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  • Title: Karim Bitar's Web Site
    Descriptive info: .. Notice biographique (Fr).. Biographical Notice (Eng).. E-Mail.. CYRANO : LE BLOG DE KARIM EMILE BITAR SUR LE MONDE.. FR.. CYRANO : KARIM E.. BITAR's DAILY WEBLOG ON LE MONDE.. OUVRAGE COLLECTIF.. REGARDS SUR LA FRANCE.. 30 spécialistes internationaux dressent le bilan de santé de l'Hexagone.. sous la direction de.. Karim Emile BITAR et Robert FADEL.. Editions du Seuil, 2007, 640 pages, 30 €.. avec.. Elizabeth Altschull, Mohammed Arkoun, Daniel Barenboim,.. Joachim Bitterlich, Boutros Boutros-Ghali, Georges Corm,.. Domenico De Sole, Vladimir Fedorovski, Carlos Fuentes,.. Bronislaw Geremek, Alfred Grosser, Vaclav Havel,.. Stanley Hoffmann,Tony Judt, Judith Lazar, Jonah Levy,.. Christopher Mesnooh, Joseph Nye, Hélène Rey,.. Louis-Bernard Robitaille, Jeffrey Sachs, Edward Said,.. Martin Schain, André Schiffrin, Klaus Schwab, Ezra Suleiman,.. Sami-Paul Tawil, Henri Vivier, Theodore Zeldin.. -------------------------------------------------------------------------------------.. ARTICLES.. Obama, McCain, dites-moi ce que vous lisez !.. Comment redonner du sens à la politique ?.. Quel avenir pour la social-démocratie ?.. Entretien avec Jacques Delors :.. les Français et la social-démocratie.. Entretien avec Jean Lacouture :.. Pierre Mendès France, figure tutélaire.. L'énigme John McCain.. Il faut sauver Persepolis.. Entretien avec Tzvetan Todorov :.. Humanisme, Libéralisme et Esprit des Lumières.. Faire  ...   littéraires sur la pensée politique de Gandhi.. Politique et littérature : l'héritage d'Edward Said.. D'une mondialisation à l'autre :.. les mutations du secteur économique et financier.. Le Liban entre aounophobes et aounolâtres.. Sleeping with elephants (while ignoring the elephants in the corner).. Aldous Huxley, le meilleur des mondes et la puissance des mots.. Autodéfense ou guerre d'annihilation ?.. Le souvenir du journaliste assassiné Edouard Saab.. Gebran Tuéni, le courage en héritage.. Réflexions postélectorales (élections législatives de 2005 au Liban).. Samir Kassir, la plume boussole d'un incorruptible.. Ce que le Liban peut apprendre de Vaclav Havel.. Printemps de Beyrouth : Carpe diem.. en évitant les écueils.. Tony Judt, un aronien à New York.. Entre l'aigle et le voile :.. le désarroi des démocrates du monde arabe.. Interview with Thomas Sancton of Time Magazine (1996).. Interview with Adam Gopnik of The New Yorker (1996).. Dossier Le Liban à la croisée des chemins (2001).. Le Liban à la croisée des chemins, avant-propos.. Les écrivains nés de l'autre côté de la mer.. Avocats, les nouveaux défis.. Les avocats au cinéma : images d'Epinal.. et représentations tronquées.. CE SITE EST EN RENOVATION..

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  • Title: REGARDS SUR LA FRANCE, KARIM EMILE BITAR, EDITIONS DU SEUIL
    Descriptive info: HOME.. Sous la direction de Karim Emile BITAR et Robert FADEL.. Trente spécialistes internationaux dressent le bilan de santé de l’Hexagone.. EDITIONS DU SEUIL, 2007.. Disponible dans toutes les librairies ou sur le site de vente en ligne de votre choix,.. Fnac.. ,.. Amazon.. Alapage.. Chapitre.. Decitre.. Mollat.. Sauramps.. La Procure.. COUVERTURE.. REVUE DE PRESSE.. TABLE DES MATIERES.. NOTICES BIOGRAPHIQUES.. avec.. Elizabeth Altschull, Mohammed Arkoun, Daniel Barenboim,.. Joachim Bitterlich, Boutros Boutros-Ghali, Georges Corm,.. Domenico De Sole, Vladimir Fedorovski, Carlos Fuentes,.. Bronislaw Geremek, Alfred Grosser, Vaclav Havel,.. Stanley Hoffmann, Tony Judt, Judith Lazar, Jonah Levy,.. Louis-Bernard Robitaille, Jeffrey Sachs, Edward Said,.. Martin Schain, André Schiffrin, Klaus Schwab, Ezra Suleiman,.. Sami-Paul Tawil, Henri Vivier, Theodore Zeldin.. Editions du Seuil, 640 pages, 30 €.. Présentation de l’éditeur :.. LA FRANCE.. traverse une véritable crise existentielle.. Un désarroi bien réel, derrière les alarmistes théories du déclin, rend nécessaire l’établissement d’un bilan de santé de la France d’aujourd’hui en échappant au double écueil de l’arrogance et de l’auto-flagellation.. Des personnalités des quatre coins du monde – anciens chefs d’État, politologues, économistes, patrons d’entreprises multinationales, écrivains, intellectuels, historiens, experts, tous réputés pour leur franchise et leur regard incisif – se sont efforcées de disséquer amicalement, mais avec objectivité et sans complaisance, les forces, faiblesses, atouts, blocages et opportunités de notre pays au début du XXIe siècle.. Le rôle de la France dans le monde, les cartes maîtresses et les mauvais points de l’économie française, les intellectuels, l’école, l’université, l’édition, l’administration, la santé, le rapport à l’argent, la laïcité, les communautarismes, le droit français : tous ces sujets sont passés au crible sans langue de bois, sans concessions.. De ces.. Regards sur la France.. ressort un tableau contrasté, d’autant plus passionnant qu’il est dressé à distance, hors du débat franco-français.. Les directeurs de l’ouvrage,.. KARIM ÉMILE BITAR.. et.. ROBERT FADEL.. , anciens élèves de l’ENA, sont français et libanais.. «.. Rien de plus stimulant.. que le regard porté par les autres sur une France minée par le doute.. Surtout lorsqu'il s'agit de francophiles inquiets d'une crise existentielle alimentée par tous les « déclinologues » et la fâcheuse tendance des Français à l'auto-flagellation.. Persuadés de la nécessité de secouer cette frilosité et ces peurs en tendant un miroir sans complaisance, Karim Emile Bitar et Robert Fadel ont réunis dans cet ouvrage les témoignages, entretiens, analyses, d'une trentaine de personnalités venues de tous les continents et de tous les horizons : des musiciens comme Daniel Barenboïm, des hommes d'affaires comme Domenico de Sole, des économistes comme Jeffrey Sachs ou Hélène Rey, d'anciens chefs d'Etat comme Vaclav Havel ou des sociologues comme Judith Lazar, sans oublier Edward Said, l'un des plus brillants intellectuels américains, décédé quelques semaines après avoir contribué à cet ouvrage.. Il en ressort.. une mosaïque de jugements doux-amers sur les atouts gâchés ou persistants mais aussi les blocages et les faiblesses de la France propres à faire réfléchir plus d'un lecteur.. Car sont passés au crible la vie intellectuelle, économique, politique de notre pays.. Son rôle pour le moins inégal sur la scène européenne et internationale.. Ces trente auteurs, en quête d'une France moins arrogante et finalement plus sûre d'elle-même, ne peuvent laisser indifférents.. Il n'est malheureusement pas certains qu'ils parviennent à sortir le pays de ce nombrilisme dans lequel il se complait.. Pour le grand désarroi de ses plus fervents partisans.. ».. Les Echos.. « Il y a là Tony Judt, Bronislaw Geremek, Stanley Hoffmann et quelques autres dont.. la réflexion porte au-delà de la présidentielle, au-delà même de la France, puisqu’il y est question de démocratie, d’Europe, du devenir-monde et du vivre-ensemble.. On lira notamment l’interview qu’Edward Said a donnée quelques semaines avant sa mort et dans laquelle il démolit avec élégance l’intelligentsia française, de Camus à Glucksmann.. ».. Philippe Thureau-Dangin, Courrier International.. La France vue du ciel….. Karim Émile Bitar, énarque et consultant en communication, a coordonné un ouvrage d’intellectuels internationaux qui proposent leurs visions de la France de 2007.. Il fallait une bonne dose de courage, voire d’audace, pour publier, pendant la campagne présidentielle, un livre politique qui ne soit ni un portrait de candidat ni un recueil de petites phrases ou demi-secrets.. Regards sur la France.. tombe pourtant à pic pour balayer vigoureusement nombre d’idées reçues et replacer les principaux enjeux qui attendent la France : politique étrangère, place et fonctions de l’État, défis éducatifs et culturels, rôle des intellectuels.. Pour aborder ces thèmes complexes, souvent sujets à manipulations idéologiques, les éditions du Seuil ont fait appel à trente personnalités étrangères, dont.. les analyses se révèlent passionnantes pour leur perception et leur clarté.. Il y a là des intellectuels connus, dont on ne découvre pas les thèses (Mohammed Arkoun, Boutros-Boutros Ghali, Bronislaw Geremek, Vaclav Havel, Stanley Hoffmann, André Schiffrin, Ezra Suleiman), mais.. le croisement de ces pensées issues d’horizons divers apporte un formidable courant d’air frais.. D’où il ressort un attachement des intellectuels étrangers à la voix de la France, un scepticisme pour le déclin inexorable de notre pays et une critique terrible de notre vie intellectuelle.. Une commande groupée est vivement conseillée rue de Solférino.. Luc Chatel, Témoignage chrétien.. « Au témoignage des observateurs étrangers eux-mêmes (voir l’enquête de deux énarques, Karim Emile Bitar et Robert Fadel, Regards sur la France, Trente spécialistes internationaux dressent le bilan de santé de l’Hexagone, Seuil), la société civile française, étouffée par la pression des prélèvements et des normes, freinée dans ses capacités de travailler et de produire et impatiente de se prendre en main, est moins hostile à l’idée libérale, et plus ouverte au monde qu’on ne veut bien le dire.. ».. Alain-Gérard Slama, Le Figaro.. Karim Emile Bitar est à l’origine de ce livre et a interviewé la plupart des intervenants.. Il montre l’universalisme français.. Il est français, mais aussi libanais et canadien.. Je recommande à tous ceux qui n’aiment pas les intellectuels « people » de lire ce qu’écrit Karim Emile Bitar.. Il soutient que l’oeuvre de ces derniers ne passe pas les frontières françaises et qu’ils font de l’agitation médiatique, un point c’est tout.. Il y a certains intellectuels du côté de Saint Germain des Près qui n’ont pas apprécié.. Olivier Mazerolle, Les Grands Débats de BFM.. Un portrait incisif de l’Hexagone.. « Regards sur la France » ne pouvait pas mieux tomber.. Le livre est un véritable bol d’air.. C’est comme si les trente contributeurs avaient ouvert une fenêtre pour chasser un air vicié.. tantôt par l’autoflagellation tantôt par l’arrogance.. Le ton est sans concession mais souvent plein d’humour et toujours empreint de tendresse.. La République du Centre.. Plein feux sur l’Hexagone.. Après que les candidats à la présidentielle ont égrené les problèmes nationaux pour y apporter leurs remèdes,.. la trentaine de personnalités internationales, invitées par Karim Emile Bitar et Robert Fadel - deux Franco-Libanais anciens élèves de l'ENA - à analyser le malaise national assurent que la France n'est pas en déclin, que sa société est loin d'être bloquée, et que son influence continue d'être sans commune mesure avec son poids démographique (1 % de la population mondiale).. Comment dès lors expliquer le vague à l'âme des Français ? Les diagnostics sur les causes divergent.. La France, qui a perdu son rôle de grande puissance, « ne parvient pas à s'adapter à cette nouvelle situation, bien que ce processus soit dans la logique du développement de l'ordre mondial », opine l'historien polonais Bronislaw Geremek.. D'autres pointent du doigt nos dirigeants : « Il semble que la France ait perdu cette capacité qu'elle avait de produire de vrais hommes d'Etat, qui peuvent voir loin et percevoir toutes les données d'un problème » (l'historien britannique de l'université de New York - NYU - Tony Judt).. Beaucoup vilipendent les intellectuels, bien moins « brillants » que leurs aînés : ils « fonctionnent en véritable.. Milieu.. , au sens Camorra du terme ».. (le spécialiste de l'Allemagne, Alfred Grosser) et n'ont plus d'audience à l'étranger (le Palestino-Américain Edward Said, interrogé peu de temps avant sa mort).. Surtout, à l'heure du capitalisme roi.. , notre problème majeur découlerait de notre relation pitoyable avec l'argent tabou, dépeinte avec grande truculence par le journaliste canadien Louis-Bernard Robitaille.. » Contre la « sinistrose », on invoque souvent les mêmes remèdes.. D'abord, décentraliser et réformer davantage.. « Les Français sont un peuple assez conservateur et ne font des réformes que lorsque les choses vont tellement mal qu'elles nécessitent une révolution » (Stanley Hoffmann, de l'université Harvard).. Abandonner la stratégie étatique de « l'anesthésie sociale » pour remettre les chômeurs au travail (le politologue américain Jonah Levy).. Refinancer de toute urgence les universités et adapter leurs cursus, etc.. « Lumière pour les autres pays », selon l'écrivain mexicain Carlos Fuentes,.. la France « est dans une position de leadership sur la question essentielle de notre temps : rendre viable la mondialisation, la rendre plus juste, plus équitable et plus propre », estime l'économiste américain Jeffrey Sachs, qui salue, comme la plupart des auteurs, l'importance de l'héritage laïc de la France.. Certains, tels Boutros Boutros-Ghali ou l'historien Mohammed Arkoun, voudraient qu'elle le défende avec davantage de vigueur.. Le Monde.. Un ouvrage.. monumental.. Un panel.. impressionnant.. Un magnifique instrument de référence.. René Aggiouri, La Revue du Liban.. C’est un livre très plaisant qui est paru sous le titre.. Il a été dirigé avec le plus grand brio par l’intellectuel français d’origine libanaise Karim Emile Bitar, avec son ami Robert Fadel.. Parmi les personnalités sollicitées, citons l’ancien président tchèque Vaclav Havel, l’ancien ministre polonais des affaires étrangères et l’ami de Lech Walesa Bronislaw Geremek, le professeur Joseph Nye, ami de Bill Clinton et membre de son administration pour la sécurité et la défense nationale, l’historien britannique Theodore Zeldin, professeur à Oxford et grand spécialiste des affaires françaises.. Sans oublier beaucoup d’autres et non des moindres comme le célèbre musicien israélien Daniel Barenboim, l’ami d’Edward Said.. Citons également le superbe entretien avec le grand écrivain mexicain Carlos Fuentes, qui a pour titre :.. Réflexions sur les intellectuels, la culture française et la littérature.. Et l’entretien non moins important avec le professeur de sciences politiques à Harvard Stanley Hoffmann, qui a le beau titre «.. Français, calmez-vous, la France ne tombe pas….. ! » Quatre personnalités bien connues dans le monde arabe ont également participé à cet ouvrage : Edward Said lui-même, Georges Corm, l’un des grands représentants des Lumières dans le monde arabe, qui écrit sous le titre.. La place de laïcité à la française dans la postmodérnité et la globalisation.. , Boutros Boutros-Ghali, qui a donné un entretien passionnant sur.. Quel projet français dans le monde de demain ?,.. et notre maître Mohammed Arkoun sur.. La relation France-Islam et les réponses de l’islamologie appliqué.. L’entretien avec Edward Said fut le dernier qu’ait accordé le grand disparu, quelques semaines avant sa mort.. Cet entretien a constitué le « testament français d’Edward Said » comme l’a écrit le coordonnateur général de l’ouvrage, Karim Emile Bitar, jeune intellectuel qui impressionne par l’étendue de ses connaissances.. Hachem Saleh, Al Awan.. Je recommande vivement la lecture de ces.. Extrêmement intéressant.. Pascal Boniface, Questions internationales.. Très peu de temps avant sa mort, et après plus de dix ans de combat avec la leucémie lymphoïde chronique, Edward Said accordait un entretien exceptionnel à l’intellectuel franco-libanais Karim Emile Bitar, faisant ainsi une ultime entorse à la règle qu’il s’était fixée de ne plus accorder d’entretiens en raison de son état de santé.. Cet entretien jusque là inédit a maintenant été publié dans l’ouvrage de Karim Emile Bitar et de Robert Fadel,.. , paru aux Editions du Seuil, avec des contributions de Mohammed Arkoun, Boutros Boutros-Ghali, Georges Corm, Carlos Fuentes, Vaclav Havel, Stanley Hoffmann, Theodore Zeldin et d’autres….. Ce dernier entretien avec Edward Said prend donc une importance particulière fait figure de « testament français » d’Edward Said », et est donc porteur d’une grande symbolique.. Le penseur disparu a donc adressé ses dernières pensées à la France et à ses intellectuels, lui qui a connu de près la culture et la littérature françaises, en dépit du fait qu’il vécut aux Etats-Unis, où il fut l’un des rares intellectuels universalistes engagés.. Cet entretien d’Edward Said avec Karim Bitar est unique car il permet de découvrir une facette quasiment nouvelle de l’auteur de.. L’Orientalisme.. Al Hayat.. De toutes les personnes éminentes, et même pour certaines illustres, qui s’expriment dans un livre publié au Seuil, qui s’intitule Regards sur la France, j’ai retenu pour ma part le point de vue de Louis Bernard Robitaille, journaliste canadien, correspondant à Paris du grand journal.. La Presse,.. qui dit de nous quelque chose que nous n’entendons jamais, sur le fait que nous sommes, nous les Français, le peuple le moins doué en Occident pour le commerce et, ceci explique peut-être cela, il constate que.. l’argent est en France un sujet tabou !.. Dominique Souchier, Europe 1.. Leur amour, comme leur discours est sans complaisance.. Mais sommes-nous prêts à l'entendre ? Sommes-nous prêts à être français sans être hexagonaux ? It's a long way….. Sud-Ouest.. A lire avant de voter.. Philippe Lefait, Les Mots de Minuit, France 2.. Karim Emile Bitar, qui assure la direction de notre Revue, et Robert Fadel se sont associés pour mener (à bon port) cette difficile entreprise.. (…).. Une véritable somme qui englobe toutes les facettes de notre société et de nos institutions.. Un.. bilan de santé dressé avec intelligence et sans complaisance.. Ils ont bien fait de réaliser ce livre au moment où notre pays traverse une véritable crise existentielle et ils ont bien fait de croire au renouveau français.. Dans le dernier chapitre, Karim Emile Bitar s’est attaché à traiter un sujet (qui nous est cher) et avec quelle maîtrise ! :.. Sciences Po et l’Ena : splendeurs et misères de l’élitisme républicain.. Car l’élitisme républicain est au cœur du système français.. Tour à tour il évoque la vision gaullienne où l’élitisme républicain est revendiqué et assumé.. Il y consacre des pages extrêmement intéressantes.. Plus loin, il examine l’élitisme face à ses détracteurs, et ensuite le concept du concours, un principe républicain par excellence.. Dans une dernière partie de sa contribution, il pose la question de la réforme de l’Ena et de l’avenir de l’élitisme républicain.. Ce livre est une véritable réussite.. Robert Chelle, L’ENA hors les murs.. Sans tabous, ni concessions.. Des regards souvent vifs.. La Libre Belgique.. Face à la crise bien réelle dans laquelle est plongé le pays depuis des années, des intellectuels - politologues, économistes ou anciens chefs d'état cherchent à comprendre les raisons d'un naufrage que rien ne semblait préparer.. Pour en finir avec les clichés de l'exception culturelle, ils détaillent point par point les atouts et les faiblesses de l'administration, de l'industrie et des universités, stigmatisant l'émergence de phénomènes communautaristes, ainsi que la remise en  ...   la Renaissance, 2005), Le Roman du Kremlin (Editions du Rocher, 2004), et Le Roman de Saint-Pétersbourg : les amours au bord de la Neva (Editions du Rocher, 2003), Les Tsarines (Editions du Rocher, 2002), De Raspoutine à Poutine, les hommes de l’ombre (Perrin, 2001).. Carlos Fuentes.. , est né en 1928.. Il est écrivain, ancien ambassadeur du Mexique à Paris et enseignant dans plusieurs grandes universités américaines.. La publication, en 1962, de La Mort d’Artemio Cruz fait de lui l’une des figures de proue de la littérature latino-américaine.. Parmi ses nombreux ouvrages, on peut également citer Le Siège de l’Aigle (Gallimard, 2006), Contre Bush (Gallimard, 2005), Ce que je crois (Grasset, 2003), L’instinct d’Inez (Gallimard, 2003), Les Années de Laura Diaz (Gallimard, 2001), Diane ou la chasseresse solitaire (Gallimard, 1999).. Couronné en 1984 par le Prix national de littérature du Mexique, Carlos Fuentes a reçu le Prix Cervantès en 1987, le prix du Prince des Asturies en 1994, le Grand Prix Metropolis Bleu pour l’ensemble de son œuvre en 2005, et de nombreuses autres décorations.. Bronislaw Geremek.. , ancien ministre polonais des Affaires étrangères, député européen, figure de proue du syndicat Solidarnosc, acteur majeur des événements ayant bouleversé le cours de l’histoire en Europe de l’Est lors de la chute du communisme à la fin des années 1980, il est aussi un historien médiéviste, auteur notamment de La Potence et la Pitié, l’Europe des pauvres du Moyen-Âge à nos jours (Gallimard, 1987), Les Fils de Caïn, l’image des pauvres et des vagabonds dans la littérature européenne (Flammarion, 1991), et Les Marginaux parisiens au XIe et au XVe siècle (Flammarion, 1976).. Alfred Grosser.. , né en Allemagne en 1933 est professeur émérite à l’IEP de Paris, chroniqueur à Ouest-France et à La Croix.. Il est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages, notamment La France, semblable et différente (Alvik, 2005), L’Allemagne, différente et semblable, (Alvik, 2002), Le Crime et la mémoire (Flammarion, 1989), Une Vie de Français (Flammarion, 1997), Les Identités difficiles, (Presses de Sciences-Po, 1996), La Politique en France (Armand Colin, 1984), Le Sel de la terre (Seuil, 1981), La IV ème République et sa politique extérieure (Armand Colin 1967).. Vaclav Havel.. , ancien président de la République Tchèque, est né le 5 octobre 1936 à Prague.. Il est considéré comme l'une des figures de proue du Printemps de Prague (1968).. Il a joué un rôle central durant la Révolution de velours, en 1989, qui mit fin au régime communiste.. Auteur dramatique, il contribua, en 1977, à fonder la Charte 77, une organisation de défense des droits de l'homme en Tchécoslovaquie.. Entre 1979 et 1983, il fut emprisonné à maintes reprises pour ses idées.. Récipiendaire de plusieurs décorations de l'État ainsi que de plusieurs honneurs internationaux pour ses ouvrages littéraires, pour ses efforts maintenus au service de ses concitoyens, pour ses opinions ainsi que pour sa position face au non-respect des droits de l'homme dans son pays.. Stanley Hoffmann.. , né à Vienne en 1928, est professeur de sciences politiques à Harvard.. Il est diplômé de l’IEP de Paris et docteur en droit.. Il a fondé le centre d’études européennes de Harvard en 1969 et l’a présidé jusqu’en 1995.. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Gulliver empêtré (Seuil, 1971), La France, déclin ou renouveau (Seuil, 1974), Sur la France (Seuil, 1976), Une Morale pour les monstres froids, pour une éthique des relations internationales (Seuil, 1982), Le Dilemme américain, suprématie ou ordre mondial (Economica, 1982), Janus and Minerva, Essays in the Theory and Practice of International Relations (Westview, 1987), L’Amérique vraiment impériale ? (Audibert, 2003) et America’s Imperial Temptation and The War in Irak (Rowman and Littlefield, 2006).. Tony Judt.. , historien britannique, a obtenu son PhD de l'Université de Cambridge en 1972.. Après avoir enseigné à Oxford et Berkeley, il est aujourd'hui Erich Maria Remarque Professor in European Studies à New York University et directeur du Remarque Institute.. Auteur, notamment de Postwar, A History of Europe since 1945 (Penguin Press, 2006), The Politics of Retribution in Europe: World War Two and its aftermath (Princeton University Press, 2000), The Burden of Responsibility: Blum, Camus, Aron and the French Twentieth Century (University of Chicago Press, 1998), Marxism and the French Left: studies in labor and politics in France, 1830-1981 (Oxford University Press, 1986), Le Marxisme et la gauche française (Hachette, 1987), Past imperfect: French intellectuals, 1944-1956, (University of California Press, 1992), (Un Passé imparfait, les intellectuels français, Fayard, 1992).. Judith Lazar.. est sociologue.. D'origine austro-hongroise par ses parents, elle a vécu en France et au Canada.. Ses principaux sujets d'intérêt sont la transmission de la connaissance, l'opinion publique, la vie universitaire et le rôle des mass médias.. Elle est l'auteur de plusieurs ouvrages dont 100 Mots pour introduire aux théories de la communication (Les Empêcheurs de penser en rond, 2004), La Violence des jeunes (Flammarion, 2002), Sociologie de la communication de masse, (coll.. « U », Armand Colin, 2001), La Science de la Communication, (coll.. « Que sais-je? », PUF, 2002), et Les Secrets de famille de l'université, ouvrage préfacé par Marcel Gauchet (Les Empêcheurs de penser en rond, 2001).. Jonah Levy.. est professeur de sciences politiques à l’Université de Berkeley.. Titulaire d’un Bachelor of Arts de l’Université Harvard et d’un PhD du Massachussets Institute of Technology, il est l’auteur notamment de Tocqueville’s Revenge, State, Society, and Economy in Contemporary France (Harvard University Press, 1999).. Christopher J.. est avocat aux barreaux de Paris, New York et de Washington D.. C.. , associé au sein du cabinet d'avocats Hughes Hubbard Reed LLP à Paris.. Il a obtenu son Bachelor of Arts en sciences politiques ainsi qu'un master en Relations internationales à Columbia University et son diplôme de droit à la Yale Law School.. Il est l'auteur d'un ouvrage sur le droit français, Law and Business in France, (Kluwer Academic Publishers, 1994), ainsi que de nombreux articles en français et en anglais sur les droits français, américain et international.. Joseph S.. Nye Jr.. est ancien doyen de la Kennedy School of Government de Harvard et Sultan of Oman Professor of International Relations.. Il est retourné à Harvard en 1995, après avoir servi comme secrétaire adjoint à la défense pour les affaires de sécurité internationale (position qui lui a valu deux Distinguished Service Medals), et comme Chair du National Intelligence Council.. Nye a rejoint la faculté de Harvard en 1964, et a été le Directeur du Center for International Affairs et Doyen adjoint de la faculté des Arts et Sciences.. Entre 1997 et 1999, il était sous-secrétaire d’État pour la Sécurité, les Sciences et la Technologie et a dirigé le National Security Council Group sur la non prolifération des armes nucléaires.. Ses ouvrages les plus récents sont Power Game, A Washington Novel (Public Affairs, 2004) un roman, ainsi que Soft Power : The Means to Success in World Politics (Public affairs, 2005).. Il a également publié une anthologie, Power in the Global Information Age (Routledge, 2004).. Joseph Nye a obtenu son BA de l’université de Princeton, a ensuite effectué des études supérieures à Oxford en tant que boursier de la fondation Rhodes.. Il a obtenu son PhD en Sciences Politiques de Harvard.. Hélène Rey.. est professeur en économie et affaires internationales à l’université de Princeton.. Elle a obtenu un doctorat d’économie à la London School of economics et un master of science en recherche opérationnelle à Stanford University.. Elle a été consultante pour la Banque européenne de reconstruction et de développement à Londres et pour le Fond monétaire international à Washington et a enseigné à la London School of economics.. Elle a été professeur invité à Berkeley, Harvard, à l’Institut d’économie internationale de Stockholm et à l’École des ponts et chaussées.. Sa recherche se concentre dans le champ de la macroéconomie internationale.. Elle a écrit de nombreux articles, publiés dans des revues internationales, sur l’intégration européenne, le rôle de l’euro en tant que monnaie internationale face au dollar, les flux de capitaux internationaux, les liens entre marchés des actions et taux de change, et sur les crises financières.. Elle a obtenu en 2005 le prix de la foundation Sloan.. Louis-Bernard Robitaille.. , journaliste, essayiste et romancier, est né à Montréal et a fait des études de lettres à l'université McGill.. Il est écrivain et correspondant à Paris du quotidien canadien La Presse.. Il est l'auteur de plusieurs essais, notamment Et Dieu créa les Français (préface de Jean-François Kahn, Robert Davies, 1995), et Le Salon des immortels, une académie très française (préface d'Alain Rey, Denoël, 2002) ainsi que de quatre romans, La République de Monte Carlo (Denoël, 1990), Le Testament du gouverneur (Boréal, 1992), Le Zoo de Berlin (Boréal, 2000) et Long Beach (Denoël, 2006).. Jeffrey Sachs.. est né à Detroit, Michigan, en 1954.. Il a obtenu son BA, son MA et son PhD de l’Université Harvard.. À l’obtention de son doctorat, en 1980, il reste à Harvard en tant que professeur.. Il y passera près de 20 ans, où il sera notamment directeur du Harvard Center for International Development.. Jeffrey Sachs a été le conseiller économique de très nombreux gouvernements en Asie, en Afrique, en Europe de l’Est, dans les pays de l’ancienne URSS et en Amérique latine.. Il est aujourd’hui conseiller spécial du Secrétaire Général des Nations Unies et Directeur du multidisciplinaire Earth Institute de l’Université Columbia.. Edward Said.. , décédé le 24 septembre 2003, quelques semaines après avoir contribué à cet ouvrage, était considéré comme l'un des plus brillants intellectuels américains.. Né le 1er novembre 1935 à Jérusalem en Palestine, titulaire d'un BA de Princeton et d’un PhD de Harvard, il a été, de 1963 à son décès, professeur de Littérature anglaise et comparée à l'Université Columbia de New York.. Critique littéraire et musical, penseur, théoricien laïc et humaniste, il est l'auteur d’une trentaine d’ouvrages dont plusieurs ont été traduits en français, notamment D’Oslo à L’Irak (Fayard, 2005), Culture et résistance (Fayard, 2004), Des Intellectuels et du pouvoir (Le Seuil, 1996), L'Orientalisme (Le Seuil, 1997), Entre guerre et paix (Arléa, 1997), Culture et Impérialisme (Fayard, 2000).. Traduit en 37 langues, son ouvrage L’Orientalisme est considéré comme le texte fondateur des études postcoloniales.. Martin Schain.. est américain, professeur de Sciences politiques et directeur du Center for European Studies à l’Université de New York.. Il est l'auteur, le directeur ou le co-directeur de plusieurs ouvrages dont Shadows Over Europe: The Development and Impact of the Extreme Right in Europe (Palgrave, 2002), Chirac's Challenge: Liberalization, Europeanization and Malaise in France (St.. Martin's Press, 1996), The Politics of Immigration in Western Europe (Cass, 1994), The State, Socialism and Public Policy in France (Methuen, 1985), French Politics and Public Policy (St.. Martin's, 1980), The Marshall Plan: Fifty Years After (Palgrave, 2001), European Society and Politics (West, 1976), Politics in France (HarperCollins, 1992), French Communism and Local Power (St.. Martin's, 1985).. Il a donné des conférences dans plusieurs pays européens.. Il est également président de la European Union Studies Association et est le co-directeur d'un nouveau journal académique transatlantique, Comparative European Politics.. Il est directeur de la collection « Europe in Transition » chez Palgrave Press.. André Schiffrin.. est éditeur et écrivain.. Fils de Jacques Schiffrin, fondateur de la Pléiade avec André Gide, il a dirigé plusieurs grandes maisons d’édition aux États-Unis, notamment Pantheon.. Il est aujourd’hui président de The New Press.. Il a publié Le Contrôle de la parole (La fabrique, 2005), et L’Édition sans éditeurs (La fabrique, 2000).. Klaus Schwab.. , né en Allemagne en 1938, est le fondateur et le président du Forum économique mondial à Genève -connu pour sa réunion annuelle de Davos-, organisation non gouvernementale internationale (sous forme de fondation à but non lucratif), qui rassemble et intègre des dirigeants économiques, des représentants des gouvernements, des scientifiques et des personnalités de la société civile, dans un partenariat voué à l’amélioration de l’état du monde.. Il fait ses études à l’Ecole Polytechnique fédérale de Zurich, à l’Université de Fribourg, et à la Kennedy School of Government de Harvard, et il est docteur en sciences technologiques et docteur en économie.. De 1971 à 2002, il a été professeur à l’université de Genève où il a assuré le cours « politique d’entreprise ».. Il est l’auteur du Global Competitiveness Report, publié annuellement depuis 1979.. Il a créé, avec son épouse Hilde, la Fondation Schwab pour l’entrepreneuriat social.. De nombreux honneurs et hautes distinctions lui ont été décernés, entre autres le titre de Honorary Knight Commander in the Most Distinguished Order of St Michael and St George (KCMG), accordé par Sa Majesté la reine d’Angleterre, et celui de chevalier de Légion d’honneur.. Ezra Suleiman.. est professeur de Sciences Politiques (chaire IBM) et directeur du Centre européen à l’Université de Princeton.. Il est également professeur associé à l’Institut d’études politiques de Paris.. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages traduits en français, notamment Les Hauts Fonctionnaires et la politique (Seuil, 1976), Les Élites en France (Seuil, 1979), Les Ressorts cachés de la réussite française (Seuil, 1995), Le Recrutement des élites en Europe (avec Henri Mendras, La Découverte, 1997,) et Comment les États démocratiques se fragilisent (Seuil, 2005).. Sami-Paul Tawil.. , né au Liban, ayant poursuivi sa formation en France et aux États-Unis, est psychiatre et psychothérapeute.. Professeur associé au collège de médecine des Hôpitaux de Paris, il est responsable depuis plus de vingt ans d’une unité d’hospitalisation dans le service de psychiatrie et de psychologie médicale de l’hôpital Saint-Antoine.. Membre international de l’association américaine de psychiatrie, il assure également des consultations orientées vers les troubles dépressifs et maniaco-dépressifs à l’Institut Paul-Sivadon.. Il a publié Le miroir de Janus, Comprendre et soigner la dépression et la maniaco-dépression (Robert Laffont, 2002) et est l’auteur, avec Marie-Dominique Flouzat-Aubat du guide Droit des malades (Marabout, 2005).. Il a également contribué aux ouvrages collectifs Deux mille ans de psychiatrie (M.. Bourgois (dir.. ), NHA, 2000) et Le trouble de l’adaptation avec anxiété (Maurice Ferreri (dir.. ), Springer, 1999).. Henri Vivier.. , belge, né en 1962, est ancien élève de l’IEP de Paris et titulaire d’un DEA de Droit public à Paris II Assas-Panthéon.. Cadre d'entreprise, il est également collaborateur de presse et l’auteur d’un ouvrage sur les familles ducales et princières de Belgique, Princes en Belgique (avec Hervé Gérard, Versant Sud, 2003).. Theodore Zeldin.. , britannique, professeur à Oxford et doyen de St.. Antony's College (Institut de recherches internationales), il est actuellement fellow, poste qui lui permet de se consacrer à la recherche.. On lui doit une série de travaux sur le Second Empire, et surtout une Histoire des passions françaises 1848-1945, synthèse de 2000 pages sur la civilisation française (Payot, 2003).. Il a également écrit Les Français (Seuil, 1983), Les Françaises et l'Histoire intime de l'Humanité (Fayard, 1994) ainsi que De la conversation (Fayard, 1999), qui rassemble une série de conférences à la BBC.. Couverture sous PDF..

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  • Title: POLITIQUE ET LITTERATURE, KARIM EMILE BITAR
    Descriptive info: ENA MENSUEL.. La revue des Anciens Élèves de l'Ecole Nationale d'Administration.. NUMÉRO HORS-SERIE, POLITIQUE ET LITTÉRATURE , DÉCEMBRE 2003.. sous la direction de Karim Emile BITAR.. POLITIQUE ET LITTÉRATURE :.. SOMMAIRE.. Politique et littérature : L’héritage d’Edward Said -.. Karim Emile BITAR.. Jules César, homme de lettres.. - Luciano CANFORA.. Politique et littérature au Moyen Age –.. Michel ZINK.. Jefferson, le père de la déclaration d’indépendance des États Unis -.. André KASPI.. Petit dictionnaire des écrivains latino-américains vus de Paris –.. François BROCHE.. La « Beat Generation » et son influence sur la société américaine -.. Elizabeth GUIGOU.. Stefan Zweig ou le cosmopolitisme humaniste -.. Karim BITAR.. Le paradis  ...   et la politique –.. Guy BERGER.. Politique de.. La Comédie humaine.. -.. Roger PIERROT.. La Commune, les communards, les écrivains, ou la haine et la gloire -.. Sylvain PIVOT.. Zola, le républicain incommode -.. Henri MITTÉRAND.. Les pamphlétaires et polémistes -.. François BROCHE.. Gandhi politique et lecteur –.. Otto Abetz le manipulateur –.. Barbara LAMBAUER.. Vaclav Havel, de la dissidence à la présidence.. – François BROCHE.. Les passions littéraires du général de Gaulle -.. Alain LARCAN.. Politique de François Mauriac -.. Violaine MASSENET.. Une politique de la littérature -.. Nicolas TENZER.. Aron notre maître –.. Christian SAVES.. Tony Judt, un aronien à New York –.. copyright : ENA Mensuel, AAEENA..

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  • Title: STEFAN ZWEIG OU LE COSMOPOLITISME HUMANISTE, PAR KARIM BITAR
    Descriptive info: STEFAN ZWEIG.. OU LE COSMOPOLITISME HUMANISTE.. par Karim Emile BITAR.. «Toute ombre, en dernier lieu, est fille de la lumière et seul celui qui a éprouvé la clarté et les ténèbres, la guerre et la paix, la grandeur et la décadence, a vraiment vécu.. Stefan Zweig.. «C’est en Stefan Zweig que s’est incarnée, aux jours les plus sombres de la tourmente européenne, quand tout semblait détruit, la foi inaltérable en la communauté intellectuelle de l’Europe, la grande Amitié de l’Esprit, qui ne connaît pas de frontières.. Romain Rolland.. «Le monde ma propre langue est perdu pour moi.. Ma patrie spirituelle, l’Europe, s’est anéantie elle-même.. Il fallait à soixante ans des forces exceptionnelles pour tout recommencer à nouveau et les miennes sont épuisées par des années d’errance sans patrie.. Aussi, je juge préférable de mettre fin, à temps et la tête haute, à une vie pour laquelle le travail intellectuel a toujours représenté la joie la plus pure et la liberté individuelle le bien suprême sur cette terre.. Je salue tous mes amis ! Puissent-ils voir encore les lueurs de l’aube après la longue nuit ! Moi, je suis trop impatient.. Je les précède.. «La mort de Zweig pèse sur notre temps, précisément parce qu’elle a été non celle d’un romantique exalté ou d’un aigri, mais d’un sage.. De même un stoïcien s’ouvrait les veines dans sa baignoire, parce qu’il ne voyait pas plus éloquente façon de protester contre les crimes du mauvais empereur.. Jules Romains.. Plus de soixante ans après sa mort, Stefan Zweig demeure l’un des écrivains les plus lus de par le monde.. Certains sondages disent même qu’il serait le romancier le plus apprécié des 16-34 ans.. Le succès populaire est conforté par l’estime que lui portent les critiques littéraires, ce qui est assez rare pour être souligné.. Pourtant, certains clichés perdurent : u.. n mondain superficiel, un écrivain de salon au sentimentalisme exacerbé, un grand dandy voyageur, un séducteur bourgeois, dernier représentant d’un monde aujourd’hui disparu, le Monde d’hier, celui de la Vienne des années 10, capitale des Arts et Lettres, du cosmopolitisme et de la légèreté : voilà ce que retiennent de Zweig les critiques pressés, soucieux de ranger définitivement dans une de leurs catégories poussiéreuses et préétablies un homme insaisissable.. Sans doute les clichés ci-dessus mentionnés contiennent-ils une part de vérité, mais ils sont loin d’être suffisants pour comprendre un homme aux multiples facettes, un homme qui après avoir épuisé ses dernières forces et ses ultimes réserves pour faire passer son message de paix et d’humanisme, a décidé, le 21 Février 1942, dans la ville brésilienne de Pétropolis, de mettre fin à son existence, de rejoindre ceux qui ont refusé de vivre au temps de la barbarie et des ténèbres et qui ont choisi la nuit.. Nous ne pouvons que nous incliner avec respect devant le choix qui fut le sien de mettre fin à ses jours.. Il a payé de sa vie son allergie viscérale à toutes les formes de totalitarismes.. Essayer de comprendre Zweig, c’est certes se plonger dans les tréfonds de l’âme humaine, c’est revenir sur la page la plus noire du XXème siècle et de l’histoire des hommes, celle de la montée et des triomphes du totalitarisme hitlérien.. Mais au-delà du fait que l’itinéraire de Zweig est emblématique de la situation d’une certaine élite intellectuelle européenne face au totalitarisme, si Zweig peut indéniablement nous aider à trouver des repères dans le monde embrumé dans lequel nous vivons aujourd’hui, c’est parce qu’il fut le plus brillant représentant d’un cosmopolitisme humaniste qui a aujourd’hui mauvaise presse, alors que ressurgissent les nationalismes de toutes sortes qui se plaisent à fustiger les « élites mondialisées », et aussi à l’heure où certains penseurs « post-modernes » ne cachent plus leur hostilité à la notion même d’humanisme.. Revenir sur la jeunesse de Zweig, c’est tenter de faire revivre un monde où l’émotion, l’intelligence, la finesse, le désir d’harmonie auraient leur place.. Issu d’une famille d’industriels aisée, habitant les quartiers chics, Zweig a une jeunesse de dilettante.. Intellectuel, mélancolique, rêveur, esthète, sa fortune familiale lui permet de vaguer et de consacrer son temps aux nourritures spirituelles, à s’enivrer des mélodies de Johan Strauss et d’Arnold Schönberg, à lire Goethe, Schiller, Rainer Maria Rilke et les romantiques germanophones.. Millionnaire, le père de Zweig n’est par pour autant un arriviste prétentieux.. Distingué, modeste et discret, il apprécie la sensibilité et les penchants littéraires de Stefan.. L’enfant rappelle curieusement le Marcel Proust de.. La Recherche.. , attendant dans sa chambre, un livre à la main, le baiser maternel.. L’adolescent viennois passe des après-midi entières dans les cafés à la mode, comme le.. Beethoven.. ou le.. Griensteidl.. , où l’on tenait à la disposition des clients la presse nationale et internationale, que Zweig dévore quotidiennement, en buvant un chocolat chaud et avant de faire sa partie d’échecs.. Rien de ce qui est humain ne lui est étranger, même s’il conserve un certain recul que d’aucuns qualifieront de cynisme, mais qui n’était sans doute qu’une façon de se protéger, à la fois du monde extérieur et de sa propre sensibilité.. Dans une Vienne multi-ethnique et multi-culturelle, mosaïque de communautés, il suit les cours de philosophie de l’Université locale, sans toutefois se poser de questions sur son identité.. Juif, il n’a pas pour autant reçu d’éducation religieuse.. Le problème de l’intégration ne se pose pas pour celui qui se considère comme un citoyen du monde, un homme libre, ouvert et tolérant, pur produit de la société viennoise de l’époque de François-Joseph.. Très vite atteint par la fièvre de l’écriture, il écrit des courtes nouvelles, dont les premières ne trouveront pas d’éditeur.. Stefan n’a pourtant que 19 ans lorsqu’il publie.. Dans  ...   Il se plonge dans le travail et l’écriture.. Il retrouve une lueur d’espoir lorsqu’il découvre.. Au dessus de la mêlée.. , superbe texte empreint d’idéalisme que son ami Romain Rolland lui envoie depuis la Suisse, exil helvétique qu’il emploie, sans grand succès, à mobiliser les écrivains et intellectuels européens pour que ceux-ci s’unissent et réclament ensemble l’arrêt des hostilités.. Mais rares sont ceux qui, durant cette première guerre mondiale iront jusqu’au bout de leurs idées, rares sont ceux qui pour affirmer leur message d’humanisme et d’universalisme prendront le risque de se faire accuser de traîtrise et de défaitisme par les prétendus « patriotes » de leurs nations respectives.. Et c’est précisément durant cette guerre que Zweig, celui que l’on accuse d’être un naïf, un doux rêveur inapte à comprendre les soi-disant vrais enjeux, ceux de la realpolitik et des rapports de force, témoignera de son extraordinaire lucidité et de sa clairvoyance.. Il est le premier à réaliser et à écrire que la guerre de 14-18, loin d’être une de ces récurrentes et sempiternelles querelles entre voisins, allait bel et bien tourner une page dans l’histoire mondiale, en mettant un terme à ce que les historiens appelleront plus tard « l’apogée de l’Europe ».. Dix-huit mois à peine à peine après le début de la guerre, Zweig pronostique que celle-ci, en tout état de cause, s’achèvera par une défaite de l’Europe toute entière, qui devra céder la place à ces nouvelles grandes puissances internationales que sont les Etats-Unis et le Japon.. Zweig signale également les dangers du pangermanisme, notamment le risque pour l’Autriche de perdre sa spécificité et ses caractéristiques propres.. En 1917, Zweig quitte Vienne pour Zurich afin d’assurer la promotion de sa dernière œuvre,.. Jérémie.. , une belle parabole dont l’objectif était de souligner que si la guerre, dans toute son absurdité, peut tuer des hommes, elle ne pourra jamais venir à bout de l’esprit d’un peuple.. Jérémie fut un énorme succès de librairie.. Souhaitant l’adapter à la scène, il s’installe pour quelque temps en Suisse, où il retrouve une certaine joie de vivre, participe à la vie sociale et culturelle.. Il rencontre à Zurich un bon nombre de révolutionnaires russes, qu’il s’échine à vouloir convaincre que le bolchévisme est une solution fallacieuse et ne pourra redonner sa liberté aux populations opprimées par le tsarisme.. Il retrouve son ami Hermann Hesse, donne plusieurs conférences au cours desquelles il martèle inlassablement son message de paix.. Après cet intermède helvétique, Zweig décide de faire un retour aux sources, de retrouver sa ville de Salzbourg, au charme inégalé.. Une fois la guerre terminée, Zweig s’éloigne quelque peu du registre de la Nouvelle et rédige une série d’essais biographiques, dans lesquels il s’efforce de rendre hommage à quelques hommes qui l’ont marqué, sur lesquels il s’est appuyé dans les moments difficiles.. Ses talents de biographes se révéleront aussi impressionnants que l’art du nouvelliste.. Il s’attaque aux plus grands, à ceux qui comme lui ont cherché à peindre par la plume la société de leur époque, à pénétrer un univers obscur et psychologique.. De Balzac, il retiendra l’appétit débordant, appétit de vivre, appétit d’écrire, appétit de comprendre, de dépeindre, de démasquer les hypocrisies d’une société bourgeoise menée par l’ambition, le sexe, l’argent, une société pleine de mesquineries et de petitesses, empêtrée jusqu’au cou dans une implacable et affligeante médiocrité.. Chez Dostoïevski, Zweig admirera non seulement le conteur, mais aussi et surtout celui qui a réussi à traduire en écrits l’abîme psychologique dans lequel peuvent s’enfoncer les hommes.. Les frères Karamazov ne représentent-ils pas, chacun à sa manière, les grands courants de pensée qui au XIXème siècle mèneront l’humanité vers des gouffres ou des sommets ? Dans son texte sur le docteur Freud, Stefan Zweig révélera beaucoup plus de lui-même que de son célèbre compatriote.. De fait, plusieurs thèses pourraient être écrites sur l’aspect psychanalytique de l’œuvre de Zweig, œuvre pénétrée par les thèmes de la souffrance morale, du refoulement, de la sexualité face à la morale bourgeoise.. D.. ickens, quant à lui, fascinera Zweig parce que sa lucidité restera empreinte d’humanisme et d’espérance.. Aucun des travers de la société ne lui échappe, mais ci et là surgit une lueur qui pousse à continuer le combat, incite à ne point désespérer et à jeter toutes ses forces dans la bataille pour un monde plus juste.. La suite de la vie de Zweig est mieux connue.. On peut regretter qu’en 1941, cette lueur d’espérance qu’il appréciait chez Dickens n’ait pas été au rendez-vous, mais il ne nous appartient pas de juger son acte ultime.. Toutefois, ce rapide survol de ses années de jeunesse nous amène à nous demander si Stefan Zweig ne serait pas aujourd’hui plus que jamais un écrivain moderne et un intellectuel on ne peut plus d’actualité, tant il est vrai que sa vie, son œuvre et son message semblent être la meilleure antidote à Samuel Huntington et au choc des ignorances abusivement qualifié de choc des civilisations.. Karim Bitar.. Pour aller plus loin.. :.. Parmi les très nombreux ouvrages consacrés à la vie et à l’œuvre de Zweig, signalons trois biographies : la plus agréable à lire est celle de Dominique Bona (Stefan Zweig, L’ami blessé, Plon).. On ressent chez Dominique Bona une véritable empathie pour Zweig et une compréhension de ses tourments.. Pour une biographie un peu plus érudite, mais aussi plus indigeste, on se reportera avec intérêt à l’oeuvre de Serge Niemetz (Stefan Zweig, le voyageur et ses mondes, Belfond).. Finalement, le londonien Donald Prater, également biographe de Rilke a consacré à Zweig un ouvrage très complet, qui fut traduit en français.. (Donald Prater, Stefan Zweig, Editions La Table Ronde).. Le bonheur est dans le grec –.. Jean-Alphonse BERNARD..

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  • Title: GANDHI POLITIQUE ET LECTEUR, PAR KARIM BITAR, ENA MENSUEL
    Descriptive info: GANDHI POLITIQUE ET LECTEUR.. LES INFLUENCES LITTERAIRES SUR.. LA PENSEE POLITIQUE DE GANDHI.. Rares sont les hommes qui ont marqué l’histoire politique du tiers-monde sans être des guerriers.. Rares sont ceux qui se sont fixés des objectifs nobles et qui ont entrepris de les atteindre sans se renier, sans accepter de compromissions, sans sacrifier à l’usage de la force brute.. Au-delà d’une force de caractère démontrée depuis sa plus tendre enfance (I), au-delà d’un tempérament qui le prédisposait à s’élever contre les injustices, quel qu’en soit le coût, on remarque que l.. a pensée philosophico-politique de Gandhi s’est formée par ses contacts avec certains intellectuels britanniques durant ses études de droit à Londres, par ses premiers pas dans le métier d’avocat et les diverses humiliations qu’il a subies (II), mais surtout au gré de ses lectures (III), souvent en milieu carcéral,.. dans une des nombreuses geôles qu’il a fréquentées, tantôt en Afrique du Sud, où il luttait contre des lois racistes et iniques du régime autocratique du général Smuts, tantôt en Inde, où il cherchait à tourner la page coloniale.. Il ne semble pas exagéré de soutenir que ce sont des influences littéraires et philosophiques, des textes à caractère spirituel, certes, comme la Baghavad Gita, mais aussi les œuvres de Tolstoï, de Thoreau, de Ruskin, qui ont permis à Gandhi de trouver la force de s’entêter et de devenir le père de l’Inde indépendante.. Bien mieux que les douteuses théories psychanalytiques parfois avancées (IV), ce sont les influences littéraires qui permettent de comprendre les qualités, mais aussi les nombreux défauts de celui que Winston Churchill qualifiait avec mépris de «fakir séditieux à moitié nu».. Un enfant habité par l’esprit d’Antigone.. Mohandas Karamchand Gandhi n’avait pas encore douze ans lorsqu’il commit son premier acte de défiance, qu’il mis en oeuvre pour la première fois sa fameuse politique de désobéissance civile.. L’esprit d’Antigone habitait déjà le petit Mohandas.. Faisant fi de l’interdiction formelle de sa mère, la très pieuse et très traditionaliste Putlibai, transgressant des tabous religieux et des superstitions ancestrales, il choisit pour compagnon de jeu un jeune «intouchable», l’un de ces parias de la société indienne, âmes damnées, méprisés de tous, bannis des écoles et des lieux de culte, vivant dans les plus misérables taudis des banlieues les plus crades.. Intouchables, ils l’étaient au sens propre du terme.. Non seulement les membres des castes dites supérieures refusaient de les toucher, mais ils allaient jusqu’à prendre d’interminables douches si par malheur leur ombre avait sur un trottoir croisé l’ombre d’un intouchable.. Que l’on puisse ostraciser de cette manière des millions d’individus pour la simple raison que leurs ancêtres appartenaient à des tribus de carnivores et que, crime atroce, certains d’entre eux continuaient à manger du poulet, dépassait l’entendement du jeune Gandhi.. Plus tard, il donnera à ces intouchables le nom de Harijans (enfants de Dieu).. Lui-même appartenait à la caste des Vaisyas, composée de commerçants et d’agriculteurs, la troisième par ordre de prééminence derrière les Brahmanes (religieux et enseignants) et les Kshatriyas (princes, guerriers et militaires), et devant les Sudras (artisans et travailleurs), et les intouchables.. Ces derniers ne se rebellaient point, du fait qu’on leur inculquait dès la plus tendre enfance l’idée qu’ils étaient en train de purger une peine et que leur bonne conduite pourrait éventuellement leur permettre de se réincarner en Brahmane ou du moins en Sudra.. Ce système de castes était pour Gandhi «un cancer qui rongeait l’hindouisme», un «système hideux».. Lorsqu’une famille de Harijans demanda à intégrer l’ashram, le campement des partisans de Gandhi à Ahmedabad, il les accepta immédiatement, nonobstant les imprécations des riches hindous qui arrêtèrent leurs contributions financières.. Gandhi ira même jusqu’ à adopter la petite fille des intouchables, au grand dam de sa propre épouse, Katsurbai, elle aussi enfermée dans les dogmatismes et les préjugés.. Il s’efforça de la convaincre, arguant que l’hindouisme originel ne cautionnait pas la ségrégation.. Et même si un jour on me démontrait, dit-il que cette intolérance, ce «boycott inhumain d’êtres humains» était inscrit dans la religion hindoue, je ne changerais aucunement ma position et j’irais jusqu’à me rebeller contre l’hindouisme.. » Mais alors que beaucoup d’intellectuels indiens éclairés partageaient cette position de principe et refusaient la discrimination, Gandhi franchit une étape supplémentaire en se livrant lui-même aux tâches jugées indignes et réservées aux intouchables, notamment le récurage des toilettes.. Le Mahatma adoptant une intouchable et faisant leur travail : est-il meilleur moyen d’éduquer une population, de l’inciter à dépasser les vieilles coutumes que de donner l’exemple, quitte à susciter des sarcasmes, quitte à offusquer les fanatiques et les conservateurs obtus ?.. Cette conformité des actes avec les convictions, de la vie quotidienne avec les grands principes est l’un des piliers essentiels de la pensée gandhienne, et se retrouve dans la vie et l’œuvre des écrivains qui l’ont marqué.. C’est ceci qui lui valut l’adhésion de millions de ses compatriotes et le respect de ses adversaires.. Inutile de se draper dans les bons sentiments si l’on est incapable d’accepter de gros sacrifices pour faire triompher son point de vue.. Avocature, contacts avec la société fabienne, humiliations en série.. Etudiant en droit à l’Inner Temple de Londres, la faculté la plus réputée de l’époque, Gandhi se sentait mal dans sa peau, bien qu’il s’habillait comme un riche dandy, jouait au bridge, prenait des cours d’élocution et passait une dizaine de minutes par jour à se coiffer.. Il ne lisait même pas les journaux.. Sa grande préoccupation était de ne pas rompre la promesse qu’il avait faite à sa mère: ne pas manger de viande.. Dans les restaurants végétariens de la capitale anglaise, il fit la connaissance de quelques idéalistes, membres de la société fabienne, comme le philosophe Edward Carpenter et le dramaturge et humoriste George Bernard Shaw.. Gandhi rejoint alors la Société Végétarienne de Londres et écrit plusieurs articles sur le sujet.. Devenu avocat en 1891, il rentre brièvement à Bombay, mais le moins que l’on puisse dire est qu’il ne se distingua pas comme ténor du barreau.. Rarement un prétoire aura vu un aussi piètre orateur, un avocat aussi médiocre et aussi timide.. Il décidera vite fait d’accepter l’offre d’emploi en Afrique du Sud d’une firme indienne.. Toutefois, ce bref passage en Inde devait le conforter dans son mépris de l’arrogance de certains britanniques.. Un jour qu’il rendait visite à un Agent anglais, une vague connaissance, pour lui demander d’intercéder pour accélérer la promotion de son frère qui faisait carrière dans l’administration de l’Etat du Porbandar, il se montra quelque peu insistant et fut brutalisé et chassé comme un malpropre par l’huissier.. En Afrique du Sud, Gandhi découvre une société fragmentée, rongée par cette maladie dévastatrice, ce cancer du siècle qu’est le racisme.. Dès sa première semaine, il subit une nouvelle humiliation qui le marquera profondément.. Bien que titulaire d’un billet de première classe, le contrôleur du train Durban-Pretoria lui ordonne d’aller rejoindre ses coreligionnaires en troisième.. C’était méconnaître la fierté et le sens de la dignité du jeune Gandhi, qui préféra se faire jeter sur le quai où il passa la nuit dans le froid à méditer son infortune et celle de sa communauté.. Deux jours auparavant, il avait quitté la Cour de Durban plutôt que d’obtempérer lorsqu’un magistrat lui intima l’ordre d’ôter son turban.. Il n’en fallait pas plus pour que la révolte se saisisse de lui et qu’il décide de lutter corps et âme pour changer l’ordre des choses, pour faire reconquérir aux Indiens d’Afrique du Sud le sentiment d’appartenance à l’espèce humaine.. P.. our atteindre cet objectif, Gandhi ne devint pas guerrier mais propagandiste; il ne pris pas les armes mais la plume.. C’était en 1894 et Gandhi avait saisi  ...   en pratique.. C’était ce chemin que Gandhi voulait suivre.. , le chemin de l’amélioration de soi.. Ruskin était également un homme «qui mettait son argent là où était sa bouche», pour traduire littéralement une expression américaine (Put your money where your mouth is), qui signifie faire coïncider l’acte et la parole.. Critique d’art et poète qui écrivit des vers d’une limpidité et d’une beauté exceptionnelles, Ruskin dilapida un héritage important pour soutenir des musées ou des fondations artistiques qu’il appréciait.. Le poète idéaliste n’était pas pour autant un utopiste irresponsable, mais un réformateur lucide et déterminé.. Au lieu de rêver à la révolution, commençons par obtenir des avancées sociales, des pensions pour les personnes âgées, des soins médicaux pour les plus démunis.. Il était naturel que Gandhi, qui se définissait lui-même comme un «idéaliste pratique» soit beaucoup plus séduit par l’état d’esprit d’un Ruskin dans.. Jusqu’au dernier.. que par un marxisme intransigeant.. qui a commencé, dès le début des années 20, à se répandre dans certaines zones du Sud-Est asiatique.. Ruskin mettait en avant une éthique du travail manuel, une éthique de la modestie, du partage et de la simplicité, il écrivait disait Gandhi, avec «du sang et des larmes».. La lecture de Ruskin a constitué un véritable tournant dans la vie de Gandhi, qui décida alors de mettre en pratique les enseignements du poète et se retira dans une ferme avec ses partisans.. Le troisième auteur à avoir fortement influencé le jeune Mohandas était bien sûr Henri David Thoreau, le principal représentant du mouvement transcendentaliste de la Nouvelle Angleterre.. Thoreau avait du passer une nuit en prison pour avoir refusé d’acquitter des taxes à un gouvernement qu’il considérait comme illégitime puisqu’autorisant l’esclavage et conduisant une guerre impérialiste au Mexique.. C’est juste après cette brève privation de liberté que Thoreau écrivit son fameux traité sur la «Désobéissance civile», qui allait servir de livre de chevet à des rebelles aux quatre coins du monde.. Gandhi allait être d’autant plus sensible à cet ouvrage qu’il le découvrit dans une prison sud-africaine.. Comme Thoreau, il avait été condamné pour avoir refusé de se conformer à une loi estimée inique, car contraire au principe universel de la dignité de l’homme.. Là encore, ce n’est pas la pensée de Thoreau en elle-même que Gandhi a admiré, mais le fait que le rebelle du Massachussets était passé à l’acte et ne s’était pas contenté de proclamer son opposition à l’esclavage.. Une idée ne vaut que si l’on est prêt à consentir des sacrifices pour la faire triompher.. Par ailleurs, Gandhi a lu et apprécié Ralph Waldo Emerson, Thomas Carlyle et Mazzini.. A l’influence de ces auteurs étrangers à la culture hindoue, il faut ajouter celle d’un célèbre compatriote et ami de Gandhi, Rabindranath Tagore, prix Nobel de littérature en 1913, chantre du mysticisme hindou, qui était à la fois poète, dramaturge, peintre et sculpteur, tout en étant le porte-parole des plus défavorisés.. C’est Tagore qui donnera à Gandhi l’appellation de Mahatma, ou grande âme.. Les explications freudiennes.. Les différentes influences littéraires, notamment dans ce qu’elles avaient en commun, c'est-à-dire un certain jusqu’au-boutisme, une inlassable recherche d’une absolue et introuvable pureté, ces influences semblent bien plus parlantes que les tentatives psychanalytiques souvent utilisées par les exégètes pour comprendre les qualités et les défauts de Gandhi.. De défauts, Gandhi n’était nullement exempt.. « Bapu », le père de la nation, fut un très mauvais père pour ses enfants.. Autoritaire, têtu, inapte à ressentir leur désarroi.. Il refuse de les scolariser dans les collèges traditionnels craignant que leur esprit soit perméable aux moeurs occidentales, les initie de force au travail manuel.. L’un de ses fils deviendra délinquant, affairiste et n’hésitera pas à utiliser le nom de son père et sa réputation de sainteté pour plumer les faibles d’esprit et gruger les gogos.. Harilal se convertira même à l’Islam pour embarrasser son père, qui l’accusa aussitôt d’être un alcoolique et un raté, et dira ne plus le considérer comme son fils.. Lorsque le frère de Harilal, par pitié, lui prêtera de l’argent pour le soutenir, Gandhi chassa violemment son deuxième fils de la maison familiale.. Comment expliquer cette attitude si intransigeante de Gandhi envers ses enfants? Certains analystes feront appel à la théorie freudienne, et attribueront ce manque de tolérance au fait que Gandhi n’ait jamais réussi à intégrer la sexualité dans sa philosophie et son mode de vie.. Selon la vieille coutume indienne, Gandhi avait été marié à 13 ans, ses parents ayant choisi pour lui la jeune Katsurbai,.. A quinze ans, il avait l’habitude de passer des heures à masser son père pour alléger les souffrances de celui-ci.. Un soir, fatigué de cette tâche, il s’en déchargea sur son oncle et alla rejoindre son épouse Katsurbai et lui fit l’amour pendant des heures.. Et c’est pendant que Mohandas épanchait ses désirs sexuels que son père mourut.. Jamais Gandhi ne se pardonnera d’avoir cédé à la concupiscence, d’autant plus que l’enfant qui avait été conçu ce soir là allait mourir durant l’accouchement, mort que Gandhi croira être une punition divine.. Toujours est-il que Gandhi traînera sa vie durant une méfiance malsaine vis à vis de la chose sexuelle et il était facile pour les psychanalystes d’établir un lien avec son intransigeance à l’encontre de ses enfants.. A l’âge adulte, il fera voeu de chasteté (brahmacharya) et fera inlassablement campagne contre l’usage des moyens de contraception, considérant que l’unique objet de l’acte sexuel est la reproduction.. Autre défaut gandhien, un certain simplisme qui était le pendant de la candeur et de la certitude d’avoir raison.. Ainsi, à peine un tremblement de terre avait-il dévasté la ville de Bihar que Gandhi disait y voir une punition divine, un message envoyé par Dieu pour dire son opposition à la discrimination à l’encontre des intouchables.. On est à mille lieux de l’esprit des Lumières ! A milles lieux du rationalisme ! Son ami Tagore se dira d’ailleurs effaré par tant de naïveté.. Simplisme encore lorsqu’au beau milieu de la seconde guerre mondiale, Gandhi prend naïvement sa plus belle plume pour écrire à Adolf Hitler et l’implorer, «au nom de l’humanité» de cesser le combat !.. En dépit de ses innombrables défauts, le frêle leader des indépendantistes de l’Inde a démontré au monde entier qu’une solide détermination appuyée sur des principes éthiques et moraux intangibles était susceptible de vaincre des forces militaires et politiques aguerries.. Gandhi, c’est beaucoup de naïveté certes, mais c’est aussi l’intelligence pure contre l’impérialisme dur.. Rien ne prédisposait cet homme à mener des foules.. Et pourtant,.. sans jamais élever la voix, sans intimider personne, il réussit à entraîner l’adhésion de ses centaines de millions de compatriotes qui sans lui, auraient vite succombé aux sirènes de la violence et de l’irrédentisme.. C’est donc un pessimiste actif, un idéaliste pratique, un lecteur de Tolstoï et de Ruskin qui a réussi ce formidable défi de réaliser dans un si vaste pays une décolonisation pacifique.. , de parvenir à l’autodétermination sans rompre définitivement les liens avec la puissance coloniale.. Il voulait unir toutes les composantes de la nation, les communautés hindoues et musulmanes autour d’un même projet politico-social susceptible de conduire l’Inde sur le chemin de la démocratie et de la justice sociale.. Au pays des castes, Gandhi rêvait d’une société égalitaire et démocratique.. A ceux qui, drapés dans leurs préjugés ancestraux méprisaient les intouchables, il opposait une tolérance posée et réfléchie.. Si l’on prend la peine de se pencher sur la formation intellectuelle et les influences qu’a subies Gandhi, on se rend vite compte que des millions de ressortissants indiens doivent beaucoup, et sans le savoir, à des écrivains nés en Russie ou en Nouvelle Angleterre.. Karim Emile Bitar..

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  • Title: POLITIQUE ET LITTERATURE : L'HERITAGE D'EDWARD SAID, PAR KARIM EMILE BITAR
    Descriptive info: EDITORIAL.. L’HÉRITAGE D’EDWARD SAID.. par Karim Emile Bitar.. L’ennui avec les abstractions et les orthodoxies, c’est qu’elles deviennent des maîtresses qu’il faut constamment apaiser et flatter.. La morale et les principes d’un intellectuel ne doivent en aucune façon devenir une sorte de boîte de vitesses hermétiquement closes, conduisant la pensée et l’action dans une seule direction.. L’intellectuel doit voir du paysage et disposer de l’espace nécessaire pour tenir tête à l’autorité, car l’aveugle servilité à l’égard du pouvoir reste dans notre monde la pire des menaces pour une vie intellectuelle active, et morale.. Edward W.. Said.. Des intellectuels et du Pouvoir.. , Seuil, 1994.. [1].. Impossible d’introduire un dossier sur pareil thème sans évoquer la figure admirable et tutélaire d’Edward Said, décédé à New York, le 25 septembre 2003, après avoir consacré sa vie entière à l’étude de cette perpétuelle, inévitable et fascinante interaction entre la politique et la littérature, ainsi qu’aux conséquences souvent funestes de cette interaction, lorsque la littérature vient créer, renforcer ou entretenir les stéréotypes dévastateurs qu’une civilisation peut avoir sur une autre.. Edward Said était l’un des très rares intellectuels américains à bénéficier d’une véritable audience et d’une renommée internationales.. Du.. Financial Times.. au.. Monde Diplomatique.. en passant par le.. Guardian.. de Londres, de la sud-africaine Nadine Gordimer au japonais Kenzaburo Oe, (tous deux prix Nobel de Littérature), en passant par l’historien américain des idées politiques Louis Menand (Prix Pulitzer), de George Steiner à Salman Rushdie en passant par Nelson Mandela et bien d’autres, célèbres ou anonymes : tous voyaient en Edward Said, professeur de littérature comparée à l’Université Columbia, l’un des intellectuels les plus fondamentaux de notre temps.. , l’un des derniers clercs pluridisciplinaires, -dans la lignée de Theodor Adorno pour qui Said éprouvait une grande admiration-, humanistes, brillants, pleins d’humour, iconoclastes et surtout courageux.. La parution en 1978 de.. [2].. a constitué un tournant dans l’étude des sciences humaines.. Depuis, dans les grandes universités américaines aussi bien que dans des facultés indiennes, espagnoles, japonaises ou autre, ont été créés des départements d’ « études post-coloniales », pour poursuivre l’œuvre saidienne.. En disséquant avec son esprit incisif les œuvres de Joseph Conrad.. [3].. , de Jonathan Swift, de Jane Austen, de George Orwell ou d’Albert Camus, Said est devenu, comme l’a souligné le.. New York Times.. , l’un des critiques littéraires les plus influents du XX ème siècle.. S’appuyant sur l’oeuvre de Michel Foucault.. [4].. et d’Antonio Gramsci, tout en rejetant le cynisme du premier et le marxisme du second, Said a cherché à démontrer que si la littérature ne saurait être dans l’absolu exclusivement politique, elle ne pouvait non plus être analysée en faisant abstraction d’un contexte et d’un inconscient qui sont quant à eux éminemment et forcément politiques.. Ce n’est rien enlever au talent de Jane Austen que de souligner qu’un chef d’œuvre comme.. Mansfield Park.. ne peut être compris si l’on évacue d’un revers de la main la question de l’esclavage et des plantations de canne à sucre.. De la même façon, l’on peut admirer, avec Barthes, « l’écriture blanche » et le style inimitable d’Albert Camus, mais à partir du moment où Camus se posait lui-même en moraliste, est-il possible de comprendre.. L’Etranger.. sans se pencher sur l’impensé colonial et la situation particulière des Français d’Algérie ? On peut certes prendre un infini plaisir à lire.. L’Education Sentimentale.. de Flaubert sans se soucier du contexte, mais l’ouvrage n’est-il pas encore plus passionnant si on le lit comme un témoignage sur une génération désenchantée, celle de l’après 1848 et des rêves brisés ? Le cas le plus flagrant est sans doute celui de James Joyce.. Certains ne veulent voir dans son.. Ulysse.. qu’un sommet stylistique de la littérature anlgo-saxonne, faut-il pour autant s’interdire de voir chez Joyce et particulièrement dans le personnage de Stephen Dedalus un intellectuel tiraillé par les grands enjeux de son époque, le cléricalisme, le nationalisme irlandais et la question de l’Enseignement ? Idem pour Roger Martin du Gard et son.. Jean Barois,.. même si ce cas particulier ne fut pas évoqué dans l’œuvre de Said.. [5].. A.. u-delà de la puissance intrinsèque d’une œuvre magistrale et novatrice, traduite en 37 langues, il nous semble que si Edward Said séduisait aux quatre coins du globe, c’était en raison du contraste frappant entre les valeurs qu’il incarnait et les maux dont souffre notre époque.. Edward Said a passé sa vie à combattre la principale maladie de notre temps, à savoir les visions « essentialistes » des groupes humains, la tentation de diviser l’humanité en entités fictives, « nous » et « eux », « Orient » et « Occident », la facilité qui consiste à penser que les civilisations sont immuables et imperméables les unes aux autres.. A une époque où prospèrent d’un côté l’obscurantisme et le fanatisme religieux, et de l’autre, l’arrogance et le néo-colonialisme, Edward Said était le principal porte-drapeau d’un humanisme laïque qui est fort probablement aujourd’hui l’ultime rempart contre la barbarie.. Il avait en horreur le racisme, le nationalisme cocardier, les idéologies de la séparation, les murs, la force brute, les fanatismes religieux, et les impérialismes d’hier et d’aujourd’hui.. Il aimait à se définir comme « intellectuel juif, palestinien, libanais, arabe et américain.. Et pourquoi pas ? » disait-il en ne riant qu’à moitié, alors que le journaliste de Haaretz le regardait, perplexe mais séduit, en se demandant s’il y avait une chance infime pour que l’avenir ne soit pas celui de Sharon et d’Arafat, mais celui d’Edward Said et de George Steiner.. A une époque où l’esprit manichéen règne en maître, où des intellectuels en vue se laissent piéger par la logique sartrienne de « l’enfer, c’est les autres »,.. Edward Said refusait l’hémiplégie cérébrale, n’épargnait personne, n’abandonnait en aucune circonstance son sens critique.. : porte-voix passionné et éloquent de la cause palestinienne, il n’hésitait pourtant jamais à pourfendre dans les termes les plus vifs les dictatures arabes ainsi que la corruption, le népotisme et la duplicité de Yasser Arafat.. Ses critiques dévastatrices contre les politiques israéliennes ne l’empêchaient pas de lutter avec acharnement contre le négationnisme et l’antisémitisme, inacceptables, inexcusables et ne souffrant d’aucun alibi, en tout temps et en tout lieu, quelles que soient les circonstances.. Tout en dénonçant avec vigueur les injustices flagrantes et les humiliations au quotidien dont souffre le peuple palestinien, Said fut le premier intellectuel arabe à reconnaître le droit d’Israël à l’existence, à entamer le dialogue, à refuser les boycotts stupides et les logiques communautaristes.. [6].. De la même manière, celui qui avait décortiqué dans son œuvre les racines historiques et littéraires des préjugés contre les Arabes et les Musulmans n’hésita pas une seule seconde à voler au secours de son ami Salman Rushdie, lorsque celui-ci fut la victime d’une fatwa d’un autre temps.. En luttant ainsi simultanément sur tous les fronts, Said se  ...   Paris, Balzac était l’adepte d’un pouvoir fort, tout en sympathisant avec les théories fourieristes ou saint simoniennes de lutte contre la paupérisation.. Sylvain Pivot, vénéré doyen de notre comité de rédaction analyse la répulsion qu’a inspiré à la quasi-totalité des écrivains français la sanglante Commune de Paris, et la bonne dose de mauvaise foi qu’il a fallu à Karl Marx pour en tirer un ouvrage de propagande qui connaîtra une étonnante postérité.. Ami et collègue d’Edward Said à l’université Columbia, Henri Mittérand a consacré une oeuvre monumentale et plusieurs milliers de pages à Zola, dont Anatole France disait qu’il fut « un moment de la conscience humaine».. Mittérand insiste sur le fait que Zola n’a aucunement viré sa cuti en 1880 et qu’il a toujours été un « républicain incommode », fidèle à lui-même, animé d’un mépris souverain pour les magouilles et les compromissions, intransigeant et marqué par les idéaux positivistes.. Dans la thèse qu’elle a consacrée à Otto Abetz, Barbara Lambauer a démontré que celui-ci, loin d’être un « Talleyrand au petit pied » ou un « heureux parvenu du nazisme », a toujours eu l’oreille d’Hitler et qu’il a réussi, avec sa savamment simulée « modération » et avec une habileté machiavélique, à manipuler une grande partie de l’intelligentsia française et à l’entretenir dans un état d’esprit sinon favorable du moins neutre vis-à-vis du III ème Reich et de ses funestes visées.. Alain Larcan, à la fois brillant médecin et historien de talent, évoque l’immense culture et les passions littéraires du général de Gaulle.. Violaine Massenet.. [18].. , elle-même élevée dans le marais saintongeais, retrace avec empathie le chemin de cet écrivain catholique et homme libre que fut François Mauriac, l’un des rares témoins moraux du XXè siècle.. Nicolas Tenzer.. [19].. souligne à juste titre que dans certaines productions contemporaines, l’apolitisme lui-même en vient à constituer une politique.. Christian Savès rend hommage à ce « professeur d’hygiène intellectuelle » que fut Raymond Aron.. Parmi les nombreuses réflexions que suscite la lecture de ce riche dossier, l’une nous interpelle tout particulièrement :.. les personnages les plus fascinants de l’Histoire, -pas toujours et pas forcément les plus moraux mais souvent les plus visionnaires et les plus empanachés-, étaient tous membres de cette toute petite confrérie qui réunit les hommes d’Etat qui furent aussi d’avides lecteurs, de grands intellectuels, des « littéraires », souvent de grands écrivains.. Il y a fort à parier qu’il ne s’agit pas là d’une simple coïncidence.. César, Jefferson, Napoléon, Chateaubriand, Gandhi, de Gaulle, Vaclav Havel et aussi beaucoup d’autres que nous n’avons pas pu évoquer dans le cadre de ce hors-série, Alexandre le Grand, Marguerite de Navarre, Constantin VII de Byzance, Frédéric II de Prusse, Catherine II de Russie, Aimé Césaire… : leur action politique était imprégnée de leur culture littéraire, c’est dans la littérature qu’ils ont puisé leurs idées les plus généreuses et leurs postures les plus glorieuses.. Pour ceux qui nous trouveraient trop optimistes quant à l’impact de la littérature, rappelons que même un écrivain lucide et pessimiste de nature comme Tahar Ben Jelloun.. [20].. soulignait que « L.. a littérature ne change ni l'homme ni la société.. Pour autant, l'absence de littérature rendrait l'homme encore plus infréquentable.. Karim Emile Bitar.. Ce livre reprend des essais incisifs issus du prestigieux cycle de conférences Reith qu’Edward Said a donné à la BBC en 1993.. La version française de.. paraîtra en 1980 aux Editions du Seuil.. Culture et Impérialisme,.. qui poursuit la réflexion entamée en l’élargissant à l’Afrique et au sous-continent indien, ainsi qu’à des œuvres musicales comme Aida, paraîtra chez Fayard en 2000.. , Joseph Conrad and the Fiction of Autobiography.. , Oxford University Press, 1966.. Sur l’influence de Foucault, voir.. The World, the Text and the Critic,.. Harvard University Press, 1983, qui vaudra à Edward Said le Prix René Wellek de l’Association Américaine de Littérature Comparée, ainsi que.. Reflections on Exile.. , également publié aux Harvard University Press, en 2000.. Parmi les dizaines d’ouvrages traitant du rapport entre politique et littérature dans l’œuvre de Said, signalons l’ouvrage de Valerie Kennedy,.. Edward Said, A Critical Introduction.. , Polity Press, 2000 et celui de Bill Ashcroft et Pal Ahluwalia,.. , Routledge Critical Thinkers, 2001.. Voir notamment l’ouvrage relatant le retour de Said à Jérusalem, où il était né en 1935, après qu’il eut appris qu’il souffrait d’une leucémie incurable :.. Entre Guerre et Paix.. , Arléa, 1997, préface de Tzvetan Todorov.. Edward Said,.. , Le Serpent à Plumes, 2002.. Cette autobiographie a obtenu le New Yorker Book Award.. Allusion à sa scolarité à Victoria College, école d’élite du Caire, que Said fréquentera avant de faire ses études supérieures à Princeton et à Harvard.. L’un des condisciples de Said à Victoria College est un autre chrétien d’Orient devenu mondialement célèbre, l’acteur Omar Sharif, de son vrai nom Michel Dimitri Shalhoub.. Entretien accordé au Nouvel Observateur en 1997.. Les nombreuses conférences conjointes de Said et Barenboim ont été publiées au Serpent à Plumes en 2002, sous le titre.. Parallèles et Paradoxes, Explorations musicales et politiques.. Said-Barenboim, « un duo virtuose », a écrit.. a propos de cet ouvrage.. Pour une analyse de la perception de l’autre chez Freud, voir l’une des dernières conférences prononcée par Said,.. Freud and the non-European.. , publiée en 2003 par les Editions Verso en association avec le musée Freud de Londres.. Luciano Canfora, Jules César, Le dictateur démocrate, Flammarion, 2001.. On lira cet article avec d’autant plus d’intérêt du fait que François Broche est l’auteur de biographies de référence de.. Maurice Barrès (Lattès), Léon Daudet, le dernier imprécateur (Robert Laffont).. et d’.. Anna de Noailles (Robert Laffont),.. et qu’il a édité une centaine de chroniques de Maurice Barrès, dans.. Journal de ma vie extérieure.. (Julliard).. Sur Vaclav Havel, on se reportera également à l’ouvrage émouvant de Jean Picq (François Rabelais, 1973), intitulé Vaclav Havel, La force des sans-pouvoir, Editions Michalon, 2000.. Le style remarquable, figuratif et intimiste du dernier roman de Michel Bernard.. , Comme un enfant.. , (Le temps qu’il fait, Lettres du Cabardès, 2003) nous autorise à y voir un vrai poème en prose, comme il n’y en a plus depuis fort longtemps.. Pour une analyse de sa formation et une meilleure compréhension de la complexe psychologie de Saint Just, se référer à la biographie que lui a consacré Bernard Vinot (Saint Just, Librairie Arthème Fayard, 1985).. Roger Pierrot, Honoré de Balzac, Fayard, 1999.. Violaine Massenet, François Mauriac, Flammarion, 2000.. Même s’il est empreint d’un certain pessimisme, bien compréhensible dans le contexte actuel, le dernier ouvrage de Nicolas Tenzer,.. Les valeurs des modernes,.. Flammarion, 2003, est un véritable manifeste pour une « Realpolitik de l’idéal » et se lira avec grand plaisir par tous ceux qu’agacent les dichotomies simplistes et qui ne désespèrent pas de réconcilier mondialisation et justice sociale.. Tahar Ben Jelloun, in Lire, Mars 1999..

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  • Title: TONY JUDT, UN ARONIEN A NEW YORK, PAR KARIM BITAR
    Descriptive info: TONY JUDT, UN ARONIEN A NEW YORK.. Il se passe rarement plus d’une semaine sans que nous ne ressentions l’énorme vide qu’a laissé Raymond Aron dans le paysage intellectuel français.. A chaque fois que nous allumons un écran de télévision ou ouvrons un journal, à chaque fois que nous voyons tel ou tel histrion médiatique nous abreuver de sophismes et de raisonnements spécieux, étaler sa suffisance et s’efforcer de camoufler ses faiblesses intellectuelles derrière des postures et des effets de manche, nous regrettons amèrement que Raymond Aron ne soit plus en vie pour porter un regard lucide, clair et sans complaisance sur les grands enjeux d’aujourd’hui, face à ce que Stanley Hoffmann appelle à juste titre « le triste état du monde contemporain ».. Son absence se ressent d’autant plus qu’il avait toujours refusé les raisonnements binaires et les guerres de tranchées intellectuelles qui sévissent aujourd’hui.. Raymond Aron n’était pas homme à se laisser manipuler par un Otto Abetz ou un Willy Munzenberg.. Homme de droite, au sens le plus noble de l’expression, Raymond Aron a gagné le respect de ses adversaires politiques et idéologiques.. Il a réussi ce défi, non seulement car ses analyses percutantes et toujours remarquablement bien étayées réussissaient à convaincre et à emporter l’adhésion, mais d’abord et surtout parce que.. Raymond Aron faisait partie de ces intellectuels, devenus malheureusement si rares, qui ont le courage, lorsque cela est nécessaire, de penser contre leur propre camp, quitte à heurter leurs amis politiques, quitte à subir les attaques incessantes et pleines de mauvaise foi de ceux qui ne comprennent pas que l’on puisse s’écarter de la « ligne » qu’auraient fixée pour nous les représentants de notre « camp ».. Ses positions courageuses et lucides sur la guerre d’Algérie lui ont valu bien des critiques venimeuses qui apparaissent, avec le recul, ô combien  ...   qui les obsède.. Mais voilà, Tony Judt est aussi l’un de ceux qui se sont opposés avec le plus de fougue à la politique extérieure de l’administration Bush, le voilà donc catalogué comme un dangereux gauchiste par ceux là même qui ne peuvent admettre qu’un intellectuel refuse les étiquettes et les embrigadements de toute sorte.. Et si Tony Judt était tout simplement aronien ? Les lecteurs de la prestigieuse.. New York Review of Books.. ont tout autant de plaisir à lire aujourd’hui les articles incisifs de Judt que ceux du.. Figaro.. , il y a trente ou quarante ans, qui attendaient impatiemment le prochain article d’Aron.. Né dans une famille originaire d’Europe de l’Est, de parents proches du Bund et admirateurs de Léon Blum, Tony Judt, historien britannique, a obtenu son doctorat de Cambridge mais il a également fait une partie de ses études à Paris où il fut élève de l’Ecole Normale Supérieure.. Ami de François Furet, qui a préfacé l’un de ses ouvrages, Tony Judt lutte sur tous les fronts : contre l’antiaméricanisme primaire mais aussi contre ce qu’il appelle « l’anti-antiaméricanisme » tout aussi primaire lorsqu’il qui cherche à discréditer toute critique légitime d’une politique extérieure devenue aussi arrogante que contre-productive.. Tony Judt est l’auteur de près d’une dizaine d’ouvrages dont plus de la moitié ont été traduits en Français.. En cette période de disette post-aronienne, nous ne pouvons que conseiller à tous de se plonger dans les livres de Tony Judt, qui est aujourd’hui, et à juste titre, l’un des intellectuels les plus en vue à New York.. Bibliographie sélective de Tony Judt:.. La responsabilité des intellectuels : Blum, Camus, Aron, Calmann Levy, 2001.. Un passé imparfait, Les intellectuels français 1944-1956, Fayard, 1992.. Le marxisme et la gauche française, Hachette, 1987.. La reconstruction du Parti Socialiste 1921-1926, Presses de Sciences Po, 1976..

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  • Title: Karim Bitar's interview with Thomas Sancton of TIME Magazine
    Descriptive info: INTERVIEW --- THOMAS SANCTON.. This conversation took place in the Spring of 1996.. Thomas Sancton was Time Magazine's correspondent and Paris Bureau Chief, a frequent guest on French TV talk shows.. Karim Emile Bitar was a student at the Paris Institute for Political Studies (Sciences Po), preparing to enter the ENA.. This transcript was initially published in a book edited by Harriet Welty Rochefort,.. The Interview and Interviewers.. (Institut d'Etudes Politiques de Paris, 1996), which included profiles of several leading journalists and a series of interviews with TV anchors and stars of print journalism in France and America.. Karim Bitar :.. I was wondering, two months ago, when François Mitterrand passed away, do you think that such a person could possibly have succeeded as a politician in the United States, with all the ambiguities in his character, his marital infidelities, and so on and so forth ?.. Thomas Sancton :.. No.. He would have been finished at least as early as the Affaire de l'Observatoire.. I think.. Of course, one could look at careers of people like Richard Nixon who had many resucitations.. Many disasters and resucitations.. He had an affair, a scandal in the Mc Carthy era, during the hunt for the suspected communists.. Karim Bitar :.. At the time when he was sitting on the infamous Committee on Anti-American Activities, right ?.. Yes, and there was this very famous case of Alger Hiss, an American diplomat, who was suspected, actually convicted of spying.. Some key evidence against him was supposedly hidden in a pumpkin.. It was totally ridiculous and Nixon was involved in that case.. Some people believed him, some denounced his manipulations.. That was somewhat similar to the Observatoire, it happened early in his career and he survived it.. But that's sort of a counterexample to what I'm saying.. I think, from that point on, Mitterrand's credibility in the eyes of an American public would have been seriously compromised.. I think, with his second family, the irregularities, plus the numerous political and financial scandals that happened (the Greenpeace scandal, the Patrice Pelat affair.. ), he would not have survived the scrutiny of the American press.. And I'd add to that that the cover-up about his health situation would not have lasted as long in the US because the public has a right to know these things and there is an American tradition of leaks to the press.. There was a remarkable restraint on the part of people like Dr Gubler when he was the official doctor, and the hospital technicians, and a number of people in the medical profession who knew about these things.. Eleven years is a long time to keep a secret like that, which leaves quantifiable traces and a dossier.. In the US, the secret couldn't have been kept, and the press would have made a big issue of all these scandals.. Public opinion would have turned against him very fast.. So why do you think the French Press is so reluctant to dig up the dirt ? And why did the Press decide not to mention certain issues for so long in order to protect the President ?.. Thomas Sancton :.. There is a long tradition in France of control of the press by the State.. If you look at television for example.. Two of three major networks belong to the State.. And they are manipulated by the state.. Of course, Chirac doesn't call the anchorman every day and tell him what to say but there are reprisals.. There is budgetary control.. So that right here is something unheard of in the US.. I think French journalists are light years behind the Americans in the aggressiveness of their investigations.. Although there are some remarkable counter examples, remarkable investigative reporters like Le Monde's Edwy Plenel, and the guy from Paris Match who exposed the Rainbow Warrior scandal, but there are much fewer journalists who do that kind of journalism, and this is also the result of an attitude rather than a legal situation.. I think this is the successor state to a very old absolutist monarchy.. And in the case of Mitterrand, he embodied the Republican monarch, he embodied the State.. There is a strong reluctance in France to question and attack the President.. How do you reconcile a public figure's right to privacy with the public's right to know? According to you, what are the limits of investigative journalism and of the freedom of the press ?.. I think the American Press, of course, has gone too far in the gossipy side of people's private lives.. That disturbs me.. Take Gary Hart.. I don't know if he would have been a good president or not but he certainly was as good a candidate as any.. Was it in 1984 ?.. or perhaps in 1988, when Dukakis got the nomination.. Anyway, That's the example of someone who showed bad judgement in personal matters.. There was a debate in that particular case about what it says about his judgment.. If it is flawed, perhaps it is also flawed in important political decisions.. But I don't think the Press should be digging into a politician's personal affairs as long as they don't have harmful implications for the people.. I mean, if the president has a mistress, or if his a homosexual, I don't think that's the business of the public, unless if it has any effect on his conduct of public affairs.. Unless he is being manipulated by someone threatening to reveal that he is a homosexual.. , that's were the danger is, when private conduct sort of rebounds and affects policy.. Well if you were a journalist, say, for an important daily newspaper in the US and you got some information that the President's mistress is living on state's expenses, like Mitterrand's mistress Anne Pingeot, would you reveal it immediately ?.. Well, I'll think it over, but I think that's a legitimate case of public interest being involved.. If the public interest is not involved, then it is nobody's business.. To say, for example that Bill Clinton was a draft dodger in 1969, to me that's a total non-issue.. Everyone was a draft dodger then He tried to skip out of the net as many people did, as I would have done, but I got a high lottery number.. So I didn't have to do that.. So that's a non issue.. It was a personal question.. It happened years and years ago and it did not affect his public conduct in office.. While misusing taxpayer's money is a matter of public interest.. If he was using that money to support a mistress, or to support a gambling habit, or a drug habit, or to buy real estate in his name but using public funds, to me that's the same issue, it's misappropriation of public funds.. Karim Bitar.. : So in the case of Mitterrand, would you have revealed it in.. 1986, before he got reelected?.. Well, I don't know.. It's a funny question because I lived here a long time and I sort of adopted French attitudes about some issues.. In the French context is is a very tough question because in a lot of ways, I admire this restraint, this pudeur about private lives.. At the same time, I think that really does raise important questions, like the misappropriation of public funds.. It would have been a tough issue for me to decide, had I been a French journalist, but.. I don't know.. I think on balance I probably would not have revealed it.. You interviewed Jacques Chirac last year.. Do you think France will play a more important role on the international level under a Gaullist president ?.. Well I think it will play an important role but that's not really a big change.. I think, Mitterrand, apart from some rhetorical flourishes about North-South relations, aid to third world countries.. , which was leftist rhetoric, apart from that, he conducted a gaullist foreign policy, in Africa.. Relative to its size, France has always played a much more important role than the other European countries.. That certainly was the case under de Gaulle, I don't think that changed under Mitterrand, and I don't think it will change with Jacques Chirac.. But I think it's part of his gaullist heritage to make sure that France is respected.. His decision to resume the nuclear tests.. but I am not sure it  ...   block by block, he gave litterally a military image of taking over the cities were these sort of nameless enemies.. who was he talking about ? Blacks? Ghetto Blacks ?.. I heard that Barbara Bush almost fainted that day !.. It was unbelievable People that he did not identify, but clearly : not us.. who are destroying family values , who are the taking jobs away, who are giving Aids to your daughters.. That kind of advocation of family values, I think is very harmful and it boomeranged against Bush.. On the other hand, family values are, if you look at polls, clearly among the things that Americans are most concerned about.. The Democrats addressed this too.. Clinton came out very strongly, at least in rhetorical terms in favor of family values and on the democratic side, there are people like Al Gore's wife, Tipper Gore who has been very very vocal about this, violence on television, and sexually explicit language, and lyrics in rap music, and some things like that.. I think it's a fairly widespread concern but it doesn't belong to the Republican camp today any more than to the Democrats, although they would like to put more of a Republican stamp on it and it clearly.. Although it's clearly an issue that plays very well in the Religious right.. So by stressing those issues, a candidate can win the support of the religious right.. And it is a broader, very delicate issue.. If they go too far, like Buchanan did, they can perceived as bigots and racists.. In the aftermath of the one million man march, are the traditional black leaders being marginalized by the extremists ?.. It is not easy to say.. The march was an important phenomenon.. The failure of traditional black politicians depends on whether Mr Farrrakhan will be be able to mobilize or control this population.. I doubt it.. I think it was an occasion for people to come out, show their strength, stand up and be counted.. But on the other hand I don't see any more traditional black leaders.. playing a very influential role.. Jesse Jackson.. I don't see anybody else right know.. Colin Powell could have played an important role, but it probably would have been more with the White middleclass or a very small part of the black middle class.. I don't think he could have been a role model for the ghetto youth or for the marginalized Blacks.. Do you think that O.. J owes his acquittal to Rodney King ? I mean to the growing resentment in the Black community against the LAPD and the justice system and white America ?.. Oh.. Yes.. That was a very important factor.. you know, 9 of the 12 jurors were black.. one was Mexican.. So obviously, their collective attitudes towards the police system and the justice system (the ability of a black man to get a fair trial), played very heavily in their decision.. Even though there were technical problems, the presence of this clearly racist detective, the evidence against O.. J.. was just overwhelming.. And what happened there is that the evidence was clearly discarded in favor of a gut reaction and attitudinal reaction, saying : well he's black, and by definition, a black man cannot have a fair trial in California.. That's why we have to acquit him.. if that trial happened in the Midwest, I think he would certainly have been convicted.. How do you explain the Rush Limbaugh phenomenon ? Why are so many people listening to him? Personally, do you find him funny or obnoxious ?.. Both (laughs ).. But dangerous.. dangerous.. It goes back to what I said earlier about the distrust of Washington, the resentment against the establishment.. He is not in the traditional media, He is not Dan Rather sitting at his anchor desk.. He can say whatever he wants.. And among less educated Americans, there is a sense that there is this New England establishment, this elite that makes all the rules, that controls the government, the media and that they don't have a voice.. Rush Limbaugh gives his voice to the uneducated biased, bigoted, ignorant and fearful Americans, the bulk of the American public.. That's very dangerous, because he legitimizes their worst prejudices and comforts them in their ignorance.. And I think that's very dangerous.. Although it is an enormous phenomenon.. Rush Limbaugh and Pat Robertson, Don Imeson in NYC and this other guy with the long hair, the specialist in vulgar language.. One of the main goals of the Republicans' Contract for America is to cut spending and particularly foreign aid.. Some Republicans fiercely oppose the United Nations and reject the idea of multilateral actions under UN command.. Besides America owes a lot of money to the UN.. Do you think America is succumbing to isolationism again ?.. Yes, definitely.. And it will have an effect on foreign policy If the Republicans remain in a position to control the budget.. What we have seen is a Democratic president who was elected basically on a domestic agenda, an economic agenda.. Bush had a very high foreign policy profile but he was week on domestic issues.. When Clinton got elected, he became confronted with foreign issues that he couldn't ignore.. He inherited an expeditionary force in Somalia, the Haiti situation, the Bosnia situation where Americans were not present on the ground but where NATO policies required a president to spend a lot of time on this issue.. While, at the same time, he was confronted with a Congress that is tight-fisted, in budgetary terms, and also isolationist on ideological ground.. They are against foreign aid, like Jesse Helms.. They are ideologically conservative, pro America First, and unabashedly isolationists.. So the question is : does that apply to Clinton ?.. Clinton is not isolationist.. The Democrats in general are concerned that the US maintain its international role, its credibility, its ability to respond to a crisis situation.. If Clinton is reelected and if he gets a Congress that is more Democratic, I think that the isolationism temptation will not survive.. It is a cycle.. If he loses, If Dole is elected President, Dole is not ideologically isolationist, but under budgetary pressure and ideological pressure coming from a Republican Congress, it would be very difficult for him to allow a bigger American role in foreign aid and peace keeping.. Although paradoxically, the same people would probably not cut military spending.. It may in fact increase.. So America is in a paradoxical situation of having a stronger military capability and less inclination to use it unless US interests were directly threatened, like what happened during the Gulf War with the oil question.. Isolationism is certainly an inclination in the US right now.. What's happening now has dangerous implications and whether it continues and amplifies or it reverses, it depends, I think on the result of the election.. Do you think Newt will run in the year 2000 ?.. I think his credibility has taken a hit.. If you look at his standing in the polls, he's not a very popular politician.. But within Congress, in the political arena, he is very powerful, very influential, and he is a very skillful player of the political game.. But still, a lot of Americans are concerned about the attitudes and policies behind the whole Contract for America.. They voted for Republicans in 1994 because they wanted change basically.. So they did not support the whole Republican agenda ?.. I think what hurt the Republicans most in the last two years was the policyzing and enacting of a large part of the Contract for America, because once Americans realized what it implied.. It is absolutely horrifying.. And this budget debacle, paralyzing the federal government for weeks and weeks, really that was hurting the Republicans more than the President.. and the Republican who is most identified with that is Newt Gingrich.. So I think Gingrich is ambitious.. If he thinks he has a chance he'll run.. On the other hand, I don't think that he has that kind of staying power with public opinion.. I can't see him becoming a much more popular politician than he is right now.. He will remain influential, but influential in the way that Tip O'Neil was influential or other powerful senators and Congressmen.. It doesn't necessarily mean that he's electable as president.. I don't think he is.. ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------..

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  • Title: Karim Bitar's interview with Adam Gopnik of The New Yorker
    Descriptive info: INTERVIEW --- ADAM GOPNIK.. THE NEW YORKER.. Adam Gopnik was.. The New Yorker.. correspondent in Paris.. He would later publish his best-selling book.. Paris to the moon.. This transcript was initially published in a book edited by Harriet Welty Rochefort, The Interview and Interviewers (Institut d'Etudes Politiques de Paris, 1996), which included profiles of several leading journalists and a series of interviews with TV anchors and stars of print journalism in France and America.. : In last week's.. L'événement du Jeudi.. , there was an article about Dorothy Parker and they described The New Yorker as le magazine à l'usage des snobs et de ceux qui souhaitent le devenir.. What do you think of this definition ? How do you react to this ?.. Adam Gopnik :.. I think that in fact there are many myths about The New Yorker.. The first myth about The New Yorker is that Dorothy Parker was very important to it.. If this isn't too pedantic, let me try and explain the history of The New Yorker a little bit.. Yes, can you give me a brief overview of the evolution of The New Yorker, from its foundation by Harold Ross and Dorothy Parker in 1925 to Tina Brown.. the evolution of the content, the readers.. In the 1920's they were a group a witers who were already famous, Harold Ross, Alexander Woolcott, Dorothy Parker.. who contributed to The New Yorker but they were already famous and established writers.. They played a very little role in the evolution of The New Yorker into a great magazine.. The real writers who made The New Yorker didn't come until the 1930's.. There was E.. B.. White, James Thurber, A.. J.. Liebling, Joseph Mitchell and many others.. So, it is true that there was a period in the twenties when there was sort of a snob appeal to The New Yorker but those writers had all left the magazine by the time it became famous and important.. The real appeal of The New Yorker has always been a kind of anti-snobism, a reverse snobism, that is the snobism of simplicity, disingenuousness.. The real tone of The New Yorker has always been faux na f, rather than falsely sophisticated.. And that's the tone I strive to keep in my own writing.. In the 1930's the magazine found its real identity and it became very much a magazine not of sophistication but a magazine of a particular kind of American na vet a particular kind of deliberately cultivated innocence and distance which some people found disingenuous and other people found wonderful.. It was still though essentially a magazine of humour and reporting in the 1930's.. In the 1940's at the outset of the second World War, it became for the first time a truly serious magazine, in the sense that its best writers travelled to Europe and found a new kind of.. -I hate the word seriousness, but humour is serious too-, but a new kind of depth, and a sense of evil entered their knowledge.. In particular the writers of that period whom I admire are A.. Liebling, and Janet Flanner, both of whom were here in Paris on and off during the time before and right after the War, during the Liberation.. And that period of the magazine's history culminated with John Hersy's Hiroshima, which took an entire issue of the magazine, in 1947 I believe, an account of the atomic bombing of Hiroshima.. Shortly after that, Harold Ross, the first editor of the magazine died and the magazine was edited in the next 36 years by William Shawn, who was the first editor I worked for.. William Shawn was I think the greatest editor who has ever lived and he brought the magazine a combination of its old virtues, humour and casualness and off-handed gentleness and added to it new layers of seriousness and sophistication, and it always remained, in spite of all the changes, a magazine fundamentally of humour, and of reporting, as opposed to a magazine of criticism and of opinions.. There has been many critics who have written for it -I am a critic and I write for it- but that was always its identity, a magazine of humour and reporting, more than a magazine of ideas like The New Republic or The Nation.. In 1987, Shawn resigned, and Robert Gottley became the new editor.. For five years he kept the magazine more or less as it had been in Shawn's era.. Then Tina Browm came in in 1992.. What did Tina Brown bring to the magazine ?.. Adam Gopnik :.. She changed the magazine dramatically.. She would say that she is trying to make it again as it was in the 1920's, much more a magazine of sophistication, for the smart set, then it was in the past few years.. But I think though, that if you look at what she continued to publish, there is a great deal of the old magazine that continues to appear in the new magazine.. For example, did you agree with the New Yorker's decision to cover the OJ trial ?.. Yes I did.. I wrote what's called a comment, and which is an editorial as soon as that story appeared.. I was here in Paris when Simpson was arrested.. I thought that there was a kind of hysteria, associated with the story that was crazy, and I felt it very strongly having been in Europe when it happened.. I never changed my opinion.. The coverage of this particular story was totally out of proportion to its intrinsic interest.. But I don't think that we overpublished or overcovered it.. The guy who covered it for us was Jeffrey Toobin, a very intelligent guy, a very good writer, and I think we gave it the appropriate amount of coverage.. I don't think you could choose not to pick up something that everyone in America is talking about, the question is what you write.. And I thought what we wrote was honourable and good.. What did you think of this controversy last month when Paul Theroux published an article about his dinner with the Queen ? I heard that Prince Philip was really annoyed.. I didn't like that article at all, not because he broke the confidence of the Queen but because I thought it was a self glorifying article.. There was nothing of interest.. The only reason to write about this is : I met the Queen.. That was the whole subtext of the article.. I'm a famous guy and I meet famous people.. That's not a good enough reason to write an article.. I am not British but it strikes me as absurd and disingenuous to insist on an elaborate protocol that no one takes seriously.. According to you, who are the five most important North-American intellectuals alive?.. This is a good and hard question.. I have to think of it.. I would say and this is of the top of my head, the five most important are Richard Wordy, the philosopher, Louis Menand, the critic, Kurt Warnedau, the art historian, Steven J.. Gould, the paleontologist, and Daniel Dennett, the philosopher.. Do you think that intellectuals in France are much more influential than their American counterparts  ...   on Laure Adler's TV show.. I think it is absurd, but in a more complicated way.. I think it is absurd to say that the French culture is no longer influential on the world scene.. In fact, French philosophy, literary criticism is more influential at this point than it had been since the 18th century.. I come from an American academic background, and French philosophers have almost an hegemony in American universities right now, Foucault, Derrida.. So it is ridiculous to say that French culture is no longer influential.. But at the same time, it is not the same kind of influence, it is not French novels or French movies, it is French philosophy.. Well, the genius of a country changes over a period of time.. What is certainly true is that the French self confidence in the centrality of their own culture has changed.. The French are no longer as convinced that history is happening here, that modern consciousness has its headquarters in Paris.. For most of the twentieth century, the French have been understandably convinced that history was happening in France, in Paris particularly.. I think that's a harder thing to be convinced of now.. That's a very fundamental change.. Buy I think the notion that French culture, in the sense that French writers and French books are less influential now than it was in the past is obviously false.. It is something only a journalist would be stupid enough to say.. So why did the American press write so many articles on the subject ?.. They simply repeat what each other says.. And because the real profound influence of French culture right now is at a high intellectual level and most American journalists do not have much knowledge of that part of the world.. A couple of US senators, including Joseph Lieberman, and William Bennet, the former education secretary are fighting a high profile battle against day time talk shows.. Do you think that trash TV is an indicator of social decline or do you think that this is an elitist point of view ?.. Obviously, if we are going to be fighting social plagues, there are better things to fight, violence and guns, rather than trash TV.. But I happen to be very conservative on that subject.. I think that you cannnot easily separate a symbolic social decline from real social decline.. They are intertwined.. I do not believe in censorship and I do not believe that it is the role of the government to decide what is going to be on TV.. I believe however that it is the role of every citizen to say : this is disgusting.. I don't think that's a governmental role.. This is a civic role.. We shouldn't accept it.. We should exercise our right as citizens and say : I hate this.. So you don't believe in the alleged therapeutic value of shows like Oprah Winfrey?.. I don't believe they have any therapeutic value.. They probably don't do very much harm because they are highly stylized and they are seen as entertainment.. I don't think that they do any harm.. What I think does harm is violence on television.. The fact that intellectuals acquiesce in the cult of violence on TV.. Those talk shows don't do any harm, but it is absurd to have this reverse snobism and pretend to enjoy them.. That's silly.. What about Bob Dole's crusade against Hollywood's nightmares of depravity ? Was it only an attempt to please the religious right and score some points on the political level or does it reflect a growing puritanism in mainstream America ?.. I am a liberal but I would be on Bob Dole's side if I thought he was sincere.. But I don't think he is.. It's clearly something that he read on the Q card, and he does not have any strong feelings on one way or the other.. I think that there is a central fact about American life right now, there is more violence than in any other civilized society in history.. A child is killed by a gun every hour in America.. While we sit here in this caf , somewhere in the United States, an eight or nine-year old child was killed with a gun.. Now that's an unthinkable reality.. And to pretend that a simultaneous reality, that we have mass entertainment that is drenched on violence, that these two things are totally unrelatd to each other is absurd.. That implies a distance between symbolic life and real life that is just too great to be credible.. It is not really puritanism.. Puritanism has to do with sex, not with violence.. I think it is bound to be unsuccessful.. I don't think that changing the symbolic reality is going to change the real reality.. But I am sympathetic to people who want to change the symbolic reality.. I don't think the government can do it.. One of the main mistakes we make is to say that there is a cultural ground and a political ground and that they are separate.. You have to try and change it not by passing laws but by offering criticism.. That's the role of thought.. Governments don't exist to change the culture, but that doesn't mean that we don't have to change it as citizens.. There is a tendency in France to tolerate more sex in the movies, while the US tolerate more violence.. Yes and again I am a francophile.. The French are right.. Sex is a totally harmless and appropriate thing.. The correlation of sex and violence is completely arbitrary.. I can't see any harm to anybody by having sex in the movies.. But I can't see the reason to see violence as something enjoyable.. These are two totally different things.. You interviewed Mgr Gaillot.. Do you think that his relation with the media hurts the Catholic church or is it helpful ?.. Adam Gopnik.. : It is hard to judge.. He's clearly a man of great sincerity and he believes in making the Catholic Church Responsive to the media.. As he said to me, ironically, he's just doing the same thing that the Pope does.. He is médiatique.. But obviously, the hierarchy of the Catholic Church wants to control who gets exposure in the media.. Jacques Gaillot is clearly a good man and every time the Catholic church is identified with good men, it looks like a better institution.. What do you think of Newsweek's journalism with an attitude ?.. I wrote an article for the New Yorker in which I criticized it.. I think that everyone is in favor of skepticism.. A journalist should be skeptical, anti-authoritarian, aggressive in that sense.. But they have to distinguish between truly powerful people and the people who aren't that powerful.. And I think that too many American journalists are skeptical about either meaningless or powerless people.. And your skepticism only has way if it is directed against a real target.. Your aggressiveness only has meaning if it is a choice, rather than simply your daily attitude.. That's the difference between aggression and attitude.. Attitude is something you have every single minute.. Aggression is something you call in pursuit of some motive, some larger values.. --------------------------------------------..

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  • Title: LE LIBAN A LA CROISEE DES CHEMINS, KARIM BITAR, ENA MENSUEL HORS SERIE 2001
    Descriptive info: LE LIBAN A LA CROISEE DES CHEMINS.. NUMERO HORS-SERIE SPECIAL LIBAN.. 2001.. sous la direction de Karim Emile BITAR.. ARTICLES INTRODUCTIFS.. Karim Bitar (promotion Cyrano de Bergerac 1999), rédacteur en chef,.. Le Liban à la croisée des chemins.. (promotion René Char 1995), président d’ENA Liban.. , La réunion de la Confédération des Anciens et son importance pour le Liban.. I FRANCE – LIBAN.. Philippe Lecourtier, (promotion Turgot 1968),.. Ambassadeur de France au Liban :.. La contribution de la France à la reconstruction du Liban.. Elysé Alam,.. Ambassadeur du Liban en France :.. Les relations franco-libanaises.. II FRANCOPHONIE, CULTURE ET IDENTITE.. Ghassan Salamé.. , ministre de la Culture,.. Francophonie, les défis d’un sommet.. Amin Maalouf,.. écrivain, prix Goncourt 1993,.. Examen d’identité.. Phares Zoghbi,.. avocat, intellectuel.. Le salut par la culture.. Georges Corm,.. ancien ministre, politologue,.. Quelle politique culturelle pour recréer le tissu social et politique du Liban ?.. Khair-Eddine A.. -W.. El Hindy (promotion Robespierre 1970).. , ancien haut-fonctionnaire,.. Ecrivains français et destinées du Liban.. Karim Bitar (promotion Cyrano de Bergerac 1999),.. chargé de mission « développement et planning stratégique » à la Direction Générale du Groupe Canal +,.. Ces écrivains nés de l’autre côté de la mer.. III LE LIBAN ET LE MONDE.. Ghassan Tueni,.. ancien ministre, ancien ambassadeur à l’ONU, journaliste, PDG des Editions Dar an Nahar :.. natomie  ...   Moawad :.. veuve du président René Moawad, député, présidente de la Fondation René Moawad,.. Les ONG et leur contribution à la modernisation de la vie politique.. Issa Goraieb,.. rédacteur en chef de L’Orient-Le Jour :.. La liberté d’expression au Liban, mythe ou réalité ?.. Antoine Sfeir,.. directeur de la Rédaction des Cahiers de l'Orient, président du Centre d’Etudes et de Réflexion sur le Proche-Orient :.. Liban : une guerre peut-elle en cacher une autre ?.. Elie Assaf,.. Directeur général de la Présidence de la République.. Le projet de création d’une école d’administration publique au Liban.. Lamia El Moubayed-Bissat :.. L’Institut des Finances, la modernisation du ministère des finances.. Dany Gédéon,.. fonctionnaire.. L’administration libanaise aujourd’hui.. V ECONOMIE ET SOCIETE.. Marie-Ange Mattei (promotion Cyrano de Bergerac 1999).. , auditeur à la Cour des Comptes.. Parler du Liban.. Frédéric Kaplan,.. conseiller commercial, chef des services.. d’expansion économique au Liban,.. Les entreprises françaises sont prêtes à accompagner la relance économique au Liban.. Roger Nasnas ,.. président du Conseil Economique et Social.. Le Conseil Economique et Social, caisse de résonance de la société civile.. Rabih El Chaer (promotion Averroes 2000).. Le Liban, démocratie confessionnelle.. Alia Moubayed, (promotion Cyrano de Bergerac 1999),.. conseillère du ministre de l’économie,.. La réforme et le développement administratif : une condition sine qua non pour la relance économique au Liban.. Coordonnées..

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  • Title: LE LIBAN A LA CROISEE DES CHEMINS, AVANT-PROPOS
    Descriptive info: Par Karim Emile BITAR.. (promotion Cyrano de Bergerac 1999).. Chargé de mission développement et stratégie.. Groupe CANAL+.. Cet article a été initialement publié en 2001 dans.. , sous la direction de Karim Emile Bitar, numéro hors série de le revue ENA Mensuel, revue des anciens élèves de l'ENA.. « Et comment se porte le Liban ? » me demandait il y a quelques semaines, au détour d’une phrase, un camarade de promotion, administrateur civil de son état, de la façon dont on pourrait s’enquérir de la santé d’un ami très cher qui se remet péniblement d’une longue et douloureuse maladie.. Comment se porte le Liban ? Que répondre à cette question en apparence si simple, si anodine ? La tentation est grande, en présence d’un interlocuteur étranger, d’avoir recours aux lieux communs, de ressortir quelques vieux clichés éculés et d’affirmer, en bons disciples du docteur Coué, que le Liban, tel le Phoenix, renaît de ses cendres et qu’il a retrouvé santé, vigueur et optimisme.. Mais jusqu’à quand pourrons nous nous voiler la face et occulter une réalité douloureuse, n’est-il pas de notre devoir de faire preuve d’une certaine lucidité ? Dix ans après l’arrêt des combats, l’heure n’est-elle pas venue de faire ce que les Américains appellent un.. reality check.. , d’établir un bilan objectif, qui ne céderait en rien à la facilité et qui permettrait de se projeter vers l’avenir ?.. Tel est précisément l’objet de ce numéro spécial d’Ena mensuel.. Les personnalités ayant contribué à cette publication n’ont nullement besoin d’être présentées à un public libanais, mais signalons, à l’intention des lecteurs français d’Ena mensuel, que les auteurs d’articles, pour certains membres du gouvernement actuel de Rafic Hariri, pour d’autres farouches opposants, ont en commun l’indépendance d’esprit et le refus du sectarisme, ainsi qu’une volonté sincère de construire un Liban nouveau et démocratique.. Ghassan Salamé, bien connu des milieux universitaires français, prépare activement le neuvième sommet des chefs d’Etat francophones et cherche, à l’instar d’André Malraux, à doter son pays d’un véritable ministère de la culture, qui ne se contenterait pas d’inaugurer les chrysanthèmes mais servirait d’indispensable outil pour jeter les fondements du Liban de demain.. Ghassan Tueni, gardien du temple et d’une certaine idée du Liban, est un homme aux multiples facettes.. Après avoir fourbi ses armes et sa plume à Harvard, il rentre au pays afin de poursuivre la grande oeuvre de son père Gebran : l’édification du quotidien an-Nahar, journal de référence, indépendant envers et contre tout, porte-étendard de tous les hommes libres de la région, ouvert à tous les courants, si tant est qu’ils respectent les valeurs fondamentales et l’amour de la liberté.. Jeune parlementaire, Ghassan Tueni insuffle à la classe politique libanaise un esprit de renouveau.. Ministre de l’éducation nationale en 1970, il met en place un ambitieux programme de réformes.. Lorsque celles-ci se heurtent au conservatisme étroit, aux mesquineries et petitesses, aux corporatismes et archaïsmes de tout poil, il démissionne avec fracas plutôt que de perdre son âme, de renoncer à ses idéaux et de servir de caution morale et politique à un gouvernement à la dérive.. Ambassadeur du Liban auprès de l’Organisation des Nations-Unies, il œuvre d’arrache-pied pour défendre les intérêts d’un Liban agressé, fait adopter par le Conseil de Sécurité la résolution 425 et s’exclame devant le monde : « Laissez vivre mon peuple !» La contribution de Ghassan Tueni a ce numéro d’Ena mensuel est précieuse.. Après avoir dénoncé la politique actuelle des affaires étrangères, dont il dit avec humour qu’elle « consiste précisément à ne point en avoir », il nous offre de nombreuses pistes de réflexion, et par une approche historico-politique, nous montre comment ce si petit pays qui est si important , selon l’expression de Metternich, peut se donner une politique des affaires étrangères qui ne soit plus «désespérée et désespérante».. Ami, complice et compagnon de route de Ghassan Tuéni, Pharès Zoghbi, infatigable artisan de l’unité nationale et du salut par la culture, disciple d’Emmanuel Mounier, est un avocat et intellectuel courageux, qui s’est constitué l’une des plus importantes bibliothèques privées du Moyen-Orient.. Située à Kornet Chehwan, localité verdoyante qui surplombe Beyrouth, cette bibliothèque abrite, entre autre joyaux, l’unique collection complète au monde de la revue.. Esprit.. Pharès Zoghbi a pendant la guerre, et souvent au péril de sa vie, dénoncé avec virulence l’idéologie nauséabonde véhiculée par les diverses milices.. Les propos d’Amin Maalouf, extraits  ...   les vieux démons, les restes encore vifs de cendres mal éteintes.. Abandons de souveraineté, libertés publiques qui se réduisent comme une peau de chagrin, barbouzeries en tout genre, amnésie collective, crise économique sans précédent, résurgence du fanatisme confessionnel, émigration massive de la jeunesse, tout concourt à faire du Liban d’aujourd’hui un pays en proie au doute, dont les dirigeants semblent avoir abdiqué leur indépendance, renoncé à tout projet d’avenir, à toute ambition nationale et mener ce que Georges Clémenceau appelait la politique du chien crevé au fil de l’eau.. A des postes de responsabilité, se côtoient dans un océan de corruption et de médiocrité les héritiers du vieux système tribalo-féodalo-confessionnel, les enrichis de la guerre et les représentants de la voyoucratie milicienne qui après avoir mis le pays en coupe réglée, se sont rachetés une virginité grâce à une loi d’amnistie votée à la sauvette, qui sous le prétexte fallacieux d’une réconciliation mal comprise, a empêché le nécessaire travail de mémoire.. « Le ventre est encore fécond,.. d’où est surgie la bête immonde »,.. pourraient dire à la lecture de ce constat les plus pessimistes, reprenant Bertolt Brecht.. Et pourtant plusieurs éléments viennent éclaircir le tableau et donner du baume au cœur.. Un nouvelle génération, dépositaire de l’espérance nationale, ne rate pas une occasion de marquer son attachement aux libertés, sa volonté de reconstruire, quels que soient les obstacles, un Liban uni et authentiquement démocratique, un Liban qui puisse enfin voler de ses propres ailes.. Dans la classe dirigeante, des voix s’élèvent, d’autant plus fortes que certains cherchent à les étouffer.. Quelques personnes refusent de se laisser intimider par tel ou tel « service de sécurité », et relayent avec courage et opiniâtreté les revendications légitimes du peuple libanais, toutes communautés confondues.. Ces démocrates réformateurs, tout comme ces journalistes, ces jeunes qui militent pour les libertés civiques et politiques ou pour l’abolition de la peine de mort, sont l’honneur de notre pays.. Briser le carcan d’impuissance, rompre avec la désillusion et faire en sorte que la jeunesse, les forces vives et politiquement mûres conservent une lueur d’espérance et ne succombent pas au cancer de l’indifférentisme, tel sera le défi des prochaines années.. Ceux qui voudraient rendre impossible une révolution pacifique rendront inévitable une révolution violente.. » disait John Kennedy.. C’est précisément parce que le Liban a été incapable de réformer ses institutions de façon démocratique et non violente que le déclenchement de la guerre en 1975 devint inévitable.. Devrons-nous attendre d’être au bord d’une nouvelle explosion de violence pour mettre en place ce vaste projet de réformes et de modernisation nécessaire à la survie du pays ? C’est bien d’une révolution pacifique dont le Liban d’aujourd’hui a besoin, d’un New Deal, d’une perestroïka à la libanaise.. Projet utopique ? Peut-être.. L’aviateur et industriel Pierre Latécoère, qui souhaitait construire une ligne aérienne reliant Paris et Dakar, avec prolongation jusqu’au Brésil, réunit un jour ses collaborateurs et leur tint le discours suivant : « J’ai refais tous les calculs : notre projet est irréalisable.. Il ne nous reste plus qu’une seule chose à faire : le réaliser.. » Seul cet état d’esprit, fait de pessimisme actif et d’une bonne dose d’utopie peut aujourd’hui permettre au Liban de ne pas sombrer.. Ami lecteur d’Ena mensuel, que tu soit Préfet de l’Arriège, ambassadeur à Washington, membre d’un corps d’inspection ou d’un cabinet ministériel, juge administratif ou dirigeant d’entreprise, nous espérons que tu trouveras dans ce numéro quelques bouts de phrases, quelques idées, quelques réflexions qui viendront te rappeler que ce petit pays lié à la France par l’Histoire et les affinités électives est toujours vivant, qu’il est indispensable à la communauté des nations car porteur d’un message qui le dépasse, mais que ce Liban est en péril, car victime d’un contexte géopolitique qui lui aussi le dépasse et régi par un système politico-administratif archaïque.. A nous Libanais, il incombera la tâche de construire enfin un Etat digne de ce nom, d’abolir définitivement un système clanique et confessionnel hérité de plusieurs siècles de domination ottomane, de bâtir une société qui assurerait l’égalité des chances, des droits et des devoirs.. Quant à toi, ami français, peut-être pourrais-tu, dans la mesure de tes moyens, te faire sur la scène internationale le porte-voix de nos aspirations à la liberté et nous aider à recouvrer la souveraineté nationale, condition sine qua non du renouveau libanais.. RETOUR AU SOMMAIRE..

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