la Mort est mon métier.. Malgré la fatigue, je ne peux terminer cette petite chronique de nuit sans parler de la réédition chez Marabout des.. Pourvoyeurs.. de Kurt Steiner.. A l'époque de la parution, vers 1957, le beau Kurt était salué par cette réflexion de Jean Cocteau : « C'est une sombre fête que de vous lire.. » Déjà Ruellan perçait sous le Steiner et la Science-Fiction sous le fantastique.. Il faut pénétrer dans une histoire très compliquée où se dessinent les thèmes principaux de Steiner, le temps et la mort.. Le temps parce que le héros parvient à se tuer lui-même en tirant sur une femme qui le hante mais qu'il ne connaît pas.. Il meurt en voulant la protéger de sa propre balle quelques années plus tard, raccourci saisissant.. La mort parce que ce même héros pénètre dans son royaume, préfiguration de celui.. d'Ortog et les ténèbres.. Il y a aussi le mythe, si obsédant dans.. Tunnel.. , de la femme aimée avec laquelle aucun échange n'est possible.. Et puis, toujours chez Steiner, aucun relent de mysticisme, pas un fantôme, pas un vampire : il s'agit d'un fantastique athée.. Je crois que si l'on veut se contenter de lire un unique roman de la très rare et très épuisée collection Angoisse , il est recommandé d'essayer avec cette première réédition des.. Voilà, il est grilheure, les slictueux toves gisent dans l'aloinde, les dernières traces de gxluqr frémissent encore dans mon verre.. N'hésitez pas à vous plaindre de ma chronique : elle est remboursée par la Sécurité sociale.. © Quarante-Deux.. — Reproduction interdite sans autorisation.. Voir les.. conditions d'utilisation.. Création :.. dimanche 1.. décembre 1996 —.. Modification :.. mardi 6 mai 1997.. Adresse du site :.. haut de page.. écrire à Quarante-Deux..

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  • Title: Archives stellaires/Curval/Galaxie 158 | Quarante-Deux
    Descriptive info: Petite chronique de nuit 28.. 158, août-septembre 1977.. Pavane pour une.. défunte.. Évidemment, à raison d'un centimètre par mois, en comptant large, et de vingt-quatre années d'existence, avec un petit lustre d'absence, l'expansion de.. n'atteint pas aujourd'hui deux mètres cinquante de rayonnage de bibliothèque.. C'est peu, même si cela contient de quoi satisfaire l'appétit des amateurs de SF pendant longtemps.. En mourant, cette malheureuse revue risque de se transformer en objet de convoitise pour les cinglés du papier qui voient dans la nébuleuse Gutenberg l'opportunité d'entasser des feuilles imprimées sans les lire.. Tant qu'elle était vivante,.. échappait à leurs classements de cauchemars, étant théoriquement d'une parution infinie.. Voilà, sans doute l'une des conséquences les plus tristes de sa disparition, l'occasion de clore une collection.. Mais peut-être serait-il souhaitable, avant de passer au panégyrique d'usage en de telles circonstances, de considérer les raisons de cette fin ; c'est-à-dire, d'abord, de recenser le nombre des lecteurs de.. , huit mille environ.. Bien sûr, ceux-ci ne suffisaient pas à rentabiliser sa parution.. Comment en est-on arrivé là ? Des dix-sept mille lecteurs originaux, puis des quinze mille qui soutinrent.. de leur passion durant tant d'années, pourquoi en est-on passé à une si faible quantité ? Quel processus a amené cette désaffection de la moitié de son public ? La baisse de qualité des nouvelles ? Je ne le crois pas ; il est d'ailleurs aisé de s'en rendre compte en prenant n'importe quel numéro de n'importe quelle année au hasard : il y a toujours une quantité d'excellentes nouvelles, de bonnes nouvelles et de nouvelles médiocres, ce qui est le lot de toute revue desirant explorer le domaine qui est le sien plutôt que de se figer sur quelques auteurs vedettes et de s'en tenir là.. Le style, le ton, la thématique des textes qui auraient vieilli, alors ? Certainement pas, il y eut dès l'origine un esprit de subversion rationnelle qui ne s'est jamais démenti et s'est fréquemment renouvelé au cours du temps, grâce à la variété des auteurs choisis.. L'absence d'un appareil critique ? Non plus, puisque, depuis un certain nombre d'années,.. s'est enrichie d'articles originaux, ne démarquant absolument pas sa revue sœur.. Fiction.. S'il n'y a apparemment aucune raison pour que les chalands aient déserté la boutique, que supposer dans ces conditions ? L'usure des lecteurs ? Allons donc, en tant d'années, leurs effectifs ont changé au moins trois fois.. De vieux et fidèles abonnés ont résilié leur contrat parce qu'il est paru une ou deux nouvelles françaises [sic], je suis certain qu'il s'en est abonné de nouveaux.. Crise de génération sans doute ? Impossible, à moins d'imaginer que, par confort mental, certains jeunes amateurs de SF préfèrent lire les textes dans les anthologies plutôt que d'aider la création en achetant la revue originale où elles sont parues.. Reste une solution :.. est morte de sa concurrence acharnée avec.. Non pas ! Car, si cette dernière revue vend un tout petit peu plus que la défunte nôtre, il n'y a pas de quoi pavoiser (c'est pourquoi vous êtes cordialement invités à reporter votre intérêt et votre appui financier sur.. ).. Après ce vaste tour d'horizon, une conclusion s'impose : il n'y a aucune raison pour que.. ait perdu ses lecteurs.. À moins que… un complot galactique qui viserait à faire disparaître la revue en raison des informations et des révélations qu'elle contenait et qui menaçaient la sécurité de l'Empire.. C'est pourquoi les lecteurs ont été éliminés un à un, pour les enterrer avec leur secret et, coup double, faire péricliter l'objet séditieux.. Comme il était impossible à un policier de faire le lien entre tous ces meurtres plus ou moins déguisés, faute de connaître le motif réel de l'assassinat, il faudrait reprendre l'enquête à zéro pour tenter de prouver que sept mille personnes sont mortes dans des conditions bizarres.. Louons dans ce cas la prudence des dirigeants d'.. Opta.. , Émile en particulier, qui ont préféré saborder la revue plutôt que de voir leurs  ...   langage et je me faisais un devoir de vous épargner les premiers signes de gâtisme, l'emploi de formules toutes faites.. Bref, si j'avais poursuivi ce travail, j'aurais probablement été amené à m'arrêter spontanément, faute de pouvoir me renouveler continuellement à l'intérieur du système dialectique choisi, qui ne visait pas à créer un appareil critique de type universitaire, mais à happer quelques lecteurs au hasard, dans le tourbillon des mots et des idées, en espérant leur faire saisir ce qu'il y avait d'original et de nouveau dans telle ou telle parution, en cherchant surtout à leur faire tâter le pouls de la SF en marche plutôt qu'à établir pour eux des normes classiques destinées à l'éducation des masses futures.. Il est bien connu que les joueurs sont les êtres les plus conservateurs du monde.. Je suis donc content de quitter la table de roulette galactique pour aborder des divertissements plus oniriques et plus créatifs.. Je ne regrette qu'une chose : perdre de nouveaux ennemis.. Jadis chevalier de la bonne entente, pacifiste à tous crins, prophète de l'accord parfait entre les êtres, j'ai découvert les charmes de l'agressivité.. En effet, j'acquis vite une certitude : ceux qui haïssaient ce que j'écrivais dans mes chroniques n'osaient l'exprimer de façon nette ; ils se contentaient d'allusions perfides, de mauvaises notes dans les revuettes de plein vent sans jamais exposer noir sur blanc les motifs de leur contestation.. Ils refusaient le dialogue.. Sans doute croyaient-ils que j'avais quelque pouvoir et craignaient-ils que j'en usasse — comme si j'en avais eu le moindre en évitant depuis toujours la moindre responsabilité éditoriale.. Maintenant, je suis affûté, j'aurais plaisir à leur envoyer des bordées verbales si, délaissant leurs sournoises manœuvres, ils montraient un peu plus de courage.. De la non-violence, cette chronique m'aura permis de passer à la oui-virulence.. Abandonnons ce thème paranoïaque pour en revenir à ma pavane.. Louerai-je donc Michel Demuth qui a permis que.. soit ce qu'il fut ? Remercierai-je ces Duvic, ces Hupp, ces Eudeline, ces Duveau, ces Laughlin, ces Garsault, ces Lowins et tant d'autres qui ont œuvré pour faire de.. la meilleure revue de Science-Fiction de ces dernières années ? Tous ces baladins ludiques qui envoyaient leurs textes des quatre coins du monde, ces pélerins de l'entretien qui, sac au dos et vieille bagnole américaine entre les jambes, parcouraient le nouveau continent à la recherche des écrivains mythiques pour révéler le sens caché de leurs œuvres, ces piliers de salles obscures qui dévoraient les premières images de pellicules mythiques, ces furieux amateurs de conventions internationales qui préparaient la formation des nôtres, ces échevelés de la musique qui traquaient la note SF à travers la production de disques, et tous les somptueux illustrateurs qui firent naître sur les couvertures les tableaux intimes de nos rêves, les obscurs traducteurs perdus sur les îles méditerranéennes ? Non ! Ce serait leur faire tort, prétendre que le durable est préférable à l'éphémère.. La beauté d'une revue réside dans cette trace légère qu'elle abandonne bientôt au profit de la parution suivante.. Pas moyen de la classer, de la fossiliser, elle change au fil des mois, elle évalue, revient, s'envole, s'aplatit, redouble, répète, innove, erre.. Elle ne vise pas à traduire l'absolu, elle enquête, elle cherche, elle détecte, elle découvre.. Oui,.. a fait tout cela, depuis trop longtemps pour que la plupart des lecteurs d'aujourd'hui s'en souviennent.. Il est donc temps que la revue disparaisse, ne serait-ce que pour créer de nouveaux remous dans le monde déjà si mouvant de la SF.. Qui sait d'ailleurs si elle ne renaîtra pas un jour ? Comme tous les êtres ou les entités qui prennent des risques, elle a probablement neuf vies.. Alors, si vous faites un tombeau à.. , en le plaçant dans votre bibliothèque selon un ordre alphabétique, entre.. et.. Geographic magazine.. , ne lui plantez pas dans le cœur le pieu de la connaissance encyclopédique.. Lisez plutôt quelques pages de temps à autre, ou faites-en des cocottes en papier.. vendredi 27 juin 2003..

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  • Title: ´l'Employé´ par Jacques Sternberg | Quarante-Deux/Chroniques de Philippe Curval
    Descriptive info: fr/jg.. l'Employé.. Jacques Sternberg :.. roman, 1958.. , 1958.. Jacques Sternberg n'est pas Kafka, heureusement ! Nous ne voudrions jamais reprocher à Lautréamont d'avoir plagié Buffon jusqu'à introduire des pages entières de son histoire naturelle dans.. les Chants de Maldoror.. , de même nous ne saurions tenir rigueur à Sternberg d'avoir épinglé les papillons mort-nés de l'histoire naturelle bureaucratique de Kafka dans son dernier roman,.. Il s'agit d'un décor, et seulement d'un décor.. Sous un titre anodin, fort heureusement lardé de sous-entendus — sous la forme d'un inquiétant dessin de Siné —, Sternberg libère les mille tentacules d'un chapeau melon.. Car, entre ce chapeau melon qui surplombe un journal attentivement tenu et les tentacules qui jaillissent des soubassements dudit journal, on ne nous donne que peu d'indications sur la physionomie, le visage, la couleur des yeux, les contours du nez de cet employé.. Dire qu'on se l'imagine aisément sous les traits de Sternberg lui-même ne serait que rendre publics les soupçons qui nous viennent à l'esprit.. Donc, dans un grand hangar de briques rouges, au cœur des banlieues hallucinées, fils de pères multiples et d'une mère nymphomane, naquit Sternberg.. Si l'on sait que les hurlements de la mère sous les étreintes, que les cris de rage des pères repoussés après un premier usage hantent les premières pages du roman, et si l'on dit que les frères et les sœurs crèvent comme des mouches, que la loterie de la mort tourne inlassablement, que les pères se dissolvent facilement sous la pluie qui tombait abondamment cette année-là, on comprendra déjà aisément que.. est un roman inénarrable — au sens propre du terme.. Et c'est justement parce que ce roman échappe à l'analyse que j'ai voulu en parler.. La vie de bureau n'est pas drôle tous les jours.. Mais que faire de ses journées puisque le monde n'est qu'un gigantesque bureau ? Ainsi, sans que nous ne le soupçonnions, nous introduisons-nous dans cet univers où chaque immeuble est le siège social de sociétés à responsabilités illimitées, chaque appartement truffé de bureaux, hérissé de machines à écrire, de secrétaires, de fonctionnaires, de circulaires.. Une seule ressource s'offre à l'individu né mort dans cet univers mort-né, s'engager comme employé dans la première de ces entreprises.. Quitte à s'enfuir dès qu'un événement favorable lui permettra de se libérer.. Car cette société permet encore certaines initiatives et notre employé ne se fera pas faute de profiter de ces alternatives bureaucratiques ; il conserve son souci de l'individualité et de la liberté.. Et, si perdu par hasard, il se retrouve dans la vitrine d'un antiquaire, il se libérera, sou par sou, en se rachetant lui-même.. Faut-il en conclure que sa vie n'est pas vouée à la faillite, que les contraintes sociales laissent une échappatoire ? Non.. L'employé peut se révolter, partir soudain, sans ordre de mission, dans le premier train en partance, mais il lui arrivera fatalement d'oublier son titre de transport.. Et, lorsqu'il voudra descendre au premier square venu, les fonctionnaires des chemins de fer ne pourront le rendre à la vie civile que sous forme d'un colis non réclamé et avec promesse de se faire pointer tous les dimanches.. En effet, dans un square qui n'ouvre que le dimanche, il ne peut y avoir de jours de semaine.. Cet employé n'est pas comptable, ses jours ne sont pas comptés ; il y a des années dont les jeudis sont sacrifiés par décision ministérielle, des semaines où il est interdit d'exister entre trois heures et seize heures ; et il est permis de renaître plusieurs fois sans que l'état civil ne vous inquiète.. Mais, que l'on naisse plusieurs fois ou que l'on tente de s'échapper par les multiples voies temporelles qui s'offrent au cœur des heures creuses, le premier départ a été connu.. L'employé est poinçonné une fois pour toutes et ses tours de Fregoli n'impressionnent pas la puissante organisation de la compagnie du  ...   de l'explosion, alors qu'il se libère pour la première fois du cadre assujettissant de la Science-Fiction, de la dure perfection de la nouvelle, de la rigueur du conte bref, quelques pages faibles ou inutiles, quelques calembours audacieux — et que pour ma part j'apprécie —, alors qu'il nous livre un mélange savant de contes insolites, d'anecdotes absurdes, brodé sur la trame éperdue d'un roman résolument nouveau ou peut-être issu d'un film des.. ? C'est alors autant de titres de bandes comiques qui nous viennent à l'esprit :.. l'Employé cinéaste.. l'Employé et le dentiste.. l'Employé dans sa famille.. l'Employé amoureux.. Les gags abondent, la démence monte lentement et fouette de ses vagues le parquet du bureau fréquenté depuis toujours.. Les premières mouettes sont signalées dans le désert qui borde la salle à manger, le fils de l'employé qui revient de l'école sort des égouts avec un cerf sur l'épaule !.. C'est ainsi que nous pénétrons dans la vie de Sternberg, car ce roman a le bon goût d'être autobiographique.. Pour avoir lu ce livre jadis, à l'état d'une ébauche de huit cents pages qui fut réduite à deux cent seize — et ce n'est pas le moindre mérite de l'auteur que d'avoir eu le courage d'abattre des chapitres entiers —, je puis sous-entendre que le roman est avant tout le fruit de deux plaquettes que Sternberg fit paraître dans la clandestinité relative de librairies spécialisées et qui se nommaient — si j'en crois ma mémoire —.. Précis d'autobiographie.. Petite histoire du futur.. De l'accouplement de ces deux productions naquit.. Le mixage semble parfait.. Mais si je crois avoir parlé longuement de l'histoire générale de son Humanité, telle que l'a vue Sternberg à travers le miroir bureaucratique dans lequel il a trempé soit comme emballeur, soit comme directeur, il est un point plus délicat, plus intime, que l'on ne doit pas passer sous silence : les petits matins blêmes, les mois d'avraoût dont on a supprimé les jeudis, ne se passent pas de petits-déjeuners.. Si l'employé disparaît durant des mois, des années ou même des siècles au cours de ses mésaventures, il n'en revient pas moins à la maison.. Or, c'est là que l'attend Mygale : sa femme.. S'il se souvient de Myrne, de Diurne, Coléide, Adragase, femmes qu'il aima, s'il revit ses aventures amoureuses avec Druse la frigide, Fyctige nocturne comme une chauve-souris, Calène qui rajeunit jusqu'à rejoindre le ventre de sa mère, Ybillia qui ne cessait de tricoter et qui se débobina un jour par mégarde, le soir, un soir venu, il retrouve Mygale à son foyer.. Mygale indifférente et quiète, et leur fils qui revient de l'école.. Images d'une sérénité trouble, intersection de deux univers : le bureau, la mort.. Car, après avoir tant vécu, après avoir tenté de secouer, de déchirer cette bizarre carcasse d'homme qui l'enserre, connu les habitants des galaxies lointaines qui semblent se débattre dans les mêmes affres, déjoué les pièges que le temps pose, l'employé persiste à se morfondre devant le même problème : il faut vivre pour mourir un jour.. Pourquoi vivre ?.. « Une pendule marque dix heures six.. Devant moi une porte s'ouvre.. Naturellement, j'ouvre la porte ; naturellement, il est derrière.. “Ah ! c'est vous, Sternberg ? Encore en retard, naturellement ! Je vous avais prévenu qu'il fallait absolument être à l'heure aujourd'hui.. Mais vous ne pensez jamais à rien…” ».. En effet, que les guerres éclatent, que les tremblements de terre grondent sur tous les points de notre planète, que les étoiles deviennent autre chose qu'un point scintillant et précisent leurs intentions, il faut.. absolument.. être à l'heure pour mourir comme pour naître et.. vice versa.. série], nº 61, décembre 1958.. Jacques Sternberg.. Lire aussi la chronique d'.. un Jour ouvrable.. ´l'Employé´ par Jacques Sternberg, chronique de Philippe Curval présentée par Quarante-Deux.. 12 février 2012.. (première publication : quatrième trimestre 1958).. (création : 27 novembre 2006).. org/archives/curval/chroniques/Fiction/61-l'Employe..

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  • Title: ´le Locataire chimérique´ par Roland Topor | Quarante-Deux/Chroniques de Philippe Curval
    Descriptive info: fr/js.. le Locataire chimérique.. Roland Topor :.. roman, 1964.. , 1964.. Un double roman panique de Roland Topor vient de paraître sous la forme d'un seul volume,.. Le premier roman, qui concerne le locataire, mérite tous les éloges.. C'est le modèle du récit introspectif où l'auteur nous révèle les méandres de son univers clos.. La panique y est grande, l'agressivité et la peur composent la fresque intime de la fuite.. Le style en est dépouillé à l'extrême.. On ne peut dire qu'il soit journalistique, puisqu'il cherche à décrire de véritables sentiments.. Ce serait plutôt de la littérature composée par une machine à écrire, machine sensible à toutes les incursions humaines dans son domaine privé.. Ou peut-être, plus simplement, la manière d'écrire d'un dessinateur pour lequel chaque trait est essentiel et qui ne veut pas déguiser sa pensée sous des artifices de style.. Cela dit, la lecture du.. Locataire chimérique.. est agréable ; chaque mot frappe, le ton est bien sonore.. Nous pénétrons, peu à peu, les arcanes d'une petite scatologie intime et juvénile où l'auteur ne craint pas d'affronter le dépaysant, d'une érotomanie enfantine où les femmes au visage et au corps de poupées de cire prennent tour à tour l'importance d'une obsession ou l'insignifiance d'un tracas.. Une introspection physique où le corps, malgré les poils, les peaux, la crasse, malgré son embarras de chair, procure une satisfaction d'être.. Un jugement moral sur soi-même et les  ...   que nous ne nous envolons pas sur les ailes de la chimère.. Là où Topor procédait par touches discrètes, il tranche par affirmations ; là où les allusions, les retours, les inquiétudes suggéraient tout un monde, les descriptions nous laissent froids, la terreur nous ignore.. Trelkovski, le locataire chassé de son appartement, capte, en payant reprise, le logement d'une jeune fille, mademoiselle Choule, qui vient de se suicider.. Or, le propriétaire, les voisins composent une dangereuse horde aux ramifications étranges, qui harcèle et traque Trelkovski jusqu'à la chute qui est, hélas, prévisible dès le début du roman.. Ce qui aurait dû être un récit en progression constante, un long cauchemar panique, n'est suggéré que par quelques anecdotes réussies, sanglantes ou macabres, où l'on retrouve tout le talent de Topor dessinateur,.. Le Locataire chimérique.. est donc un livre qui nous laisse insatisfaits.. Il est plutôt l'esquisse d'un futur récit dans lequel Topor aura trouvé le lien entre le quotidien et son point de rupture : la panique.. Mais, de toute manière, c'est un roman qui ne laisse pas indifférent, un livre à relire pour ses qualités d'humour incisif et de cruauté, et qui nous laisse présumer qu'un jour, Topor conteur égalera Topor dessinateur.. série], nº 132, novembre 1964.. Roland Topor.. ´le Locataire chimérique´ par Roland Topor, chronique de Philippe Curval présentée par Quarante-Deux.. 7 mai 2011.. (première publication : quatrième trimestre 1964).. (création : 7 mai 2011).. org/archives/curval/chroniques/Fiction/132-le_Locataire_chimerique..

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